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EAN : 9782330087371
Actes Sud (30/11/-1)
4.39/5   79 notes
Résumé :
Après l'immense succès du cycle Le Poids des secrets, Aki Shimazaki en a achevé un deuxième, ici proposé dans son intégralité : intitulé Au cœur du Yamato, il est composé des romans Mitsuba, Zakuro, Tonbo, Tsukushi et Yamabuki qui peuvent se lire indépendamment ou dans l'ordre que l'on voudra.
Avec l'écriture discrète, élégante et pleine d'empathie qu'on lui connaît, Aki Shimazaki met en évidence, à travers le silence mensonger des hommes, l'insondable douleu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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michfred
  09 septembre 2019
Sous forme de haïkus*...
Mitsuba
Feuilles de trèfle
vert, orangé de sa veste
colorent l'attente. .
Zakuro
Tache écarlate
sur la neige, la grenade éclate,
mémoire blessée.
Tonbo
Libellule accouplée
-coeur du pays, coeur du père-
chante un air léger.
Tsukushi
Les hampes dressées
des prêles oscillent entre
désir et dépit.
Yamabuki
Une fleur sans fruit,
tandis que la vie s'enfuit,
fait un signe d'or.

*pour des critiques plus détaillées, se reporter-d'ici quelques jours !-à chacun des cinq livres pris séparément.
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anlixelle
  19 septembre 2019
« La floraison des cerisiers ne dure pas. L'essentiel on l'attrape en une seconde. le reste est inutile. » Ce qu'écrivait ainsi en 2014 Christian Bobin dans La grande vie représente à merveille LA petite touche japonaise si unique qui m'émeut toujours autant.
C'est avec émotion et plaisir que je l'ai retrouvée, cueillie et appréciée dans la pentalogie Au coeur du Yamato.
Les cinq très courts romans Mitsuba, Zakuro, Tonbo, Tsukushi et Yamabuki d'Aki Shimazaki réunis dans ce coffret, et écrits après l'immense succès de son précédent cycle le Poids des secrets sont des délices.
La discrète écriture de cette auteure japonaise qui vit au Canada et rédige ses textes en français, se caractérise toujours par des phrases courtes et simples, une élégance lexicale particulière et une empathie pour tout ce qui nous relie au vivant. Un élément de la nature (végétal ou insecte) pour chaque titre de livre symbolise la problématique de l'histoire correspondante.
Dans ce véritable précis d'art de vivre à la japonaise, Aki Shimazaki met à jour cinq courtes trajectoires de vie qui s'entrecroisent, s'entrechoquent et se caressent parfois aussi. La violence terrible des lois sociales au Japon, la vulnérabilité des salariés et des cadres, la solitude des femmes sont les éléments majeurs de ses textes.
Nous lisons les histoires d'un jeune cadre japonais qui tombe amoureux au moment où sa société lui propose un poste important dans une succursale à l'étranger (Mitsuba), d'un mensonge familial provoqué par les drames politiques de la Grande Histoire (Zakuro), d'une jeunesse assombrie par le suicide du à la violence sociale et ressuscitée par une visite inattendue (Tonbo), la double vie bouleversant un équilibre qu'on croyait inaltérable (Tsukushi), et les cinquante-six années d'harmonie conjugale narrées par une vieille épouse dans une vie personnelle ayant été rythmée par des événements tragiques qui partent de la défaite de 1945 au capitalisme tyrannique d'aujourd'hui (Yamabuki). Les personnages principaux sont liés entre eux.
Le style dépouillé de l'auteure peut surprendre au départ, agacer même, puis force est de lui reconnaître qu'il épouse onctueusement les personnages, puis restitue admirablement les douleurs et les joies de la petite et la Grande histoires. Quand les mentalités japonaises se montrent au travers d'un puzzle polyphonique subtile et instructif, la lecture est alors un grand moment de plaisir.
L'inexpression des individualismes est parfaitement rendue, et les principales coutumes du Japon transparaissent à chaque instant : comme Koroko (Le coeur et l'esprit), karada (les liens avec le corps), shukanka (créer l'habitude), shinri-yoku (« nourri pas la nature »), wabi-sabi (« la beauté de la perfection et de l'impermanence »), ikebana (« l'art de la composition florale »), et plus encore.
Voici donc tous les petits cailloux qu'a glissé Aki Shimazaki dans cette pentalogie que je recommande de lire dans l'ordre. Une heure pour chaque volume suffit.
Dans ce portrait du Japon édifiant et jamais caricatural, j'ai retrouvé tous les éléments forts (observations, expériences, témoignages) relevés lors d'un précédent périple au pays du soleil Levant, nation fascinante et inquiétante à la fois.
Une lecture à poursuivre par celle des chroniques d'un français ayant vécu au Japon, De geishas en mangas de Cyrille Vigneron.




Lien : http://justelire.fr/au-coeur..
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Luneaucoeur
  10 avril 2021
MITSUBA :
Toujours un style épuré au service d'une élégance discrète, toujours cette illustration du Japon contrastée entre délicatesse et brutalité mais, hélas, toujours la même structure narrative. Ayant dévoré le Poids des Secrets, ce premier tome de la pentalogie suivante me fut un peu trop prévisible de par le réemploi d'une intrigue similaire...
Il est toujours saisissant d'appréhender le monde de l'entreprise au Japon : la pilule n'est pas édulcorée. Comme partout ailleurs, mais là-bas avec l'adhésion religieuse des opprimés, la morale collective sclérosée censée protéger l'intégrité du groupe ne subsiste que par la digestion des individualités dans le grand estomac capitaliste.
ZAKURO :
Les oeuvres de Shimazaki m'évoquent le shodô, "Voie de l'écriture", art de la calligraphie japonaise. Fluide ou anguleux, le trait brosse, dessine, caractérise les aléas de nos destinées. Dans une langue à la fois vive et mesurée est évoquée L Histoire lorsqu'elle rudoie nos âmes.
Comment le Japon d'après-guerre pourrait-il se reconstruire alors qu'Okinawa est sous domination américaine ?
Comment le narrateur poursuivrait-il ses études tandis que son père est emprisonné dans les geôles de la Russie soviétique ?
Comment cette touchante épouse saurait-elle éviter la démence, percluse dans l'attente du retour de son "amour de jeunesse" déjà dans le tombeau ?
En attendant Godot, Samuel Becket fait dire à ses personnages :
"- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- On attend.
- Oui, mais en attendant ?"
Peut-être s'abîmer dans la contemplation des Zakuro ("Sottise"), symboles de la captivité de Perséphone aux Enfers, de la frivolité de nos revendications terrestres, afin qu'ici-bas, l'inhalation esthétique de la nature ouvre notre entendement aux beautés ineffables...
TONBO :
Lecture très décevante.
Ce troisième volet perd de son souffle poétique, se résigne aux répétitions ; la fluidité s'estompe et la lecture s'en affadit beaucoup.
Dans le premier tome, l'individu était malmené par le système sacrificiel de l'entreprise. Dans le deuxième, par la brutalité de l'Histoire des hommes. Ici, l'intériorisation pernicieuse de cette sujétion devient l'ultime complice de la pensée unique de l'époque grâce à la crainte du regard des autres. Je deviens ainsi mon propre tyran, le défenseur de ma soumission.
Le personnage s'éclipse du réel, dilapide l'amour maternel, compromet son avenir d'étudiant par honte de son histoire familiale, impuissant devant le chantage d'un autre comparse en proie à l'aigreur, la malveillance et à un orgueil démesuré parce qu'en mal de regard aimant.
Le père du narrateur, quant à lui, perd son masque social et ne supporte plus de vivre, comme si tout son être s'était racorni, sa destinée abolie pour un acte dont il est faussement accusé par un journaliste.
Le narrateur met un terme à ce fléau. Il assume d'appartenir à la minorité chrétienne et fleurit ses aspirations jusqu'à démissionner d'un poste privilégié pour réaliser le projet cher à son père.
Voilà... je reste sur ma faim.
(Si le regard des autres leur appartient et ne peut définir qui je suis, il m'informe en revanche de qui ils sont...)
TSUKUSHI :
Irréversibilité du temps qui de nos amours blessées tresse l'auréole de l'impuissance...
Nous étions certains d'avoir tourné la page et voilà qu'au fil des pages nous sommes retournés... Tout semblait pourtant en ordre, les secrets dormant dans les catacombes de nos coeurs martyrs, l'emploi du temps chargé, la petite aux cours de musique et de tennis, le regard des proches approuvant du double menton la banalité de nos appétits puis soudain... le ruissellement de nos rêves éteints par nos choix convenables se fait déluge ! L'infortune d'un quotidien clandestin dévoile les brèches, souffle sur les braises, bouleverse le concevable et on se souvient... L'amour... on l'avait bien croisé jadis, mais souffleté sur les deux pommettes l'avions fait battre en retraite...
"Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant"
Paul Fort
YAMABUKI :
Douce romance où l'amour entre deux êtres s'entrelace délicatement avec celui pour le Japon intemporel. Ici, nous nous élançons sur l'océan du temps long, celui qui n'a cure de l'écume des événements, celui qui destine et prédestine avec gravité. Pour y être bienvenue, l'intégrité est sésame, la tempérance tenue exigée, et l'art de discerner dans l'éphémère la part de l'impérissable l'équipement martial.
L'amour ne s'exhibe pas puisqu'il flamboie sans se consumer. La mort, elle-même ne peut le discréditer... elle est variation d'un unique songe, d'un embaumement parfumé de corolles dorées.
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Steph_K
  05 août 2022
Cinq courts romans comme autant de chapitres d'un récit qui fait s'entremêler les personnages et les parcours de vie. Histoires de vie conjugale, d'enfances, rappels de la guerre et de ses souffrances. Des moments doux ou plus poignants, qui n'échappent pas aux moments de désintérêt, mais qui, chacun, savent toucher.
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Didili
  08 mars 2021
Après ma lecture précédente j'ai eu envie de retrouver une écriture plus épurée alors je me suis lancée dans la lecture des 5 romans composant cette pentalogie que je m'étais offerte il y a quelque temps déjà et qui trônait dans ma bibliothèque comme un bel objet. de cette auteure j'avais déjà lu "Azami", qui fait partie également d'un cycle "A l'ombre du chardon".
Une lecture entre songes et réalités, où la vie des personnages ne prends pas toujours des chemins tout tracés. Les diktats de la société (ici la société japonaise encore plus cloisonnée au niveau du travail), les apparences à tenir, mais aussi parfois la beauté des choses par l'amour et le rêve.
Les personnages s'entrecroisent dans les 5 livres, on peut les lire indépendamment mais suivre l'ordre m'a été agréable. J'ai donc lu les 5 tomes dans l'ordre, sage comme une image, ordonnée comme un bouquet d'Ikebana.
C'est au moment d'écrire ce billet et en me posant sur ma lecture que j'ai encore plus senti les interconnexions entre les personnages par delà le temps, car on les croise à différents moments de leur vie. Et finalement les 5 livres forment des chapitres au sein d'une histoire rassemblant tous les protagonistes.
Tous les personnages ne m'ont pas touchés de la même façon et j'ai eu une sensibilité particulière pour le couple formé par Takashi et Yûko mais aussi par Aïko Toda et Tsuyoki Toda.
Je pense que ce genre de lecture est tout à fait dans mon état d'esprit actuel, entre la réalité pas toujours simple et les rêves qui nous font avancer vers des possibles réjouissants.
Aki Shimazaki est donc une auteure que je continuerai à savourer à travers ses autres cycles, notamment "Le poids des secrets".
En plus fleurs de cerisiers sur la couverture, les livres sont si beaux, de beaux petits bijoux à mettre dans sa bibliothèque.
P.S : voir mes avis sur les 5 romans composant cette pentalogie sur mon blog et ici.
Lien : https://imagimots.blogspot.c..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
LuneaucoeurLuneaucoeur   12 avril 2021
Mitsuba

Je commence à m'assoupir. Tout à coup, je sens une légère pression sur ma main droite. "Yûko me touche !" Mon sommeil s'envole. La chaleur de sa peau pénètre la mienne. L'intérieur de mon corps tremble comme s'il recevait une décharge électrique. Emu, je regarde le visage de Yûko qui me sourit. Ses yeux se mouillent de larmes. Je pose ma main sur la sienne.
- Honnêtement, dit-elle, vous m'avez attirée dès notre première rencontre au café Mitsuba.

Tsukushi

Ses supérieurs étaient contents de son maintien humble en dépit de sa grande compétence.

Yamabuki

Ce sera bientôt notre cinquante-sixième anniversaire de mariage.
Je me dis : "Cinquante-six ans... Nous avons partagé un temps si long sans nous séparer. Nous avions auparavant été complètement étrangers l'un à l'autre, au moins dans ce monde."
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