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EAN : 9782220050898
95 pages
Éditeur : Presses artistiques et littéraires de Shanghaï (19/08/2002)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 18 notes)
Résumé :

Une fois n'est pas coutume : pour traiter du thème entre les cultures et les civilisations, la collection Proches Lointains accueille dans ce volume unique un seul auteur, François Cheng. Et qui pouvait mieux symboliser, incarner le pont entre le monde chinois et l'univers occidental que l'auteur du Dit du Tianyi? Récemment couronné du Grand Prix de la Francophonie décerné par l'Académie française, François Che... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Piatka
  23 novembre 2014
Un court essai enrichissant, ou " comment à partir du terreau de ma langue maternelle, le chinois, je suis entré, par étapes ou par bonds, dans la langue française. " comme l'écrit lui-même François Cheng.
Bref rappel qui se passe de commentaire : chinois d'origine, il arrive en 1949 à Paris à l'âge de 20 ans ne connaissant personne ni un mot de français. Puis naturalisé français en 1971, il est élu à l'Académie française en 2002.
Un peu plus de vingt ans donc pour vivre une authentique aventure linguistique qu'il nous conte ici avec recul et talent, la plaçant d'emblée sous le signe d'un double dialogue entre deux langues complexes que sont le chinois et le français, et deux cultures qui pensent le monde différemment.
Fort heureusement, l'auteur nous épargne les détails nécessairement fastidieux d'un tel apprentissage, mais, et c'est ce qui m'a emballée, il nous livre ses réflexions sur les différences linguistiques, mais aussi sur ses difficultés d'exilé, sur les raisons de son choix de la langue française quand il a décidé de se tourner vers la poésie.
Comment finalement " sa poésie est issue de deux traditions symbiosées ", et comment, en s'appuyant sur des exemples de mots, il a tendance " à vivre un grand nombre de mots français comme des idéogrammes. "
Pour qui apprécie comme moi sa poésie si évocatrice, et souvent musicale, ce témoignage est tout bonnement passionnant.
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brigittelascombe
  07 avril 2012
Le dialogue vient d'être réédité avec en sous-tItre : Une passion pour la langue française. Cet essai philosophique de la Collection Proches Lointains (qui choisit des sujets se référant au quotidien et aux relations humaines) est un ouvrage de François Cheng (écrivain et poète d'origine chinoise exilé en France et Académicien français) écrit en solo (contrairement aux autres essais mettant en contact un auteur français et un chinois) puisqu'il est parfaitement bilingue.
Après un retour sur la Chine "terre où cohabitent toutes les grandes spiritualités", son exil suite à ses études à la Sorbonne, son besoin de s'exprimer traduit en poésie, il rentre dans le vif du sujet à savoir "le dialogue au niveau de la pensée entre l'Occident et la Chine" et surtout la création de sa propre poésie (aux merveilleux extraits) "issue de deux traditions poétiques symbiosées". Même si quelques concepts ardus m'ont échappé, j'ai beaucoup aimé le métissage issu de "l'esprit Chan" basé sur l'idée du souffle des penseurs taoïstes chinois marié au bouddhisme indien qui laisse "parler le paysage et les choses" dont l'imaginaire se métamorphose phoniquement grâce aux doubles sens des mots français. Il s'en suit une poésie à deux voix/ deux voies .... délicatement poétique.
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cathe
  19 septembre 2015
Ce livre est bien un dialogue entre François Cheng et "ses" langues. En effet, même si sa langue maternelle est bien le chinois, il montre très clairement comment il s'est approprié la langue française et comment celle-ci lui a permis d'appréhender autrement la réalité.
Arrivé en France après la guerre, il continue à écrire dans sa langue maternelle pendant de nombreuses années en même temps qu'il traduit la poésie française en chinois. Dans les années soixante il commence à enseigner à l'université. Quand il souhaite recommencer à écrire de la poésie, spontanément il pense qu'il le fera en chinois. Mais c'est le français qu'il choisit. Pourquoi ? Parce que, dit-il, elle le poussait à "plus de rigueur dans la formulation et plus de finesse dans l'analyse". Et parce qu'adopter une autre langue permet de "nommer les choses à neuf, comme au matin du monde".
Ce petit livre est un magnifique hymne à la langue française
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Fuyating
  02 août 2019
Ce court essai de Francois Cheng est fort intéressant. L'auteur nous y explique succinctement comment il en est arrivé à privilégier la langue française pour sa création au détriment du chinois, sa langue maternelle. Au détriment ? Non, finalement pas tout à fait. En effet, Francois Cheng nous explique que les deux langues sont devenues une symbiose, elles ne cessent de dialoguer en lui. Et le résultat est passionnant ! Ils nous explique comment le style poétique chinois a pu influencer sa poésie en français, tout en nous expliquant leurs différences et les points sur lesquels elles se reliaient.
J'ai beaucoup aimé les réflexions de François Cheng qui m'ont permis d'appréhender certains points auxquels je n'avais pas forcément réfléchi par le passé. Bien qu'assez court, ses idées sont bien construites et claires, souvent étayées d'exemples.
Ce livre a été mon premier Francois Cheng, et je pense continuer !
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   23 novembre 2014
Tout exilé connaît au début les affres de l'abandon, du dénuement et de la solitude. Déchiré entre la nostalgie du passé et la dure condition du présent, il expérimente une souffrance plus "muette ", plus humiliante, qui le tenaille : n'ayant qu'une connaissance rudimentaire de la langue de son pays d'adoption, il se voit réduit à être un primaire aux yeux de tous. Baragouinant des mots ou des phrases parfois approximatifs, incapable d'un récit clair et cohérent, il donne l'impression d'être dépourvu de pensées, voire de sentiments.
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PiatkaPiatka   21 novembre 2014
Comment s'étonner que l'apprentissage d'une langue ne soit un processus essentiel et complexe ? Plus qu'une affaire de mémoire, on doit mobiliser son corps, son esprit, toute sa capacité de compréhension et d'imagination, puisqu'on apprend non un ensemble de mots et de règles, mais une manière de sentir, de percevoir, de raisonner, de déraisonner, de jurer, de prier et, finalement, d'être.
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sagesse66sagesse66   07 mai 2020
Le diamant du lexique français, pour moi, c'est le substantif "sens".
Condensé en une monosyllabe - sensible donc à l'oreille d'un Chinois - qui évoque un surgissement, un avancement, ce mot polémique cristallise en quelque sorte les trois niveaux essentiels de notre existence au sein de l'univers vivant : sensation, direction, signification.
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sagesse66sagesse66   08 mai 2020
L'image idéale d'une culture n'est-elle pas un jardin à multiples plantes qui rivalisent de singularité et qui, par leurs résonances réciproques, participent à une oeuvre commune ?
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PiatkaPiatka   22 novembre 2014
Sous peine de mourir, toute grande culture cherche d'instinct à se régénérer, à se métamorphoser. Personne ne risque de perdre son âme en s'enrichissant d'autres apports qui lui sont utiles.
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Videos de François Cheng (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Cheng
5/5 Photographie : François Cheng © PATRICK SWIRC. Son site : http://www.swirc.com.Toute la semaine du 20 octobre 2014, Françoise Siri s'entretenait avec le poète et écrivain François Cheng sur les ondes de France Culture pour l'émission “À voix nue”. Par Françoise Siri. Réalisation : Anne Sécheret. Prise de son : Laurent Césard. Attachée d'émission : Claire Poinsignon. « Aimer, c’est dire : Tu ne mourras pas ! » écrit François Cheng dans l’un de ses poèmes (dans l’anthologie “A l’orient de tout”, Poésie/Gallimard, 2008). Poète, romancier, essayiste, auteur de monographies et de livres d’art, académicien, François Cheng est d’abord un tout jeune Chinois qui arrive à Paris en 1949, après la guerre sino-japonaise. Il est alors âgé de vingt ans et vient en France entreprendre une année d’étude. Mais la Chine ferme ses frontières et l’étudiant devient un exilé. Il se passionne pour la langue française au point d’en faire sa langue d’écrivain et de se choisir le prénom « François ». Homme d’une double culture, il revient sur son parcours, qu’il a toujours repensé à travers sa création littéraire, à la recherche d’une parole de vérité. C’est cette parole qu’il souhaite livrer à l’auditeur, durant les cinq rendez-vous d’“À voix nue”. Reconnu aujourd’hui comme une figure majeure de la poésie contemporaine, François Cheng est doté de cette voix si particulière qui « nous transmet un souffle ancien, immortel et absolument personnel, qui s’inspire de l’aventure de la passion et de l’amour » comme l’écrit la poète Silvia Baron Supervielle. Il termine chaque volet de l’émission en lisant un poème. 5. L'amitié, l'amour et la gastronomie
Après la saveur des mots, le moment est venu d’évoquer la saveur des liens amoureux et amicaux – que l’écrivain place au dessus de tout – et les saveurs de la gastronomie. La gastronomie est plus que la gastronomie : il éprouve devant les nourritures terrestres un sentiment de profonde gratitude. À goûter sans modération. Lecture du poème « En robe des champs » (in “Le livre du vide médian”, Gallimard, 2004).
Invité : François Cheng, poète, romancier et essayiste
Thèmes : Littérature| Littérature Contemporaine| Poésie| François Cheng
Source : France Culture
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