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ISBN : 2226326383
Éditeur : Albin Michel (02/11/2016)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 103 notes)
Résumé :
« Lorsque j’ai reçu votre première lettre, chère amie, je vous ai répondu immédiatement. Avoir de vos nouvelles plus de trente ans après m’a procuré une telle émotion que ma réaction ne pouvait être qu’un cri instantané. Votre deuxième lettre, que j’ai sous les yeux, je l’ai gardée longtemps avec moi, c’est seulement aujourd’hui que je tente de vous donner une réponse. La raison de ce retard, vous l’avez sans doute devinée, puisque votre missive contient une singuli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  27 décembre 2016
Un formidable ouvrage de François Cheng vient de sortir récemment, intitulé sobrement « De l'âme ». Tous les thèmes chers à l'auteur s'y trouvent évoqués : la beauté, l'amour, le dialogue, et bien sûr l'âme, essence même de l'humain.
« À la fin, il reste l'âme. En chaque être, le corps peut connaître la déchéance et l'esprit la déficience. Demeure cette entité irréductible, palpitante là depuis toujours, qui est la marque de son unicité. »
Le propos du recueil ( prétexte ? ) est simple en apparence, il s'agit de répondre à la question d'une amie : « Acceptez-vous de me parler de l'âme ? ».
Avec érudition, élégance, clarté et sans aucun doute poésie et amour, la richesse de l'âme de François Cheng se déploie en sept lettres. Après avoir parcouru les grandes visions spirituelles, il s'appuie sur son expérience personnelle, en particulier celle de son exil chinois, pour nous livrer ses propres méditations sur l'âme. C'est rare, profondément humain et totalement bienfaisant.
Ainsi, poésie et philosophie se rencontrent à l'automne d'une vie de quête, et c'est un chant universel et vital, emprunt de spiritualité, mais détaché de toute religiosité, qui se dégage de ses lignes. L'occasion, qui sait, de se découvrir une âme...et de l'écouter chanter.
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Pancrace
  18 mai 2019
Je me suis laissé embarquer dans un livre-vaisseau « spécial ».
Je m'apprête à presser le bouton « essai philosophique ».
Je suis immédiatement projeté dans un monde inconnu.
Fini les paysages de romans, les horizons d'histoires tragiques, les étendues de folles aventures.
Je quitte ma zone de confort, je risque de rendre l'âme…
C'est ballot, c'est justement ce que me propose l'univers épistolaire de ce livre de François Cheng !
D'abord, je flotte en apesanteur à la recherche de repères, d'équilibre entre mon corps, mon esprit et mon âme. Qui fait marcher qui ? Qui gère quoi ? Que reste-t-il de mon unicité dans la grande entité de l'univers ? Dans le Grand Tout.
Fichtre, moi qui galopais sur terre bien enraciné, me voila propulsé dans le « souffle primordial » : L'âme.
Je voyage maintenant dans mon paysage intérieur.
Avec quels délices M. Cheng nous projette dans « cette traversée à la fois tâtonnante et résolue, du souterrain secret de notre être. »
Attention, ne t'embrouille pas la tête, fixe les bases de la triade « corps-âme esprit » : le corps est la cage de l'âme. L'esprit en serait l'instrument de connaissance et l'âme est ce qui me permet de désirer, de ressentir, de m'émouvoir, de conserver la mémoire même enfouie.
M. Cheng, avec une facilité fulgurante m'éclaire, m'illumine. « L'esprit raisonne, l'âme résonne », « L'esprit se meut, l'âme s'émeut », « L'esprit communique, l'âme communie ».
Parlez-moi de l'âme ! Ses réponses sont claires et concises. Elles sont étayées par Platon, Pascal, par la religion et le Divin. « L'âme voyage de stations en stations, de monde en monde, de plus en plus proche du Divin. »
Un long passage sur Mme Simone Weil nous instruit sur l'affection qu'il éprouve pour cette philosophe « Mon but est atteint si je réussi à vous rendre sensible à cette figure pour qui l'amitié est la vertu suprême. »
M. Cheng m'envahit de ses évidences, je découvre des sentiments fondamentaux, élémentaires, sûrement enfouis en moi, jamais évacués. « Savoir qu'on a une âme, c'est porter une attention éveillée aux trésors qui peuvent s'offrir dans la grisaille des jours, laquelle s'exerce à tout ensevelir. »
Transparent. Pourquoi l'âme voit mais ne peut être vue ?
« Il est pourtant possible de voir l'âme d'un autre dans son visage, à travers un regard, un sourire, des mots de confidence. »
Limpide. Une immense sérénité s'empare de moi.
« Or en voyant l'âme d'un autre, chacun est à même de voir la sienne propre dans le reflet que lui renvoie le regard de l'autre. »
Je déguste ces phrases sublimes comme un nectar de sagesse.
Je vais maintenant rendre l'âme à la manière hindouiste, pour la donner à quelqu'un d'autre, celle ou celui qui la récupérera n'aura pas à rougir, j'ai essayé de la rendre sans tâche et non corrompue par ses contacts avec le mal. Quoique…
Vous m'avez fait m'envoler M. Cheng. Merci infiniment pour ce beau voyage immobile, j'espère que je me retrouverai en votre compagnie sur d'autres lignes que j'espère tout aussi aériennes.
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saphoo
  16 mars 2017
C'est toujours un peu difficile de donner un avis sur un ouvrage dans un genre quelque peu hors norme, ni roman, ni poésie, épistolaire certes, mais philosophique aussi. J'apprécie François Cheng, car il incarne l'humilité et la sagesse dans ses propos et de sa personne également. J'avais visionné la GL où il présentait cet ouvrage, et bien sûr, le peu qu'il a dit, on se sent tout à fait impressionné par son discours.
Dans ce livre, il répond donc à une amie à sa demande, de lui parler de l'âme. En fait qu'est- ce l'âme ? Non point l'esprit qui lui peut être défini, déficient, tout comme le corps, mais l'âme ? Cette chose, substance, invisible et pourtant partout dans notre corps, cette âme qui nous quitte quand le corps s'éteint.
Il aborde également la beauté, c'est récurrent dans les écrits de M. Cheng, la beauté de toute chose, savoir s'émerveiller, apprécier la beauté de la vie, du souffle de cette vie qui nous porte sur notre chemin. Et la beauté de l'âme, ne dit on pas : c'est une belle personne. Non pas pour son aspect physique, pour ce qu'elle dégage, son aura, son comportement, la bonté de l'être.
Il philosophe donc sur cette âme, lettre après lettre il nous dépeind simplement, cette âme qu'elle est bien en nous, et qu'on peut, si on l'accepte, s'élever vers une autre dimension "spirituelle", le corps étant qu'une enveloppe charnelle, mais l'âme peut-on la modeler, l'améliorer, pourquoi y a t il des gens "avec le fond mauvais" et d'autre de toute bonté ? l'âme peut elle être noire ou mauvais, bonne ou sensible ?
Voilà beaucoup de sujets qui s'ouvrent à nous en lisant cet essai philosophique. Beaucoup de références d'ailleurs qui appuient ses dires ou donnent des exemples de cette réalité de l'âme.
A lire pour ceux qui s'intéressent à la trilogie de l'être humain 'corps-âme-esprit-
SAvoir que l'âme existe n'est pas le Graal pour mourir serein ou sans crainte, mais pour vivre sa vie dans la conscience de la beauté et la fragilité de la vie.
J'ai encore besoin de relire ce livre plus doucement , distiller ces propos, pour mieux saisir toute la teneur de vérité.
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Croquignolle
  26 juin 2019
L'âme… Celle qui définit le plus profond de notre être.
Unique, précieuse, omniprésente, façonnée, intime, riche, évidente, complexe, complète, elle anime chaque être vivant de son Essence-Ciel.
Elle paraît si inaccessible à ceux qui, comme moi, sont encombrés d'occupations, de questionnements, de stress et d'inquiétudes. Mais elle se laisse si facilement trouver quand on prend la peine de faire silence et de la laisser s'exprimer.
Et là, elle nous offre tout : la redécouverte de la richesse de notre personne, la quiétude d'un repos, le sourire d'un visage, la profondeur d'un regard, l'accès au ciel.
François Cheng, à travers ces lettres à une amie, redit tout cela avec beaucoup de talent, de pudeur, d'humilité, de tendresse, de conviction. Et ça fait du bien.
Il n'hésite pas à citer Simone Veil, à chercher des sources dans les religions et philosophies, à interroger son amie et de nombreux penseurs.
L'âme… Celle qui nous donne le souffle de vie, celle sans qui nous ne sommes pas nous, celle qui touche les personnes qui nous rencontrent.
Celle qui nous rend pleinement vivants !
Une lecture méditative que je vous conseille vivement, parfaite pour ce temps d'été, souvent temps de ressourcement, de repos, d'introspection.
Un magnifique coup de coeur ! Un magnifique sentiment d'âme !
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zenzibar
  03 septembre 2018
« A l'intérieur des murs et au-dehors des haies
Le printemps déchainé ne nous protège plus.
Au fin fond de la terre en exil, nos mains nues
Font sortir de l'oubli toutes nos roseraies »
(FC « Enfin le royaume » p.12)
François Cheng confie dans cette oeuvre « de l'âme » être transporté par la Beauté de certaines oeuvres de musique classique.
Il est de fait que le lecteur peut éprouver au fil de la parution des livres de cet auteur (en particulier « Cinq méditations sur la Beauté », « Cinq méditations sur la Mort » et « Oeil ouvert et coeur battant : Comment envisager et dévisager la beauté ») une sensation proche de celle que l'on ressent à l'écoute de certaines suites pour instrument de J. S. Bach, des variations identiques déclinées mais qui, dans leur nouvel écrin de beauté et de pureté, malgré tout surprennent, charment et subjuguent.
On retrouve en particulier cette étonnante synthèse entre le taoïsme et le message christique, l'eau et le feu en une alchimie (p.152 et 153 septième lettre)
Pour la forme, le texte se veut épistolaire, des lettres à une amie très chère, retrouvée incidemment et qui l'interpelle sur la nature de l'âme. Un peu comme pour Sénèque et ses « lettres à Lucilius », ces lettres unilatérales semblent être mises en scène dans un vrai faux dialogue, mais cela ne retire rien à leurs qualités.
Notre académicien disserte par conséquent sur l'âme en la distinguant de l'esprit. L'esprit est le centre névralgique qui régule la pensée, la raison (p.40 à 42 troisième lettre) tandis que l'âme est désir de vie, désir de beau (p.16 seconde lettre), élan pour s'élever même au plus profond de la nuit, de la souffrance (p.26 et 27 seconde lettre, p.96 et 97 cinquième lettre). L'âme est révélation suprême, de la Vie, de la Voie, la vibration originelle AUM (p.149 septième lettre)
L'homme « moderne » ne sait plus accéder à la voix, la voie de l'âme, asservi par sa quête infinie de puissance matérielle, de pouvoir de l'ego (p. 130 et 131 sixième lettre).
Quelle que soit la singularité de François Cheng, difficile de ne pas avoir présent à l'esprit d'autres oeuvres comme « L'âme et la vie » de Jung, « Ecoute petit homme » de Reich, plus récemment « Les irremplaçables » de Cynthia Fleury. de même, le concept de l'âme comme source privilégiée d'accès à l'intériorité (p. 115 cinquième lettre) n'est pas sans rappeler Platon et son mythe de la réminiscence.
Le rythme du livre renvoie aussi aux méditations métaphysiques de Descartes, séquencées en six essais qui permettent au philosophe de conclure en l'existence d'un Dieu (parfait). La septième lettre de l'académicien rassemble tous ses éléments de réflexion et les consolide dans cette foi vibrante.
Mais dans cet essai, l'auteur exprime aussi à petites touches de pinceau avec pudeur mais non sans une émotion sismique intense, des séquences très personnelles des souffrances vécues dans sa vie, en particulier lors de son enfance dans la tourmente de la guerre sino japonaise que peut-être un jour l'histoire officielle occidentale reconnaitra comme événement majeur de la guerre mondiale qui a ensanglanté le monde entre 1914 et 1945. le Mal absolu existe, François Cheng l'a éprouvé dans son corps et son âme, mais en dépit de cela il ne retient que les élans de vie, élans vers la Beauté.
La Voie universelle.
Dans cette sensibilité il consacre des développements vibrants à Simone Weil notamment à son « Enracinement ».
Un livre magnifique, un livre de François Cheng
« Des mots projetés dans la nuit
Pour traverser à gué la Voie.
Pour retrouver, jadis entrevue
Depuis longtemps perdue, l'Etoile »
Enfin le royaume » p.42)
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critiques presse (4)
Culturebox   08 mars 2017
Ni encyclopédie, ni précis, "De l'âme" est une invitation à vagabonder sur un chemin de pensée, en très bonne compagnie.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaCroix   16 janvier 2017
Petit livre, grand livre, beau livre dense et profond.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Telerama   15 décembre 2016
Beau jeu d'assonances pour clore un livre qui avait commencé avec le mot « amie » et qu'on referme avec la sensation grisante d'avoir trouvé un compagnon pour cheminer à ses côtés.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro   14 novembre 2016
L'académicien célèbre en de superbes pages la part immatérielle de l'homme.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   21 novembre 2016
Dans la vie courante, l’âme d’une personne transparaît dans son regard et s’exprime par sa voix. Deux organes, les yeux et la bouche, qui se concentrent dans un visage, lequel constitue le mystère incarné de tout être humain. Lorsqu’on regarde un artiste faire un portrait, on voit qu’il commence par dessiner un ensemble de contours, pour que le visage « prenne chair » dans un espace. Vient le moment magique où, au moyen de quelques traits, il fait apparaître les yeux. Alors une percée se fait, et on plonge dans une profondeur insaisissable.

Deuxième lettre
+ Lire la suite
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nadejdanadejda   28 décembre 2016
Tout le ciel étoilé, toute la terre nourricière, toute la splendeur de l'aube et du soir, toute la gloire du printemps et de l'automne, tout le Souffle aimant de l'univers porté par un vol d'oiseaux migrateurs, tous les hauts chants humains montés de la vallée des larmes, tout cela constitue un "ici et maintenant" où l'éternité se ramasse. Cet "ici et maintenant" ne peut rayonner, irradier, faire fleurir et porter fruit, susciter écho et résonance et, par là, prendre tout son sens que s'il est vécu par une âme. p 152
+ Lire la suite
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nadejdanadejda   28 décembre 2016
Écoutons Kandinsky : "L'artiste est la main qui, par l'usage convenable de telle ou telle touche, met l'âme humaine en vibration (...) Cézanne savait faire d'une tasse de thé une création douée d'une âme, ou plus exactement reconnaître dans cette tasse un être" (Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier). Tous les êtres ne sont pas forcément artistes, mais toute âme a un chant. Elle est à même de répondre à d'autres chants qui lui parlent. À toutes les époques, dans toutes les cultures, chaque âme a une musique qu'elle aimerait entendre au moment de quitter le berceau terrestre. L'âme n'aura de cesse de résonner avec un chant plus vaste que soi. p 114
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enjie77enjie77   01 septembre 2018
Où sommes-nous en effet ? En France. Ce coin de terre censé être le plus tolérant et le plus libre, où il règne néanmoins comme une "terreur" intellectuelle, visualisée par le ricanement voltairien. Elle tente d oblitérér, au nom de l esprit, en sa compréhension la plus étroite, toute idée de l âme- considérée comme inférieure ou obscurantiste-- afin que ne soit pas perturbé le dualisme corps-esprit dans lequel elle se complaît. A la longue on s habitué à ce climat confiné, dessechant. Chose curieuse, il semble que ce phénomène soit avant tout hexagonal, qu ailleurs le mot en question se prononcé plus naturellement, sans susciter grimace ou haussement d épaules, bien que là aussi son contenu soit devenu souvent vague et flou.

Page 11
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enjie77enjie77   04 septembre 2018
En exploitant les ressources phoniques du français j'ai eu l'occasion d'avancer des formules qui se voulaient "percutantes" telles que :

"L'esprit raisonne, l'âme résonne", "L'esprit se meut, l'âme s'émeut", "L'esprit communique, l'âme communie", "L'esprit yang masculin, l'âme yin féminin".

Ces formules, au risque de trop simplifier, ont peut-être le mérite de nous montrer le lien intime qui unit les deux tout en soulignant ce qui est spécifique à chacun.
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Videos de François Cheng (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Cheng
Comment François Cheng parvient-il à véhiculer autant de sens et de poésie en seulement quatre vers ? L'auteur explique sa vision du quatrain et sa manière d'écrire. Son processus créatif demande un vrai travail spirituel, un dépouillement et un lâché prise. 
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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