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EAN : 9782226172150
160 pages
Éditeur : Albin Michel (29/03/2006)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.94/5 (sur 150 notes)
Résumé :
Texte enrichi et lu par l'auteur.
Préambule lu par Jean Mouttapa.

« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. (…) Ce qui est en jeu n'es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
HermantM
  22 mai 2014
Le libraire qui m'a vendu ce petit livre m'a dit simplement "il y a, comme ça, des êtres de lumière.." Cela résume bien l'impression que m'en a laissé la lecture, pas si différente d'ailleurs des autres ouvrages de François Cheng même si, là, ses pensées sont directement adressées à notre compréhension, sans être distillées dans l'ambiance d'un roman. Et c'est un vrai bonheur de s'imprégner de ces réflexions... Qui ne s'est pas un jour interrogé sur le sens profond et intrinsèque de la perception du Beau ? Sujet de tant de controverses argumentées par les notions des différentes civilisations, qui s'achèvent inévitablement par un apaisant "chacun ses goûts !". Eh bien non ! Merci à vos précieuses méditations Monsieur Cheng, enrichies des concepts de l'Occident autant que de l'Orient, de nous délivrer de cette commode (mais rageante) tempérance : la beauté n'est pas qu'une affaire de goût des hommes, mais se situe à un "niveau plus élevé, plus en amont, plus proche de la source même de la Création". Et la Beauté a sans nul doute éclairé le chemin de votre âme pour guider votre plume.
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Kawane
  12 octobre 2019
Toujours aussi subtil que l'esprit de Monsieur CHENG , quel plaisir de le lire, avec sa maestria épistolière habituelle sur un sujet intéressant : la beauté. Il nous livre sa digression avec tellement de clarté, cette promenade philosophique qui me fait regretter de ne pas l'avoir croisé sur les bancs de l'école.!
Quelle magistrale poésie dans son propos ! chers profs de philo, seriez vous jaloux pour ne pas nous le conseiller ou l'étudier ?
Pendant ma lecture j'ai repensé comme un écho à un roman amusant d'Eric Emmanuel Schmitt "et si j'étais une oeuvre d'art"..; dans notre société où le PARAÎTRE et tellement plus important que le "PAS ÊTRE"...et les "canons de beauté" tellement relatifs ! Différents de l'Orient et de l'Occident, du Nord au Sud..
"La beauté de l'âme l'emporte sur la beauté physique"
Georges SAND
Je vous recommande cette lecture.
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JOE5
  23 mars 2017
Un très bel exposé sur la beauté enrichi par la pensée chinoise qui alimente la réflexion sur ce thème. J'aime ces définitions de la beauté que propose l'auteur « la vrai beauté est celle qui va dans le sens de la Voie étant entendu que la Voie n'est autre que l'irrésistible marche vers la vie ouverte, autrement dit un principe de vie qui maintient ouvertes toutes ses promesses » et « la beauté est quelque chose de virtuellement là, depuis toujours là, un désir qui jaillit de l'intérieur des êtres, ou de L'Être, telle une fontaine inépuisable qui, plus que figure anonyme et isolée, se manifeste comme présence rayonnante et reliante, laquelle incite à l'acquiescement, à l‘interaction, à la transfiguration ». Elles mettent l'accent sur le processus évolutif suscité par la beauté. Il est beaucoup question aussi de la perception de cette beauté allant de son expression formelle à son aspect subtil et démontrant son universalité. La beauté est inhérente à la vie, sa perception elle, est subjective car dépend de la sensibilité de l'observateur. Toutefois il semble que dans le cas de cette qualité, le niveau vibratoire perçu ensemence un état vibratoire chaque fois plus subtil et entraine en cela la nécessité presque vitale de s'alimenter à nouveau à sa source. Ces 5 méditations sont un appel et une semence à nos propres méditations et un encouragement à l'ouverture et à l'élévation.
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Vianna
  01 mai 2016
Quand François Cheng se penche sur la question de la beauté, il nous entraîne dans une réalité pluridimensionnelle. Partant de l'univers dans lequel « nous sommes la conscience éveillée, le coeur battant de la matière », il explore la Beauté en s'appuyant sur les trois Idées platoniciennes - le Vrai, le Bien, le Beau - . Loin d'une vision angélique, pour le philosophe, la beauté n'exclue pas le mal puisqu'elle en est le pendant extrême.
Beauté de la Nature, beauté de l'être humain, beauté de l'art, beauté que François Cheng définit comme « le désir de chaque être de tendre vers la plénitude de sa présence au monde », une « présence rayonnante et reliante ». Parce que chaque être est unique et irremplaçable et qu'il porte en son sein cette capacité à la beauté, s'impose à lui un rapport au temps et à l'espace où la notion d'éphémère le renvoie à sa condition de mortel.
Ainsi la beauté conduit chacun à s'élever, se dépasser, se transfigurer. Elle ne se réduit pas à une beauté apparente, superficielle, artificielle destinée à séduire, manipuler, dominer. La Beauté est régie par une force bien plus puissante qui est le principe de vie, jaillissant du plus profond de l'Etre. En cela elle est reliée au sacré. La vraie beauté se nourrit de bonté. Elle y puise sa noblesse et la force de son rayonnement. La beauté inclue naturellement l'amour, la compassion, le sens de la justice, la dignité.
Enfin sur le plan de la création artistique, fort de sa double culture occidentale et chinoise, François Cheng, s'appuie sur ces deux grandes traditions esthétiques afin de dégager des critères pour juger de la beauté d'une oeuvre, l'art étant le résultat d'une rencontre, « d'un entrecroisement entre une présence qui s'offre à la vue et un regard qui la capte ».
Ces cinq méditations se dégustent avec délectation. Elles imposent la lenteur de la lecture, le temps suspendu de la pause, permettant de mieux goûter, la saveur du texte, l'intelligence des idées. Le regard se porte alors sur ce qui s'offre à sa vue, et peut saisir la beauté éphémère de l'instant…
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frconstant
  27 septembre 2017
En toute honnêteté, avec la présence que l'on doit au monde, peut-on prétendre livrer une méditation sur la beauté dont la recherche est présentée comme le but ultime et la raison fondamentale de vivre, alors que notre univers est quotidiennement défiguré par la barbarie, entaché de tant de laideurs et réduit, semble-t-il, à une recherche mesquine mais effrénée du pouvoir et du profit ?
Oui, répond François CHENG. Entre le laid, l'obscur, la déviance du réel et le beau, l'illuminé, la symbiose entre l'être et le Monde, il y a certes une tension. Mais il y a aussi un parcours, un art de vivre qui invite à l'engagement de chacun pour un supplément d'âme pour tous. En cinq méditations tenues devant et en complicité avec un groupe informel d'amis poètes, écrivains, anthropologues, psychiatres, économistes, tous hommes de notre temps, François CHENG s'attelle à interroger les deux cultures orientale et occidentale. Il montre alors comment c'est dans l'entre--dit, entre le déjà là et ce qui doit encore advenir, que la beauté se laisse voir comme elle ne cesse de regarder celui qui la cherche. Il souligne l'heureuse similitude entre le double sens du mot 'voir' en chinois comme en français. Il nous rappelle que la vue est à la fois l'organe qui regarde (c'est l'actif) et ce qui s'offre au regard (nécessitant une réceptivité 'passive). Non seulement, dans ces méditations, on retrouve la puissance active du yang mais aussi la douceur réceptive du Yin. Perception du Monde que l'occident a, en partie, repris à son compte en lisant ce qui est à travers la dualité de l'être à la fois corporel et mental, mieux corporel et spirituel.
François CHENG, vrai chinois, insère un troisième temps dans la respiration face au beau (comme d'ailleurs à la laideur), c'est la place laissée, prise et enrichie du vide médian. Ce dernier permet la transformation, l'enrichissement, l'interactivité entre l'un et l'autre, l'actif et le passif, le don et le reçu, ce qui est et ce qui advient. Avec ce modèle ternaire, usant de mots simples et livrant toutes les explications et illustrations nécessaires, François CHENG nous guide vers la recherche de la beauté. Ce n'est pas celle qui, volontariste, veut créer, fabriquer, forcer et usiner ce qui est imaginé et le baptiser 'beau'. Non, la recherche proposée est celle de l'acceptation de cette interaction entre, par exemple, le paysage qui est, qui s'offre au 're-gard' de qui a déjà vu des paysages, qui les a gardés en lui et se laissant interpeller par l'unicité de ce qu'il voit, 're-garde' à nouveau à la fois la vue qu'il a en face de lui et toutes celles qu'il a en lui, chacune venant enrichir la première. Transformé par cet apport, il donne au paysage (ou à la rose, au visage aperçu, au geste de la personne croisée, à l'être aimé, à la musique qui ouvre à une vibration intérieure ...) une nouvelle façon d'être. Ce qui n'était que ce qu'il était avant son regard devient beau ! Car l'unicité de chaque objet, de chaque être, de chaque moment est source d'émerveillement. La beauté qui s'en dégage n'est vraie que si chaque unicité en réclame d'autres, qu'elle ne cherche pas à suppléer ou dépasser. C'est dans l'existence même de ces unicités que la vision ouverte (offerte) sur le monde peut exister. C'est de ces unicités que naît la possibilité d'un 'je' et d'un 'tu', que naît le langage et donc l'entre-dit qui peut soutenir et enlacé un amour, une existence reconnue. La diversité est la condition même de l'humain, sa richesse, sa chance !
François CHENG propose aussi sa conviction : Dans la nature, la beauté est vraie et désintéressée, sans recherche de pouvoir, sans prise en otage de l'autre. Elle n'est donc jamais un instrument du pouvoir. Chaque fois que, dans nos vies, la beauté est triturée par l'homme pour l'asservir, pour contrôler autrui ou le piéger, il nous faut nous méfier et nous interroger sur l'entre-dit qui lie ce 'beau' et ses effets de reconnaissance ou non des autres unicités. Il nous faut donc, non cueillir la beauté (ce qui correspond à un acte de pure préhension le plus souvent instinctif) mais nous montrer capable et digne d'accueillir la beauté (ce qui correspond à un acte de réception et de réflexion).
S'appuyant sur la croyance profonde née des sources de ses méditations et de sa recherche éperdue de compréhension des cultures et civilisations, François CHENG, pense que l'effort de l'homme pour tendre vers le beau est de nature universelle. Dès lors, dira-t-il, "*Je ne doute pas que le grand dialogue qui marquera le siècle à venir se fera aussi dans l'esprit, non de confrontation mais de compréhension, le seul qui vaille. *"
"La beauté sauvera le monde" dit quelque part Dostoïevski ... François CHENG, par ses méditations partagées, nous donne de nous en approcher quelque peu.
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Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   11 mars 2015
Chez Cézanne, la beauté est formée de rencontres à tous les niveaux. Au niveau de la nature représentée, c'est la rencontre entre le caché et le manifesté, entre le mouvant et la fixité ; au niveau de l'agir de l'artiste, c'est la rencontre entre les touches apposées, entre les couleurs appliquées. Et au-dessus de cet ensemble, il y a la rencontre décisive entre l'esprit de l'homme et celui du paysage à un moment privilégié, avec dans l'intervalle ce quelque chose de tremblant, de vibrant, d'inachevé, comme si l'artiste se faisait réserve ou accueil, en attendant la venue de quelque visiteur qui sache habiter ce qui est capté, offert.

Cinquième méditation
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HermantMHermantM   04 juin 2014
Parce que le principe d'amour est contenu dans le principe de beauté, que l'amour découle naturellement de la beauté, et que celle-ci manifeste en outre ce qui advient de l'amour : communion, célébration, transfiguration.
Ajoutant aussitôt que cette beauté, en tant que valeur absolue, n'est nullement un astre inaccessible suspendu dans un ciel idéal. Elle est à portée de l'humain, mais se situe bien, nous l'avons dit, au-delà d'un quelconque état de délectation et de "bons sentiments". Elle comporte la prise en charge de la douleur du monde, l'extrême exigence de dignité, de compassion et de sens de la justice, ainsi que la totale ouverture à la résonance universelle.
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araucariaaraucaria   14 mars 2014
En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourra paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal; de l'autre, la beauté.
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HermantMHermantM   23 mai 2014
Pour nous en tenir à la seule Nature, il n'est pas difficile de dégager quelques-uns des éléments qui tissent le sentiment du beau que nous éprouvons tous :
la splendeur d'un ciel étoilé dans le bleu de la nuit
la magnificence de l'aurore ou du couchant partout dans le monde
[...)
Toutes ces scènes nous sont si connues qu'elles en deviennent des clichés. Notre pouvoir d'étonnement et d'émerveillement en est émoussé, alors que chaque scène, chaque fois unique, devrait nous offrir l'occasion de voir l'univers comme la première fois, comme au matin du monde.
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zenzibarzenzibar   30 janvier 2013
Mais pour nous en tenir au thème de la beauté, nous,
constatons qu'à l'intérieur de la présence de chaque
être, et de présence à présence, s'établit un complexe
réseau d'entrecroisement et de circulation. Au sein de
ce réseau se situe, justement, le désir que ressent
chaque être de tendre vers la plénitude de sa présence
au monde. Plus l'être est conscient, plus ce désir chez
lui se complexifie: désir de soi, désir de l'autre, désir
de transformation dans le sens d'une transfiguration, et
d'une manière plus secrète ou plus mystique, un autre
désir, celui de rejoindre le Désir originel dont l'univers
même semble procéder, dans la mesure où cet univers
apparaît en son entier une présence pleine d'une splendeur
manifeste ou cachée. Dans ce contexte, la transcendance
de chacun dont nous venons de parler ne se
révèle, ne saurait exister que dans une relation qui
l'élève et la dépasse. La vraie transcendance, paradoxalement,
se situe dans l'entre, dans ce qui jaillit de plus
haut quand a lieu le décisif échange entre les êtres et
l'Être.
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Videos de François Cheng (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Cheng
Francois Cheng présente son livre « Cinq meditations sur la mort » à la librairie La Procure à Paris. [Émission tournée en 2013] Retrouvez le livre : https://www.laprocure.com/cinq-meditations-mort-autrement-dit-vie-francois-cheng/9782253087199.html
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