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EAN : 9782070305056
80 pages
Éditeur : Gallimard (23/03/2006)
3.88/5   144 notes
Résumé :
Quand il arrive à Castelnau, un village au fin fond de la Dordogne, tout près de Lascaux, le narrateur a vingt ans. C'est son premier poste. Derrière le rideau gris des pluies de septembre, entre deux dictées, le jeune instituteur s'abandonne aux rêves les plus violents - archaïques, secrets et troubles comme les flots que roule, en contrebas des maisons, la Grande Beune.
Dans ces contrées où se rejoue encore dans une forme ancienne l'origine du monde, le se... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
3,88

sur 144 notes

colka
  01 août 2019
J'avais lu dans les années 90 Vies minuscules de Pierre Michon et j'en avais gardé un souvenir un peu mitigé. Cette année, la fête du livre de Bron, dans la région lyonnaise, m'a donné l'occasion de lire ce très court roman : La Grande Beune du même auteur. Et je suis bien embarrassée pour porter sur ce live un jugement équitable, d'où l'absence de notation.
Je n'ai pas été dérangée par l'absence d'intrigue à proprement parler. le narrateur est l'instituteur d'un petit village de Dordogne, Castelnau près de Lascaux. La Grande Beune, rivière toute proche, la pluie qui tombe une bonne partie de l'année font que les paysages se perdent dans une liquidité qui les noie. de très belles évocations d'ailleurs de cette omniprésence d'une nature personnifiée mais peu hospitalière courent dans tout le roman. C'est un des points forts de l'écriture de l'auteur.
Mais qu'en est-il du héros de cette histoire, ou plutôt devais-je dire de ce conte érotico poétique , car si certaines scènes sont très ancrées dans le quotidien de ce petit village des années 60, celles qui constituent le "noyau dur" du récit relèvent vraiment du conte onirique.
Que penser en effet de cette rencontre, un dimanche après-midi, entre le narrateur et la buraliste, une femme qui suscite en lui de violents fantasmes sexuels mais qui ne lui accorde aucun regard car elle se consume d'amour pour un homme du village. Un amant qu'elle a rencontré de toute évidence ce dimanche après-midi. Sa rencontre avec le narrateur constitue l'acmé du roman et c'est un des passages les plus réussis sur le plan de l'écriture. Par un entrelacs subtil entre une scène de chasse primitive soigneusement décrite et une scène érotique mêlée de violences sexuelles mais évoquée de façon allusive, l'auteur suggère très habilement combien cette cruelle découverte est ambivalente pour le narrateur. Voir dans cette femme "une pauvre femme" et en même temps une victime consentante qui le défie du regard est le dilemme auquel il est confronté.
Et c'est là pour moi où le bât blesse car dans tout le roman et à travers le portrait de la buraliste émerge une vision de la femme qui me dérange, tour à tour vue comme "vénus callipyge", déesse inaccessible mais aussi comme "louve" ou "garce". Il n'y a pas de place pour une femme qui ne soit pas fragmentée, dissociée et autre chose que mère ou proie d'un désir masculin brutal qui fait de celui qui l'éprouve un chasseur impitoyable.
Ceci dit, les qualités de l'écriture de ce court roman sont indéniables : la richesse et la diversité du lexique, la scansion de la phrase, l'art de suggérer sans dire, le sens de la formule, tout cela est très présent et on pourrait presque le lire deux fois rien que pour mieux en savourer le style.
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horline
  12 avril 2011
Il y a des textes dont la beauté enivrante exonère de toute intrigue construite sur une suite millimétrée d'évènements, des textes dont le style absorbe de manière voluptueuse l'histoire. La Grande Beune de P. Michon en fait assurément partie.
La Grande Beune n'est pas un roman, c'est une fable. Une fable qui déploie tous les rêves charnels d'un jeune instituteur muté pour son premier poste à Castelnau, village isolé, figé dans le temps, coincé entre les grottes de Lascaux et la Grande Beune qui crache des pêches miraculeuses. Dans cette campagne vivotant au rythme de ses habitants, le jeune instituteur se consume de désir pour Yvonne, la buraliste.
C'est ce désir que P. Michon déploie tout au long de l'oeuvre ; un désir fou, brutal, animal qui obsède le narrateur. « Au milieu des galops de pluie » et de l'épais brouillard, l'auteur nous plonge dans un désir envahissant qui pare la rivière, la forêt et même les grottes préhistoriques d'une sensualité rare : c'est ainsi que, sur « les lèvres de la falaise », le narrateur s'égare dans ses rêveries en regardant « en bas la Grande Beune couler dans son trou ».
Tout est bestial, à l'image des peintures rupestres recouvrant les parois des grottes.
C'est une oeuvre qui n'a rien de conventionnel.
Avec une écriture complexe mais mélodieuse, P. Michon fait de cette oeuvre, certes une exaltation de la sensualité, mais qui n'obéit à aucun code du romanesque. On se laisse embarquer dans les divagations du narrateur en abandonnant tout repère. Les émotions primaires du narrateur bousculent la trame du récit et rendent même toute intrigue superflue.
Avec des phrases qui s'étirent toute en longueur jusqu'à épuiser le souffle, le rythme se décline en un style tout en représentation, visuel : une écriture faite d'entrelacs qui ne cessent de se croiser et s'enchevêtrer. Une écriture qui aurait pu faire écho aux peintures rupestres recouvrant les parois des grottes préhistoriques, mais la poésie de Michon est autrement plus lumineuse.
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kuroineko
  04 septembre 2019
Quel ennui! A ce point, ça m'arrive rarement mais que 78 pages peuvent être longues!
Je n'ai absolument pas adhéré à cette histoire. Et encore moins au narrateur, instituteur de vingt ans en 1961, affecté pour son premier poste dans le petit village de Castelnau, dans le Sud-Ouest. Ses délires érotomanes et vains à propos de la belle buraliste - nommée Yvonne ou "le beau morceau" (ça ne fait pas du tout quartier de viande...) - deviennent très vite lourds et fastidieux. Certes ses vingt ans pourraient l'excuser. Mais ne pouvant avoir la mère, mortifier son enfant, élève de sa classe, est d'une mesquinerie inique absolue.
Le style n'a pas racheté le fond; j'y suis restée insensible. Je découvrais Pierre Michon avec ce (heureusement) très court roman. A mon goût, vraiment pas un bon souvenir de lecture. Ça arrive; on ne peut tout apprécier.
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fbalestas
  19 novembre 2017
Après le Grand Sylvain de Pierre Bergounioux, voici la Grande Beune de l'autre Pierre - Pierre Michon, publié également aux Éditions Verdier. Mais pour décrire la Grande Beune on voudrait se contenter de citer les premières phrases, les recopier de façon manuscrite, et recommander à tous les biblioblogueurs de courir chez leur libraire pour y chercher la suite. Il faut pourtant donner un aperçu de ce texte magnifique.
Magistralement écrit, la Grande Beune est une tragédie. Tous les ingrédients y sont réunis : unité de lieu – un village rural de Dordogne, qui domine une rivière puissante – unité de temps – quelques mois après l'arrivée du narrateur – et surtout quelques personnages campés au fusain.
Les personnages ? le narrateur, jeune instituteur fraîchement émoulu dont c'est le premier poste, une femme – la belle buraliste à la sensualité à fleur de peau – qui provoque le désir instantané du narrateur, et l'homme qui la possède et la maltraite.
Notre jeune instituteur donc, arrive dans le village où il est affecté, Castelnau, entre Brive et Périgueux. Il loge Chez Hélène, l'unique hôtel du village sur la lèvre de la falaise en bas de quoi coule la Beune, la grande. Il faudrait tout citer chez Michon, le portrait qu'il fait de l'auberge et de son aubergiste Hélène était vieille et massive comme la Sibylle de Cumes, comme elle réfléchie, et de même attifée de belles guenilles, coiffée d'un fichu roulé ; son gras bras à la manche relevée essuyait la table devant moi ; ces gestes humbles rayonnaient d'orgueil, d'une pose silencieuse : je me demandai quelle aventure l'avait mise à la tête de cette taverne rouge sur quoi régnait au-dessus d'elle un renard., mais aussi celui de « Jean le Pécheur », le fils d'Hélène, qui attrape les carpes au lancer…
Notre jeune instituteur va découvrir le petit monde du village de Castelnau, ses élèves :
"J'apprenais à les nommer, à les reconnaître, courant sous la pluie vers le trou venteux des préaux, pendant les récréations, tandis que derrière les hautes fenêtres je les observais, et puis tout à coup, je ne les voyais plus, rencognés sous un auvent, derrière le corps multiple et cavalier de la pluie."
Mais surtout dans ce petit monde de Castelnau il y a celle qui va occuper toutes ses pensées :
"Je laissais là les cailloux, leurs messes basses, je m'asseyais au bureau, j'étendais les jambes. Je m'adonnais à une autre table dévotion, à une autre violence. Je pensais à la buraliste."
S'en suit un portrait magnifique de la belle toute en sensualité, telle qu'elle lui apparaît la première fois, dans le paysage violent qui l'entoure : La pluie brusque dehors fouettait les vitres : je l'entendais crépiter sur cette chair intacte. Mais le désir qu'elle suscite en lui est sans espoir : j'étais joli garçon pourtant, sans aucun doute aimable, et ce qui me poussait au ventre était bien suffisant pour la convaincre – ou l'aurait été plutôt, on l'apprendra, si son coeur comme on dit n'avait pas été pris.
Le désir donc, voilà ce que Pierre Michon décrit brillamment.
Le désir qu'il éprouve pour la belle, le désir qu'elle éprouve pour un autre. Jeanjean, l'amant, vit à l'écart au pied de la falaise qui ourle la Beune, il est « le mâle » du livre. Yvonne la buraliste traverse les champs et les bois, quelque soit le temps, sur ses talons, sur son « trente-et-un » pour retrouver son amant coûte que coûte, au mépris du qu'en-dira-t-on. Et le narrateur assiste impuissant à ses allers et retours, à ses passages éclairs qui lui chavirent la tête et le reste.
La belle et sensuelle buraliste rentre et passe devant lui, fière et sans honte, marquée des coups que lui a porté son amant :
Les lèvres en plaies et les yeux mâchés, les escarpins terreux, et parfois la grande trace, le trait de miel noir, le cassis enflé dans l'orgeat.
Et puis, partout, il y a le paysage de Dordogne et ses descriptions magnifiques. Il sait comme aucun autre auteur d'aujourd'hui (sauf peut-être son confrère Pierre Bergounioux ?) parler de rivières – La Beune très haute atteignait presque le chemin qui s'élargissait devant la maison, le noyait un peu plus bas ; elle était boueuse, affairée, mangeait le long de ses rives des restes de glaçons pendus, des guenilles restées là des grands froids , de grottes et des temps anciens où nos ancêtres venaient tapisser les murs de peintures rupestres.
Pierre Michon est un styliste. Son style est limpide et impétueux, fluide et dense, à l'image de ses paysages escarpés qu'il connaît très bien. Sa prose est si dense que lorsqu'on referme ces 88 pages on a l'impression d'avoir lu un puissant roman de 500 pages.
Et qui souligne, pour terminer, nos efforts désuets à faire l'Histoire, alors que nos petits travers ne sont que dérisoires au regard du temps et de la nature qui triomphe : Et enfin nous dormions tous, la Beune continuait.


Lien : https://www.biblioblog.fr/po..
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MarianneL
  26 avril 2013
En 1961, le narrateur est nommé dans son premier poste d'instituteur, à 20 ans, dans le Périgord, tout près du site de Lascaux, sur la rivière La Grande Beune. En allant acheter ses cigarettes au village, il devient fou de désir pour Yvonne, la buraliste, une reine sensuelle et blanche comme le lait.
« Je ne crois guère aux beautés qui peu à peu se révèlent, pour peu qu'on les invente ; seules m'emportent les apparitions. Celle-ci me mit à l' instant d'abominables pensées dans le sang. C'est peu dire que c'était un beau morceau. Elle était grande et blanche, c'était du lait. »
Yvonne est déjà prise, par un homme qui la maltraite.
« La Grande Beune » est une histoire de désir violent et animal, désir de chasseur prenant la forme d'un récit mythologique et archaïque. La géographie des lieux, les paysages débordent de cette sensualité qui habite les protagonistes, «la lèvre de la falaise en bas de quoi coule la Beune, la Grande», «les combes où rien ne se voyait que le ciel, des haltes secrètes sous des hêtres» ; et la préhistoire est omniprésente dans ce récit, résonnant comme un retour à l'origine du monde.
« Les bois se remplirent du cri lamentable des loups se gorgeant d'une belle victime qui vous est chère ; ce bâton en travers d'épaules me parut propre à d'autres proies : j'y crus voir garrotté sous des nylons froids que la posture troussait, au lieu du poil roux celui, tout noir et cru, moussant aux cuisses épaisses de cette garce. Je courais tout à fait, j'en avais le prétexte ; des joncs se brisaient sous mes pieds ; l'air à mes oreilles m'étourdissait ; sortie du bois par une sente infime, toute droite et peut-être effrayante comme Ysengrin le connétable, âpre comme sa louve, elle était là à deux pas de moi debout, telle qu'en courant j'aurais pu la heurter. Elle me parut géante. Je m'arrêtai court."
Un texte bref et magnifique. Un jaillissement.
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critiques presse (1)
Lexpress   22 août 2011
Dans un court roman inspiré par un affluent de la Vézère, Pierre Michon a saisi la poésie d'une terre encore hantée par les animaux de Lascaux.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
horlinehorline   12 avril 2011
Je ne crois guère aux beautés qui peu à peu se révèlent, pour peu qu’on les invente ; seules m’emportent les apparitions. Celle-ci me mit à l’instant d’abominables pensées dans le sang. C’est peu dire que c’était un beau morceau. Elle était grande et blanche, c’était du lait. C’était large et riche comme Là-Haut les houris, vaste mais étranglé, avec une taille serrée ; si les bêtes ont un regard qui ne dément par leur corps, c’était une bête ; si les reines ont une façon à elles de porter sur la colonne d’un cou une tête pleine mais pure, clémente mais fatale, c’était la reine. Ce visage royal était nu comme un ventre : là-dedans les yeux très clairs qu’ont miraculeusement des brunes à peau blanche, cette blondeur secrète sous le poil corbeau, cette énigme que rien, si d’aventure vous possédez ces femmes, ni les robes soulevées, ni les cris, ne dénoue. Elle avait entre trente et quarante ans. Tout en elle était connaissance du plaisir, celui sans doute qu’on entend d’habitude, mais celui aussi qu’elle dispensait à tous, à elle-même, à rien quand elle était seule et ne se voyait plus, seulement en posant là le gras de ses doigts, en tournant un peu la tête et alors les sequins d’or qu’elle avait aux oreilles touchaient sa joue, en vous regardant ou en regardant ailleurs, et ce plaisir était vif comme une plaie ; elle savait cela ; elle portait cela avec vaillance, avec passion. Allons, on ne peut en parler ; non, ça n’est pas né de l’argile : c’est comme le battement furieux de milliers d’ailes en tempête et il n’y a pas pourtant de matière plus comble, plus lourde, plus enferrée dans son poids. Le poids de ce mi-corps somme toute gracile en dépit de l’évasement des seins était considérable. Des paquets de cigarettes bien rangés derrière elle l’auréolaient. Je ne voyais pas sa jupe ; c’était pourtant là derrière le comptoir, démesuré, insoulevable.
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colkacolka   01 août 2019
C'était Lascaux au moment où les célibataires accroupis épousent leur pensée, conçoivent, brisent les bâtons d'ocre et touillent le charbon de bois dans une flaque, se taisent, le chapeau à andouillers posé à côté d'eux ; et peut-être qu'alors ils le prennent et le font tourner dans leurs mains, le chapeau, que doucement ils le regardent et pensent à leur petite enfance, pensent fortement qu'ils auront à mourir, qu'ils aiment les femmes et manger, bluffer avec des andouillers sur la tête, mais que des dieux cléments et insatiables en cet instant, les regardent, respirent par leur bouche, ont leur joie, et vont tout à l'heure les jeter avec cette joie contre ces murs, debout, incertains de leur propre volonté mais sûrs de leur main, traçant de grandes vaches rouges plus blessées que des femmes, comme elles bondissantes et joyeuses, traquées.
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colkacolka   01 août 2019
Dans la salle chez Hélène, le soleil se couchait au-delà de la Beune, d'autres nuages très noirs, se penchaient comme des servantes venaient ; l'amour qui meut les étoiles émouvait les étoiles là-derrière, les fardait, les parait comme des Esther, les dénudait pour que toutes blanches elles se montrent dans un instant ; des rayons caressaient le poil roux du renard, des petits enfants dans la campagne voyaient luire un caillou rajeuni et c'était un biface qu'ils m'amèneraient demain, avec quelque chose comme de l'amour ; là-haut sur la place la buraliste frémissait des fêtes brutales de la nuit, sa main peut-être tremblait fugacement sur un paquet de Marlboro, sa jupe caressait ses cuisses. "Honey" quand le soleil descend, quand la nuit vient, quand l'âme des femmes est nue comme leur main.
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fbalestasfbalestas   29 juin 2020
les hommes descendaient dans les grottes et faisaient des peintures. Pas tous les hommes : ceux-là seulement qui avaient la main plus déliée, l’esprit plus prompt ou contourné, les cœurs célibataires qui allaient la nuit chercher sens dans les flaques des Beune, ne l’y trouvaient pas et ramenaient à la place des pierres opaques qui font sens, des mots et des combinaisons de pierres et de mots qui font sens, et de ces combinaisons du pouvoir
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LaurenebLaureneb   17 mai 2018
Et les hommes qui étaient ce dieu des rennes, après les huit jours de charivari, de sang, de vive force dans les goulets, d'écorchage, salaison et boucan, ces petites jours d'avril qui leur permettraient le reste de l'année de ne rien faire, regarder, parler, de s'emplir le ventre, de jouir de leurs femmes et d'aimer les petits enfants qui en sortaient, les hommes dit-on, et il semble que c'est vrai puisque le carbone 14 a daté tout cela sans réplique comme l'aurait fait un barbichu, quand ils étaient las des enfants et des femmes, des palabres sous une hutte sang de bœuf avec leurs grands chapeaux pleins d'andouillers et de plumes, les hommes descendaient dans les grottes et faisaient de la peinture.
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Vidéo de Pierre Michon
Verdier, 40 ans d'édition : Pierre Michon & Paul Audi Rencontre animée par Johan Faerber À l'occasion des 40 ans des éditions Verdier et pour fêter l'esprit de leur beau catalogue, un dialogue entre deux auteurs phare de la maison, Pierre Michon et Paul Audi, autour de la création esthétique (littéraire, artistique, philosophique). Dialogue qui donnera notamment l'occasion de présenter en avant-première le nouvel ouvrage de Paul Audi. Faisant suite à Créer (Verdier 2010), Curriculum prend le parti de jauger l'esth/éthique à l'aune des pensées de Nietzsche, Sartre, Lacan, Derrida, Foucault… En dressant un tableau ordonné de l'évolution de sa pensée, Paul Audi laisse alors entendre que celle-ci ne peut plus laisser dans l'ombre ce qu'elle a jusqu'à présent soigneusement tenu à l'écart : son enjeu politique.
À lire – Une large partie de l'oeuvre de Pierre Michon est publiée aux éditions Verdier. Paul Audi, Curriculum, Verdier, 10 octobre 2019.
Le mercredi 2 octobre 2019
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