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EAN : 9782889440047
280 pages
Slatkine et Cie (11/05/2017)
3.89/5   9 notes
Résumé :
" Monsieur Rodin,
Comme je n'ai rien à faire, je vous écris encore. Vous ne pouvez vous figurez comme il fait bon à l'Islette.
Je me suis promenée dans le parc, tout est tondu, foin, blé, avoine, on peut faire le tour partout, c'est charmant. Si vous êtes gentil, à tenir votre promesse, nous connaitrons le paradis. Vous aurez la chambre que vous voulez pour travailler. La vieille sera à nos genoux, je crois. Elle m'a dit que je pouvais prendre des ba... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Si pas mal de lettres se retrouvent dans les autres ouvrages lus relatifs à Rodin et Camille Claudel, certaines sont inédites et permettent de comprendre plus avant la personnalité des deux amants et leurs relations.
En tête des correspondances et articles, l'identité des rédacteurs est indiquée j'aurais aimé retrouvé en fin de livre une synthèse sur chacun d'eux.
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Mais pourquoi ai-je attendu si longtemps avant d'ouvrir cet ouvrage qui regroupe des dizaines de lettres dont Camille Claudel et Auguste Rodin sont soit les auteurs, soit les destinataires, soit évoqués par des personnes de leur entourage, qui ne peuvent s'empêcher de les admirer, mais également des coupures de presse, des extraits de biographie. Les historiens Isabelle Mons et Didier le Fur réunissent ici des trésors. Bien que l'histoire d'amour entre les deux artistes ait fait l'objet d'une multitude de publications, de gorges chaudes ou bien même de films, ici Isabelle Mons et Didier le Fur ont pris le parti de nous faire découvrir ces deux artistes à la fois d'une façon intimiste mais également au travers de leur personnage publique.

Certaines lettres sont extrêmement bouleversantes, elles transpirent tantôt l'amour, tantôt la haine. Elles ne font que refléter la complexité de la relation amoureuse entre Rodin et Claudel. le lecteur comprend à demi-mot qu'entre eux c'est explosif, tout feu tout flamme, qu'il n'y aura jamais de juste milieu. C'est touchant et passionnant, impossible à lâcher, on est constamment tiraillé entre un sentiment de voyeurisme et d'espoir pour cette histoire d'amour.

Si la relation entre les deux artistes reste l'objet central de cet ouvrage, ici, le lecteur découvrira aussi, en filigrane, les conditions de vies de ces artistes de la fin du XIXème qui se résument bien souvent à un manque évident d'argent, à cette « bohème » que certaines ont chantée.

Amateurs d'art mais également d'histoire, si vous osez vous aussi entrer dans l'intimité de l'histoire de Camille Claudel et Auguste Rodin, vous en sortirez probablement bouleversés mais assurément avec un oeil totalement différent sur le monde qui vous entoure…
Lien : https://ogrimoire.com/2022/1..
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Je couche toute nue, voilà un titre bien intrigant. Il s'agit en fait de quelques mots écrits par Camille Claudel dans une des lettres adressées à son amant Auguste Rodin, à la fin du XIXe siècle. La relation entre ces deux grands artistes est assez fascinante et j'étais donc très heureuse de pouvoir découvrir leurs correspondances respectives…

A part les grandes lignes de cette histoire malheureuse, je ne savais pas grand chose de la relation entretenue par Camille et Auguste. Je pensais tout apprendre grâce à ce recueil de lettres présentées de façon chronologique avec de grosses failles à certaines époques (peu de correspondances écrites ou peu ont été conservées ?)… Oui et non.
Oui car les correspondances offertes sont nombreuses. Non seulement celles échangées entre les deux amants mais celles que chacun d'eux entretient avec les membres de son entourage respectif. Ajoutez à cela de nombreux extraits d'articles de journaux et de compte-rendu d'expositions d'art et vous voilà tout à fait plongés dans le quotidien des deux artistes.
Malgré tout, je suis un petit peu « déçue » par la teneur des courriers. Camille et Auguste ne s'écrivent que peu et lorsqu'ils le font, les lettres sont remplies de non-dits. C'est à la fois très intime (Camille nous décrit son quotidien sans détour) et très pudique (aucun des deux n'écrit ce qu'il ressent à l'autre, il y a très peu de témoignages de leurs émotions et sentiments amoureux). A part une ou deux phrases détournées et une ou deux envolées qui peuvent s'apparenter à des déclarations passionnelles (« Je couche toute nue pour me faire croire que vous êtes là… »), bien peu d'éléments laissent à penser que ces deux-là étaient amants.

De toute façon, avant d'aimer l'autre, ils aimaient surtout leur art : la sculpture. On découvre donc les échanges de Camille et Auguste autour de leur passion commune. Chacun écrivant à d'autres protagonistes, tantôt pour demander de l'argent (autre très grand sujet d'échanges), tantôt pour proposer bustes, moules ou autres marbres au plus offrant. L'étudiante en histoire de l'art que j'ai pu être il y a quelques années a été assez passionnée par tous ces détails « professionnels » (et ils sont nombreux !), mais l'amoureuse passionnée que je suis est légèrement restée sur sa faim.

Si je pensais sortir de cette lecture avec une vision globale de l'histoire de Camille Claudel et Auguste Rodin, je me suis trompée, il m'a fallu trouver les informations ailleurs. En revanche, ce recueil de correspondances offre une grande intimité du quotidien et une certaine humanité à ces deux artistes de génie (surtout du côté de Camille que l'on découvre davantage, notamment après son internement).
Lien : http://bazardelalitterature...
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Je couche toute nue est un document exceptionnel, ou plutôt, une somme de documents divers et variés qui nous permet d'entrer dans l'effervescence de la vie artistique de la fin du XIXe - début XXe. Contrairement à ce que je croyais à la base, ce livre n'est pas uniquement composé de lettres entre Claudel, Rodin et leurs proches, on y trouve également des coupures de journaux au sujet des sculpteurs, des comptes rendus de Salon ou même des fragments de journaux intimes comme celui des frères Goncourt ou encore de Paul Claudel, écrivain et frère de la sculptrice.

C'est sans fard que nous entrons dans la vie des deux artistes, on est littéralement catapulté aux premières loges et ça, c'est vraiment génial ! On sent tout d'abord l'immense influence de Rodin dans le milieu de la sculpture, il est énormément plébiscité, et on peut voir à quel point il était reconnu de son vivant - même s'il a dû attendre des années pour enfin recevoir la consécration.
Le fait d'avoir accès à tous ces documents permet de rythmer la vie des artistes, on a ainsi un rapide échange épistolaire entre Zola et Rodin autour de la statut Balzac, ou même entre Rodin et Rainer Maria Rilke par exemple.

Néanmoins Claudel parvient petit à petit à se faire connaître, elle passe de "l'élève de Rodin" à son propre maître, elle est d'ailleurs souvent valorisée dans les journaux, son travail paraît être reconnu, mais paradoxalement, elle ne parvient pas à vivre de ses oeuvres.
Un premier bémol (il n'y en aura que deux et ce sont surtout des détails) réside dans le fait que je m'attendais à trouver plus de lettres entre Claudel et Rodin, finalement il y en a assez peu, mais elles sont toujours très forte émotionnellement parlant et elles permettent d'accéder à une infime partie de ce qui les reliaient tous les deux.

e couche toute nue commence en quelque sorte quand Camille devient l'élève d'Auguste et se termine un peu après la mort de celle-ci en 1943 - plus spécifiquement après la mort de son frère Paul. Leur relation amoureuse est connue, mais les causes de leur séparation restent assez floues - on sait qu'elle aurait décidé de rompre parce que Rodin refusait de se séparer de sa femme et il y a des rumeurs d'avortement, mais c'est mystérieux.
Étant une grande fan de l'artiste, j'appréhendais un peu le moment de son internement (en 1913) et sa captivité durant les trente dernières années de sa vie. le moins qu'on puisse dire c'est que niveau apprentissage, je suis servie !


Elle a été internée pour délire de persécution (entre autres choses) et en voyant les lettres qu'elle adressait à sa famille (sa mère et son frère), on peut voir qu'elle avait bien un problème à ce niveau-là. Je me demande à partir de quel moment toutes ces idées ont germées dans son esprit - certains disent que c'est après qu'elle ait dû avorter d'un enfant de Rodin - et pourquoi fallait-il nécessairement qu'elle accuse son ancien amant. On voit clairement que Rodin n'est pas la cause de son internement, il veut l'aider au contraire, et ce, même après leur séparation, où il fera en sorte qu'elle vive le mieux possible en lui versant une petite pension tous les mois à titre anonyme.
Peut-être que c'était trop dur pour Camille de simplement accepter que sa famille se cachait derrière l'internement. En même temps faut dire qu'elle avait pas l'air gâté niveau famille, son père avait à peine le pied dans la tombe que la mère et le fils faisaient en sorte qu'elle soit internée...


Mon avis en intégralité :
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Cet ouvrage regroupe des lettres d'époque, échangées entre les différents personnages qui ont gravité autour d'Auguste Rodin et de Camille Claudel. On trouve également des extraits de biographies, d'articles de presse ou de journaux intimes. Les correspondances et les articles se succèdent, bruts, et nous permettent peu à peu d'imaginer la vie des artistes à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle.
Tout se centralise autour d'Auguste Rodin, puis, peu à peu, vient s'ajouter le visage de Camille Claudel, qui fut son élève, son amante, un amour passionnel, mais aussi une personne fragile qu'il protégera malgré la folie qui la ronge.

Certaines lettres sont bouleversantes de beauté, de souffrance, d'amour, de haine. Elles témoignent de toute la complexité et de l'intensité de la relation entre ces deux génies de la sculpture.

J'ai adoré cette lecture, en tous points passionnante ! Cet ouvrage nous en apprend énormément ! Sur la condition des artistes, et le combat qu'ils menaient au jour le jour pour faire valoir leur talent et arriver à en vivre. Sur la complexité des personnages de Rodin et de Camille Claudel (pour ma part, c'est le personnage de Camille qui m'a particulièrement passionnée, au fil des années on lit sa descente aux enfers, la paranoïa qui s'installe, ses années de solitude avant l'internement…).

J'ai aussi trouvé particulièrement intéressant de voir à quel point le réseau des artistes et des amitiés était solide autour de Rodin et de Claudel. La fidélité de leurs entourages qui ont accompagnés l'un et l'autre dans leurs épreuves.

Je recommande vivement cette lecture à tous les amateurs d'art, aux amateurs d'Histoire également. Il n'est pas nécessaire d'être un connaisseur pour apprécier ces lettres. Par contre je vous conseille de vous accompagner de votre meilleur ami, Google, pour enrichir cette lecture en faisant une ou deux recherches sur les personnages qui apparaissent dans l'ouvrage, et surtout pour observer les oeuvres nombreuses dont il est question tout au long du livre.
Lien : https://merveilleusesescapad..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
[…] Oui, mais il faut vivre ! Et bien elle ne vit pas de son art, tu le penses ! Alors le découragement la prend et la terrasse. Chez ces natures ardentes, dans ces âmes bouillonnantes, le désespoir a des chutes aussi profondes que l’espoir leur donne d’élan vers les hauteurs.

— Octave Mirbeau, Article dans Le Journal, 12 mai 1895
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Il a fallu que je te connaisse et tout a pris une vie inconnue, ma terne existence a flambé dans un feu de joie. Merci, car c’est à toi que je dois toute la part de ciel que j’ai eue dans ma vie.
— Auguste Rodin à Camille Claudel, 1886
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Cette figure sinistre en qui se dresse comme la conclusion d’une carrière douloureuse, avant que s’ouvrent les ténèbres définitives, Persée (celui qui tue sans regarder). Quelle est cette tête à la chevelure sanglante qu’il élève derrière lui, sinon celle de la folie ? Mais pourquoi n’y verrai-je pas plutôt une image du remords ? Ce visage au bout de ce bras levé, oui, il me semble bien en reconnaître les traits décomposés. Le reste est silence.

— Paul Claudel, Ma soeur Camille, 1951
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Un jour que Rodin me rendait visite, je l’ai vu soudain s’immobiliser devant ce portrait, le contempler, caresser doucement le métal et pleurer. Oui, pleurer. Comme un enfant. Voilà quinze ans qu’il est mort. En réalité, il n’aura jamais aimé que vous, Camille, je puis le dire aujourd’hui. Tout le reste - ces aventures pitoyables, cette ridicule vie mondaine, lui qui, dans le fond, restait un homme du peuple -, c’était l’exutoire d’une nature excessive. Oh ! je sais bien, Camille, qu’il vous a abandonnée, je ne cherche pas à le justifier. Vous avez trop souffert par lui.[…]

— Eugène Blot à Camille Claudel, 3 septembre 1932
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Je couche toute nue pour me faire croire que vous êtes là mais quand je me réveille, ce n’est plus la même chose.
— Camille Claudel à Auguste Rodin, fin juillet 1891
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Camille Claudel. Quelqu'un qui a reçu beaucoup.
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