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ISBN : 2889440044
Éditeur : Slatkine et Cie (11/05/2017)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 5 notes)
Résumé :
" Monsieur Rodin,
Comme je n'ai rien à faire, je vous écris encore. Vous ne pouvez vous figurez comme il fait bon à l'Islette.
Je me suis promenée dans le parc, tout est tondu, foin, blé, avoine, on peut faire le tour partout, c'est charmant. Si vous êtes gentil, à tenir votre promesse, nous connaitrons le paradis. Vous aurez la chambre que vous voulez pour travailler. La vieille sera à nos genoux, je crois. Elle m'a dit que je pouvais prendre des ba... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Melisende
  06 décembre 2017
Je couche toute nue, voilà un titre bien intrigant. Il s'agit en fait de quelques mots écrits par Camille Claudel dans une des lettres adressées à son amant Auguste Rodin, à la fin du XIXe siècle. La relation entre ces deux grands artistes est assez fascinante et j'étais donc très heureuse de pouvoir découvrir leurs correspondances respectives…
A part les grandes lignes de cette histoire malheureuse, je ne savais pas grand chose de la relation entretenue par Camille et Auguste. Je pensais tout apprendre grâce à ce recueil de lettres présentées de façon chronologique avec de grosses failles à certaines époques (peu de correspondances écrites ou peu ont été conservées ?)… Oui et non.
Oui car les correspondances offertes sont nombreuses. Non seulement celles échangées entre les deux amants mais celles que chacun d'eux entretient avec les membres de son entourage respectif. Ajoutez à cela de nombreux extraits d'articles de journaux et de compte-rendu d'expositions d'art et vous voilà tout à fait plongés dans le quotidien des deux artistes.
Malgré tout, je suis un petit peu « déçue » par la teneur des courriers. Camille et Auguste ne s'écrivent que peu et lorsqu'ils le font, les lettres sont remplies de non-dits. C'est à la fois très intime (Camille nous décrit son quotidien sans détour) et très pudique (aucun des deux n'écrit ce qu'il ressent à l'autre, il y a très peu de témoignages de leurs émotions et sentiments amoureux). A part une ou deux phrases détournées et une ou deux envolées qui peuvent s'apparenter à des déclarations passionnelles (« Je couche toute nue pour me faire croire que vous êtes là… »), bien peu d'éléments laissent à penser que ces deux-là étaient amants.
De toute façon, avant d'aimer l'autre, ils aimaient surtout leur art : la sculpture. On découvre donc les échanges de Camille et Auguste autour de leur passion commune. Chacun écrivant à d'autres protagonistes, tantôt pour demander de l'argent (autre très grand sujet d'échanges), tantôt pour proposer bustes, moules ou autres marbres au plus offrant. L'étudiante en histoire de l'art que j'ai pu être il y a quelques années a été assez passionnée par tous ces détails « professionnels » (et ils sont nombreux !), mais l'amoureuse passionnée que je suis est légèrement restée sur sa faim.
Si je pensais sortir de cette lecture avec une vision globale de l'histoire de Camille Claudel et Auguste Rodin, je me suis trompée, il m'a fallu trouver les informations ailleurs. En revanche, ce recueil de correspondances offre une grande intimité du quotidien et une certaine humanité à ces deux artistes de génie (surtout du côté de Camille que l'on découvre davantage, notamment après son internement).
Lien : http://bazardelalitterature...
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Allaroundthecorner
  31 décembre 2017
Je couche toute nue est un document exceptionnel, ou plutôt, une somme de documents divers et variés qui nous permet d'entrer dans l'effervescence de la vie artistique de la fin du XIXe - début XXe. Contrairement à ce que je croyais à la base, ce livre n'est pas uniquement composé de lettres entre Claudel, Rodin et leurs proches, on y trouve également des coupures de journaux au sujet des sculpteurs, des comptes rendus de Salon ou même des fragments de journaux intimes comme celui des frères Goncourt ou encore de Paul Claudel, écrivain et frère de la sculptrice.
C'est sans fard que nous entrons dans la vie des deux artistes, on est littéralement catapulté aux premières loges et ça, c'est vraiment génial ! On sent tout d'abord l'immense influence de Rodin dans le milieu de la sculpture, il est énormément plébiscité, et on peut voir à quel point il était reconnu de son vivant - même s'il a dû attendre des années pour enfin recevoir la consécration.
Le fait d'avoir accès à tous ces documents permet de rythmer la vie des artistes, on a ainsi un rapide échange épistolaire entre Zola et Rodin autour de la statut Balzac, ou même entre Rodin et Rainer Maria Rilke par exemple.
Néanmoins Claudel parvient petit à petit à se faire connaître, elle passe de "l'élève de Rodin" à son propre maître, elle est d'ailleurs souvent valorisée dans les journaux, son travail paraît être reconnu, mais paradoxalement, elle ne parvient pas à vivre de ses oeuvres.
Un premier bémol (il n'y en aura que deux et ce sont surtout des détails) réside dans le fait que je m'attendais à trouver plus de lettres entre Claudel et Rodin, finalement il y en a assez peu, mais elles sont toujours très forte émotionnellement parlant et elles permettent d'accéder à une infime partie de ce qui les reliaient tous les deux.
e couche toute nue commence en quelque sorte quand Camille devient l'élève d'Auguste et se termine un peu après la mort de celle-ci en 1943 - plus spécifiquement après la mort de son frère Paul. Leur relation amoureuse est connue, mais les causes de leur séparation restent assez floues - on sait qu'elle aurait décidé de rompre parce que Rodin refusait de se séparer de sa femme et il y a des rumeurs d'avortement, mais c'est mystérieux.
Étant une grande fan de l'artiste, j'appréhendais un peu le moment de son internement (en 1913) et sa captivité durant les trente dernières années de sa vie. le moins qu'on puisse dire c'est que niveau apprentissage, je suis servie !

Elle a été internée pour délire de persécution (entre autres choses) et en voyant les lettres qu'elle adressait à sa famille (sa mère et son frère), on peut voir qu'elle avait bien un problème à ce niveau-là. Je me demande à partir de quel moment toutes ces idées ont germées dans son esprit - certains disent que c'est après qu'elle ait dû avorter d'un enfant de Rodin - et pourquoi fallait-il nécessairement qu'elle accuse son ancien amant. On voit clairement que Rodin n'est pas la cause de son internement, il veut l'aider au contraire, et ce, même après leur séparation, où il fera en sorte qu'elle vive le mieux possible en lui versant une petite pension tous les mois à titre anonyme.
Peut-être que c'était trop dur pour Camille de simplement accepter que sa famille se cachait derrière l'internement. En même temps faut dire qu'elle avait pas l'air gâté niveau famille, son père avait à peine le pied dans la tombe que la mère et le fils faisaient en sorte qu'elle soit internée...

Mon avis en intégralité :
Lien : http://allaroundthecorner.bl..
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ClarineB
  22 septembre 2017
Cet ouvrage regroupe des lettres d'époque, échangées entre les différents personnages qui ont gravité autour d'Auguste Rodin et de Camille Claudel. On trouve également des extraits de biographies, d'articles de presse ou de journaux intimes. Les correspondances et les articles se succèdent, bruts, et nous permettent peu à peu d'imaginer la vie des artistes à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle.
Tout se centralise autour d'Auguste Rodin, puis, peu à peu, vient s'ajouter le visage de Camille Claudel, qui fut son élève, son amante, un amour passionnel, mais aussi une personne fragile qu'il protégera malgré la folie qui la ronge.
Certaines lettres sont bouleversantes de beauté, de souffrance, d'amour, de haine. Elles témoignent de toute la complexité et de l'intensité de la relation entre ces deux génies de la sculpture.
J'ai adoré cette lecture, en tous points passionnante ! Cet ouvrage nous en apprend énormément ! Sur la condition des artistes, et le combat qu'ils menaient au jour le jour pour faire valoir leur talent et arriver à en vivre. Sur la complexité des personnages de Rodin et de Camille Claudel (pour ma part, c'est le personnage de Camille qui m'a particulièrement passionnée, au fil des années on lit sa descente aux enfers, la paranoïa qui s'installe, ses années de solitude avant l'internement…).
J'ai aussi trouvé particulièrement intéressant de voir à quel point le réseau des artistes et des amitiés était solide autour de Rodin et de Claudel. La fidélité de leurs entourages qui ont accompagnés l'un et l'autre dans leurs épreuves.
Je recommande vivement cette lecture à tous les amateurs d'art, aux amateurs d'Histoire également. Il n'est pas nécessaire d'être un connaisseur pour apprécier ces lettres. Par contre je vous conseille de vous accompagner de votre meilleur ami, Google, pour enrichir cette lecture en faisant une ou deux recherches sur les personnages qui apparaissent dans l'ouvrage, et surtout pour observer les oeuvres nombreuses dont il est question tout au long du livre.
Lien : https://merveilleusesescapad..
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LecturesGourmandes
  22 juin 2017
Tout m'avait intriguée dans ce livre : le titre, le sujet, et ce que je m'imaginais y découvrir…
Etant donné que je m'attendais à n'avoir principalement accès qu'à des correspondances entre Camille Claudel et Auguste Rodin, j'ai eu, au départ, beaucoup de mal à me concentrer et rester assidue à cette lecture. En effet, en ouvrant cet ouvrage, le lecteur a accès à une quantité de données diverses : des correspondances, des extraits d'articles de journaux et de carnets intimes… Ce qui m'a alors déroutée, puis intriguée et enfin fascinée !
Suivant mon expérience de lecture, je pense alors qu'il s'agit d'une forme à laquelle le lecteur met du temps à s'adapter, temps précieux puisqu'il nous délivre ensuite un contenu d'une incroyable richesse !
Il est intéressant de découvrir par ces traces du passé plusieurs images: celle de la société de l'époque, celle de la vie des artistes, celles des moeurs mais aussi celle la femme (et notamment ses conditions de vie en tant que femme mais aussi en tant qu'artiste).

En somme, Je couche toute nue est d'une grande richesse, à l'image du travail de recherche, d'étude et de rassemblement qu'ont fait Isabelle Mons et Didier le Fur pour arriver à ce résultat !
Lien : https://lecturesgourmandeswe..
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topobiblioteca
  05 août 2017
Camille Claudel.
Auguste Rodin.
L'élève et le maître.
La passion. Fulgurante.
Une histoire mainte fois contée, qu'elle en est devenue un mythe, une vérité.
Le travail d'Isabelle Mons et Didier le Fur est impressionnant, car nous avons accès à une importante part de la correspondance de ces deux artistes. Les tours et détours de Rodin pour faire connaître son élève, les transactions de ventes, les nouvelles d'amis et les quelques mots de nos deux amants. Petite précision, qui n'est pas stipulée dans le résumé, ce ne sont pas uniquement les lettres de Rodin et Camille qui sont présentes ici, elles ne sont d'ailleurs qu'une part infime de ce livre. Nous suivons bien plus, au jour le jour, les avancées de chacun dans leur vie professionnelle, les rumeurs sur leurs vies et les comptes-rendues d'expositions auxquels ils participent. Mais insidieusement, par petites touches, au détour d'une phrase d'une connaissance, d'un aparté sur l'un ou l'autre, nous touchons du doigts la puissante passion qui les animait l'un pour l'autre.
Un livre particulièrement charnel lorsque les sculptures des deux artistes sont évoquées. Les mots utilisés par les journalistes ont ce rapport au corps à la fois féroce et d'une tendresse peu commune. Les oeuvres ne peuvent laisser indifférent. Nous lisons des critiques acerbes où le verbe des journalistes est cruel ou alors d'une sensualité extrême.
Puis vint l'heure de la souffrance et de la peur. Les lettres de Camille pendant son internement sont d'une violence et d'une pureté rare, elle jette les mots comme des armes dont elle se servirait la première pour ne pas avoir à encaisser les coups par la suite. La maladie la transforme, pour la tuer petit à petit.
Nous ne pouvons rester immobile devant tant d'émotions déversées, cachées ou exposées…
Lien : https://topobiblioteca.wordp..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
AllaroundthecornerAllaroundthecorner   18 novembre 2017
[…] Oui, mais il faut vivre ! Et bien elle ne vit pas de son art, tu le penses ! Alors le découragement la prend et la terrasse. Chez ces natures ardentes, dans ces âmes bouillonnantes, le désespoir a des chutes aussi profondes que l’espoir leur donne d’élan vers les hauteurs.

— Octave Mirbeau, Article dans Le Journal, 12 mai 1895
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   21 novembre 2017
Cette figure sinistre en qui se dresse comme la conclusion d’une carrière douloureuse, avant que s’ouvrent les ténèbres définitives, Persée (celui qui tue sans regarder). Quelle est cette tête à la chevelure sanglante qu’il élève derrière lui, sinon celle de la folie ? Mais pourquoi n’y verrai-je pas plutôt une image du remords ? Ce visage au bout de ce bras levé, oui, il me semble bien en reconnaître les traits décomposés. Le reste est silence.

— Paul Claudel, Ma soeur Camille, 1951
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   11 novembre 2017
Il a fallu que je te connaisse et tout a pris une vie inconnue, ma terne existence a flambé dans un feu de joie. Merci, car c’est à toi que je dois toute la part de ciel que j’ai eue dans ma vie.
— Auguste Rodin à Camille Claudel, 1886
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   23 novembre 2017
Un jour que Rodin me rendait visite, je l’ai vu soudain s’immobiliser devant ce portrait, le contempler, caresser doucement le métal et pleurer. Oui, pleurer. Comme un enfant. Voilà quinze ans qu’il est mort. En réalité, il n’aura jamais aimé que vous, Camille, je puis le dire aujourd’hui. Tout le reste - ces aventures pitoyables, cette ridicule vie mondaine, lui qui, dans le fond, restait un homme du peuple -, c’était l’exutoire d’une nature excessive. Oh ! je sais bien, Camille, qu’il vous a abandonnée, je ne cherche pas à le justifier. Vous avez trop souffert par lui.[…]

— Eugène Blot à Camille Claudel, 3 septembre 1932
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   07 novembre 2017
Je n’en puis plus, je n’en puis plus passer un jour sans te voir. Sinon l’atroce folie. C’est fini, je ne travaille plus, divinité malfaisante, et pourtant je t’aime avec fureur.

— Auguste Rodin à Camille Claudel, 1886
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Camille Claudel. Quelqu'un qui a reçu beaucoup.
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