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Michel Décaudin (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070718542
220 pages
Gallimard (22/02/1990)
4.18/5   117 notes
Résumé :
" Nice, 28 septembre 1914.
Vous ayant dit ce matin que je vous aimais, ma voisine d'hier soir, j'éprouve maintenant moins de gêne à vous l'écrire... "
" 18 janvier 1916.
... Je te souhaite de belles amours et beaucoup de bonheur. Alors, on s'habitue à la guerre, moi j'ai participé aux coups de chien de la cote 194 près de la butte de Tahure. Enfin je m'en tire pour l'instant sans dégâts c'est pas mal après tout. Gui. ".
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique

Quel coquin ce Gui ! Cette correspondance entre l'auteur et sa dulcinée, Lou, passe par tous les états !

Au début, nous sommes au centre d'une relation de courtoisie, de finesse et d'élégance. le vouvoiement est en rigueur et les sentiments ne dépassent pas la plume de l'auteur. Mais seulement, l'auteur est homme, et cet homme est loin de tout, loin des femmes, loin de cette femme.

Il né alors une correspondance beaucoup plus piquante, apaisée parfois par l'entrevue des deux amants. Langage crus, descriptions précises de désirs ardents, les plus chastes rougiront ! le corps est vraiment mis en avant, pour lire ce livre, il ne avoir aucun tabou. L'ayant lu assez jeune, j'avoue avoir été légèrement désabusée par certains propos de ce cher Gui, dont la très célèbre phrase de politesse " Je t'embrasse, je t'aime, je t'adore, je te suce, je te baise, je t'encule, je te lèche, je te fais feuille de rose, boule de neige, tout tout tout absolument tout, mon adorée, je te prends toute. " Evidemment, il ne faut pas voir de vulgarité dans tout cela. Il faut garder à l'esprit qu'en lisant ces lettres, nous entrons dans l'intimité la plus secrète de deux amants.

Seulement, tout cela n'est qu'une période puisqu'au fil des lettres, nous nous rendons compte que l'objet de fascination de l'auteur ne lui écrit plus et que celle-ci a refait sa vie... Ainsi vint le désespoir d'un homme éperdument amoureux.

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Recueil de lettres de Guillaume Apollinaire.

A la caserne, puis sur le front, le poète n'oublie pas sa belle amante Louise, affectueusement nommée Lou. Dans ses lettres où se mêlent vers et esquisses, il lui répète son amour, son désir et sa tendresse. Il raconte aussi la réalité de la guerre et la vie de soldat. Même quand "son cher Lou" le quitte, Apollinaire ne cesse pas de lui écrire. Il lui recommande son ami Toutou. Ces deux-là s'aiment, et le poète s'en réjouit. Bien qu'amer et menaçant, il n'est pas jaloux puisque sa belle est heureuse.

C'est tout simplement superbe! J'ai trouvé une intensité fabuleuse dans ces lettres. Chaque phrase est une poésie. Je me rappelle avoir aussi beaucoup apprécié l'interprétation de Jean-Louis Trintignant qui lisait certaines de ces lettres à Grenoble.

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Si vous avez l'âme d'un poète, n'hésitez pas à vous plonger dans ce petit livre d'une centaine de pages.

Guillaume Apollinaire écrit à son amoureuse, Louise avec des mots qui fondent le coeur . Il exprime son amour, sa tendresse... Cela fait rêver.

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Ce recueil épistolaire montre, une fois de plus, qu'avec du talent, un style parfait, une langue française très pure, un écrivain peut faire apprécier même le plus banal.

Apollinaire écrit des dizaines de lettres à son amour, Louise de Coligny, entre septembre et décembre 1914. Celles-ci parlent aussi bien du plus banal du quotidien de sa vie de soldat à l'instruction que du merveilleux de son amour, du plus haut des sentiments comme des plus crues de ses envies ; et pourtant ce n'est jamais vulgaire, toujours poétique.

Savoureuse lecture !

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Nous sommes en septembre 1914. A Nice. Au début de la Grande Guerre. Whilhelm Apollinaire de Kostrowitzky y est pour s'engager dans l'armée. Pour être naturalisé. Lui qui souhaite être Français. Etre pleinement, Guillaume Apollinaire.

Lors d'une soirée chez un ami militaire, il rencontre Geneviève Marguerite Marie-Louise de Pillot de Coligny-Châtillon.

Pour lui, elle sera Lou. Sa muse.

C'est une jeune femme ravissante. Divorcée. Libre. Qui fait fi des conventions.

Elle le fascine. Il en tombe immédiatement amoureux.

L'alchimie est instantanée. L'aventure immédiate. Passionnée. Violente. Et brève.

Ils se sont aimés follement. Intensément. Avec un assouvissement inachevé.

Lui engagé, elle batifolant vers d'autres ailleurs, ils ont pris la plume pour poursuivre leur amour. le coucher sur papier. Avant de mieux se retrouver.

Ils se sont écrits.

D'abord beaucoup. Surtout lui.

Puis encore beaucoup. Surtout elle.

Et, enfin, plus du tout.

Lettres à Guillaume Apollinaire et Lettres à Lou sont une partie de leur correspondance.

De elle à lui.

De lui à elle.

J'ai eu entre les mains des déclarations d'amour plus que des lettres.

Certaines passionnées. D'autres pressantes. D'autres encore hésitantes. Et désillusionnées aussi.

Ces lettres sont le témoignage de l'amour en « étoile filante » entre Lou et Guillaume Apollinaire. Un amour qui vous tombe dessus. Fulgurant. Sublime. Bref.

Leur lecture nous happe. Elle nous transporte. Il devient difficile de décoller son nez du livre.

Selon moi, il est essentiel de lire ces deux livres en parallèle. Cela participe à une meilleure compréhension de la lecture des lettres de chacun. de mieux comprendre leurs sentiments au même instant. Et leur évolution aussi.

N.B : Il est dit que c'est Lou qui brisa le coeur d'Apollinaire. Après lecture de ces deux ouvrages, je peux dire que cette conclusion est trop simple. Or, rien n'est jamais simple en amour.


Lien : https://unlivreunvoyage.com/..
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critiques presse (1)
Lecturejeune
01 décembre 2007
Lecture jeune, n°124 - Pour rappeler à lui l’amour de Lou, la fantasque, la volage, l’ardente comtesse Louise de Coligny - Châtillon, dont il s’est éperdument épris en septembre 1914, Guillaume Apollinaire lui adresse du front les poèmes les plus brûlants qu’il ait jamais écrits. Inscrits dans des lettres quotidiennes, ils cherchent à amuser, à surprendre, à désarmer, à retenir l’amante qui échappe au poète et lui fait oublier la guerre. Mais Louise est infidèle et correspondante négligente. Après leur rupture, Apollinaire en fait sa Muse, une étoile qui luit audessus des tranchées. Si les Poèmes à Lou, dont certains ont été publiés du vivant de l’auteur, sont bien connus, la lecture en fac-similé des soixante-dix lettres qui ont survécu au temps est une révélation. Rédigés sur le papier à en-tête d’un café, écrits à l’encre violette ou au crayon sur une feuille quadrillée, les mots du poète passent insensiblement de la prose au vers – sublimes comme un aria après le récitatif --, dessinent un acrostiche tragique ou un calligramme coquin. La matérialité de la lettre leur donne une nouvelle résonance, en restituant au lecteur les gestes quotidiens, l’humeur du poète, l’urgence de la guerre et de l’amour, la nécessité d’écrire pour survivre. Apollinaire demande à Louise de conserver précieusement ses oeuvres pour les sauver de la dévastation, comme les fleurs épargnées par les obus qu’il joints à ses envois. Cette très belle édition allie à la sensualité du papier crème, de l’encre violette « couleur de cerne et de lilas » chère au poète, l’érudition de Laurence Campa et de ses commentaires éclairants. Charlotte Plat
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation

Ma chérie, mon amour si grand pour toi trouve moyen de grandir encore dans l'absence et il grandira sans cesse quand nous serons l'un près de l'autre. Il est comme un grand oiseau qui planerait plus haut que les aéroplanes, il monte sans cesse, oiseau angélique, dans les sublimes régions de l'éther - pas celui de Nice qui sonnait toutes ses cloches à toute volée à tous tes sens - Et c'est plus haut que l'éther même qu'un jour, purs esprits nous nagerons éternellement unis dans l'éternelle volupté de la vie la plus forte, la plus douce, la plus tendre, après nous être aimés par tous nos sens, si aiguisés pourtant, ô ma chérie infiniment sensible et infiniment voluptueuse.

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La tour Magne tournait sur sa colline laurée

Et dansait lentement, lentement s’obombrait

Tandis que des amants descendaient de la colline

La tour dansait lentement comme une sarrasine.

Le vent souffle pourtant il ne fait pas du tout froid

Je te verrai dans deux jours et suis heureux

comme un roi

...

Je pense à tes cheveux qui sont mon or et ma gloire

Ils sont toute ma lumière dans la nuit noire

Et tes yeux sont les fenêtres

d’où je veux regarder

La vie et ses bonheurs la mort qui vient aider

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Au demeurant, je vais en écrire un pour vous tout exprès et nul doute qu'inspiré par une passion aussi violente et puisque c'est de vous qu'il s'agit, d'une essence aussi délicate, je n'écrive là mon livre le plus rempli de cette humanité qui est à mon gré la seule chose digne de toucher les hommes et d'être recherchée par un écrivain.

J'aurais voulu déjà écrire un poème pour vous. Il m'eût été trop personnel et n'eût dépeint que les sentiments que vous avez éveillés en moi et aussi votre grâce. Mais, en somme je ne connais rien de vous sinon que je vous trouve infiniment jolie et digne d'être aimée sans espérance de retour.

Je voudrais tout savoir de vous et je ne sais rien, sinon que vous avez été mariée et ne l'êtes plus.

26 - [L'imaginaire/Gallimard, p. 14]

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Si je mourais là-bas sur le front de l'armée

Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée

Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt

Un obus éclatant sur le front de l'armée

Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace

Couvrirait de mon sang le monde tout entier

La mer les monts les vals et l'étoile qui passe

Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace

Comme font les fruits d'or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses

Je rougirais le bout de tes jolis seins roses

Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants

Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses

Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde

Donnerait au soleil plus de vive clarté

Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde

Un amour inouï descendrait sur le monde

L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie

- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie

De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -

Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur

Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie

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Je donne à mon espoir mes yeux, ces pierreries

Je donne à mon espoir mes mains, palmes de victoire

Je donne à mon espoir mes pieds, chars de triomphe

Je donne à mon espoir mes narines qu'embaument les fleurs de la mi-mai

Je donne à mon espoir mon coeur en ex-voto

Je donne à mon espoir tout l'avenir qui tremble comme une petite lueur au loin dans la forêt

(Lettre 155 - Extrait - p.368)

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« Montparnasse : quand Paris éclairait le monde » de Mathyeu le Bal, préfacé par Jeanine Warnod : un livre événement publié chez Albin Michel et disponible dans toutes les bonnes librairies.
« L'arrivée en masse des artistes d'Europe centrale, des Américains, Japonais, Italiens… attirés par la France, constitua un formidable melting-pot. “ L'École de Paris “ était née. » Jeanine Warnod
Au début du XXe siècle, tous les boulevards du monde convergèrent vers Montparnasse, drainant des artistes aux mille parcours.
Ces fils de l'exil vont poser leur valise près du carrefour Vavin où s'exprimera un langage commun : la création. Ce livre unique en son genre raconte dans son extraordinaire globalité ce moment unique dans l'histoire pendant lequel un quartier de Paris fut la capitale mondiale de l'art.
« En 1913, Apollinaire descendait de la Butte Montmartre avec mon père* lui récitant ses premiers vers « d'Alcools ». Ils retrouvaient Paul Fort, André Salmon, Max Jacob à La Closerie des Lilas où des joutes de poésie occupaient toutes les nuits… »
Le célèbre critique d'art André Warnod, qui inventa le terme d'École de Paris dans son livre de référence, publié en 1925 chez Albin Michel.
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