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Michel Décaudin (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070718542
220 pages
Gallimard (22/02/1990)
4.14/5   97 notes
Résumé :
" Nice, 28 septembre 1914.
Vous ayant dit ce matin que je vous aimais, ma voisine d'hier soir, j'éprouve maintenant moins de gêne à vous l'écrire... "
" 18 janvier 1916.
... Je te souhaite de belles amours et beaucoup de bonheur. Alors, on s'habitue à la guerre, moi j'ai participé aux coups de chien de la cote 194 près de la butte de Tahure. Enfin je m'en tire pour l'instant sans dégâts c'est pas mal après tout. Gui. ".
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
zellereb
  13 mai 2017
Apollinaire nous éblouit de ces lettres passionnées, enfiévrées, écrites dans un tourbillon d'émotions à la jeune Louise dont il est amoureux.
C'est au cours du mois de décembre 1914 qu'il semble être le plus assidu, peut-être le plus nerveux. A cette période, il écrit pratiquement tous les jours du mois. le style varie entre tendresse, drôlerie, érotisme torride (souvent une fois revenu de permission, c'est pour se rappeler de leurs étreintes).
Apollinaire angoissé, se sent ensuite délaissé par sa Lou au bout de trois jours de silence. C'est trop long pour lui, bien plus qu'il ne peut supporter.
Certains passages sont d'un ahurissant mélange de poésie, de sensualité, de drôlerie, de lyrisme, et puis aussi, de banalité, très inattendue venant d'un homme aussi extraordinaire.
Ô combien d'émotion, d'empressement, de sensibilité de prévenance, que cet Apollinaire tout entier dévoué à sa Lou. Et penser à elle lui donne du courage alors qu'il doit mener cette vie austère et difficile de caserne parmi tous ces poilus qui l'entourent et qui s'entraînent à faire la guerre.
Dans ces lettres sublimes, on découvre un Apollinaire, attachant, ayant des hauts et des bas, et on a le plaisir infini de goûter la poésie de ses mots.
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Salome20s
  27 juillet 2015
Quel coquin ce Gui ! Cette correspondance entre l'auteur et sa dulcinée, Lou, passe par tous les états !
Au début, nous sommes au centre d'une relation de courtoisie, de finesse et d'élégance. le vouvoiement est en rigueur et les sentiments ne dépassent pas la plume de l'auteur. Mais seulement, l'auteur est homme, et cet homme est loin de tout, loin des femmes, loin de cette femme.
Il né alors une correspondance beaucoup plus piquante, apaisée parfois par l'entrevue des deux amants. Langage crus, descriptions précises de désirs ardents, les plus chastes rougiront ! le corps est vraiment mis en avant, pour lire ce livre, il ne avoir aucun tabou. L'ayant lu assez jeune, j'avoue avoir été légèrement désabusée par certains propos de ce cher Gui, dont la très célèbre phrase de politesse " Je t'embrasse, je t'aime, je t'adore, je te suce, je te baise, je t'encule, je te lèche, je te fais feuille de rose, boule de neige, tout tout tout absolument tout, mon adorée, je te prends toute. " Evidemment, il ne faut pas voir de vulgarité dans tout cela. Il faut garder à l'esprit qu'en lisant ces lettres, nous entrons dans l'intimité la plus secrète de deux amants.
Seulement, tout cela n'est qu'une période puisqu'au fil des lettres, nous nous rendons compte que l'objet de fascination de l'auteur ne lui écrit plus et que celle-ci a refait sa vie... Ainsi vint le désespoir d'un homme éperdument amoureux.
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LiliGalipette
  03 juillet 2009
Recueil de lettres de Guillaume Apollinaire.
A la caserne, puis sur le front, le poète n'oublie pas sa belle amante Louise, affectueusement nommée Lou. Dans ses lettres où se mêlent vers et esquisses, il lui répète son amour, son désir et sa tendresse. Il raconte aussi la réalité de la guerre et la vie de soldat. Même quand "son cher Lou" le quitte, Apollinaire ne cesse pas de lui écrire. Il lui recommande son ami Toutou. Ces deux-là s'aiment, et le poète s'en réjouit. Bien qu'amer et menaçant, il n'est pas jaloux puisque sa belle est heureuse.
C'est tout simplement superbe! J'ai trouvé une intensité fabuleuse dans ces lettres. Chaque phrase est une poésie. Je me rappelle avoir aussi beaucoup apprécié l'interprétation de Jean-Louis Trintignant qui lisait certaines de ces lettres à Grenoble.
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rosalinda89
  30 août 2018
Si vous avez l'âme d'un poète, n'hésitez pas à vous plonger dans ce petit livre d'une centaine de pages.
Guillaume Apollinaire écrit à son amoureuse, Louise avec des mots qui fondent le coeur . Il exprime son amour, sa tendresse... Cela fait rêver.
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dcombier
  22 septembre 2019
Ce recueil épistolaire montre, une fois de plus, qu'avec du talent, un style parfait, une langue française très pure, un écrivain peut faire apprécier même le plus banal.
Apollinaire écrit des dizaines de lettres à son amour, Louise de Coligny, entre septembre et décembre 1914. Celles-ci parlent aussi bien du plus banal du quotidien de sa vie de soldat à l'instruction que du merveilleux de son amour, du plus haut des sentiments comme des plus crues de ses envies ; et pourtant ce n'est jamais vulgaire, toujours poétique.
Savoureuse lecture !
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 décembre 2007
Lecture jeune, n°124 - Pour rappeler à lui l’amour de Lou, la fantasque, la volage, l’ardente comtesse Louise de Coligny - Châtillon, dont il s’est éperdument épris en septembre 1914, Guillaume Apollinaire lui adresse du front les poèmes les plus brûlants qu’il ait jamais écrits. Inscrits dans des lettres quotidiennes, ils cherchent à amuser, à surprendre, à désarmer, à retenir l’amante qui échappe au poète et lui fait oublier la guerre. Mais Louise est infidèle et correspondante négligente. Après leur rupture, Apollinaire en fait sa Muse, une étoile qui luit audessus des tranchées. Si les Poèmes à Lou, dont certains ont été publiés du vivant de l’auteur, sont bien connus, la lecture en fac-similé des soixante-dix lettres qui ont survécu au temps est une révélation. Rédigés sur le papier à en-tête d’un café, écrits à l’encre violette ou au crayon sur une feuille quadrillée, les mots du poète passent insensiblement de la prose au vers – sublimes comme un aria après le récitatif --, dessinent un acrostiche tragique ou un calligramme coquin. La matérialité de la lettre leur donne une nouvelle résonance, en restituant au lecteur les gestes quotidiens, l’humeur du poète, l’urgence de la guerre et de l’amour, la nécessité d’écrire pour survivre. Apollinaire demande à Louise de conserver précieusement ses oeuvres pour les sauver de la dévastation, comme les fleurs épargnées par les obus qu’il joints à ses envois. Cette très belle édition allie à la sensualité du papier crème, de l’encre violette « couleur de cerne et de lilas » chère au poète, l’érudition de Laurence Campa et de ses commentaires éclairants. Charlotte Plat
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
TaciteTacite   30 novembre 2012
Ma chérie, mon amour si grand pour toi trouve moyen de grandir encore dans l'absence et il grandira sans cesse quand nous serons l'un près de l'autre. Il est comme un grand oiseau qui planerait plus haut que les aéroplanes, il monte sans cesse, oiseau angélique, dans les sublimes régions de l'éther - pas celui de Nice qui sonnait toutes ses cloches à toute volée à tous tes sens - Et c'est plus haut que l'éther même qu'un jour, purs esprits nous nagerons éternellement unis dans l'éternelle volupté de la vie la plus forte, la plus douce, la plus tendre, après nous être aimés par tous nos sens, si aiguisés pourtant, ô ma chérie infiniment sensible et infiniment voluptueuse.
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AdriatikAdriatik   31 mai 2018
La tour Magne tournait sur sa colline laurée
Et dansait lentement, lentement s’obombrait
Tandis que des amants descendaient de la colline
La tour dansait lentement comme une sarrasine.
Le vent souffle pourtant il ne fait pas du tout froid
Je te verrai dans deux jours et suis heureux
comme un roi
...

Je pense à tes cheveux qui sont mon or et ma gloire
Ils sont toute ma lumière dans la nuit noire
Et tes yeux sont les fenêtres
d’où je veux regarder
La vie et ses bonheurs la mort qui vient aider
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JcequejelisJcequejelis   22 septembre 2011
Au demeurant, je vais en écrire un pour vous tout exprès et nul doute qu'inspiré par une passion aussi violente et puisque c'est de vous qu'il s'agit, d'une essence aussi délicate, je n'écrive là mon livre le plus rempli de cette humanité qui est à mon gré la seule chose digne de toucher les hommes et d'être recherchée par un écrivain.

J'aurais voulu déjà écrire un poème pour vous. Il m'eût été trop personnel et n'eût dépeint que les sentiments que vous avez éveillés en moi et aussi votre grâce. Mais, en somme je ne connais rien de vous sinon que je vous trouve infiniment jolie et digne d'être aimée sans espérance de retour.

Je voudrais tout savoir de vous et je ne sais rien, sinon que vous avez été mariée et ne l'êtes plus.

26 - [L'imaginaire/Gallimard, p. 14]
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mariecesttoutmariecesttout   27 janvier 2014





Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
Comme font les fruits d'or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie
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petchpetch   18 juin 2013
Je donne à mon espoir mes yeux, ces pierreries
Je donne à mon espoir mes mains, palmes de victoire
Je donne à mon espoir mes pieds, chars de triomphe
Je donne à mon espoir mes narines qu'embaument les fleurs de la mi-mai
Je donne à mon espoir mon coeur en ex-voto
Je donne à mon espoir tout l'avenir qui tremble comme une petite lueur au loin dans la forêt

(Lettre 155 - Extrait - p.368)
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Vidéo de Guillaume Apollinaire
Guillaume Apollinaire toujours vivant (1970 - Poèmes du monde / France Culture). Photographie : Guillaume Apollinaire chez lui, sur son divan à Paris, en 1909 • Crédits : Mondadori Portfolio / Getty Images - Getty. Diffusion sur France Culture le 14 novembre 1970. Par Alain Bosquet. Réalisation de Jean Chouquet. L'émission "Poèmes du monde" proposait, en 1970, un choix de poésie de Guillaume Apollinaire par Alain Bosquet. Les lectures sont faites par Roger Blin, Jean-Pierre Jorris, Pierre Michael, Jean Négroni et Dominique Mac Avoy. Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, est un poète et écrivain français, critique et théoricien d'art qui serait né sujet polonais de l'Empire russe, le 26 août 1880 à Rome. Il meurt à Paris le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, mais est déclaré mort pour la France en raison de son engagement durant la guerre. Considéré comme l'un des poètes français les plus importants du XXe siècle, il est l'auteur de poèmes tels "Zone", "La Chanson du mal-aimé", "Le Pont Mirabeau", ayant fait l'objet de plusieurs adaptations en chanson au cours du siècle. La part érotique de son œuvre – dont principalement trois romans (dont un perdu), de nombreux poèmes et des introductions à des auteurs licencieux – est également passée à la postérité. Il expérimenta un temps la pratique du calligramme (terme de son invention, quoiqu'il ne soit pas l'inventeur du genre lui-même, désignant des poèmes écrits en forme de dessins et non de forme classique en vers et strophes). Il fut le chantre de nombreuses avant-gardes artistiques de son temps, notamment du cubisme et de l'orphisme, à la gestation desquels il participa en tant que poète et théoricien de l'Esprit nouveau. Précurseur du surréalisme, il en forgea le nom dans son drame "Les Mamelles de Tirésias" (1917).
Sources : France Culture et Wikipédia
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