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ISBN : 2234063388
Éditeur : Stock (20/01/2010)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 127 notes)
Résumé :
C’est en passant devant un kiosque à journaux du boulevard Pierre-Seymard, à Nice, qu’Ondine apprend le suicide de sa mère, la grande écrivaine Zita Chalitzine. On l’a retrouvée dans une voiture enveloppée dans un magnifique manteau de fourrure blanc. Zita, qui avait passé sa vie à faire scandale, ne se départ pas de sa réputation. Et juste avant de disparaître, elle faisait encore parler d’elle : elle n’aurait été qu’un prête-nom aux livres qui ont fait son succès.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  27 octobre 2012
Découverte à l'arrière de sa Mercédès, le corps emmitouflé d'une fourrure de vison blanc, l'écrivaine Zita Chalitzine est morte comme elle avait vécu, en attirant l'attention.
Un suicide à l'alcool et aux barbituriques a mis un terme à la vie de cette femme dont chacun, fille, mère, connaissances, s'attachait à dénigrer la personnalité, le comportement, le passé sulfureux, l'égocentrisme et l'ambition démesurée.
Fille ingrate, mère indigne, call-girl de luxe du réseau de Madame Claude dans les années 1970, femme de lettres suspectée de supercherie littéraire, maîtresse de grand écrivain, épouse d'un homme de vingt ans son cadet ? Qui était réellement celle qui a toujours laissé planer autour d'elle un parfum de scandale?
De sa fille Ondine, à sa mère Mme Lourdes en passant par son amie Solange, devenue Lady Beauchamp, tous les proches de Zita en ont gros sur le coeur. Mais non de tristesse…plutôt de colère, de rancune et d'aigreur. Abandon, trahison, indifférence, tous ont des reproches à fleur de bouche. « Une vraie s… qui a gâchée la vie de tous ceux qui l'ont approchée. »
Seul, Pierre, le dernier amour de Zita et tout jeune mari, est sincèrement anéanti par le décès de l'écrivaine et tente maladroitement de joindre Ondine à sa cause. Mais cette dernière, brouillée avec sa mère depuis près de dix ans, est loin de vouloir pardonner, surtout que la mort de Zita lui ôte à jamais toute chance de connaître le nom caché de son père.
La découverte, dans son appartement, du dernier manuscrit de Zita, sorte d'autobiographie posthume dédiée à sa fille Ondine, permettra peut-être de réhabiliter la femme malmenée, méprisée, désirée, honnie, adulée, convoitée et détestée que fut Zita tout au long d'une vie consacrée à l'écriture et aux livres.
Petite fille aux origines modestes, enfant de concierge dans un immeuble de la haute bourgeoisie, femme objet aux amours tarifés au sein du sérail de Mme Claude, égérie d'un auteur narcissique et névrosé aux allures de pygmalion, femme meurtrie n'aspirant qu'à l'élévation sociale, le lecteur entre alors de plain-pied dans l'univers de Zita Chalitzine.
Livre dans le livre, l'ouvrage de l'écrivaine, tel une voix d'outre-tombe, remet les pendules à l'heure, règle les comptes, dit la douleur et les fautes, les plaies et les bosses, les éclats et les désordres d'une femme ivre de liberté et d'indépendance qui aura voulu « être maîtresse de son destin jusqu'à son dernier souffle ».

Avec « Fourrure », Adélaïde de Clermont-Tonnerre fait une première entrée sensationnelle et très remarquée dans le monde littéraire. Faisant fi de la bienséance, elle n'hésite pas à égratigner le beau monde, celui en vase clos du milieu littéraire parisien et celui de la haute-bourgeoisie. Ses coups de griffe associés à un humour plein de finesse et une observation délicate dévoilent avec beaucoup d'à-propos cette comédie humaine faite d'autant de bons sentiments que d'hypocrisie.
Si la jeune normalienne use pour la forme du « name-dropping » (Sagan, Giscard, Mme Claude), s'inspire de personnages réels et attribue certains traits de caractères d'auteurs connus à ses propres protagonistes (les homards de Sartre, les pseudonymes de Romain Gary), ceux-ci sont tellement bien incarnés qu'ils prennent très vite la distance d'avec ceux qui les ont influencés. C'est toute la force de ce roman, un écho d'histoire connue qui résonne dans l'inconscient du lecteur et dans le même temps une texture, une tonalité et une épaisseur tout à fait personnelles qui rend l'ouvrage tout bonnement captivant.
Récompensée par le Prix Bel Ami 2010 et le Prix Maison de la Presse 2010, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, avec ce premier roman, peut se targuer de jouer déjà dans la cour des grands.
Le tout file et défile avec tant de fluidité et d'entrain que le lecteur, captif de l'indomptable Zita, ne demande rien d'autre que continuer ce bout de chemin avec elle.

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missmolko1
  05 novembre 2012
Encore une belle découverte et une auteure à suivre...
Fourrure m'a beaucoup plus, l'écriture est fluide et ce roman se lit assez vite. On y découvre la vie de Zita qui m'a passionné : son enfances, ses rencontres....
Beaucoup d'émotions et de sentiments se détachent des pages, on rit, on pleure, on éprouve de la colère.
J'ai beaucoup apprécié l'alternance des personnages, tantôt Zita nous livre son histoire, tantôt c'est Pierre (le mari de Zita) ou Ondine (sa fille) qui deviennent narrateur. le personnage de Pierre m'a plu et j'ai éprouvé de la compassion pour lui mais Ondine m'a plutôt irrité. Zita, elle est une femme forte qui a fait des choix dans sa vie (sans doute pas toujours les meilleurs) mais qui est resté libre et indépendante.
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sabine59
  05 avril 2018
Je serai rapide, contrairement aux longueurs du texte... C'est un livre qui m'a été prêté, je ne l'aurais pas de moi-même lu.
La seule chose qui m'a un peu intéressée, ce sont les références à peine masquées à la vie de Romain Gary, si riche et pleine d'imprévu ...
Le début semblait prometteur: humour décapant et agressivité dans le comportement d'Ondine, la fille de Zita, l'actrice controversée décédée. Mais qu'Ondine ne pleure pas!
La suite m'a ennuyée. Le procédé assez artificiel du manuscrit retrouvé qui permet de retranscrire la vie de Zita ne m'a pas convaincue. L'écriture n'a rien de transcendant et l'aspect trop romanesque de l'histoire ne m'a pas emballée.
Je ne connaissais cette auteure que pour les prix qu'elle a remportés avec " Le dernier des nôtres". Que je ne le lirai pas... Je suis peut-être sévère, mais c'est mon ressenti à chaud!
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Magenta
  04 février 2013
Un seul regret : ne pas avoir lu ce roman plus tôt!
Avec un talent indéniable, l'auteur nous livre l'histoire de Zita, écrivaine à la réputation sulfureuse. Méritée? Certes, c'est ce que pensent en tous cas tout son entourage.
Mais lorsqu'elle met fin à ses jours, elle tient à écrire toute la vérité, à faire la lumière sur tout ce qu'elle a vécu, ressenti, caché aussi pour se protéger et surtout pour protéger ceux qu'elle aimait.
On suit tour à tour l'histoire du point de vue de sa fille, Ondine, de son "amie" Solange et de son mari Pierre. C'est en même temps que celui-ci, à la lecture de l'autobiographie de Zita,qu'on découvre ses choix de vie, pas toujours heureux, mais surtout le pourquoi de ses choix.
Une plume incisive, insolente, romanesque, une auteure à suivre!
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sylvaine
  29 juillet 2018
Fourrure Adélaïde de Clermont-Tonnerre , un premier roman qui à sa sortie en 2010 a fait grand bruit . le temps a passé , je ne le découvre que maintenant mais quel plaisir j'ai pris. J'ai savouré ce roman page après page , je m'y suis sentie bien , laissez moi vous raconter.
Ondine Chalitzine apprend la mort de sa mère Zita Chalitzine par la presse. L'auteure au passé sulfureux a été retrouvée emmitouflée dans son vison blanc à l'arrière de sa Mercédès. Cette femme charismatique a marqué son temps , sa génération, connu un nombre incalculable d'hommes , eu des amants à foison , fait partie des filles de Madame Claude avant de devenir une auteure de talent . Mais Ondine a renié cette mère absente ... Dans l' appartement de sa mère elle trouve un manuscrit mis sous enveloppe à son nom . C'est Pierre le jeune époux de Zita qui accepte de lire "En souvenir de moi". Zita s'y dévoile ...
Un texte flamboyant, une écriture à la fois alerte, intelligente, suave et sensuelle . Un premier roman de belle facture qui brosse un tableau sans complaisance de la société française des années 70 . Les intellectuels, les politiques, les écrivains, les VIP , ils sont tous là ou presque de Romain à Françoise, de Jean-Jacques à Jean -Charles , de Madame Claude à l'Elysée. Souvenirs, souvenirs me direz-vous mais qu'importe c'étaient obligatoirement de belles années puisque c'étaient celles de mes 20 ans ...
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
PchabannesPchabannes   19 septembre 2010
Pour la route ce long passage dense et admirable de concision.
“Je le remerciai et le levait. Il était hors de question que je mette ma fille entre les mains de ces gens là. Depuis le temps que je leur faisais la guerre à ces simplificateurs de l’humanité qui voient les autres comme un amas de problèmes à résoudre, niant leur merveilleuse complexité, détruisant des années de créativité qui leur ont permis d’inventer ces charmants petits TOC, ces petites névroses passionnantes, ces rituels absurdes et poétiques, ces traumatismes émouvants, ces cicatrices guerrières, ces maladies imaginaires qui font toute l’originalité d’un être. Tout ça pourquoi ? Le bonheur ? On gave les gens avec ce mythe, on pompe leur fric, on décortique leurs rêves, on leur coupe les couilles et la libido au nom de cette fabuleuse arnaque, ce concept vide que personne n’a jamais été foutu de définir. Et les infortunées victimes de se lamenter, espérant sans relâche cette satiété inatteignable dont ils n’ont goûté, jusqu’ici, que les restes : le confort, le sexe ou même l’amour. Lamour, cet absolu à la portée des caniches, comme disait l’autre…Tout ça pour nourrir un néo-clergé de profiteurs des faibles et des cabossés. Des confesseurs qui s’entretuent pour des querelles de chapelles, des théologiens qui essaient de faire tenir le vivant, le mouvant, l’émouvant dans la forme contre nature d’une prétendue normalité. Normalité qu’ils décrètent en monarques absolus. […] Leur normalité ne vaut pas mieux que la moralité avec laquelle on nous a entravés des siècles durant. La névrose a remplacé la faute originelle, personne n’y échappe et ceux qui prétendent ne pas en souffrir sont en plein déni. Ah, il est très au point leur petit arsenal de soumission d’autrui ! L’exigence du bonheur n’est pas moins redoutable que le péché et sa culpabilité. Un merveilleux outil pour prendre le pouvoir sur l’esprit de son prochain, car c’est de pouvoir qu’il s’agit. Il faut être vraiment borné pour croire une seule minute que ces parasites veulent « aider » qui que ce soit.”
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Zazette97Zazette97   04 juin 2011
Pierre avait aimé leur différence d'âge. Les vingt ans qui les séparaient la rendaient moins forte, plus accessible. Lorsqu'il tenait Zita contre lui, en pleine lumière, les marques que le temps avait laissées sur son visage l'émouvaient, comme les cicatrices d'une guerrière.
Sa vie se lisait sur sa peau et il la trouvait belle. Les hommes qui prétendent aimer la jeunesse ne font que s'aimer eux-mêmes, songea-t-il. Lui n'éprouvait pas le besoin de projeter l'encre de ses fantasmes sur la page blanche de femmes en devenir. Un être malléable ne lui inspirait pas de désir : c'était conquérir du vide. Il préférait les femmes que la vie avait polies et marquées, celles dont on touche, comme sur un livre en braille, les humiliations et les plaisirs au coin de la bouche et des yeux. Il aimait qu'avec un corps il y ait une âme un peu lasse et fourbue qui vienne se lover contre lui. Il l'aimait elle, Zita. Avec son passé, ses blessures, ses lâchetés et ses effrois. p.28
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Zazette97Zazette97   04 juin 2011
Pourquoi les hommes aiment-ils les garces dans mon genre? Parce qu'elles les soulagent. Avec les femmes bien, ils sont débiteurs. Rien de plus annihilant que cette prison de l'amour et de la perfection dont elles ligotent leurs maris et leurs amants. Elles les écrasent de culpabilité, dissolvent leur confiance, sapent leur virilité. Auprès de ces mantes religieuses sapées de sainteté, ils n'ont pas d'excuses. Pas le droit d'être ratés, fragiles ou infidèles.
Avec une femme comme moi, ils sont libres. Libres d'être aussi salauds que je le suis. Libres d'être eux-mêmes, avides et conquérants, sans loyauté et sans fardeau. Pourquoi croyez-vous qu'ils continuent à tomber dans mes filets? Parce que je n'en ai pas. p.483
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AelaAela   02 juillet 2011
Nous effacions les mauvaises expériences comme on essuie une larme d'humiliation d'un revers de main en prétendant que l'on a une poussière dans l'oeil. On ne lui parlait d'ailleurs pas des coups tordus. Nous la protégions. Elle était un peu la responsable de niveau d'un pensionnat de jeunes filles, un peu notre mère. Elle n'aurait pas supporté que l'on fasse du mal à ses enfants. Et puis nous vendions cette bonne camaraderie du sexe. Toute notion de contrainte, toute obligation économique aurait terni le fantasme et, par ricochet, abîmé son image de marque. Personne n'a envie d'exploiter le malheur et la pauvreté. Personne ne veut savoir que certaines de ces filles se faisaient refaire les seins ou le nez pour augmenter leurs revenus, que d'autres travaillaient sept jours sur sept pour nourrir une petite famille en banlieue et qu'une bonne partie en ressortaient psychologiquement bousillées.
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PchabannesPchabannes   19 septembre 2010
“J’en croise, dans le quartier, plus bourgeoises que les bourgeoises-nées. Elles avancent avec l’arrogance de celles qui méritent d’être là, parmi les privilégiées. Elles n’ont aucune pitié pour ceux qui n’ont pas su s’en sortir, moi non plus d’ailleurs. Cette place nous l’avons gagnée à la sueur de notre front et aux larmes de notre cul.”
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Vidéo de Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Adélaïde de Clermont-Tonnerre - le dernier des nôtres .Adélaïde de Clermont-Tonnerre vous présente son ouvrage "Le dernier des nôtres : une histoire d'amour interdite au temps où tout était permis" aux éditions Grasset. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/12620/adelaide-de-clermont-tonnerre-le-dernier-des-notres-une-histoire-d-amour-interdite-au-temps-ou-tout-etait-permis Notes de musique : All My Light by Cory Gray. Free Music archive
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