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Émile Daurand Forgues (Traducteur)
ISBN : 2859406255
Éditeur : Phébus (28/05/1999)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 97 notes)
Résumé :
Nul doute que Wilkie Collins n’ait donné avec Sans nom (1862) l’un de ses plus intraitables chefs-d’oeuvre : celui en tout cas qui privera le mieux de sommeil le lecteur assez téméraire pour s’y plonger, pour s’y perdre. De tous ses romans, celui que préférait Dickens… et celui dont se sera peut-être le plus directement inspiré Charles Palliser pour ourdir la trame diabolique de son Quinconce. C’est aussi le plus noir : portrait et itinéraire d’une femme dépossédée ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Derfuchs
  07 avril 2017
Mon avis :
Il est des livres qui ennuient, on compte les moutons, certains vous endorment et tombent de vos mains, d'autres, a contrario, emballent et impatientent. Celui-ci est essoufflant, comme un 3000m steeple en athlétisme, une fois passée la haie on tombe dans la rivière et il faut encore courir pour aller sauter une autre haie et ainsi de suite. Mais c'est plutôt du style essoufflant-passionnant. Un pavé, certes, mais qui incite à en redemander.
Nous sommes en Angleterre, fin XIXème, donc victorienne.
Une famille, le père, la mère et les deux filles, Magdalen et Norah ainsi qu'une gouvernante. Lorsque l'on entre dans la maison on respire l'affection ambiante, ces gens là s'aiment, c'est sûr. Chacun a ses utilités, ses tâches et ses passions et la vie ? Eh bien, elle se déroule paisiblement, dans la bonne humeur avec le minimum d'accroc, du moins c'est ce que le lecteur ressent, moi particulièrement. Attention on ne ronfle pas, non, on savoure l'écrit, le ressenti, le sac et le ressac, du bon. Alors profitons-en.
Un voyage, une formalité ; le couple n'est pas marié, donc régularisons.
Un accident de train, patatrac, le monde s'effondre, le père d'abord, puis la mère décèdent.
Conçues hors mariage, enfants naturels, elles ne peuvent prétendre à hériter. Les filles découvrent leur situation avec crainte mais s'il existe un oncle, elles espèrent bénéficier, de ce côté, d'un soutien. le fameux oncle, homme disgracieux, leur refuse tout droit. Elles n'auront rien et surtout pas la maison.
Norah la plus effacée se résigne, Magdalen, la plus forte décide de se battre.
L'oncle décède, son fils, tout autant malgracieux, lui succède sans que cela change quoi que ce soit pour les deux soeurs.
Dans ses tribulations, Magdalen, rencontre un couple d'escrocs. L'homme M. Wragge, truculent personnage, bonimenteur à souhaits, va aider la demoiselle à assouvir sa vengeance par le biais du théâtre et en épousant son cousin. L'épisode est délectable. Cet homme, escroc mais plein de bon sens, inculquera à Magdalen une rigueur et une bienveillance toute paternelle pour son éducation vengeresse. de la même façon qu'il est entré dans la vie de la jeune fille, il en sortira définitivement. Grâce à ce couple elle parviendra à atteindre le but qu'elle s'est fixé.
Le cousin-époux dupé un instant saura réagir avant de mourir en déshéritant son épouse. Et, tac ! Eh, oui, Charybde en Scylla ! La pôvre petite, elle aura tout subi. C'est compter sans la volonté de Magdalen qui repart, sans coup férir (j'aime assez cette expression, est-elle appropriée ici ? Les coups bas pleuvent…) à l'assaut du nouvel héritier de la fortune familiale en se faisant passer pour domestique.
Ce ne sera pas suffisant, elle échouera…
Sa soeur, Norah, en ignorant le combat mené par Magdelen, en se mariant, récupérera l'héritage des Vanstone. Ai-je dit qu'il s'agissait des Vanstone ? Non ! au temps pour moi, où avais-je les doigts. Si, fait, je rectifie : Les Vanstone.
Désillusionnée, affaiblie, découragée, Magdalen sombre dans la maladie et le chagrin. Mais comme il s'agit d'un roman, elle est sauvée par un homme, capitaine au long cours, qui lui apporte tendresse, affection et soutien financier. C'est-y pas beau ça ?
On pourrait dire que la fin est politiquement correcte ou conforme à l'époque. Oui, quand on ne connaît pas Collins, on peut dire cela. En revanche lorsqu'on le pratique comme moi, non, car il est, de par ses bouquins, proches des femmes et de leur condition à cette époque. Lire « Mari et femme » par exemple qui est pire au niveau de la condition féminine et ces lois masculines qu'il dénonce, prouve le contraire.
On comprendra que pour moi c'est un coup de coeur. L'intrigue, le déroulement du récit, la qualité du verbe, la sonorité de l'écriture, la qualité des caractères et la remarquable couleur des descriptions en font, non seulement, une oeuvre majeure chez Collins, mais aussi dans le genre en général et dans le roman de fin XIX, début XXème.en particulier.
Même la traduction est idéale, c'est dire.
Il y a du liant, il y a du détail, il y a de la saveur et puis ce roman m'a scotché au fauteuil avec un infini plaisir. de la belle ouvrage. A lire sans modération. Je conseille vivement.
De la même verve de Wilkie Collins : « La pierre de lune ».
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mjaubrycoin
  03 novembre 2015
Dans ce roman, l'intrépide héroine, Magdalen Vanstone,vit en paix dans le foyer uni de ses parents aimants avec sa soeur Norah et leur gouvernante. Elle consacre ses loisirs au théatre et tombe amoureuse de l'inconstant Frank un jeune homme paresseux et vélléitaire.
Quand son père décède accidentellement, suivi de près par sa mère ,elle apprend à son grand désarroi que sa soeur et elle , ont été conçues hors mariage et en tant qu'enfants naturels, ne peuvent prétendre à aucun héritage, la fortune de leur père passant entre les mains de leur oncle qui leur refuse tout droit. Alors que Norah se resigne à accepter son sort, Magdalen décide de se battre pour être rétablie dans ses droits et rentrer en possession de son dû.
Avec l'aide d'un pittoresque couple d'escrocs, elle se lance dans une carrière théatrale qui lui permet de récolter des fonds qui lui permettent de partir à l'assaut de son cousin qui a hérité de ce qui lui revient; avec détermination ,elle réussit à évincer la perspicace femme de charge qui pourrait faire échouer ses plans et réussit à se faire épouser .Mais son mari décède après avoir découvert la supercherie et il deshérite sa femme. Une nouvelle fois dépouillée, Magdelen doit à nouveau lutter pour ses droits;pour obtenir la preuve qui lui permettrait de mettre la main sur l'héritage, elle se déguise en domestique et investi la demeure de l'héritier de son mari .
Elle échoue cependant malgrè tous ses efforts et une terrible maladie aurait eu raison d'elle si elle n'avait été sauvée in extremis par le capitaine Kirke, un vaillant matelot depuis longtemps amoureux d'elle.
Pendant ce temps, la vaillante Norah a séduit sans le savoir l'héritier de la fortune de sa soeur et par son mariage se trouve enfin en possession de l'héritage de la famille Vanstone.C'est ainsi la soeur "innocente" qui est récompensée. Cette conclusion sent un peu trop le "politiquement correct" victorien et on peut penser que Wilkie Collins aurait préféré voir triompher sa magnifique héroine tenace et sans scrupules plutot que la terne jeune fille trop docile .Quoiqu'il en soit ce roman est passionnant et on ne peut qu'admirer le caractère de Magdalen qui refuse la défaite et lutte jusqu'au bout contre vents et marées.
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Kittiwake
  28 juin 2011
Tout semble idéal lorsque nous faisons connaissance avec Madeleine et Norah Vanstone, jeunes filles issues d'une famille aisée et cultivée, et promises à un avenir sans nuage. Un secret dans le placard va venir faire surface et bouleverser ce paysage idyllique, et ce sera le début d'une descente aux enfers pour nos héroïnes.
Le talent de Wilkie Collins est tel que l'on se plonge avec passion dans ce roman fleuve (900 pages !) : on ne s'ennuie pas une minute, tant l'auteur maitrise l'art du suspens. L'histoire se déroule à une rythme insensé, il n'y a pas de page qui ne vous tienne en haleine : une apparente accalmie dans les péripéties sera suivie d'un rebondissement qui transforme les destinées des personnages (et ce de façon toujours crédible)
L'étude des personnages est minutieuse et parfaitement en accord avec l'intrigue : point de fatalité ni de prédestination : le destin des jeunes filles est moins le fait des événements extérieurs que la conséquence de leurs faits et gestes. On s'attache dès le début à Madeleine, sur qui repose l'histoire : sa vivacité, son anticonformisme sont d'emblée séduisants. Puis sa pugnacité et sa volonté sans limite nous font croire en elle, et espérer même lorsque tout espoir semble perdu.
Un mot sur le contexte : le roman témoigne de hiérarchisation figée des milieux sociaux de l'Angleterre victorienne, aussi rigide que le système des castes en Inde. le point de vue est un peu moins étroit que chez Jane Austen, qui ne décrit que son milieu, et l'on pressent que l'auteur est plutôt en désaccord avec cette conception de la valeur humaine fondée sur la naissance plus que sur le mérite

C'est un sujet en or pour un film. Je n'ai pas réussi à incarner Madeleine sous les traits d'une actrice connue : peut-être en raison de la précision du portrait….
Téléchargé sur http://gallica.bnf.fr/
Lu sur Sonyreader PRS 505
Lecture commune de l'été sur http://www.bibliofolie.com/
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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saradombret1981
  06 mars 2019
Sans nom, publié en 1862 est un gros roman, 829 pages aux éditions Phébus libretto.
Wilkie Collins est un écrivain britannique de l'époque victorienne, contemporain et ami de Dickens (ils ont même écrit un livre ensemble). Généralement considéré comme le père du roman policier quoique malheureusement trop méconnu.
Si Wilkie Collins était en effet aussi populaire que Dickens à l'époque victorienne, il est aujourd'hui moins connu que son ami. Un des grands mystères de la postérité.
Il semblerait que Sans nom soit, parmi les romans de Wilkie Collins, celui que préférait Dickens.
J'ai trouvé les deux cent premières pages assez longues. Wilkie Collins nous dépeint pendant toutes ces pages la vie d'une famille heureuse où grosso modo tout se passe pour le mieux.
En effet, la famille Vanstone, les parents et leurs deux filles, vivent un bonheur complet. La famille est aisée, privilégiée, et tout le monde s'aime.
À ce tableau familial idyllique, il faut ajouter une gouvernante qui fait presque partie de la famille et qui d'ailleurs est restée au service des Vanstone alors que les filles n'avaient plus besoin de gouvernante depuis longtemps.
Hormis quelques petites histoires somme toute assez banales et une description des liens entre ces différentes personnes, j'ai trouvé qu'il ne se passait pas grand-chose durant ces premières pages.
C'est là qu'on se rend compte que le lecteur est un personnage compliqué. Il n'aime pas quand ça se passe mal, souffre avec les personnages, mais quand tout se passe bien, il s'ennuie.
À la fin du livre, je me suis demandé sincèrement si ces pages étaient de trop, et je dois vous avouer que non. Elles permettent en effet au lecteur de mieux comprendre la complexité autant de l'intrigue que des personnages. Et si le lecteur accepte de faire preuve de patience, je lui garantis qu'il sera récompensé de ses efforts.
Wilkie Collins nous dépeint donc pendant approximativement deux cent pages un bonheur presque complet. À la limite du tableau naif.
Mais tout d'un coup, l'histoire bascule avec la mort inopinée des parents Vanstone. Dès cet instant, le lecteur n'aura de répit qu'une fois le roman terminé. Et quand ce sera fini, il ne pourra s'empêcher de le regretter.
Vous vous demandez peut-être pourquoi la mort des parents Vanstone fait basculer la vie de leurs filles. Ils étaient riches et leurs filles à leur mort devraient hériter de leur fortune et être ainsi à l'abri du besoin pour épancher leur tristesse.
Ça ne sera pourtant pas le cas. La mort des parents Vanstone prive les soeurs Vanstone non seulement de leur affection mais les dépossède aussi de toute leur fortune et même de leur nom, ce qui, à l'époque, signifie leur identité.
Les soeurs Vanstone ne se retrouvent pas ainsi dépossédées en raison d'un « complot fomenté par des gens du meilleur monde » comme l'indique erronément la quatrième de couverture mais en raison d'une conséquence absurde du système juridique de l'époque. Ce faisant, Wilkie Collins renforce sa critique de la société victorienne.
Je ne vous en dirai toutefois pas plus sur cette question afin de ne pas priver le lecteur, qui souhaiterait lire le livre, du plaisir de découvrir lui-même les raisons de ces circonstances malheureuses pour les soeurs Vanstone.
Les soeurs Vanstone sont très différentes. La première, Norah, est raisonnable, posée et accepte son sort avec résignation. La seconde, Magdalen, est fougueuse, légèrement orgueilleuse et, à l'inverse de sa soeur, refuse de se soumettre à un sort qu'elle estime injuste. Elle projette donc de se venger.
Dès cet instant, Sans nom devient une histoire de vengeance. La vengeance d'une femme qui est prête au pire pour réparer l'injustice donc elle estime être victime.
Et de complots en complots, Sans nom, qui ressemblait jusque là à une douce ballade, tient le lecteur par les tripes pour ne plus le lâcher.
Wilkie Collins est un tisserand. Il jongle admirablement avec les éléments du récit. Pèse ce qu'il dévoile et ne dévoile pas, donnant ainsi l'occasion au lecteur de participer à la création de l'histoire, ce qui crée l'attachement à la lecture. le lecteur anticipe. Parfois il est dans le bon, parfois pas. Il joue avec sa propre imagination, qu'il tente de faire dialoguer avec celle de l'auteur.
Certains regrettent le côté ‘fleur bleue' de la fin de Sans nom. Personnellement, je trouve plutôt réconfortant que Wilkie Collins arrive à tirer une fin positive d'un roman aussi noir.
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Si la majeure partie du récit nous est racontée par un narrateur extérieur, de manière somme toute assez classique, elle présente toutefois deux caractéristiques intéressantes.
La première est de découper la narration de manière « géographique ». Liant de cette manière l'évolution de l'histoire à des lieux très précis.
La deuxième particularité est d'avoir entrecoupé chaque bloc de narration géographique par ce que l'auteur appelle des « intermèdes ». A savoir, des lettres envoyées par les différents protagonistes de l'histoire.
Le procédé permet au lecteur de pénétrer le point de vue des différents protagonistes du récit et donc de se faire une idée plus riche de l'histoire, d'élargir son point de vue et de se forger ainsi sa propre opinion.
Les personnages, comme toujours chez Wilkie Collins, sont attachants et crédibles.
Il parvient à rendre drôles et sympathiques des personnages à la moralité douteuse. le capitaine Wragge que je vous laisse découvrir si vous décidez de lire le livre est un personnage objectivement méchant et méprisable, mais il est peut-être le plus drôle et le plus touchant du récit.
Par ailleurs, en nous présentant au début du récit Magdalen comme une jeune fille innocente et pure quoique légèrement fougueuse, Wilkie Collins nous montre la part d'ombre que recèle toute âme humaine.
Wilkie Collins est un Maître magicien. Il fait défiler les pages, emporte le lecteur d'un bout à l'autre des possibles, fait disparaître ses descriptions grâce à l'intensité de son récit. Je suis d'ailleurs toujours étonnée quand un lecteur me dit avoir trouvé les descriptions trop longues tant je ne me suis même pas aperçue qu'il y en avait.
Il parvient en outre à mettre de l'optimisme et de l'espoir dans un roman noir.
S'il abuse parfois du hasard, le style, la narration, les personnage et l'intrigue, tout est admirablement travaillé. Ce qui ne l'empêche pas, au contraire, de convoquer sans arrêt l'imagination du lecteur pour le tenir en haleine. Et intégrer littéralement le lecteur à la création du récit.
Lien : https://nevrosee.be/sans-nom..
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Missbouquin
  28 novembre 2018
J'ai déjà eu l'occasion de lire un roman de W. Wilkie Collins il y a quelques années, La Dame en blanc, qui est son plus connu. J'avais bien aimé mais sans avoir réellement envie d'en lire d'autres … C'est chose faite avec Sans nom, que j'ai écouté en livre audio (31h d'écoute !) grâce au site www.litteratureaudio.com qui met gratuitement en ligne des livres lus par des bénévoles. Ce dernier a été particulièrement bien lu par Daniel Luttringer, qui a su rendre vivantes ces 900 pages !
Mais laissez-moi vous en dire plus.

Nous sommes en 1846, dans la campagne anglaise, et les Vanstone (la mère, le père et les deux filles) vivent heureux, riches et aimants dans leur belle maison de Combe-Raven. Norah et Magdalen sont très différentes, l'une sage et l'autre agitée. Cette dernière va bientôt épouser le fils d'un voisin. Bref tout va bien !
Jusqu'à un terrible accident de train qui les prive de leur père, puis bientôt de leur mère, morte de chagrin. Prochain coup du sort : les deux filles apprennent que leurs parents ne se sont mariés que récemment, car le père était liée à une femme folle qui vient seulement de mourir et de le laisser libre. Or il n'a pas eu le temps de rédiger de nouveau son testament en faveur de ses filles. Suite à sa mort inopinée, celles-ci se retrouvent sans nom, sans fortune et sans personne pour les aider. La fortune de leurs parents revient à leur oncle, brouillé à mort avec leur père, et qui refuse de leur laisser le moindre denier. Elles vont donc devoir se débrouiller par elles-mêmes … mais c'est sans compter l'opiniâtreté et les idées de vengeance de Magdalen, impitoyable jusqu'au bout, qui prendra le risque de se perdre elle-même.
« Existe-t-il, variant à l'infini selon chaque individu, des forces innées qui nous poussent, tous tant que nous sommes, vers le Bien ou vers le Mal ? forces cachées à des profondeurs où ne sauraient atteindre ni les encouragements purement humains, ni la contrainte humaine, Bien caché, Mal caché, tous deux également à la merci de l'occasion qui les libère, de la tentation qui les provoque ? de leur étroit cachot, le hasard des circonstances garde-t-il toujours la clef ? Et n'est-il pas ici bas de surveillance attentive qui nous puisse révéler à temps l'existence de ces forces prisonnières en nous-mêmes, et auxquelles cette clef peut donner issue ? »
Le roman est magistral, quoique un peu longuet parfois même s'il alterne des phases du récit par différents narrateurs, entrecoupées de lettres qui font avancer l'histoire à petits bonds dans le temps. Cette alternance dynamise le récit et évite de perdre le lecteur. Il parvient ainsi à nous tenir en haleine jusqu'au bout de cette histoire de vengeance impitoyable qui m'a accompagné sur plus de quinze jours d'écoute.
Chapeau également aux personnages hauts en couleur, Magdalen en premier mais aussi le capitaine ou la terrible Mrs Lecount qui ne se laisse pas tomber dans leurs machinations. Tous sont touchants car nuancés, pour aucun on ne peut avoir du mépris car poussés par de nobles attitudes (même le capitaine oui oui !), ils essaient d'agir comme il convient.
Avec une plume magnifique et moderne, W. Wilkie Collins démontre encore une fois qu'il est le maître du suspens, à la fois précurseur des romans d'aventure de l'époque, à feuilletons, et des romans policiers contemporains. Un auteur à découvrir, si vous n'avez pas peur des pavés !
Lien : https://missbouquinaix.com/2..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
itzamnaitzamna   23 juillet 2011
C'était une soirée monotone et sans air. La mer se taisait à l'est, majestueuse et grisâtre, dans un repos absolu. La ligne de l'horizon se noyait, invisible, dans les profondeurs brumeuses du ciel ; immobiles sur l'onde paresseuse, les nefs oisives prenaient je ne sais quels airs de fantômes ; au sud la haute muraille bordant la tranchée maritime, et la massive tour ronde perchée sur le monticule herbu, opposaient aux regards une barrière sombre et lui fermaient toute perspective. A l'ouest, une traînée rouge du soleil couchant faisait resplendir l'extrême limite des cieux, norcissait la silhouette des arbres qui frangeaient les marges lointaines du grand marécage intérieur et changeait ses petites flaques d'eau brillante en flaques de sang.
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itzamnaitzamna   23 juillet 2011
Il n'était nullement affecté par la physionomie sévère et le langage acéré de Miss Garth. La proposition qu'elle lui adressait le soulageait, tout simplement ; il le laissait voir avec la plus engageante franchise. Cette fois, l'oeil vert prit l'initiative et incita l'oeil brun à exprimer, lui aussi, un retour de sérénité. Le coin des lèvres se retroussa de plus belle ; par un mouvement rapide, l'homme glissa son parapluie sous son bras et tira de son habit un gros portefeuille noir démodé. Il en sortit un crayon et une carte de visite, hésita, réfléchit un instant, puis traça rapidement quelques mots sur la carte qu'il remit aussitôt à Miss Garth, avec l'empressement le plus civil.
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itzamnaitzamna   24 juillet 2011
En apparence, mon système peut sembler compliqué ? poursuivit le capitaine. A tout prendre, pourtant, c'est la simplicité même. Je me borne à éviter les erreurs dans lesquelles tombent les praticiens vulgaires. Cela revient à dire que je ne plaide jamais pour moi-même et que je ne m'adresse jamais aux gens riches, deux fatales méprises, que commettent en permanence les praticiens de second ordre. Les gens modestes peuvent avoir parfois de généreuses impulsions en matière d'argent ; les gens riches jamais.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   22 mars 2015
J'ai à vous faire entendre une vérité pénible...(...)
La nuit s'écoula, et la pauvre mère vivait encore. Le lendemain arriva, et jusqu'à ce que l'horloge marquât cinq heures, il y eut encore un souffle de vie dans ce corps abandonné. A cette heure là, la nouvelle de la mort de son époux lui avait porté le coup fatal: à la même heure, après quelques tours de cadran, la main de Dieu l'autorisait à le rejoindre dans un monde meilleur. Ses filles, quand elle rendit l'âme, étaient agenouillées à son chevet; elle les quitta sans avoir conscience qu'elles assistaient à son agonie, heureusement insensible aux angoisses du dernier adieu.
L'enfant qu'elle venait de mettre au monde lui survécut jusqu'à l'heure où la nuit allait commencer, où le soleil s'effaçait dans les calmes profondeurs de l'occident. Quand l'obscurité se fit, cette frêle petite vie, à peine manifestée par quelques lueurs, vacilla et s'éteignit comme un flambeau mal allumé. Les débris terrestres de la mère et de l'enfant reposèrent, cette nuit là, sur le même lit. L'ange de la mort avait rempli son affreuse mission; les deux soeurs restaient seules au monde.
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itzamnaitzamna   23 juillet 2011
Accablée par ses efforts d'intelligence, Mrs Wragge ne poursuivait plus que dans ses rêves la confection de sa fameuse omelette. Sa tête penchait d'un côté, son corps de l'autre. Un doux ronflement lui échappait. De temps en temps une de ses mains, soulevée en l'air, agitait une poêle chimérique et retombait, avec un faible choc, sur le livre de cuisine étalé en son giron. Au bruit de la voix conjugale, elle se dressa debout en sursaut et, l'intelligence encore endormie mais les yeux tout grands ouverts, elle fit face au capitaine.
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Vidéo de William Wilkie Collins
Bande annonce de The Moonstone (2016), mini série de la BBC et adaptation du roman de Wilkie Collins, paru en français sous le titre La pierre de lune.
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