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Charles Bernard-Derosne (Traducteur)
ISBN : 2702497357
Éditeur : Le Masque (08/10/2003)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Lorsqu'on est la fille d'une épouse déchue, abandonnée pour une autre, peut-on espérer réussir dans une Angleterre victorienne dure envers les faibles? Elevée par la meilleure amie de sa mère, la jeune Anne Silvester devient préceptrice de Blanche, qu'elle aime comme une soeur. Mais alors que le destin semble lui sourire, elle est déshonorée par un jeune athlète arrogant, le beau Geoffrey Delamayn qui, pour la séduire, lui a promis le mariage. Une promesse qu'il n'a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
cmpf
  05 juillet 2016

Dans ce roman Wilkie Collins pense faire oeuvre utile en dénonçant ce qui constitue à ses yeux deux scandales qui déprécient le Royaume Uni. Il s'agit d'une part de la législation sur les mariages en Écosse et en Irlande et d'autre part la pratique selon lui excessive du sport par les jeunes hommes au détriment de leur santé et de leurs études. Lesquelles ne suscitent pas dans la société en général l'engouement dont sont gratifiées les manifestations sportives.
Deux exemples de l'absurdité et de l'iniquité (selon l'auteur) des législations écossaise et irlandaise sur les mariages nous sont donnés. Deux jeunes filles qui se sont juré une amitié éternelle sont séparées au début de leur vie d'adultes par le départ de l'une d'elle en Inde. L'autre restée en Angleterre s'est mariée à un homme qui au bout de quelques années se lasse d'elle et désireux d'avoir une épouse lui permettant par son argent et ses relations de se pousser dans le monde la renie avec l'aide d'un juriste au motif qu'en Irlande, une union entre un ou une catholique et un ou une protestant(e) ou converti(e) au catholicisme depuis moins d'un an, par un prêtre catholique est nul et non avenu. La malheureuse meurt quelques temps plus tard en confiant sa fille Anne à son amie revenue des Indes qui elle-même a une fillette, Blanche. Réunies dans leur enfance celles-ci deviennent également inséparables.
La jeune génération se voit aussi piégée par une législation écossaise sur les mariages, cette fois par consentement présumé. Il suffit de s'être promis le mariage par écrit ou d'avoir eu en présence de tiers des paroles ou des gestes supposant la qualité d'époux pour l'être effectivement. On peut donc être mariés ou ne plus l'être sans que la loi soit claire et sans connaître le moins du monde ces dispositions.
Collins évoque aussi à travers Hesther Dethridge l'impossibilité pour une femme d'échapper à un mauvais mari, lequel peut la battre ou disposer de tous ses biens et revenus sans que la loi puisse la protéger.
Voilà en ce qui concerne la première remise en cause du Royaume Uni. Quant à la seconde, l'auteur estime que certains hommes sont saisis par un goût excessif du sport et des paris. Ainsi l'un des protagonistes masculins, évidemment détestable, est un sportif acharné, les autres amoureux du sport étant simplement stupides. le procédé m'a paru un peu manichéen.
Si le thème est intéressant, je n'ai pas été touchée par les personnages. Hormis peut-être sir Patrick, je n'en ai trouvé aucun sympathique. J'ai en particulier trouvé Anne et Blanche aussi inconséquentes et mièvres l'une que l'autre.
Il m'a semblé que la volonté de l'auteur de dénoncer ces méfaits a nui au récit, le comportement d'Anne ou du moins sa psychologie ne m'a pas paru toujours logique. En particulier le fait d'avoir cédé à un homme puis de se montrer particulièrement tatillonne sur son honneur ne m'a pas convaincue. La démonstration a nuit, à mon sens, au récit.
Ceci dit Mari et femme est une lecture que je ne regrette pas. J'essaierai un autre Wilkie Collins.
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IdeesLivresMandarine
  27 octobre 2012
"Mari et femme" est un livre de plus de 650 pages qui a été publié en 1870. Wilkie Collins s'attaque ouvertement à la société de cette époque, le rôle social des femmes, leur courage, les difficultés qu'elles peuvent rencontrer et leur mince pouvoir de décision concernant leur propre vie et en face le pouvoir illimité des hommes, les aberrations de la loi écossaise concernant le mariage. Mais Wilkie Collins s'en prend aussi à des sujets plus légers comme quel pourrait être la part du sport dans une vie équilibrée ?
Et les femmes dans l'oeuvre de Collins ont une place non négligeable ; elles sont plus qu'intéressantes même si elles restent quand même typique de l'Angleterre de fin XIXème (je pense au personnage de Blanche qui reste un peu simplette... mais cependant attachante). Anne Sylvestre, elle, est le personnage fort de ce livre ; elle est intelligente, réfléchie mais terriblement malheureuse. Il n'y aura que son courage et sa ténacité qui la sortiront de sa situation.
Encore beaucoup d'autres personnages qui ont chacun un rôle bien précis. L'histoire est complexe mais facile à suivre tout au long de ce livre qui se déguste !
Avant ce livre j'avais lu la pierre de lune et la dame en blanc (que je recommande également), mais mon plaisir reste intact avec ce dernier livre de Wilkie Collins.
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Malaura
  07 mai 2011
19ème siècle.Déshonorée par Geoffrey Delamayn, un bel athlète qui lui a promis le mariage Anne Sylvester voit son doux univers s'effondrer. En voulant que justice lui soit rendue, elle s'attire les foudres de Geoffrey qui désormais, n'aura de cesse de lui nuire.De mensonge en tromperie, Anne aura besoin de tout le soutien des amis qui l'aiment et devra faire preuve de beaucoup de courage et de détermination pour se sortir du piège infernal dans lequel Geoffrey l'a jetée pour se venger.
Ce roman a un double but. Celui de dénoncer les scandaleux abus de la législation du mariage en Angleterre où les droits de la femme sont régulièrement bafoués, et celui de démontrer les conséquences souvent dramatiques de l'engouement de la société anglaise pour les exercices sportifs.Construite un peu comme une pièce de théâtre, plein d'humour,de sentiment et de rebondissement, cette peinture des moeurs où vérité et fiction se mêlent étroitement est un vrai régal !
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Titine75
  27 janvier 2012
Anne Silvester et Blanche Lundie sont amies d'enfance comme l'étaient leurs mères. Suite à l'annulation de son mariage, la mère d'Anne est morte de chagrin laissant la petite aux bons soins de la mère de Blanche. Les deux enfants grandissent ensemble et deviennent inséparables. Arrivée à l'âge adulte, Anne Silvester se met dans une position très délicate. Elle est tombée amoureuse de Geoffrey Delamayn, un sportif sans âme et sans moralité. La malheureuse Anne va rapidement se retrouver dans la même situation que sa mère : les lois écossaises iniques sur le mariage vont mettre sa vie en péril. Anne refuse de demander de l'aide à Blanche qui prépare elle-même son mariage. Mais cette dernière sera mêlée bien malgré elle aux problèmes de son amie.
Dans « Mari et femme », Wilkie Collins se lâche et dénonce fortement la société britannique. Son point de départ est le problème des lois sur le mariage totalement injustes envers les femmes. La mère d'Anne Silvester a été répudiée par son mari du jour au lendemain à cause de la loi irlandaise sur le mariage inter-religieux. Quant à Anne, elle se retrouve mariée sans le savoir à cause d'une loi écossaise ! Wilkie critique bien évidemment ces différentes lois. Mais ce qui le révolte le plus c'est l'apathie des Anglais face à cela. Il trouve parfaitement inacceptable que ses compatriotes acceptent de pareilles aberrations au sein de leur royaume. Il n'est pas tendre avec les Anglais et dénonce leur mode de vie et leurs goûts. Notamment celui qui les porte à admirer les sportifs. Wilkie Collins présente ces derniers comme de parfaits crétins, tous semblables et incapables d'ouvrir un livre. « Est-il besoin de les décrire ? le portrait que nous avons donné de Geoffrey les caractérise tous. Il y a autant de diversité dans une réunion d'athlètes anglais qu'au sein d'un troupeau de moutons anglais. » Comme vous pouvez le voir, Wilkie est féroce ! Sa dénonciation de la société anglaise se fait, comme souvent chez lui, avec beaucoup d'ironie.
Au risque de perdre une amie, je dois vous avouer que j'ai connu un passage à vide vers la page 350. Wilkie prend vraiment son temps pour faire décoller son intrigue. Il annonce régulièrement en fin de chapitre qu'il va très bientôt se passer quelque chose de terrible mais 30 pages plus loin on en est toujours au même point ! Je sais bien que la publication en feuilleton l'obligeait à tenir son lectorat en haleine, mais lorsqu'on le lit d'un trait (784 pages en 6 jours…) c'est un peu agaçant… mais je ne lui en ai pas voulu bien longtemps. L'intrigue finit par repartir et il est alors impossible de lâcher le livre. Car une histoire ficelée par Wilkie Collins est toujours un attrape-lecteur (et je ne dis pas ça pour regagner les faveurs de l'amie citée plus haut !). Et celle-ci est pleine de rebondissements et de surprises.
Malgré ma petite réserve, « Mari et femme » m'a fait passer un moment agréable. Wilkie Collins y défend farouchement la liberté des femmes contre une société fascinée par le culte de la virilité. J'apprécie toujours autant son ironie féroce et son art des intrigues complexes.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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mariecloclo
  12 août 2013
Roman victorien avec un point de vue original de l'auteur. Histoires compliquées de mariages contractés et annulés dans la société bourgeoise du 19 ème siècle. Les personnages de femmes sont très bien décrits et ce sont des héroïnes courageuses, qui ne veulent pas rester des victimes des hommes. Des rebondissements, du suspense. Une critique de cette société, critique encore plus virulente des sportifs et parti-pris pour les femmes. C'était le premier roman de Wilkie Collins que je lisais et malgré quelques longueurs, beaucoup de descriptions, j'ai bien aimé et ai envie de lire "la Dame en blanc"
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
BardaneBardane   07 décembre 2013
- Allons, voyons ! dit-il, gardez votre calme.
La colère qu'Anne contenait avec peine commença de déborder.
- Que je garde mon calme ? Pouvez-vous, vous, entre tous les hommes, compter que je garde mon calme ? Quelle mémoire déficiente que la vôtre ! Auriez vous oublié le temps où j'ai eu la sottise de penser que vous m'aimiez ? où j'ai été assez folle pour croire que vous tiendrez votre promesse ?
Il persistait à vouloir prendre les choses à la légère.
- Folle est un terme un peu fort, miss Silvester.
- Folle est le mot ! Quand je repense à mon propre engouement, je n'arrive pas à me l'expliquer. Je ne comprends pas ce qui m'est passé par la tête.
Qu'aviez-vous ? interrogea t'elle dans un accès d'étonnement teinté de mépris, mais qu'aviez-vous donc pour séduire une femme telle que moi ?
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cmpfcmpf   05 juillet 2016

L’opinion populaire en Angleterre me paraît non seulement tenir la culture des muscles pour une activité aussi importante que la culture de l’esprit, mais aller, sinon en théorie, du moins dans la pratique, jusqu’à donner le pas à la première sur la seconde, attitude que je juge aussi absurde que dangereuse. Un exemple : je ne relève chez nos compatriotes aucun enthousiasme aussi franc ni aussi massif que celui suscité par vos épreuves universitaires d’aviron. Ou bien encore : je vois votre éducation physique donner lieu à des célébrations publiques dans les écoles et les collèges, et je demande à tout témoin non prévenu de me dire ce qui occupe la plus grande place dans la presse, de la démonstration, le jour de la remise des prix, de ce que les jeunes peuvent faire de leur esprit, ou de l’exhibition en plein air, le jour des compétitions scolaires, de ce qu’ils peuvent faire avec leur corps. Vous savez parfaitement bien lesquels de ces exploits donnent lieu aux plus bruyantes acclamations, occupent la une des journaux et, conséquence inévitable, confèrent les plus grands honneurs aux héros du jour.
Nouveau murmure de la part de Un, Deux et Trois :
– Nous n’avons rien à répondre à cela, monsieur. Jusqu’ici nous sommes d’accord avec vous. Nouvelle ratification de l’opinion prédominante de la part de Smith et Jones.
– Très bien ! poursuivit Sir Patrick, nous sommes du même avis sur les dispositions du public. Si ce sentiment général est à respecter et à encourager, dites-moi quel avantage en est résulté pour la nation. Où se situe l’influence de ces modernes accès d’enthousiasme viril sur les préoccupations importantes de la vie ? Et en quoi ont-elles amélioré le caractère de la population ? Chacun d’entre nous s’en trouve-t-il plus disposé à conformer ses intérêts privés au bien du plus grand nombre ? Traitons-nous les questions sociales de notre temps d’une manière sensiblement plus résolue, plus radicale et plus ferme ? Appliquons nous avec plus d’exactitude et de probité notre code d’éthique commerciale ? Y a-t-il quelque chose de plus sain et de plus élevé dans ces divertissements, qui, dans tous les pays, reflètent fidèlement le goût du public ? Présentez-moi des réponses affirmatives à toutes ces questions, avec de solides preuves à l’appui, et je conviendrai que cet engouement pour les sports athlétiques n’est pas qu’un nouvel avatar de notre présomption et de notre barbarie insulaires.

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cmpfcmpf   04 juillet 2016
Il n’était pas d’hommes plus dissemblables que les deux frères. C’est une vérité bien triste à dire, parlant du plus proche parent d’un roi de la périssoire, mais force est d’admettre que Julius cultivait son intelligence. Cet Anglais dégénéré assimilait les livres et ne pouvait assimiler la bière. Il avait le don des langues et pas celui de l’aviron. Il s’adonnait à ce vice exotique qu’est la pratique d’un instrument de musique et n’avait jamais pu acquérir cette vertu anglaise de reconnaitre un bon cheval au premier coup d’œil. Il traversait l’existence (Dieu seul savait comment !) sans biceps ni carnet de paris…
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namelessnameless   01 février 2016
Il est des femmes dont l'influence sur les hommes est un mystère insondable pour les personnes de leur sexe. [...]. "Mais qu'est-ce que les hommes peuvent bien lui trouver ?".

Page 77-78
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namelessnameless   02 février 2016
Est-il une forme de résolution humaine approchant celle d'une femme qui s'est mis en tête de découvrir les faiblesses d'une autre femme, qu'elle hait ?

Page 129
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Vidéo de William Wilkie Collins
Bande annonce de The Moonstone (2016), mini série de la BBC et adaptation du roman de Wilkie Collins, paru en français sous le titre La pierre de lune.
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