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EAN : 9782267026429
546 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (10/04/2014)
4.09/5   91 notes
Résumé :
À l'aube du XXe siècle, dans une région reculée le long de la côte pacifique des États-Unis, Talmadge prend soin de ses arbres fruitiers. Depuis près d'un demi-siècle, cet homme mène une existence apaisée, rythmée par les saisons des fruits. Jusqu'au jour où deux jeunes filles farouches et abandonnées font irruption dans son domaine... Leur arrivée bouleversera définitivement la vie de ces personnages, les rappelant à leurs douloureux passés.
Retraçant l'hist... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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litolff
  21 octobre 2014
Une étrange et touchante épopée dans un verger du nord-ouest américain.
Dans la quiétude d'un verger traversé de temps en temps par des Indiens et des chevaux sauvages, la vie d'un homme solitaire est radicalement bouleversée par l'irruption de deux gamines farouches : elles sont toutes les deux enceintes...
Talmadge a quasiment vécu toute sa vie seul dans ce verger après avoir perdu sa mère et sa soeur. Curieusement, malgré cette solitude forcée, c'est un homme plein de bienveillance et d'empathie qui recueille les deux petites fugitives, un homme débordant d'une tendresse qu'il n'a pu donner à personne.
Après un départ sur les chapeaux de roue, le rythme du roman ralentit pour se prêter à la constance des éléments dans ce verger isolé, uniquement marqué par les changements de saisons et les travaux qui en découlent, parfois par le passage d'une bande d'indiens dresseurs de chevaux.
Parallèlement, les mots que s'échangent les protagonistes sont aussi rares que les confidences : la solitude entraîne à l'économie des épanchements et au silence.
J'ai beaucoup aimé ce roman lent et poétique qui nous parle d'enfance meurtrie, de transmission et des liens du coeur qui peuvent remplacer les liens du sang… questions toujours d'actualité !
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spleen
  24 mars 2018
Bien différent du livre de Tracy Chevalier : L'Orée du verger où ,s'il était question aussi de fruits , la terre était bien ingrate et les gens plutôt belliqueux ...
Là, dans ce coin de Californie, les abricotiers et les pommiers sont généreux sous les soins attentifs de Talmadge , un homme bienveillant .
Cet homme est arrivé dans ce coin perdu alors qu'il était enfant avec sa mère et sa soeur .Sa mère, malade, décède rapidement puis la jeune soeur de Talmadge disparait et malgré toutes ses recherches , aidé par son ami, l'indien Clee, il n'aura aucune piste , aucun indice . Ce drame et cette interrogation le poursuivront toute sa vie .
Son existence prend un tour nouveau lorsqu'il vient en aide à deux soeurs, en fuite et toutes les deux enceintes, des gamines craintives , elles aussi marquées par une enfance volée.
L'histoire , dès le décor planté , devient plus lente, au rythme des saisons des arbres, des premiers bourgeons à la récolte , troublé par le passage des chevaux sauvages . Pourtant , ce n'est qu'un calme apparent car , si les dialogues sont rares chez ces gens qui ne savent pas dire qu'ils s'aiment , chacun gardant pour soi ses blessures , le cours des événements conduit inéluctablement à la fuite en avant pour Jane et Della, chacune à sa façon alors que Talmadge , souvent maladroitement , rêve pour lui et celles qui sont devenues sa vraie famille , de sérénité à défaut de bonheur.
Magnifique premier roman, avec une profonde réflexion ce qui rapproche des êtres fragiles, bousculés par la vie avec leur quête difficile de résilience , tout cela avec de belles descriptions de la nature .
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Flodopas78
  05 décembre 2014
Les romanciers américains excellent dans l'art de raconter des histoires originales où évoluent des personnages d'une grande finesse psychologique dans des cadres somptueux. L'Homme du verger ne fait pas exception à la règle. L'auteur, initiée par son grand-père aux soins qu'exige un arbre fruitier, place une grande partie de son roman dans un verger dont s'occupe avec passion Talmadge, homme d'une cinquantaine d'années. Sa vie d'ermite va être bouleversée par la rencontre de deux jeunes filles, Jane et Della, toutes deux en fuite et refusant tout contact avec leurs semblables. Il faudra beaucoup de patience à Talmadge pour gagner leur confiance et découvrir leur secret. Il y perdra sa tranquillité. Roman intimiste, portrait d'une Amérique encore rurale vers le début du 20ème siècle dans l'état de Washington, où la vie d'une petite communauté se déroule encore au rythme des saisons, l'Homme du verger, déploie avec sensibilité et délicatesse toutes les facettes de l'âme humaine dans ses contradictions et ses combats intérieurs.
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ivredelivres
  11 mars 2015
En route vers la côte pacifique disons au tout début du XXème siècle, vers la vallée de Wenatchee. Un homme calme, un homme bon et vivant en harmonie avec la nature, fait fructifier sa terre, il a planté un verger, il a greffé, soigné, irrigué et il peut être fier de son travail.

Après la récolte il part à la ville où il espère rencontrer ses amis : Caroline Middey herboriste et sage-femme et Clee l'indien.
« Les boisseaux de pommes et d'abricots enfouis dans les sacs, bruissaient au fond du chariot ». Son étal installé il aperçoit « deux filles avec des mines de conspiratrices - en guenilles, le visage sale »
Lorsqu'elles lui dérobent ses pommes il laisse faire mais les suit.
Talmadge, lui qui ne s'est jamais occupé que de prunes, d'abricots ou de pommes, lui qui n'a jamais pu oublier la disparition d'Elsbeth sa soeur, qui vivait au rythme des rencontres amicales avec Caroline, va être propulsé dans un monde de violence et de douleur.

Della et Jane, ses voleuses sauvages et farouches vont petit à petit s'approcher de sa maison, accepter la nourriture qu'il laisse à leur intention, pénétrer dans sa maison en son absence.
Elles ont fui la violence, la servitude et la cabane que leur offre Talmadge va représenter un havre où poser leurs têtes. Quand un homme accepte d'être volé par plus démuni que lui ne soyez pas étonné que toute sa destinée en soit changée à jamais.
Et je m'arrête là pour vous permettre de découvrir Talmadge et son verger, pour découvrir un livre totalement ouvert sur les grands espaces.
Indiens, chevaux sauvages, arrivée du chemin de fer ont répondu à mon envie d'aventure mais le côté intimiste imprimé par Amanda Coplin m'a comblé également.
Qu'est-ce qui crée les liens entre les hommes, le sang ou ..tout autre chose ? Peut-on reconstitué une famille par la seule volonté ?
J'ai aimé passé du romantisme à un ton plus sombre, du lyrisme au côté désespéré de ces vies.
Un très bon roman dont l'auteur a réellement grandi dans la vallée de Wenatchee et s'est inspirée de la vie de sa famille pour écrire cette histoire.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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mosaique92
  07 novembre 2015
Après la mort de sa mère puis la disparition inexpliquée de sa sœur, Talmadge ne vit depuis des années que pour l’entretien des vergers qu’il a développés, sa vente de fruits hebdomadaire dans le bourg voisin et son amitié avec Caroline, sage-femme et herboriste, et Clee, ami d’enfance et meneur d’une bande d’indiens dresseurs de chevaux sauvages qui squattent épisodiquement ses terres et l’aident pour le ramassage de ses fruits. L’irruption dans sa vie de deux adolescentes traquées et traumatisées va tout bouleverser : il va essayer de les sauver et de les reconstruire avec l’aide de ses amis. Mais certaines vies sont marquées du sceau de la tragédie et, jusqu’au bout, il essaiera d’inverser le cours des événements et de sauver ce qui peut l’être.

C’est un roman lent tout en nuances et non-dits, rythme qui convient très bien pour suivre tous ces taiseux. Toile de fond : Wenatchee au nord-ouest des Etats Unis, ville natale de l’auteur, petite-fille de propriétaire de vergers ; la description du métier, de ses tâches, des impressions et des senteurs, de la nature et du rythme des saisons est une complète réussite. Epoque : fin du XIXe et début du XXe siècle, époque de changements profonds comme l’arrivée du chemin de fer, l’industrialisation et la naissance du commerce de gros ; ces événements vont peser sur l’histoire.

Commentaire de l’écrivain américain Ron Rash : ‘’ Amanda Coplin a dépeint le paysage du nord-ouest américain qui lui est familier avec une telle fidélité que les lecteurs en reconnaîtront tous les horizons, les odeurs et les sons. Et, dans cet univers, elle place des personnages captivants, aux histoires non moins captivantes. Un premier roman époustouflant.’’
Un roman intimiste mais aussi de grands espaces.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
claraetlesmotsclaraetlesmots   15 juin 2014
Elle n'aurait jamais dit aimer, parce qu'ils ne s'exprimaient pas ainsi; ils ne prononçaient jamais les mots "amour" ou "magnifique", ou n'importe quel terme descriptif. Parfois, pour faire un commentaire sur ce ciel au crépuscule, il le qualifiait de "joli" et elle hochait la tête en guise d'approbation. Lorsqu'elle entrait dans une pièce où il se trouvait déjà, ou s'il débarquait dans une allée où elle était en train de travailler, ils ne se saluaient pas à grand renforts de mots mais chacun de contentait d'effleurer l'autre des yeux, déduisant, de son expression ou de sa posture, si celui-ci était content, déçu ou agacé, s'il était satisfait de cette présence ou du temps qu'il faisait. Ces détails concernant l'autres, chacun en avait l'intuition comme des besoins de son propre corps : sans y penser, de façon naturelle.
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GabySenseiGabySensei   15 août 2015
Elle adorait la solitude, mais uniquement parce qu'elle avait la possibilité de la rompre. De converser intimement avec quelqu'un d'autre. Que se passerait-il quand Talmadge mourrait ? Caroline Middley ? Leurs sensibilités particulières disparaîtraient ; et ils emporterait avec eux tout ce qu'ils savaient d'elle. Alors elle serait vraiment authentiquement seule. Ce serait une tout autre solitude. Une solitude terrifiante.

(P532)
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tantquilyauradeslivrestantquilyauradeslivres   14 avril 2015
Puis, en tendant la main vers une noix encore sur sa tige, elle s’enfonça dans le silence qui englobait tous les silences et crut percevoir le déchaînement des insectes dans l’herbe ; elle pénétra tout droit dans l’intimité de leurs chuchotements. Le soleil sur la berge poreuse, près de l’endroit où elle se tenait, était incandescent de lumière, les minéraux scintillaient et la triste boue était spéciale, particulière même dans sa tristesse. Chaque pore, chaque strie, chaque détail était lavé et engendré comme la lumière révèle un visage.
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GerlsGerls   02 janvier 2018
Ta mère disait souvent… intervint soudain Della, alors que la petite et elle s’étaient déjà fait leurs adieux ; la petite s’était à moitié levée de sa chaise. Maintenant, elle la regardait avec des yeux écarquillés. Surprise.
Ta mère... continua Della malgré elle, sachant qu’elle aurait dû se taire et s’apercevant qu’elle ne pouvait pas continuer. Comment décrire un rêve ? Un sentiment ?
Que disait-elle souvent ? s’enquit Angelene, après un silence.
Della, les yeux fixés sur un coin de la pièce, avait oublié ce qu’elle s’apprêtait à raconter.
Elle disait… que tu serais merveilleuse. Que tu serais meilleure que nous toutes réunies. Et elle avait raison. Elle s’interrompit. Rien de mauvais ne t’est arrivé. Tu mènes une bonne vie. Tu mènes une bonne vie, non ?
La petite laissa passer un moment avant de répondre.
Oui.
Della avait envie de lui raconter bien des choses. Elle aurait voulu la prendre dans ses bras.
La petite se tenait debout, gauchement, devant la cloison.
Della se contraignit à croiser son regard, l’espace d’un instant.
La petite était timide.
Merci d’être venue me voir, dit Della.

(p522)
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GabySenseiGabySensei   15 août 2015
Il avait un de ces visages compliqués qu'il fallait contempler à loisir pour comprendre comment l'émotion s'y manifestait, pour le comprendre tout simplement. C'était un paysage : une étendue vaste et complexe, à couches multiples. Elle avait envie d'étudier ce visage : parce qu'il était différent, et c'était important sans qu'elle sût exactement pourquoi.

(P71)
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