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EAN : 9782379101366
80 pages
Livr's Editions (01/06/2023)
4.62/5   21 notes
Résumé :
Dakota 1876, quelques semaines après la déroute de l'armée américaine sur le champ de bataille de Little Bighorn.

Avides de sang et de vengeance, les tuniques bleues poursuivent sans relâche les troupes rebelles de Crazy Horse et Sitting Bull.
Ni le froid, ni la pluie, ni la faim n'entravent la sombre détermination de leur général, le vétéran George Crook.

Début septembre, les sinistres collines des Black Hills lui offrent une op... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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En préambule, l'auteur suggère au lecteur la bande originale adéquate pour cette lecture. Si j'imagine sans peine que les rythmes d'Enio Morricone s'accordent à merveille avec l'ambiance qu'il pose, j'ai quant à moi opté pour une compil' Aya Nakamura chante Bruel, par pur esprit de contradiction sens de la fête. C'est donc prête à me casser la voix (mais en catchana) que j'ai embarqué pour un éprouvant voyage dans les Black Hills de la fin du XIXe siècle.

Le prélude nous précipite dans le récit avec l'efficacité et l'âpreté d'un coup de poing. le narrateur, s'il est un témoin direct des événements, est d'ores et déjà installé dans les inconfortables cothurnes d'une Cassandre du Far West, spectateur impuissant comme orateur négligé. Alors, il regarde (et pas qu'un peu), mais allô allô, allô ? Il s'interroge au fil des pages, tâchant de recomposer les engrenages de l'explosion d'épouvante bestiale déjà latente ; et l'auteur parvient par là à poser le contexte économique et géopolitique de la novella, tout en évitant de pesants verbiages ou de filandreuses descriptions. Parce que faut pas écouter les bails noirs, mais faut que j'te l'dises quand même.

Le décor lui-même mettra en garde les protagonistes, empêtrés dès leur départ dans une nature hostile déterminée à les engloutir corps et âmes : « Un étrange bruit de succion accompagnait chacun de nos pas sur ce limon infect qui ralentissait notre marche. » Leurs propres natures humaines, altérées de richesses, de racisme, de vengeance, les pousseront dans des affrontements dont l'horreur ne doit rien au surnaturel : « Dans son élan meurtrier [le boulet] emportait un bras ou arrachait une jambe, et laissait dans son sillage des corps démembrés, hurlant d'agonie avant d'expirer dans la boue. » À se demander qui a le droit, qui a le droit d'faire ça, dans le game ?

Mais au-delà de la cupidité et la haine des plus banales, au-delà des embûches d'un environnement sauvage, une tension désincarnée imprègne le récit d'un narrateur à l'acuité exacerbée. Certes, il a le juice, mais comment ne pas perdre la tête, quand la menace se déguise d'abord sous des personnages croqués avec précision : « L'iris et la pupille de ses yeux se fondaient en un disque laiteux, non moins énigmatique que dérangeant » ? Puis elle s'intensifie en abjection comme en violence, à un rythme enlevé. N'en doutez pas, le point de rupture a été dépassé bien avant l'introduction; la frêle illusion d'équilibre qui vacillait dans les premières pages vole en éclats sur un crescendo d'épouvante, et on tchouffe, ça va pas mais pas, mais pas du tout.

N'attendez pas de résolution ni de soulagement dans cette novella. Une fin abrupte dissout l'espérance et la foi en l'humanité « dans les brumes insondables des Black Hills ». Dans un cadre historique à l'atrocité avérée, affûtée par une irrationalité maléfique sans nom, ce Gold Rush réussit un beau doublé dans le monstrueux, servi par une plume fluide et un tempo haletant. Mais même si on est matrixés, on s'en fout, y'aura toujours des fous.
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Gold Rush 🏜 de Sam Cornell chez Livr'S Éditions

1876, Dakota du Sud, 11 ans après la fin de la Guerre de Sécession, les tuniques bleues du général Crook traquent les troupes des chefs sioux Crazy Horse et Sitting Bull dans les Black Hills afin de se venger du massacre de Little Big Horn. Mais leur rencontre avec une tribu lakota va les entraîner dans l'horreur...

J'ai rencontré l'auteur il y a 2 semaines à Trolls & Légendes. J'avais vu passer ce livre sur les réseaux depuis plusieurs mois, et patatras, j'ai glissé chef ! (Et j'ai eu une jolie dédicace 🥰 )
Avec sa magnifique couverture (The Oracle, sculpture de John Coleman) qui attire l'oeil, ce (trop) court récit entre nouvelle et novella, nous plonge dans le midwest américain après la Guerre de Sécession.
Nous suivons un métis enrôlé pour servir d'interprète entre les militaires et les indiens.
Le récit comporte de nombreux rappels historiques nous permettant de nous plonger sans problème dans le contexte (ce qui pour ma part était vraiment utile, ma connaissance de la période se limitant à quelques albums de Lucky Luke 😅 ).
Petit à petit nous nous trouvons plongés dans une horreur lovecraftienne...
Ça se lit tout seul, c'est plaisant, c'est parfois violent, c'est immersif, c'est instructif... Et c'est malheureusement beaucoup trop court à mon goût! 😁

Et encore merci à la Maison d'édition pour ce QRcode à Trigger Warning bien utile 🤩
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Gold Rush est un court roman de Sam Cornell publié chez Livr's Éditions début juin. le roman est dans la même thématique que la double anthologie de l'éditeur de cette année, à savoir western et horreur. En effet, l'auteur l'avait à l'origine écrit pour cette anthologie, mais le texte était trop long et a ainsi fait l'objet d'une édition au format novella. L'auteur retrouve ses deux genres de prédilection, l'historique et le fantastique

Gold Rush nous embarque pour un sombre voyage dans les Black Hills de la fin du XIXe siècle, plus exactement en 1876. le récit est fait à rebours à la première personne par un homme soldat et métis indien, qui accompagnait les troupes du Général Crook. Quelque chose s'est visiblement mal passé et il va nous en faire le récit, procédé très semblable au récit lovecraftien et qui permet d'ajouter une nuance fantastique à l'histoire, dans la mesure où seule la parole du narrateur décrit les faits qui se sont produits. Celui-ci nous plonge ainsi assez rapidement dans son histoire en pleine ruée vers l'or, dans un territoire hostile et en proie à la guerre qui dure depuis trop longtemps.

L'auteur s'appuie sur un contexte historique pour raconter son histoire et les horreurs prennent dans un premier temps un visage humain au travers des atrocités commises pendant le conflit opposant les troupes militaires aux indiens. le contexte historique apparaît glaçant et horrible, et ainsi tout à fait propice à un récit qui peut facilement déraper vers l'horreur. L'aspect tragique et horrible des Guerres Sioux est bien présent, d'autant plus que le narrateur est issu d'un mélange des deux cultures. Ses origines lui valent de servir d'interprète au milieu du conflit et ainsi d'assister aux pourparlers entre les dirigeants, avec en exergue la question épineuse de l'or présent sur les terres.

L'horreur va peu à peu basculer et changer d'apparence. D'une horreur liée au conflit, au racisme, à la cupidité et à la vengeance, le surnaturel va s'inviter dans l'histoire et y laisser sa marque. le décor offert par les sinistres collines des Black Hills est propice à susciter l'effroi et à laisser galoper l'imagination. L'auteur en tire très bien parti, empêtrant ses protagonistes au milieu d'une nature hostile où n'importe quoi peut se cacher. La tension augmente ainsi crescendo et devient presque palpable.

Sam Cornell a une écriture fluide et produit un récit efficace. Il a de solides connaissances historiques qu'il met au profit de son récit même s'il a tendance à trop en faire par moments, surtout au début du récit. le démarrage est un peu long, mais une fois lancé, le texte devient plus intense et on est pris par cette sombre histoire.

Gold Rush est ainsi une histoire ancrée dans l'histoire américaine et qui tire brillamment partie du décor offert par les Black Hills pour produire un récit où horreur et histoire se côtoient. Une belle réussite dans la veine des textes lovecraftiens, autant pour le contenu que pour la narration.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Retour sur « Gold Rush », de Sam Cornell


Si vous ne connaissez des « Collines Noires » que l'excellent album de Lucky Luke, si vous croyez que Howard Philips Lovecraft est un rapeur nouillorquais, vous pouvez passer votre chemin. En revanche, si vous vous intéressez à la Conquête de l'Ouest et que, de surcroît, vous êtes amateur de fantastique pur et dur, si vous vous régalez à la lecture des « Manitou » de Graham Masterton et que chaque visionnage de « Little Big Man » vous ravit, alors « Gold Rush » est fait pour vous !
Sam Cornell nous propose une longue nouvelle consacrée à la conquête des collines aurifères du Dakota, et au massacre des tribus indiennes qui y résidaient avant l'arrivée des Blancs. Avec une grande rigueur historique, il nous propose de partager la destinée d'un éclaireur métis accompagnant une colonne de l'armée américaine menée par un officier aussi motivé par la fièvre de l'or que par le désir de venger la défaite de Custer à Little Big Horn.
Nous sommes donc propulsés dans une ambiance de western, et pendant la première partie du récit le lecteur partage les souffrances de cette troupe de soldats confrontés à la rigueur de l'hiver dans un pays sauvage. Mais lorsque les Indiens Lakotas entrent en scène, le ton change : une atmosphère d'étrangeté se met en place, et les vieilles malédictions ancestrales surgissent du passé...
Je n'en divulguerai pas davantage sur la suite, mais sachez que cette nouvelle peut pousser à certaines réflexions sur la fondation des États-Unis, sur le génocide des peuples autochtones, et sur la confrontation de civilisations trop différentes sur un même sol. Ces sujets sont abordés de façon subtile, sans manichéisme (après tout, les Sioux ont eux-mêmes chassé les tribus antérieures pour s'emparer de leurs terres), mais aussi sans complaisance envers les colons européens qui ont multiplié les atrocités.
J'ai refermé ce petit livre avec le sentiment d'avoir passé un excellent moment. D'abord parce que l'écriture de Sam Cornell est nette, précise, avec un vocabulaire riche sans se montrer prétentieux. Ensuite parce que j'apprécie, à l'heure où le lectorat et les éditeurs ne jurent que par les oreilles pointues et les casques à cornes d'une héroïque fantaisie aussi mal écrite que plagiaire, de retrouver le charme du vrai fantastique, du réel frisson causé par l' « horreur cosmique » chère à Lovecraft. Enfin, je salue le remarquable travail de recherche historique fourni par l'auteur, qui lui permet de poser l'action de son livre dans une ambiance réaliste, authentique, loin des clichés du western de cinéma. C'est justement ce réalisme qui rend plus forte et crédible l'intrusion du surnaturel dans le récit, créant ainsi ce malaise recherché par l'amateur.
En conclusion, il faut se ruer sur ce « Gold Rush » !
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Sam Cornell aime les contradictions. La preuve, il est normand et vit en Bretagne, ce qui pousse d'ailleurs le sens de la contradiction au rang de bravoure. Et de la bravoure, il y en a dans sa dernière novella, parue comme son roman, La Collision des Mondes, chez Livr'Editions. de la bravoure... et de la peur aussi, cette dernière étant l'inévitable porte à affronter lorsque l'on affronte l'inconnu.

L'auteur nous plonge dans les Black Hills, en 1876, soit onze ans après la fin de la Guerre de Sécession, en pleine guerre semi-ouverte contre les nations indiennes. Je dis bien "semi-ouverte", car comme Sam Cornell nous le rappelle au travers de notes en bas de page, l'histoire confrontant les américains aux amérindiens est faite de traités brisés, de moins en moins vastes réserves que l'on "offre" et de monceaux de ressources et d'or que l'on convoite, sans oublier ce peuple que l'on cherche à annihiler en l'assimilant dès que possible.

Le format choisi est donc la nouvelle, et c'est ainsi fort naturellement que l'on entre avec brutalité dans le vif du sujet, aux côtés de ce métis, fruit d'un viol, éclaireur dans le corps d'armée du général Crook. Ce dernier est un militaire aveuglé par la soif de sang, cherchant à venger le massacre de Little Big Horn, où les hommes du 7ème de cavalerie, menés par l'arrogant Custer, furent défaits par une coalition de cheyennes et de sioux dirigés par les légendaires Crazy Horse et Sitting Bull. Et l'on comprend très vite que les tuniques bleues ont visiblement encore connu un épouvantable sort dans l'automne rigoureux qui traverse le territoire lakota, et en tournant les pages, nous allons découvrir l'horreur qui se cache dans les sombres collines, au fond de ce ravin bien caché du reste du monde, et probablement pour de saines raisons.

Le style est direct, sec, et le court récit se dévore sans que vienne jamais l'envie de faire une pause tant le besoin de tourner la page est pressant. L'auteur ne s'est jamais caché d'écrire une histoire lovecraftienne, mais n'attendez pas pour autant de voir apparaître les noms de Cthulhu ou du Necronomicon. C'est en cela que la filiation est parfaitement réussie, comme avait su le faire, dans un style certes très différent, Fred Chappell avec son superbe Dagon. Tout est suggéré, monte en degrés, et s'impose quand l'horreur survient, forcément indicible tant elle dépasse l'entendement et prend soin de garder ses secrets, se nourrissant de l'ombre du récit comme de celle des décors choisis. le côté historique a été étudié avec soin, et la véracité du contexte - le massacre de Little Big Horn et le besoin de vengeance qui suivit, culminant en 1890 à Wounded Knee - aident à s'immerger dans le récit, passant de ce qui pourrait passer pour un témoignage véridique au western pur et dur avant de culminer dans l'horreur la plus pure.

En avançant dans la partie western, lorsque les tuniques bleues se rapprochent d'un campement lakota menés par un chaman empli de sagesse et maniant habilement l'ironie, alors que son colosse de fils s'impose comme une force de la nature que l'on a hâte de voir entrer en action, on se prend à regretter de n'être que les brefs passagers d'une nouvelle, passant à côté du développement des personnages et de la tension qui mériteraient, en plus du contexte historique, le format d'un roman. Et puis on entre dans le pur fantastique, alors que l'horreur des combats propres à l'humain a déjà marqué dans le sang la rétine du lecteur, et l'on se dit finalement que ce format court est finalement bien pensé, car il permet au récit de conserver sa part de mystère là où le roman aurait fort logiquement apporté son flot de détails nuisant finalement à l'intrigue et à l'imaginaire. C'est ainsi qu'il appartient au lecteur de combler les creux et de nourrir l'histoire.

Une bien belle réussite en fin de compte, et puis pour les lovecraftiens qui voudraient une vengeance d'indien étalée sur un voire plusieurs romans, revenez ou découvrez les aventures de Misquamacus, le terrifiant Manitou de Graham Masterton !

Vous pouvez retrouver cet article sur mon blog, consacré pour partie à la musique metal et pour l'autre versant à mes lectures lovecraftiennes (je vais augmenter ce côteau ombragé, y ajoutant au fil de l'eau ma vaste Lovecraftothèque personnelle).
Lien : https://beyondthewallofsleep..
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