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EAN : 9782373050707
400 pages
Éditeur : Aux forges de Vulcain (07/02/2020)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Le marin le plus audacieux de tous les temps affronte le plus grand ennemi de l’humanité !

Bien des années avant d'être le libérateur du Chili, du Pérou, du Brésil et de la Grèce, Lord Thomas Cochrane fut un héros des guerres napoléoniennes. En 1809, au large de l’île d’Aix, sur la côte occidentale française, il fit couler presque la moitié de la flotte de l’Empereur. En 1815, Napoléon achève la construction de Fort Boyard et Lord Cochrane revient dan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
celindanae
  02 mars 2020
Cochrane vs Cthulhu est un roman du chilien Gilberto Villaroel paru en mai 2017 et traduit en France et publié en février 2020 chez les éditions Aux forges de Vulcain. Il s'agit du premier roman de l'auteur, par ailleurs également producteur et scénariste pour le cinéma et la télévision. Il avait déjà participé au roman graphique El Modelo de Pickman inspiré du texte de Lovecraft.
Le roman se déroule en France, en avril 1815 dans un endroit assez bien connu grâce à une émission de télé, Fort Boyard. Napoléon qui vient de s'enfuir de l'île d'Elbe veut retrouver sa grandeur et son Empire. Pour cela, il a fait construire sur un banc de sable de la côte occidentale française un fortin d'artillerie qui a pour but de protéger la baie des ennemis, et surtout de l'Angleterre. le capitaine Eonet est commandant de la garnison du fort et fait prisonnier Lord Cochrane, un officier de la Royal Navy britannique. Lord Cochrane est un ennemi bien connu de la France, pour avoir détruit en 1809 la moitié de la flotte napoléonienne au même endroit. Cependant, d'étranges événements se succèdent aux alentours du fort dont Cochrane ne sait rien. Tout celà va remettre en cause les liens tendus entre les deux officiers. Les ennemis jurés vont être obligés de s'allier pour tenter de contrer la menace qui plane sur le fort et sur l'humanité entière.
La première chose frappante concernant ce roman est son ancrage dans l'histoire de France. Lord Cochrane a réellement existé ainsi que d'autres personnages croisés dans le récit comme les frères Champollion. L'auteur a fait de nombreuses recherches historiques, ce qu'il explique d'ailleurs à la fin du roman. Les relations très tendues entre les deux pays sont fondamentales dans l'histoire. Les querelles internes de pouvoir entre les différents officiers ainsi que les rivalités peuvent faire basculer la situation vers la catastrophe. La tension dans le récit vient ainsi de plusieurs éléments.
Le roman est une uchronie où l'auteur s'amuse à jouer avec l'histoire de la région du fort. En effet, Fort Boyard a été construit entre 1841 et 1857. le cadre du roman colle parfaitement avec l'histoire. Un fort seul au milieu de l'océan, coupé du reste du monde par les conditions climatiques est propice au huis clos. La description du fort est conforme à celle que l'on connait. La rivalité entre l'Angleterre et la France, les guerres napoléoniennes, tout cela donne un cachet historique au roman. L'auteur y ajoute une dose d'imaginaire et joue ainsi finement avec la réalité, l'histoire et ce qui a pu arriver pendant cette période.
En matière d'imaginaire, Gilberto Villaroel a choisi d'intégrer celle des grands anciens et le roman est ainsi un remix de L'appel de Cthulhu de Lovecraft. L'auteur fait à nouveau preuve de grandes connaissances dans le domaine et arrive à rendre sa transposition de l'histoire en terre française totalement crédible. Les différents éléments surnaturels du récit font partie de la mythologie lovecraftienne et les connaisseurs prendront plaisir à découvrir lesquels. de plus ces éléments sont habilement mêlés à l'histoire de France et s'intègrent parfaitement au reste. le mélange des genres est vraiment détonnant et parfaitement traité par l'auteur.
Les personnages font également le charme de ce roman, Cochrane en tête de liste. Thomas Cochrane a bien été l'ennemi de la France lors des guerres napoléoniennes et participé à la bataille de l'île d'Aix en 1809. Il inspira des romans d'aventures maritimes et certains personnages dont Jack Aubrey, le personnage principal des romans de Patrick O'Brian et du film Master and Commander : de l'autre côté du monde. Gilberto Villaroel connait très bien l'histoire de Thomas Cochrane ayant réalisé un documentaire sur lui. le personnage de l'auteur chilien a un côté James Bond et inventeur de génie. Il est très audacieux, courageux, charismatique et ingénieux. Il est vraiment très bien écrit et on le suit avec plaisir.
Les autres personnages sont également très travaillés et crédibles dans ce contexte si exceptionnel. Les hommes de la garnison ont tous un comportement plausible et on croit à cette histoire. L'auteur n'en fait jamais trop et dose parfaitement le rythme de son récit. Autre personnage très réussi, le capitaine Eonet qui offre un pendant au personnage anglais. Les événements vont faire s'établir un fort lien entre les deux hommes, un lien basé sur le respect malgré l'opposition qui existe entre eux.
Cochrane vs Cthulhu est ainsi une excellente lecture qui pourra plaire à tous, amateur de Cthulhu ou non. le mélange des genres entre histoire, mythologie lovecraftienne, fiction navale et fresque napoléonienne fonctionne à merveille. La tension monte crescendo tout au long du roman qui propose à la fois un côté pulp très réussi et de l'aventure dans un cadre parfaitement choisi.
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Lhotseshar
  01 juin 2020
Après tout ce que Célindanaé m'avait dit de ce livre, je me suis empressé de le lire, et je n'ai pas été déçu du voyage. On se retrouve projeté au printemps 1815, peu de temps avant la chute finale de l'Empereur Napoléon, dans un endroit très touristique aujourd'hui, mais surtout stratégique à cette époque : la mer située entre les iles de Ré et d'Oléron devant les cités portuaires de Rochefort et La Rochelle, où se dresse actuellement le Fort Boyard. Mais pas de Père Fouras ni de Passe-partout ici, mais des hommes, des guerriers, contre une menace cosmique…
Le récit commence par l'arrivée au fort Boyard d'émissaires de l'empereur, les frères Champollion, accompagnés d'un lieutenant du chef de la police Fouché, quasi simultanément avec le navigateur Anglais Lord Cochrane, fait prisonnier dans son canot par hasard par des soldats français sur mer. On se doute que rien de cela n'est dû au hasard, et c'est bien le cas : Cochrane venait en mission d'espionnage à bord d'un navire mystérieux dans le secteur, quelques années après avoir remporté brillamment une bataille navale au même endroit lors de « l'affaire des brûlots de l'île d'Aix ». Et les Champollion sont ici pour étudier une pierre appartenant aux fondations du fort, construit suite à la fameuse défaite contre Cochrane… le fort est dirigé par un officier vétéran talentueux, le capitaine Eonet. Mais très vite les choses dérapent : Cochrane prisonnier s'évade, un canot français est retrouvé avec les restes d'un membre de la garnison atrocement mutilé, un tremblement de terre se fait sentir, et le capitaine Eonet se mutine contre le chef de la police de Napoléon… Jusqu'à ce qu'une mystérieuse créature attaque le fort et est vaincue par Eonet et Cochrane, alliés de circonstance !
Partant sur des bases historiques solides, l'auteur Gilberton Vallaroel fait peu à peu dévier le récit vers l'horreur, en proposant un croisement improbable entre récit historique militaire et mythe de Cthulhu. L'histoire est en fait une réécriture de la nouvelle l'Appel de Cthulhu de H.P. Lovecraft à la sauce napoléonienne. On y retrouve les éléments de l'enquête – réduite à sa plus simple expression, les rêves envoyés par la divinité, la surrection de l'île de R'lyeh, l'exploration de la cité maudite, et la confrontation finale avec la créature d'un autre monde. Les connaisseurs apprécieront ! Toute l'intelligence du roman a été de mettre ces éléments en toile de fond de la rivalité entre les français et les britanniques pour la suprématie marine, que ce soit au niveau puissance pure ou au niveau des avancées technologiques. On retrouve des éléments réels de la stratégie navale, et des aspects qui sont apparus plus tard. Petite entorse à l'histoire, comme l'histoire réelle du Fort Boyard, dont la construction est en fait achevée en 1870.
Un des points forts du roman est la relation entre Lord Cochrane et le capitaine Eonet. Des ennemis au sens le plus politique du terme, mais qui vont faire front commun pour lutter contre la monstruosité. Les échanges verbaux sont nombreux, avec un flegme et une ironie toute britannique face à la rigueur militaire du français. Mais les deux hommes sont caractérisés par leur honneur et leur parole de soldat. Cochrane est naturellement le vrai héros de l'histoire, sorte d'Indiana Jones intelligent et capable d'initiatives très inattendues. Il est notamment crédité de l'invention du lance-flamme, de grenades à gaz, de la lampe à huile tempête et du bateau à vapeur avec roue à aubes, et de la propulsion par roquette… Les autres protagonistes sont aussi importants, avec les Champollion dont on connait bien l'oeuvre avec le décryptage des hiéroglyphes de la pierre de Rosette. On s'attache à ces soldats, qui accomplissent souvent leur devoir… jusqu'à leur mort atroce.
Le livre se lit donc très bien, mais j'ai deux réserves à faire, en plus d'une relecture limite qui a fait sauter quelques caractères : d'une part on trouve dans le livre à 3 ou 4 occasions des sortes de « rappels des faits » qui viennent alourdir le texte pour rien. C'est un procédé que l'on pouvait retrouver dans le texte l'appel de Cthulhu, mais le reprendre ici n'avait pas trop d'intérêt hormis coller à tout prix au texte original. Et d'autre part, mais c'est très subjectif, je m'attendais plus à un récit fantastique qu'à une uchronie. Ici le point de divergence avec l'histoire est l'arrivée des créatures Cthuliennes puis l'apparition de R'lyeh, mais sinon l'histoire « normale » peut s'être déroulée vu que tout revient comme avant, avec même des explications alternatives pour expliquer le secret des déchiffrements des hiéroglyphes. Sauf qu'il y a de nombreux témoins (les Champpolion, des soldats et marins français et anglais) et des tas de morts dans les forts des environs, et donc ce n'est pas crédible en tant qu'histoire officielle : c'est donc une uchronie. Je pensais que l'auteur arriverait à « retomber sur ses pattes » avec un final encore plus destructeur, mais permettant de lier complètement son récit dans la grande histoire, et le classant donc dans le fantastique, comme c'est le cas pour le roman l'Abominable de Dan Simmons. On aurait ainsi eu un côté « histoire secrète » bien sympathique.
Avec Cochrane versus Cthlhu Gilberto Villaroel nous propose un pastiche très frais d'histoire à la Lovecraft, une réécriture de l'Appel de Cthulhu au temps des guerres napoléoniennes. le récit est porté par un véritable héros dramatique, soldat héroïque en disgrâce, qui fait face à une menace venue d'un autre monde endormie au fond de l'océan. C'est rythmé, crédible, avec en toile de fond le célèbre Fort Boyard, transformé en Fort Alamo le temps d'une bataille contre d'infâmes créatures. À servir bien frappé !
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Roadreader
  09 septembre 2020
Être lecteur s'est accepté de monter dans une embarcation sans forcément savoir où celle-ci va vous mener. Un voyage rempli de promesses mais qui risque de vous donner la nausée tout autant que vous émerveiller. L'auteur Gilberto Villarroel, d'origine chilienne, dont c'est le premier roman, nous entraîne vers des rivages à la fois connus mais les éclaires d'une aube nouvelle grâce à des apports inattendus.
Le rivage présenté par l'auteur au début du roman a de quoi faire taire tous les vieux loups de mers aigris persuadé que tout a déjà été écrit et réécrit, qu'il est vain de rechercher l'originalité dans les récits modernes. L'auteur convoque en effet des personnages historiques qui ont réellement existé, à savoir Lord Cochrane, surnommé le diable par l'armée napoléonienne et les frères Champollion mais aussi le fort boyard, le monument français qu'il vieillit de quelques années pour le besoin de son récit. Et tous ces éléments se retrouvent pour une réécriture de l'une des plus célèbres nouvelles de H.P. Lovecraft, ”l'appel de Cthulu”. le vaisseau ainsi formé promet un sacré voyage de lecture.
Un voyage qui tient ses promesses, aidé en cela par une plume immersive. En quelques pages à peine on se retrouve sur fort boyard en compagnie de cette garnison de soldats livrés à eux-mêmes. Très vite le voyage s'obscurcit, le brouillard s'installe, l'atmosphère se fait pesante et glauque alors que la tempête gronde à l'horizon. Les deux personnages principaux, Lord Cochrane et le capitaine Eonet, occupent le pont principal. Leur relation composée de rivalité et de respect mutuel cimente le récit. Leur charisme et leur complicité ont tendance à étouffer les autres personnages, le sournois commissaire Durand par exemple, dont le sort est trop vite expédié, mais ont ne va pas se plaindre d'avoir deux excellents capitaines sur le même navire.
La seconde partie du voyage se révèle plus classique, l'action se fait plus présente le navire pénétre dans des eaux, certes troubles, mais bien connues des amateurs de fantastique. Cependant l'auteur n'a jamais prétendu nous embarquer dans un voyage dépaysant mais juste de nous faire découvrir une histoire bien connue sous un nouvel angle. Malgré la houle et les récifs sur lesquels le récit aurait pu s'échouer, le vaisseau conserve son équilibre d'un bout à l'autre grâce à ses deux personnages et son hommage appuyé à Lovecraft.
Les lecteurs attentifs remarqueront quelques accros sur la coque ici et là, quelques apostrophes oubliées et autres coquilles, rien de graves mais suffisamment nombreuses pour être remarqués. L'armateur, aux forges de Vulcain, est relativement récent et doit encore se perfectionner pour offrir un vaisseau parfait à leurs navigateurs.
Alors que le navire s'apprête à s'amarrer au port il ne tarde qu'une chose au voyageur conquis par ce trajet en eaux occultes, embarquer de nouveau et très vite avec Lord Cochrane pour de nouveaux rivages enchanteurs.
Culturevsnews.com
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Bookworm84
  14 janvier 2021
Placer la plus célèbre des créatures monstrueuses imaginée par Lovecraft près de Fort Boyard, il le fallait le faire !
Y ajouter Lord Cochrane pour en faire une uchronie enlevée, il fallait de l'audace !
C'est la base de ce roman plutôt sympathique. Mais si j'ai apprécié ma lecture, ce n'est pas le roman de l'année. La répétition régulière d'informations (au cas où on aurait pas retenu que Lord Cochrane a démoli la flotte française), qui me sortait chaque fois du récit, les passages historiques compact, qui me sortaient du récit aussi, et la bataille finale, très attendue, bouclée en quelques pages (c'est tout ? ai-je pensé, déçue), font que je n'ai pas plus apprécié que ça.
Je recommande plutôt aux amateurs des deux personnages du titre.
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Garoupe
  03 juillet 2020
De cape et d'épée… et de tentacules
Thomas Cochrane, dixième comte de Dundonald, en plus d'être le personnage central de ce récit, est un un personnage réel. Né en 1775, décédé en 1860, écossais par la naissance et britannique jusqu'au bout des ongles et des voiles, amiral de la flotte britannique il a coulé la moitié de la flotte française dans un gigantesque brûlot marin qui hante les pages de ce livre.
Avril 1815, Lord Cochrane revient hanter la rade qui l'a vu accomplir un demi exploit. Mais il est fait prisonnier par les français et amené à Fort Boyard dont la construction vient de s'achever sur ordre de Napoléon. le capitaine Eonet l'y accueille avec tous les égards dus à son rang… et à ses actions passées.
Mais le capitaine Eonet cache un secret : sur l'île ayant servi de fondations à Fort Boyard a été trouvé, à l'occasion des travaux, une étrange statuette. D'origine inconnue, cette statuette provoque l'intérêt de deux experts particuliers : les frères Champollion.
Le personnage de Lord Cochrane est ce qu'on peut appeler un être controversé. Fantasque, ingénieux et créatif, audacieux, à la limite de la folie, il est le type même de personnage qui autorise un auteur à poser sur le papier toutes les audaces, toutes les créativités, toutes les folies qu'une telle vie et que de telles zones d'ombres peuvent provoquer. Gilberto Villanoel rend hommage au personnage de Lord Cochrane à travers ces folles aventures où il lui fait faire étalage de toute son ingéniosité, de toute son intrépidité et démontre un talent insurpassable en terme d'inventions militaires et maritimes de tous poils.
Mais Lord Cochrane n'est pas le seul personnage à qui l'auteur rend ici hommage. le seul réel peut-être. Et encore… Est-on bien sûr que Cthulhu ne soit qu'une invention de Howard Philip Lovecraft ? L'auteur ayant baigné dans les histoires sombres, glaçantes et empreintes de folie de Lovecraft, il y rend ici un vibrant et efficace hommage.
La figure tutélaire de ce dieu des temps anciens, d'avant toute forme de vi terrestre, plane sur chaque page, dans chaque recoin du fort qui trône au milieu de la mer, isolé de toute aide, de tout secours, de toute relation avec l'extérieur. Gilberto Villanoel crée un véritable huis clos au sein duquel il fait monter la tension, isolant de plus en plus les pauvres êtres humains destinés à rencontrer et combattre le dieu lui-même. Les romans de Lovecraft amenaient ses protagonistes petit à petit vers la folie. Gilberto Villanoel fait pareil avec les siens.
Ce qui est encore plus intéressant dans le livre de Gilberto Villanoel réside dans ce qu'il reprend certains des codes des récits de Lovecraft. le plus important d'entre eux est à double facette, l'une entraînant l'autre de façon assez logique et cohérente. Lovecraft et Villanoel parsèment leurs récits d'avertissements. Ceux-ci sont on ne peut plus clairs pour le commun des mortels, au premier rang desquels le lecteur. Et pourtant, la vanité humaine, qui porte tout homme se sentant légèrement supérieur à vouloir tout connaître, tout maîtriser, tout vaincre et dominer, pousse Cochrane et Eonet à vouloir à tout prix poursuivre une quête vers l'indicible, vers la folie, vers l'horreur et la monstruosité.
Les signes avant-coureurs de l'issue fatidique qui attend les protagonistes sont légions, constants, clairs. Pour autant, les personnages foncent tête baissée. Mais Villanoel ne peut les laisser sombrer, ni corps, ni raison : ce récit d'aventure est le premier d'une série qui reprendra Lord Cochrane en personnage central. Il est obligé de le sauver, au moins lui, pour entretenir cette flamme et cette envie d'épopée au long cours que ce merveilleux roman fait naître chez le lecteur.

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critiques presse (1)
Elbakin.net   02 mars 2020
Les personnages sont campés d’un trait de plume, les rebondissements s’enchaînent, les répliques fusent (même si elles tombent parfois un peu à plat…) Et surtout, on ne s’ennuie pas ! Voilà un rendez-vous sans prétention fort agréable.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   25 février 2020
On entendit le bruit de la barre qui condamnait la porte de l’intérieur. De cette manière, toute retraite potentielle leur était coupée. De toute façon, ils ne pourraient jamais monter les marches en courant, entravés comme ils l’étaient.
Les deux prisonniers entendirent, au niveau des canonnières, quelques voix déformées par le vent : un mélange confus d’ordres, de réponses de la part des soldats, de cavalcades des artilleurs, d’un côté à l’autre, et d’avertissements des vigies.
Un éclair illumina les visages bâillonnés du capitaine Eonet et de Lord Cochrane. Et il leur permit de voir, également, l’ombre qui rampait entre les tas de rochers qui soutenaient le quai.
Presque au même moment, ils entendirent le rugissement du tonnerre, juste au-dessus de leurs têtes.
À partir de ce moment, l’obscurité augmenta, les murs de pierre de fort Boyard s’estompèrent, au point que, depuis leur position, ils distinguaient à peine les contours de la masse ovale, et une pluie torrentielle se déversa sur les trois êtres qui allaient lutter cette nuit-là sur le quai.
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Charybde2Charybde2   25 février 2020
Loïc Eonet, capitaine des dragons de la Garde impériale de Napoléon Ier, terminait sa collation, composée de deux tranches de pain de campagne dur, de soupe de légumes, de restes de saucisson, d’un morceau de fromage et d’un pichet de vin rouge de Bordeaux, quand un soldat appela à la porte de la cellule de pierre où il avait installé son quartier général et l’informa que les sentinelles annonçaient l’arrivée d’un bateau. Eonet prit aussitôt son sabre réglementaire, mit sa capote, se couvrit la tête de son bicorne et sortit dans la cour, en faisant résonner sur les pavés les talons de ses bottes de cavalerie.
Il ne parvenait pas à s’habituer aux modestes échos que chaque son provoquait dans cette cour de forme ovale, ceinte par trois niveaux de galeries en pierre avec des arcs en plein cintre, qui, de l’intérieur, donnaient à la construction l’aspect d’un colisée romain au lieu d’évoquer ce qu’elle était en réalité : la forteresse secrète la plus précieuse de l’Empereur des Français.
De l’extérieur, en revanche, fort Boyard – ou le « navire de pierre », comme l’appelaient les soldats – valait chaque lingot d’or investi dans sa construction. C’était un château armé de canons aux murs lisses, avec un rez-de-chaussée et deux étages. Ses trois rangées de fenêtres grillagées cachaient, dans certains endroits, les portes des casemates des canons et, dans d’autres, les quartiers de la troupe.
Cette masse grisâtre en forme d’anneau elliptique avait été dressée au milieu de la mer sur un cordon d’enrochement artificiel que des maçons de la région avaient construit sur un banc de sable appelé la longe de Boyard. Depuis cet emplacement stratégique, à l’entrée de la rade des Basques, sur la côte occidentale française, la garnison pouvait surveiller le passage de tous les navires entre les deux îles les plus proches : la minuscule île d’Aix, d’à peine trois kilomètres de long, située au nord-est et l’énorme île d’Oléron, de plus d’une trentaine de kilomètres, au sud-ouest.
Durant les jours de brouillard, la forteresse se fondait dans la brume. De loin, son imposante masse de pierre couleur d’ambre gris pouvait se confondre avec un îlot ou un tas de rochers géant entouré d’eau. La nuit, avec ses torches et lanternes éteintes, elle était complètement invisible. Ces caractéristiques la transformaient en un piège mortel pour n’importe quel bateau voulant entrer sans prévenir dans la baie : l’hypothétique navire envahisseur serait reçu à brûle-pourpoint avec des tirs nourris d’artillerie lourde qui, à une distance précise, entraînerait de grandes pertes au sein de l’équipage, en échaudant n’importe quel attaquant.
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Charybde2Charybde2   25 février 2020
Au milieu de l’obscurité, Lord Cochrane sauta à terre d’une seule enjambée, en profitant de l’impulsion de ses longues jambes. Puis, il pivota pour vérifier que ses cinq hommes le suivaient. Les prisonniers affichaient une mine basse et fatiguée. Tous sauf lui, comme ses mouvements agiles et précis l’indiquaient.
Dès que son équipage fut à terre, Lord Cochrane se retourna vers le fort et leva la tête pour étudier ses murs de pierre.
Le capitaine Eonet regardait la scène depuis la terrasse située vingt mètres plus haut. Bien qu’il vît à peine les silhouettes des prisonniers, ce geste éloquent ne lui échappa point. Il se pencha par-dessus le parapet pour que ses hommes sur le quai l’entendent bien :
– Sergent Petit, ce n’est pas une promenade de santé ! Faites entrer les prisonniers !
– À vos ordres, mon capitaine ! répondit le sous-officier.
Cochrane observa l’endroit approximatif où se trouvait le capitaine Eonet, en suivant l’origine de sa voix.
Les deux hommes se cherchèrent du regard au milieu des ténèbres, mais ne virent que le contour de leurs silhouettes. Malgré cela, ils restèrent immobiles un instant, comme s’ils se défiaient l’un l’autre.
– Montez tous ! ordonna le sergent Petit, qui fut le premier à gravir l’escalier de pierre conduisant du quai au rez-de-chaussée du fort.
Les soldats et les prisonniers avancèrent en file indienne. La nuit, les marches étaient toujours humides à cause de la houle qui, durant la marée haute, fouettait les fondations et les murs de pierre de fort Boyard. Tous firent bien attention à leurs mouvements et à l’endroit où ils posaient leurs pieds, tandis qu’ils gravissaient les marches. C’était une bataille permanente contre la voracité de la mer, qui luttait pour récupérer son autorité sur cet espace où ne s’étirait auparavant qu’un banc de sable.
Arrivés en haut de l’escalier, ils se retrouvèrent devant une porte en fer à deux battants, la seule porte visible dans tout le bâtiment. Toutes les autres ouvertures se trouvant dans les murs de pierre qui entouraient sa structure oblongue étaient des fenêtres grillagées ou des canonnières, tant au niveau du rez-de-chaussée que du premier et du deuxième étages. De loin, cette disposition conférait à fort Boyard l’aspect fantomatique d’un trois-ponts pétrifié, image qui suscitait la curiosité et l’excitation des soldats.
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