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Visa Transit tome 3 sur 3
EAN : 9782075152914
152 pages
Gallimard BD (15/09/2021)
3.93/5   53 notes
Résumé :
Fin juillet 1986. Après avoir traversé l'Italie, la Yougoslavie, la Bulgarie et découvert Istanbul, Nicolas de Crecy et son cousin poursuivent l'aventure à bord de leur vieille Citroën Visa... Jusqu'à un village anatolien, eden perdu, qui marque l'aboutissement de leur périple.

Dans un tome plus sombre mais non dénué d'humour, l'auteur nous livre la dernière partie de son odyssée intime. Il raconte la découverte d'un mal qui ne dit pas son nom, l'ang... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Il ne s'agit ni de conscience, ni de morale !
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Ce tome est le troisième et dernier d'une série indépendante de toute autre, faisant suite à Visa transit, tome 2 (2020) qu'il faut avoir lu avant. La première édition date de 2021. Il est l'oeuvre d'un auteur complet : Nicolas de Crécy, scénariste, dessinateur et coloriste. Il compte 140 pages de bande dessinée. le tome se termine avec une carte de l'Europe tracée à la main montrant le voyage de Nicolas & Guy en 1988, ainsi que celui de Nicolas des années plus tard jusqu'en Biélorussie. Se trouve enfin une reproduction du certificat d'abandon du véhicule à la douane.

Le moteur de la moto au ralenti se fait doucement entendre. Henri Michaux, en costume cravate avec un casque rouge et or, se tient sur la moto et commence par évoquer la couleur de l'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl. Puis la manière dont la réalité se mue en image. Comment travaille la mémoire ? Et il revient à ses deux chatons qui se trouvent présentement au-delà du Bosphore, dans le nord de l'Anatolie. C'est Guy qui se trouve au volant, et son cousin Nicolas sur le siège passager. Ils ressentent bien toutes les particularités de la route, comme s'ils la parcouraient à vélo. Ils s'approchent d'Ankara et Nicolas se souvient distinctement des murs blancs et des bougainvilliers. Encore qu'à la réflexion, il n'est pas si sûr que ces arbustes se soient trouvés à Ankara. Ils souffrent d'une chaleur accablante, en particulier leurs pieds bien enserrés dans des chaussures marche très résistantes. Ils traversent un quartier résidentiel à la recherche d'une maison en particulier.

Guy parvient à trouver la bonne adresse et se gare devant une grande demeure aux murs tout blanc. Une jeune fille en sort, dévalant l'escalier de la porte d'entrée, avec le claquement typique de ses nu-pieds. Pendant que les amoureux s'enlacent, Nicolas s'allume une clope. le père de la demoiselle sort à son tour et les invite à entrer dans la maison. Il a du mal à croire qu'ils aient réussi à venir jusqu'ici avec cette voiture aussi décrépite, la rouille ayant bien commencé à ronger la carrosserie. Cette rouille produit des couleurs et des matières magnifiques qui n'ont rien à envier aux recherches picturales des grands noms du XXe siècle - Soulages, Dubuffet, Barcelõ. Pour Henri Michaux, la puissance esthétique de cette rouille lui rappelle ses expériences de désintégration sous mescaline : visuellement, c'est assez proche. Il faut d'ailleurs profiter de ce spectacle, car aujourd'hui les objets ne rouillent plus : ils n'en ont pas le temps. La désintégration, personne ne veut plus la voir. Guy et Nicolas profitent du confort pour se raser, se doucher, et laisser leurs chaussures exhaler leur fumet sur le rebord de la fenêtre. le soir, à table ils racontent leur périple : en fait rien que de très modeste, à part les épisodes de la disparition de la station essence, de l'aide mécanique de la Vierge, et d'un certain nombre de nuits pourries.

Arrivé au troisième tome, le lecteur se fait une bonne idée de ce qui l'attend : la suite et fin du périple, quelques remémorations imprévisibles par association d'idées ou d'états d'esprit, et les remarques sentencieuses du spectre d'Henri Michaux. Il a entièrement raison, et dans le même temps, cela ne lui permet de savoir à l'avance comment l'auteur va en parler, ni quels thèmes il va continuer de creuser, aux dépends de quels autres. Les trois pages d'introduction permettent de remettre en tête du lecteur, la situation et le thème principal, celui du fonctionnement de la mémoire. D'un côté, la mise en scène pourrait être jugée paresseuse avec ce mouvement de caméra en travelling arrière à partir du sommet du casque de moto ; de l'autre côté, l'artiste déploie toute sa science de la couleur pour des fonds de case qui évoque un ciel doré, à l'unisson du sol de sable, d'extraordinaires camaïeux oscillant entre représentatif et expressionniste. Comment travaille la mémoire ? L'avatar d'Henri Michaux énonce clairement son rôle : il est la voix qui émane directement de l'avenir, une parole en contrepoint à la mémoire déformée qui s'exprime ici, un antidote à la fiction qui naît de l'interprétation erronée des faits.

Le lecteur se souvient alors d'avoir succombé à la séduction des couleurs dans les tomes précédents. Dès la page 9, le charme opère à plein : la vision de la route depuis le siège du conducteur, avec un ciel grand ouvert portant des traces de bleu et d'orange, les couleurs changeantes du feuillage des arbres en bord de route, leurs ombres mouvantes sur la chaussée. Tout du long de ces 140 pages, le lecteur ressent le fait qu'il ralentit inconsciemment sa lecture sous l'effet des couleurs d'une case : les fleurs du bougainvillier, les ondes de chaleur qui montent de la chaussée, la rouille qui transforme la carrosserie, le jeu d'ombre dans le village dans les arbres, l'effet de la lumière des phares, le gris bleuté de la neige, les éclairs de douleur, le bleu sans cesse changeant de la mer, etc. C'est un spectacle chromatique extraordinaire tout du long de l'ouvrage. Il faut encore citer la teinte orange qui prédomine tout du long pour les paysages de campagne de la Turquie, un véritable enchantement. Les deux cousins continuent de tracer la route, sans jamais s'arrêter longtemps, sans se livrer à du tourisme. Pour autant, leur regard porte sur les alentours, et l'artiste en fait profiter le lecteur qui ne se lasse pas de voir les ondulations de la campagne, les forêts, les plaines. De Crécy trouve un équilibre formidable entre le figuratif et l'impressionnisme, avec quelques touches expressionnistes discrètes de temps à autre.

L'artiste parvient à un même degré de sophistication élégante pour la représentation des personnages. de prime abord, les traits de contours pour représenter un individu produise un effet mal assuré : un peu tremblotant, pas toujours très précis pour les pieds ou pour les mains, sans volonté de faire joli pour les visages ou pour la texture des vêtements. Dans le même temps, les dessins s'avèrent être d'une grande précision dans le détail. Par exemple, quand Nicolas fait de l'alpinisme, le lecteur peut regarder son équipement, du piolet au sac à dos en passant par les crampons fixés sur les chaussures. Tout est là, représenté avec minutie. Il en va de même pour les personnages qui présentent tous un physique et un visage différents, une tenue vestimentaire en cohérence avec leur statut et leur occupation, et des expressions de visage parlantes et adultes. le lecteur côtoie des individus uniques, ayant chaque une personnalité propre.

Au départ, le lecteur revient surtout pour découvrir la suite de l'histoire. Comment va se terminer le périple de Guy & Nicolas ? La voiture rendra-t-elle l'âme au beau milieu d'une route dans un endroit perdu ? Quelle sera leur destination finale ? Y aura-t-il de nouvelles péripéties ? L'auteur mène à bien ce voyage qui reste aussi banal qu'incroyable du fait de l'insouciance des deux jeunes gens qui semblent ne rien craindre. Cette composante du récit occupe environ la moitié des pages de l'ouvrage. L'autre moitié pourrait s'apparenter à des digressions, si ce n'est que l'auteur a annoncé dès la première page du premier tome que son oeuvre a pour thème principal la mémoire. Comme dans les deux autres tomes, cette mémoire s'exerce aussi bien dans le passé de Nicolas avant 1988 qui est le temps présent du récit, qu'entre 1988 et maintenant. En outre, l'avatar d'Henri Michaux rappelle dès l'introduction que ces souvenirs sont sujets à caution. de fait, l'existence même de ce village dans les arbres (pages 23 à 26) est remise en question dès les pages suivantes. Peut-être ne s'agit-il que d'un souvenir sublimé d'une terrasse de café en hauteur, sur pilotis.

Le récit continue donc d'aller de l'avant avec la progression des cousins, mais aussi il revient sur des éléments déjà évoqués, comme le séjour dans une colonie de vacances religieuses, ou le séjour en Biélorussie. L'auteur continue ainsi à évoquer comment la mémoire ne se construit pas de manière linéaire, et comment les souvenirs ont tendance à s'entremêler pour finir par devenir quelque chose qui n'a jamais existé en l'état. Dans une séquence, il développe également comment certains moments, ou certaines émotions s'impriment plus durablement dans la mémoire quand ils sont associés à des expériences kinesthésiques plus fortes. Ce tome recèle également d'autres thématiques. Durant cette même séquence dans le village dans les arbres, les cousins prennent conscience des bruits délicats qui rassurent et qui apaisent. Tout comme ils sont sensibles à la musicalité de certains mots, la musicalité des petits bruits du quotidien était ici particulièrement délicieuse. Les petites sonorités diverses sont comme un décor invisible. En lisant ce passage, le lecteur comprend mieux l'insistance de l'auteur à rappeler le bruit de moteur de la Citroën Visa, ou encore celui du ralenti de la moto d'Henri Michaux, une autre composante kinesthésique qui vient alimenter le processus de mémoire. de manière plus inattendue, De Crécy va plus loin dans la notion d'insouciance de ces deux jeunes, en les mettant face à la mort et à l'arbitraire de ses circonstances, que ce soit la leur lors de la pratique de l'alpinisme, lors d'une virée en camping à la belle étoile avec la crainte d'un tueur au tournevis qui rode, ou celle des animaux finissant écrasés par le trafic sur la route. Ces deux dernières occurrences donnent lieu à des images d'une force dérangeantes : Nicolas allongé dans son sac de couchage à la merci d'un taureau, le sommet du crâne de Nicolas transpercé d'un coup de tournevis, les cadavres d'animaux suspendus à une corde tendue au-dessus de la route le sang s'égouttant sur les voitures qui passent.

À plusieurs reprises, le lecteur découvre ainsi des images déstabilisantes et bizarres, la moindre n'étant pas celle du crâne chauve d'un conducteur qui frotte sur le plafond de sa voiture, y déposant une auréole de gras qui va en s'élargissant au fil des années. D'un côté, c'est une anecdote grotesque et marquante ; de l'autre ça renvoie à la répugnance de Nicolas quant à l'altérité physique de l'autre, évoquée dans le tome 2. À chaque fois, l'esprit du lecteur saute le pas et oublie que ce personnage Nicolas n'est qu'un avatar de papier, pour le prendre pour argent comptant, et ne plus y voir que l'auteur lui-même. Cette confusion ou ce glissement deviennent encore plus prégnants quand il aborde la maladie dont il souffre, ses symptômes, les trois ans de consultation de spécialistes. Lors de ce passage, il évoque la souffrance, aggravée par le fait qu'elle ne se voit pas pour les autres, avec un dessin mémorable le montrant amoché pour faire apparaître des blessures à la mesure des douleurs qu'il éprouve, tout en évoquant les répercussions de cette souffrance sur son comportement, son état d'esprit, sa vie sociale. À l'évidence, ce sont les ressentis de l'auteur et pas celles d'un personnage imaginaire. Il en va de même dans le dernier chapitre qui aborde son apprentissage du dessin, le développement de son sens de l'observation s'accompagnant d'une phase de paranoïa (car les autres doivent aussi l'observer), le pouvoir que lui confère ce savoir-faire face aux adultes qui ne l'ont pas, mais aussi la prise de conscience des limites de cette liberté de représenter.

Ce troisième tome est aussi extraordinaire que les deux premiers, à la fois pour la narration visuelle aussi organique que sophistiquée, avec un travail de mémoire qui s'exprime par des dessins très construits tout en paraissant naturels. le lecteur éprouve la satisfaction de savoir comme se termine le voyage des cousins, tout en constatant que la moitié de l'ouvrage est consacré à d'autres souvenirs, avec une mise en abîme sur la nature fabriquée de ces souvenirs qui ne peuvent être pris comme un reportage sur le vif, ou pour argent comptant. Une oeuvre littéraire de très haute volée, à la fois un récit divertissant et une réflexion profonde sur la nature de l'être.
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On termine le voyage de Nicolas et son cousin à travers l'Europe jusqu'en Turquie en Citroën Visa dans les années 1980. C'est un voyage réel raconté comme un voyage initiatique, Nicolas de Crécy aborde des thèmes plus généraux autour de la création artistique, de ce qui a forgé sa personnalité, et le fantôme d'Henri Michaux les accompagne toujours.


Le graphisme est si particulier à l'auteur, le trait est fin, léger, le crayon semble survoler le papier, l'effleurant à peine et revenant sans cesse pour redéfinir un peu plus les formes, la main ne s'arrêtant jamais de bouger, les couleurs sont aquarellées, les tons de terres dominent l'ensemble, d'ocres lumineuses, et de la même façon que le trait, le pinceau semble évoluer au fil d'un mouvement brownien de la main, grignotant progressivement le blanc du papier, comme un territoire qui avance, le dessin est une excursion, comme leur périple sur les territoires terreux et lumineux de Turquie.


Nicolas de Crécy se dévoile, sensible et poète, mais aussi jeune et curieux. Si dans ce troisième tome les surprises sont en retrait, les deux premiers tomes en offrant déjà toute une panoplie, l'ensemble est un tout marquant et imposant. Je me souviens avoir eu du mal à pénétrer son oeuvre jusqu'alors (hormis Période glaciaire), je pense que cette lecture va me donner quelques clés me permettant de mieux l'appréhender, donc à bientôt monsieur De Crécy.
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Le graphisme reste une constante : magnifique. Toujours aussi précis mais laissant libre cours à l'imaginaire. Toujours des couleurs superbement appliquées et agencées.

La récit s'offre quelques digressions prenant racine dans le cours de l'aventure mais s'éloignant de celle-ci : les pires nuits qu'ils ont connues, les douleurs dorsales d'un des cousins, la vie dans l'institution privée dans laquelle ils se trouvaient enfants.
On a aussi quelques petites aventures qui pimentent ce dernier volume en ajoutant un peu d'action (la visite chez la petite amie, les déboires pour sortir du pays).
Malgré tout on reste dans une certaine cohérence grâce au graphisme qui nous rattache toujours à l'histoire.
Un volume intéressant mais pas mon préféré. Peut-être aussi que l'intérêt de la découverte s'est émoussé.
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"Visa transit" est pour moi une oeuvre féerique. Beaucoup ne l'ont pas appréciée parce qu'ils considèrent cette aventure comme trop évasive et divagatoire. Pour ma part, c'est exactement ce que j'ai apprécié. J'ai fait ce voyage avec Étienne et son cousin, j'étais le troisième passager. Je ne me suis jamais ennuyé jusqu'à Antalya. Cette histoire m'aura appris, détendu, fait rêver et même bailler par moments.
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critiques presse (1)
BDGest
09 janvier 2022
Comme le dit un des deux protagonistes : «L’aller, c’est l’aventure, le retour, c’est la déprime». Cet ultime tome de Visa Transit lui donne en partie raison. Trop éclatés et éparpillés, ces ultimes hectomètres se retrouvent noyés par le bruit diffus du vécu. Dommage, le reste de la balade était si beau.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Des bruits délicats qui rassurent et qui apaisent. Tout comme nous étions sensibles à la musicalité de certains mots, la musicalité des petits bruits du quotidien était ici particulièrement délicieuse. Les petites sonorités diverses sont comme un décor invisible. On ne les remarque pas, mais ce sont elles qui font tout le sel de la réalité, qui impriment la mémoire sans même que l'on s'en aperçoive. Il en va des lumières comme des bruits : elles influencent la mémoire dans un sens ou dans un autre. Elles s'inscrivent discrètement dans nos souvenirs pour en dramatiser les reliefs. On peut tout imaginer quand il n'y a que la lueur des phares pour donner une idée de l'endroit que l'on traverse. Cette obscurité partielle, qui cache une infinité de mystères et de dangers dont certaines figurent se manifestent furtivement, nous laissant l sentiment de les avoir réellement aperçues. Les lumières sont trompeuses. Ce qui ressemble de loin à une ville vaste et peuplée se révèle une bourgade déserte, juste riche en réverbères. Un mensonge rassurant ou inquiétant : c'est une question de couleur.
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Une exposition directe à l'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl peut se traduire par une couleur. Celle-ci est subjective parce qu'aucun scientifique n'est en mesure de la valider, par défaut de qualification. C'est pourquoi j'ai pris la liberté d'endosser cette responsabilité chromatique ; et ce sera un bleu pâle. Cette légitimité, je la dois à mon expérience et à mes descriptions minutieuses des effets lumineux et colorés qu'offrent certaines substances comme la mescaline. Misérable miracle, c'est ainsi que j'ai résumé ces expériences. Un bleu pâle donc… dont je teinte mon expression. C'est une couleur terne, mais à ce jour les encres d'imprimerie ne sont pas assez performantes pour traduire la puissance physico-chimique de cette aventure singulière. Mais en dehors de ma qualité de poète belge, je me présente comme la voix irradiée. La voix alternative. La voix bleue. La voix qui émane directement de l'avenir. Une parole en contrepoint à la mémoire déformée qui s'exprime ici. Un antidote à la fiction qui naît de l'interprétation erronée des faits. Bien sûr, j'entends déjà des voix qui s'élèvent ! C'est entendu, il y a là un paradoxe. Et je suis prêt à répondre à la contradiction. En effet, ma présence est une image et pas un fait. Et vous allez me dire : depuis quand une image peut-elle se permettre de corriger les faits ? Eh bien… depuis toujours ! que ça vous plaise ou non. Dans quel laps de temps une réalité se mue-t-elle en image ? Comment travaille la mémoire ? Je vous laisse y réfléchir. J'ai d'autres chats à fouetter. Deux petits chatons tout juste sortis de leur litière. Et qui se trouvent présentement au-delà du Bosphore. Dans le nord de l'Anatolie.
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Pauvre petit-bourgeois ! Vous avez lu Tristes tropiques, je suppose… Comme tout le monde : juste la couverture ! et le résumé au dos ! Je me trompe ? Vous me faites rire avec vos nuits pourries ! Nuits de luxe en vérité ! Divagations de nanti qui dort à l'année dans un lit confortable et qui pour se faire croire que sa vie est faite d'aventures périlleuses, se glisse de temps en temps dans une situation désagréable. Nuits pourries touristiques ; voilà le bon terme ! Une insulte à tous ceux qui dorment vraiment dehors !
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Ces nuits si inconfortables qu'elles en paraissent infinies, durant lesquelles les pensées tournent à vide. Pensées remplacées quelquefois par une mélodie agaçante, une chanson médiocre qui s'installe en boucle, comme une migraine. Ces nuits pourries se présentent en sous-catégories facilement repérables. En voici quelques-unes : 1) nuit où on a peur, 2) nuit où on a froid, 3) nuit de questionnement sur l'absurdité de la situation, 4) nuit affreuse, réveil sublime.
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Et à l'arrivée, une fois retrouvés le quotidien et le décor de mon existence, j'éprouverai ce sentiment d'une parenthèse flottante, dilatée, comme si tout cela n'avait jamais eu lieu. Comme s'il s'était agi d'un songe où les images de la Yougoslavie, de la Bulgarie ou de la Turquie apparaissaient puis s'évanouissaient. Un monde parallèle dont la réalité, pourtant indiscutable, restait une énigme. Images dont les contours, avec les années, finiraient par se perdre irrémédiablement.
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Videos de Nicolas de Crécy (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas de Crécy
En 1999, au milieu des clips au budget faramineux qui mettent des stars devant et derrière la caméra, une petite vidéo graphique s'échappe. Elle va à la fois définir l'ambiance visuelle de la French Touch électronique, alors en pleine ébullition, et donner le ton de la publicité pour la décennie à venir.
Dans une ville entièrement construite à l'aide de typographies mouvantes, le clip de “The Child”, du DJ Alex Gopher, réalisé par la jeune agence de pub parisienne H5, raconte une histoire visuelle et sonore, en s'inspirant de l'ambiance de l'époque. Celle de bidouilleurs d'électronique pour qui les aspects graphiques et musicaux vont de paire.
Des pubards qui clippent, des clippeurs qui réalisent des pubs, des pubs qui reprennent des concepts de clips… Qu'importe le support alors, l'idée prime et peut même être recyclée. Quelques années plus tard, “The Child” donnera “Logorama”, court-métrage d'animation sorti en 2011 et toujours réalisé par H5 : un petit film où se sont des logos de grandes marques qui forment une histoire. Une mise à jour – avec un ajout de message politique en prime – de leur concept de ville en typographie qui va rafler un oscar, un César et un prix à Cannes. Un peu comme si, finalement, c'est un clip français qui avait gagné de prestigieuses récompenses cinématographiques internationales.
La playlist YouTube des clips cités dans l'épisode 3 : https://www.youtube.com/playlist?list=PLVqfjXoCgKbYpbasiEVulU18WbsVMISEG
Épisodes précédents : 1/ Comment un “Cargo” a placé la France sur la carte du clip https://www.youtube.com/watch?v=isSA-gKlxmc&list=PLVqfjXoCgKbaRd0gJl2__TpyXBzCMBSSo&index=1&ab_channel=Telerama
2/ Comment un clip français a fait tomber toutes les frontières https://www.youtube.com/watch?v=541NDNzYSTc&list=PLVqfjXoCgKbaRd0gJl2__TpyXBzCMBSSo&index=2&ab_channel=Telerama
Prochain épisode : jeudi 16 décembre, à 18h. “Comment le clip de rap est passé du béton (des cités) au sommet (de la Tour Eiffel)”
LE CLIP FRANÇAIS Une websérie de Télérama ÉCRITURE ET NARRATION Jérémie Maire RÉALISATION Pierrick Allain TOURNAGE INTERVIEWS Pierrick Allain François-Xavier Richard PRODUCTION Basile Lemaire Avec l'aide de Thomas Bécard ---- CLIPS et EXTRAITS “Miami”, Will Smith, 1998, Wayne Isham “La nuit je mens”, Alain Bashung, 1998, Jacques Audiard “Ray of Light”, Madonna, 1998, Jonas Åkerlund “The Child”, Alex Gopher, 1999, Antoine Bardou-Jacquet et Ludovic Houplain “Logorama”, 2011, François Allaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain “Le patron est devenu fou”, Étienne De Crécy, 1996, Marie de Crécy “Moon Safari”, Air, 1998 “Around the World”, Daft Punk, 1997, Michel Gondry “Midnight Funk”, Demon, 1999 “The greatest album covers of jazz”, Earworm, 2018, Vox “Une journée en enfer”, 1995, John McTiernan “God Bless the Child”, Billie Holiday, 1956 “Flat Beat”, Mr. Oizo, 1999, Quentin Dupieux “Night Owl”, Metronomy, 2016, Quentin Dupieux “Flat Eric”, Levi's, 1999, Quentin Dupieux “Crispy Bacon”, Laurent Garnier, 1997, Quentin Dupieux “La Ritournelle”, Sébastien Tellier, 2005, Quentin Dupieux “Party People”, Alex Gopher, 1999, Quentin Dupieux “Commute”, Photoshop, 2020, Antoine Bardou-Jacquet “Remind Me”, Royksopp, 2001, H5 “Expert en énergie”, Areva, 2004, H5 “Twist”, Goldfrapp, 2003, H5 “Touran train fantôme”, Volkswagen, 2007, H5 “Brainwashed (The Making Of)”, George Harrison, 2002 Cérémonie des César, 2011, Canal+ Cérémonie des Oscars, 2010
ANIMATIONS Vecteezy REMERCIEMENTS H5 Translab Mastering Studios Réalisé avec le soutien du CNC Talent Télérama - décembre 2021
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