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EAN : 9782207245484
224 pages
Denoël (21/02/1997)
3.62/5   59 notes
Résumé :
Dans Mort au premier tour, l’inspecteur Cadin enquête sur l'assassinat d'un militant écologiste retrouvé mort sur le chantier d'une centrale nucléaire, en Alsace, le lendemain même des législatives de mars 1977. Après l'inculpation d'un notable, il est muté « en récompense de ses bons services ». Le premier roman de Daeninckx est réécrit par son auteur vingt ans plus tard, qui n'en a conservé que les quatre premières lignes… car il le laissait insatisfait !
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  11 mars 2019
Mars 1977, Cadin fait ses débuts d'inspecteur dans un commissariat de Strasbourg. le 13 du mois se tient le premier tour des élections municipales. Sa hiérarchie l'envoie à à Marcheim surveiller un bureau de vote. La tranquillité du village a été bouleversée il y a quelques années par la construction d'une centrale nucléaire. Un projet qui divise les habitants : ceux qui espèrent trouver un emploi s'opposent à ceux qui craignent la dangerosité du site. C'est dans ce contexte tendu que la liste écologiste remporte les élections à Marcheim. Mais l'euphorie est de courte durée : le cadavre d'un membre de la liste est découvert le lendemain sur le chantier de la centrale. La victime, surnommée l'Indien, a été abattue d'une balle en plein coeur. Cadin enquête sur ce meurtre au volant de sa Renault 4 à la mécanique capricieuse sous une pluie battante et glacée. Il part à la rencontre des mouvements alternatifs de la capitale alsacienne : communauté hippie, militants écologistes, artistes underground… Un milieu à la fois pacifiste et belliqueux.
J'ai longtemps hésité à me lancer dans les romans de Daeninckx. J'ai eu tort, car je termine ce livre conquis. J'ai aimé la personnalité de Cadin, un solitaire qui rechigne à frayer avec la meute policière. le jeune inspecteur mène une vie modeste peuplée d'amours fugaces et de cafés instantanés. Daeninckx décrit les faubourgs et les quartiers industriels de l'agglomération strasbourgeoise. Il réussit à dépeindre une usine en friche, une zone commerciale ou une écluse avec beaucoup de poésie. Des faits divers sont retranscrits dans le récit qui sont tous un témoignage criant sur notre société. Daeninck évoque aussi des événements historiques dont je n'avais pas connaissance. J'ignorais par exemple que l'Alsace avait connu des troubles révolutionnaires à la fin de la Première Guerre mondiale.
De belles phrases, un personnage emblématique, une ambiance réussie, une quête pour la justice et la vérité, ce roman a décidément tout pour me plaire.


Deux anecdotes pour les auteurs en herbe. 1/ Daeninckx a envoyé le manuscrit de ce roman (son premier) à dix éditeurs. Il a reçu neuf réponses, toutes négatives. La dernière était positive mais elle est arrivée quatre ans et demi plus tard alors qu'il avait cessé d'écrire. 2/ L'auteur a totalement réécrit le roman, quinze après sa première publication.
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SZRAMOWO
  04 janvier 2018
Roman emblématique de Didier Daeninckx, écrit en 1997, il se déroule en 1977, en France sous Giscard, au moment où après le vertige du jeune président et de sa société libérale avancée, la population éprouve les premiers doutes qui conduiront après les municipales de 1977 et les législatives de 1978, en dépit du discours de Verdun sur le Doubs et l'appel à la raison du bon choix, à la victoire de la gauche en 1981.
Roman d'atmosphère, dans lequel, le héros (mais peut-on qualifier l'inspecteur Cadin de héros ?) alors qu'il est de permanence à Marcheim pour assurer le déroulement sans troubles du premier tour des municipales dans cette petite ville où Emile Loos est assuré de l'emporter, se retrouve empêtré dans une enquête pour meurtre. La Liste Verts Demain l'a emporté dès le premier tour avec une majorité confortable mais, le soir même, le premier de la liste Alain Dienta, surnommé l'indien, est retrouvé mort sur le chantier de la centrale nucléaire.
Les mobiles ne manquent pas. Les suspects non plus. Dienta opposé à la construction de la centrale, malgré son succès « franc et massif », compte beaucoup d'ennemis. Ceux dont les intérêts seraient mis à mal si d'aventure la centrale ne voyait pas le jour.
Au premier rang, se bousculent : les entrepreneurs et sous-traitants locaux, les commerçants de la commune, EDF, les politiques locaux défaits qui avaient soutenu le projet, enfin l'état et ses officines de l'époque, le SAC notamment. le roman fait état plusieurs fois de l'assassinat de Pierre Overney le militant maoïste, à la sortie des usines Renault en 1972 et l'exécution en 1977 du vigile Tramoni par les NAPAP (Noyaux armés pour l'autonomie populaire)
Après avoir suivi toutes ces pistes, le plus souvent mises en cause ou refusées par sa hiérarchie, Cadin s'intéresse aussi aux mouvements libertaires dans la région, et aux lecteurs d'Actuel de la Gueule Ouverte et de Barabajagal…Plusieurs membres de la liste les Verts Demain y furent des militants actifs. le journal libertaire Klapperstei 68, son homologue Vroutsch continuent à faire du prosélytisme pour la lutte contre l'establishment.
Cadin est familier de ces mouvements. Il est à peine sorti de l'Université, et s'il a choisi la police, après avoir brillamment réussi le concours d'inspecteur, il ne défend pas l'ordre au sens où la plupart de ses collègues et la hiérarchie l'entendent.
Le personnage éprouve une certaine empathie pour ceux qu'ils interrogent au cours de l'enquête, mais ceux-ci ne la lui retourne pas, voyant d'abord le Flic avant de voir l'homme.
Qu'importe. Cadin va louvoyer entre les récifs idéologiques des deux bords. Lui se définit comme n'appartenant à aucun. Il a ses propres failles, il fréquente assidûment les prostituées du quartier de la gare et vit dans le dénuement le plus total.
Mais qu'importe, c'est un excellent flic et il dénouera les fils de cette enquête contre vents et marées.
Comme toujours chez Daeninckx, le récit emprunte à la fiction, mais repose sur des faits réels retranscris et flirte sans arrêt avec la philosophie et la sociologie.
Du grand Daeninckx. A lire pour ceux qui veulent se replonger dans les années 1970 et leurs lubies. Dépaysement garanti. Trip assuré.
Pour les curieux j'ajoute quelques liens vers la presse libertaire de l'époque et les personnalités politiques citées dans le roman :
http://klapp68.over-blog.com/album-1042775.html
Le sobriquet « l'Indien » était celui de Eric Pétetin militant écologiste de la Vallée d'Aspe figure de la lutte contre le percement du tunnel du Somport :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Éric_Petetin
Enfin, le maire de Strasbourg Pierre Pflimlin : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Pflimlin
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StephaneDeloise
  18 janvier 2022
Peu après le premier tour des élections municipales de 1977, un ouvrier est retrouvé mort sur le chantier d'une immense centrale nucléaire en construction sur les bords du Rhin. Problème numéro un, la mort ne semble pas accidentelle, problème numéro deux, la victime vient d'être élu au conseil municipal d'une commune riveraine sur une liste écologiste qui a remporté la mairie dès le premier tour. Pour l'inspecteur Cadin, débute une enquête qui va le conduire dans les milieux alternatifs alsaciens : verts opposés à la constructions de la centrale tout en y travaillant, anciens hippies dispersés aux quatre coins de l'Alsace après l'échec de la constitution d'une communauté alternative, artistes bohèmes, sont autant de personnages ayant jalonné la vie d'Alain Dienta, surnommé l'Indien.
La principale qualité qu'on peut reconnaître à Meurtre au Premier Tour est une écriture fluide qui permet à l'action d'avancer à un bon rythme. Sa faiblesse réside cependant dans les nombreuses anecdotes qui ont certes le mérite de restituer l'atmosphère qui pouvait régner en ces années 70, mais qui n'apportent pas grand chose, voire rien, à l'histoire.
On peut également être surpris par le dénouement. Alors qu'on s'attendait à un polar politique, on a en fait affaire à.... Mais je ne souhaiterais pas vous gâcher le plaisir. Marcheim n'existe pas, mais il n'est pas difficile de reconnaître la vraie centrale dont il est question. Je suis un peu jeune pour me souvenir de 1977, mais dans les années 80, on croisait fréquemment des écologistes militant contre le nucléaire et des gauchistes distribuant leurs journaux ronéotypés, et je peux dire que même si les personnages de Daeninckx sont inventés, ils semblent bien tirés de la réalité.
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PegLutine
  30 octobre 2013
Un livre à relire dans le contexte actuel... Non pas pour adhérer à un "tous pourris" un peu nauséabond, mais plutôt pour constater que rien n'a vraiment changé: les arrangements entre politiques et industriels, le conflit entre l'écologie et ceux qui veulent avant tout que des emplois restent dans leur région. L'enquête de l'inspecteur Cadin le mène sur des chemins qui ne sont pas manichéens, et on plonge au coeur de nombreux débats qui secouent encore notre société...
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liberliber
  23 août 2018
Utilisant la forme du rompol, Didier Daeninckx règle son compte à la France giscardienne.
Il a choisi de poser son regard acéré à Strasbourg où l'inspecteur Cadin, fan de faits divers, est chargé de l'enquête sur l'assassinat d'un militant écologiste qui figurait sur la liste victorieuse de l'élection municipale de Marcheim, commune qui s'apprête à accueillir une centrale nucléaire (on pense bien sûr à Fessenheim), une installation qui déclenche l'éternel débat entre protection de la nature dont l'homme fait partie, faut-il le rappeler, et création d'emplois.
Tout au long de son investigation, le jeune policier rencontre des militants un brin bornés et des politiciens corrompus.
Si le trait est parfois un peu trop forcé, la lecture, agréable et rythmée, plante une société du tout-économique et du tout-nucléaire tout en plongeant dans le passé d'une région meutrie par l'histoire.
Deux décennies plus tard, le combat écologique s'est tout de même imposé dans les esprits. Même si beaucoup reste encore à faire contre les lobbies de toutes sortes.
Lien : http://papivore.net/litterat..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   10 mars 2019
Une fois seulement, gamin, il avait assisté à un éclusage de nuit, près de Saint-Omer, aux Fontinettes. (...)Les lampes aux vapeurs chimiques trouaient le brouillard épais et répandaient une lueur jaune sur le canal, tandis que les mariniers s’échinaient au treuil et au cabestan. Le fracas des eaux noires qui se déversaient dans la fosse couvrait le rythme métallique des cliquets sautillant sur les rouages. En amont une autre péniche faisait donner sa corne de brume à laquelle répondaient les cloches et les klaxons des quelques bateaux engagés sur le chenal. Il s’en souvenait comme d’un Noël.
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PegLutinePegLutine   30 octobre 2013
- Pour en revenir aux grèves, c'est un peu le rôle des syndicalistes...
- Je crois que dans la police c'est un droit que vous n'avez pas, et j'ai la faiblesse de penser que tout irait mieux si c'était le cas partout. J'admets qu'on rechigne, qu'on revendique. Le problème avec l'Indien c'est qu'il remettait en cause la centrale! Il voulait tout arrêter. Je suis tenu par un planning aussi serré qu'une robe de mariée: tous les contrats sont passés au forfait, et le moindre retard nous coûte une fortune. Son travail de sape portait ses fruits. Huit communes des environs ont voté des arrêtés de défiance envers la centrale (...) Ils ont gobé cette légende selon laquelle les champs magnétiques seraient responsables de certains cancers... Et hier, l'apothéose! La ville la plus importante du secteur qui passe entre les mains de ces irresponsables...
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doublepagedoublepage   28 juin 2021
Une troisième liste venait troubler le jeu bipolaire en vogue dans tout le pays. Elle figurait sous l'appellation Verts demain et axait sa campagne sur l'arrêt immédiat des travaux de la centrale nucléaire, proposant l'organisation d'un référendum sur la reconversion des gigantesques cheminées de refroidissement en cinémas, patinoires, piscines ou cuves à riesling. Elle réclamait également la mise à disposition de vélos municipaux gratuits pour enrayer la progression des gaz d'échappement, l'interdiction des pollutions, sauf nocturnes, ainsi que l'installation d'interupteurs sur les réverbères afin de préserver l'intimité des amoureux.
P29
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RenodRenod   11 mars 2019
Les grandes surfaces grignotaient les espaces libres des banlieues, macadamisaient les champs de la première périphérie pour y tracer des places de parking. Des panneaux criards, immenses loupes rectangulaires plantées au bord de la route, détaillaient les produits en promotion. Puis d’un coup, le dernier échangeur passé, la campagne reprenait ses droits. Villages nichés dans les creux, maisons à colombages, clochers joufflus, rangs de vignes striant les collines. De loin en loin, de petits groupes vêtus de sombre se hâtaient vers les messes matinales.
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PegLutinePegLutine   30 octobre 2013
- Une dernière chose, vous croyez que l'assassinat de l'Indien a quelque chose à voir avec son activité syndicale?
Gérard Müller se figea sur place et planta son regard dans celui de Cadin.
- Je crois que vous faites fausse route, inspecteur. Chez nous, les conflits, ce n'est pas comme ça qu'on en vient à bout... Et quand des syndicalistes se font tuer dans l'exercice de leurs fonctions, c'est toujours des gens de chez vous qui sont au bout du flingue.
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Videos de Didier Daeninckx (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Didier Daeninckx
À quelques jours des municipales, le réel d'abord : Didier Daeninckx ouvre son tract Gallimard sur son déménagement : il quitte la Seine-Saint-Denis (93) pour s'installer dans le Val de Marne (94). Porteur de la mémoire de ces espaces, il revient sur les nombreux bénéfices dont ont bénéficié les mairies et les associations communistes à Aubervilliers, et plus généralement dans les banlieues rouges. L'écrivain, pour qui l'écriture reste un lieu de résistance, explore le roman fiction dans trois livres, publiés dans la collection Tracts chez Gallimard intitulé "Municipales : Banlieue naufragée" (2020), "Le roman noir de l'Histoire" (Verdier, 2019) et, paru en mars en folio Gallimard, "Artana ! Artana !". Il est l'invité de la Grande table aujourd'hui.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 11 mars 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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