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ISBN : 2738131050
Éditeur : Odile Jacob (08/10/2014)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 9 notes)
Résumé :
D’où viennent nos perceptions, nos sentiments, nos illusions et nos rêves ? Où s’arrête le traitement mécanique de l’information et où commence la prise de conscience ? L’esprit humain est-il suffisamment ingénieux pour comprendre sa propre existence ?
La prochaine étape sera-t-elle une machine consciente de ses propres limites ?
Depuis plus de vingt ans, Stanislas Dehaene analyse les mécanismes de la pensée humaine. Dans ce livre, il invite le lecteur... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
Walktapus
  15 février 2016
C'est le genre de livres à la pointe de la recherche qui me captivent et me tiennent en haleine plus que ne le pourra jamais n'importe quel thriller ou livre de philo, surtout quand c'est clairement exposé comme ici.
Pourquoi ? Parce que ça m'apprend énormément de choses sur moi. C'est assez narcissique, c'est vrai, mais en fait ça m'en apprend autant sur vous. Et même sur les animaux !
Dans un premier temps, à base d'expériences à la limite entre perception subliminale et perception consciente, on aborde autant l'inconscient que la conscience. Dans un second temps, des techniques d'imagerie cérébrale viennent confirmer tout ça. Les développements sur le rôle de conscience sont passionnants.
Le modèle de la conscience proposé ensuite est un peu trop simple et manque peut-être de modestie devant l'immensité des questions, mais l'auteur ne s'en cache pas. Les développements sur la recherche d'une activité consciente chez les personnes en état végétatif sont passionnants et riches d'enjeux. Ceux sur l'intelligence artificielle m'ont moins convaincu.
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Prudence
  14 août 2015
Intéressant mais ce livre est parfois assez difficile à lire. Peut être plus intéressant pour des neurologues ou des personnes travaillant en hôpital (surtout concernant la fin du livre, essentiellement consacrée à l'état végétatif). A mon avis les informations intéressantes pour le grand public peuvent être trouvées ailleurs dans des lectures plus accessibles.
Par exemple on dit souvent que la nuit porte conseil (là on verra des études qui le prouvent):
"Étonnamment, une bonne nuit de sommeil faisait plus que doubler la probabilité de la découvrir le lendemain: nombreux étaient ceux qui se réveillaient avec la solution! Des expériences de contrôle ont établi que le temps écoulé ne comptait pas -seul importait le sommeil."
Autre exemple:
"Le groupe faisait systématiquement mieux que le meilleur de deux individus -ce qui faisait dire aux auteurs que "deux têtes valent mieux qu'une". "
Ou encore qu'il vaut parfois mieux prendre de la distance par rapport à un problème, penser à autre chose pour mieux avancer (ça correspond à l'étape de l'incubation):
"Hadamard proposait de décomposer le processus de la découverte mathématique en quatre étapes successives: la préparation, l'incubation, l'illumination et la vérification."
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Les critiques presse (1)
LeMonde   08 décembre 2014
Une exploration passionnante des chemins de la pensée, qui met en lumière, expériences à l'appui, les bases biologiques de la conscience.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
WalktapusWalktapus   15 février 2016
[sur le thème poésie et mathématiques ?]
La grammaire diffère de l'arithmétique. Lorsque nous multiplions 24 par 31, nous sommes conscients de nos processus mentaux. Notre introspection parvient à suivre, pas à pas, chacune des opérations intermédiaires, leur nature, leur ordre, et même les erreurs que nous commettons. Le contraste est vif avec la production d'une phrase, situation dans laquelle nous restons paradoxalement muets sur la nature des processus internes qui nous ont permis de l'exprimer. Les problèmes que résout notre processeur grammatical ne sont pas moins complexes que ceux de l'arithmétique, mais nous n'avons pas la moindre idée de la manière dont nous nous débrouillons. Pourquoi cette différence ?

Un calcul arithmétique s'affectue pas à pas sous le contrôle des aires de l'espace de travail global (le cortex pariétal, préfrontal et cingulaire). Cette séquence est codée explicitement par des assemblées de neurones du cortex préfrontal : certains neurones y représentent les intentions, d'autres les plans d'action, les étapes individuelles, leur nombre, leur ordre et même la détection et la correction d'une erreur [là on est dans le modèle proposé par l'auteur]. Ainsi, en arithmétique, le cortex préfrontal, élément clé de l'espace de travail conscient, contient un code neural de toutes les étapes. Les calculs grammaticaux sont bien différents : on pense qu'ils reposent sur des circuits spécialisés du sillon temporal supérieur et du gyrus frontal inférieur (la fameuse « aire de Broca »), en évitant les réseaux du traitement conscient et volontaire qui passent par le cortex préfrontal dorso-latéral. Au cours de l'anesthésie, une partie des aires du langage continue de traiter les phrases de façon autonome, sans conscience. Nous ne savons pas encore comment les neurones représentent les règles de grammaire - mais on peut prédire que leur code neural s'écarte radicalement de celui de l'arithmétique.
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WalktapusWalktapus   04 février 2016
De nombreuses études chez l'animal montrent que les neurones de l'hippocampe et du cortex s'activent sans relâche au cours du sommeil. Leurs décharges neuronales "rejouent", à grande vitesse, les mêmes séquences d'activité que celles évoquées durant la journée précédente. Un rat court dans un labyrinthe, puis s'endort : les cellules de l'hippocampe qui codent pour les lieux de l'espace se réactivent immédiatement, avec une telle précision que l'on parvient à décoder quels endroits l'animal est en train d'explorer mentalement. Souvent, les décharges oniriques se déroulent plus vite que la réalité, parfois même en ordre inverse. Cette compression temporelle pourrait permettre au cerveau de traiter des informations dispersées dans le temps comme un seul épisode : accélérée, une séquence temporelle se transforme en une carte spatiale de neurones activés ou inhibés, qui permet la détection de régularités cachées, inaccessibles aux mécanisme normaux de l'apprentissage diurne. Quel qu'en soit le mécanisme ultime, il est clair que le sommeil est une période d'intense activité inconsciente qui consolide la mémoire et parfois, dans l'obscurité de la nuit, jette soudain la lumière sur des problèmes demeurés insolubles.
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avatar905avatar905   08 février 2015
Enfin, même si on découvrait des phénomènes quantiques dans le cerveau, leur caractère strictement imprévisible ne permettrait pas d’expliquer notre conception du libre arbitre. Comme l’a bien montré le philosophe Daniel Dennett, l’aléatoire pur ne confère à nos cerveaux « aucune forme valable de liberté » (« any kind of freedom worth having »). Souhaitons-nous vraiment que nos corps soient secoués de mouvements aléatoires et incontrôlables engendrés au niveau subatomique, qui rapprocheraient nos décisions des convulsions et des tics des patients souffrants du syndrome de Gilles de La Tourette, la fameuse « Danse de Saint-Guy » ? Rien n’est plus éloigné de notre conception de la liberté. La maladie de Tourette ne rend pas libre, bien au contraire. Jamais un coup de dés n’engendrera d’esprit libre.
Lorsque nous parlons du « libre arbitre », nous pensons à une forme beaucoup plus intéressante de liberté. Notre croyance en un libre arbitre résulte d’une observation élémentaire : dans des circonstances normales, nous prenons nos décisions en toute indépendance, en nous laissant seulement guider par nos idées, nos croyances et notre expérience passée, et en contrôlant nos pulsions indésirables. Nous exerçons notre libre arbitre chaque fois que nous avons la possibilité d’examiner les choix qui s’offrent à nous, d’y réfléchir posément et d’opter pour celui qui nous parait le meilleur. Une part de hasard entre dans nos choix volontaires, mais elle n’en constitue pas un élément indispensable. La plupart du temps, nos actions volontaires n’ont rien d’aléatoire : elles résultent d’un examen attentif des options disponibles, suivi du choix délibéré de celle qui emporte notre préférence.
Cette conception du libre arbitre n’a nul besoin de la physique quantique – elle pourrait être simulée par un ordinateur standard. Elle exige simplement un espace de travail qui recueille les informations en provenance des sens et de la mémoire, en fasse la synthèse, évalue les conséquences de chaque option, y consacre autant de temps que nécessaire et utilise cette réflexion pour guider notre choix. Voilà ce que nous appelons une décision volontaire, délibérée, prise « en toute conscience ».
En bref, l’intuition du libre arbitre doit être décomposée :
Elle recouvre, d’une part, l’idée que nos décisions sont fondamentalement indéterminées, non contraintes par la physique (une idée fausse) ; et d’autre part, celle que nous les prenons en toute autonomie (une idée respectable). Nos états cérébraux sont nécessairement déterminés par des causes physiques, car rien de ce qui est matériel n’échappe aux lois de la nature. Mais cela n’exclut pas que nos décisions soient réellement libres, si l’on entend par là qu’elles s’appuient sur une délibération consciente, autonome, qui ne rencontre aucun obstacle et qui dispose du temps suffisant pour évaluer le pour et le contre avant de s’engager. Quand toutes ces conditions sont remplies, nous avons raison de dire que nous avons exercé notre libre arbitre et pris une décision volontaire – même si celle-ci est toujours, en dernière analyse, déterminée par nos gènes, notre histoire et les fonctions de valeurs qui sont inscrites dans nos circuits neuronaux. Les fluctuations de l’activité spontanée de ces réseaux rendent nos décisions imprévisibles, y compris à nos propres yeux. Cependant, ce caractère imprévisible ne devrait pas être tetenu comme l’un des critères essentiels du libre arbitre, ni ne devrait être confondu avec l’indétermination fondamentale de la physique quantique. Ce qui compte pour qu’une décision soit libre, c’est l’autonomie de la délibération.
Une machine pourvue d’un libre arbitre n’est absolument pas une contradiction dans les termes, juste une définition de ce que nous sommes.
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WalktapusWalktapus   02 mars 2016
La « matière condensée » du cerveau est l'objet le plus complexe de l'univers. Rien à voir, en effet, avec la structure d'un gaz ou d'un cristal : dans le cerveau humain s'emboîte, comme une série de poupées russes, toute une hiérarchie de niveaux d'organisation. La pensée émerge d'une architecture sophistiquée de routines mentales, un assemblage de processeurs élémentaires interconnectés en circuits distribués dans plusieurs régions du cerveau, eux-mêmes formés de dizaines de types de neurones. Chaque neurone, avec ses dizaines de milliers de synapses, est à lui seul un univers de molécules en interaction permanente, qui donnera sans doute du travail aux modélisateurs pour quelques siècles.
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WalktapusWalktapus   17 février 2016
De nouvelles données chez le singe, le rat et le pigeon font pencher la balance du côté d'une authentique compétence métacognitive. (...) Si cette conclusion s'avère juste (et il faudra certainement d'autres travaux pour la valider), alors le comportement animal porte le sceau d'une pensée consciente et réflexive. Nous ne sommes pas les seuls à savoir que nous savons, et l'épithète sapiens sapiens ne devrait pas être l'apanage du genre Homo. D'autres espèces que la nôtre possèdent une capacité d'introspection et une certaine forme de conscience de soi.
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Cours du Pr Stanislas Dehaene : Les principes Bayésiens de l?apprentissage : sommes-nous des... .Le professeur Stanislas Dehaene est titulaire de la Chaire de Psychologie cognitive expérimentale au Collège de France. Pour accéder à ses autres cours cliquer sur le lien suivant : http://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/
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