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ISBN : 2738119743
Éditeur : Odile Jacob (30/08/2007)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Les Neurones de la lecture s'ouvre sur une énigme : comment notre cerveau de primate apprend-il à lire ? Continent celte invention culturelle, -trop récente pour avoir influencé notre évolution, trouve-t-elle sa place dans notre cortex ? Voici qu'émerge une nouvelle science de la lecture. Tandis que l'imagerie cérébrale en révèle les circuits corticaux, la psychologie en dissèque les mécanismes. Ces résultats inédits conduisent à une hypothèse scientifique nouvelle.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
tiph85
  04 août 2018
Voici un livre que j'avais déjà lu, il y a 10 ans lors de mes études. Alors je ne sais pas si c'est le faite que je ne sois plus dans l'objectif étude, mais ce livre m'a paru très dense. On trouve des informations très intéressantes, mais parfois trop détaillées. En voici quelques-unes :
"C'est le centre de notre rétine, La fovéa, qui nous permet de reconnaître les détails des lettres, puis nous devons déplacer notre regard sur la page, afin d' identifier à chaque pause de l'oeil, un mot ou deux. La chaîne de lettre doit être constitué avant d'être reconnue.
Tout se passe après dans la région occipito-temporale gauche qui reconnaît la forme visuelle des mots. Elle distribue des informations visuelles à de nombreuses régions réparties dans tout l'hémisphère gauche, qui sont impliquées à des degrés divers dans la représentation du sens, de la sonorité et de l'articulation des mots. Cette région est la seule à s'activer uniquement pour les mots écrits, pas pour les mots parlés, sans toutefois appartenir aux régions visuelles de bas niveau. Elle analyse donc les images et signale si il y a des lettres et de quelles lettres il s'agit. Puis ces informations vont dans d'autres régions du cerveau qui elles, se chargeront de décoder en sons et en sens.
On apprend également que quelque soit le sens de la lecture c'est toujours cette même région dont on a besoin nous lisons donc tous avec le même circuit cérébral.
La lecture active une aire occipito-temporale reproductible, toujours située entre les réponses aux visage et les réponses aux objets.
En Turquie, on apprend un «taksi », l'exemple de ce pays qui, en l'espace d'un an, a adopté l'alphabet latin, simplifié son orthographe, et appris à lire à 3 millions de personnes, nous montre qu'il est possible de réformer avec succès.
Une forte simplification s'impose. Nous la devons à nos enfants qui perdent des centaines d'heures à ce jeu cruel, et dont certains ne sortiront pas indemnes , stigmatisés à vie par la dyslexie ou simplement parce qu'ils sont issus de familles défavorisées ou multilingues, qui sont les premières victimes de notre orthographe archaïque.
Même si les deux hémisphères hébergent des compétences pour la reconnaissance des mots et des visages, l'hémisphère gauche présente un biais important pour la lecture et le droit pour les visages. Lire et reconnaître un visage sont des opérations tellement différentes que notre système visuel ne peut pas se contenter de mécanismes génériques de traitement d'images. Sitôt passées les toutes premières étapes, des mécanismes spécialisés se mettent en oeuvre.
L'épais réseau de connexions du corps calleux joue donc un rôle essentiel dans l'invariance spatiale de la lecture. Les lettres qui atterrissent à droite du point de fixation entrent dans l'hémisphère gauche et n'ont pas beaucoup de trajet à faire: elles contactent la région de la forme visuelle des mots très directement, par le biais de connexions courtes et internes à la région occipito-temporale gauche. Les lettres de gauche, par contre, contactent d'abord l'hémisphère droit et doivent ensuite être transférées via un laborieux parcours à travers le corps calleux. Sans doute cette trajectoire compliquée explique-t-elle, au moins en partie, le fait que la lecture, même chez un lecteur au cerveau intact est plus lente et entachée d'erreurs lorsque les mots sont présentés du côté gauche que lorsqu'ils apparaissent du côté droit.
Chaque personne, en apprenant à lire, acquiert des détecteurs neuronaux ajustés à la langue qu'elle maîtrise.
La lecture débute dans le pôle occipital, siège des représentations visuelles précoces. Puis l'activation bascule en faveur de l'hémisphère gauche, où elle demeure restreinte à la région occipito-temporale ventrale. Puis, c'est l'explosion : l'activité envahit une vaste portion des deux lobes temporaux, dans ces régions supérieure moyenne et inférieur. Puis elle étend son emprise au sein de l'hémisphère gauche.
Chez le bébé, le planum temporal est déjà activé par la parole dans l'hémisphère gauche dès les tout premiers mois de vie. Très cette région apprend à prêter attention aux sons pertinents, et à négliger ceux qui ne seront pas utiles dans la langue.
La région occipito-temporale ne s'intéresse qu'aux chaînes de lettres. Aussi diminue-t-elle d'activité dès que les mots se ressemblent sur le plan visuel (par exemple chasseur–chasse), même s'ils n'ont aucun rapport au niveau du sens (par exemple menteur–menthe), et elle ne change pas d'activité en réponse à des synonymes tels que sofa–canapé. Inversement, la région temporale moyenne ne s'intéresse qu'au sens des mots. Et diminue donc d'activité pour sofa–canapé, ainsi que pour chasseur–chasse, mais pas lorsqu'il n'y a qu'une relation superficielle, de type menteur–menthe, entre les mots présentés.
Le mascaret fournit une excellente métaphore de la manière dont un mot, écrit ou parlé, accède à son sens. Entre un mot significatif comme « fromage » et un mot inconnu comme «plicate", seule change la taille du raz-de-marée qu'ils sont capables de susciter, leur capacité de déferler plus ou moins loin dans nos circuits cérébraux. Un mot connu entre en résonance avec les réseaux du lobe du lobe temporal, et il fait vibrer, comme une puissante déferlante, les millions de neurones qui lui sont associés, jusque dans les régions les plus distante du cortex ; alors qu'un mot inconnu, même s'il franchit avec succès les toutes premières étapes de l'analyse visuelle, ne trouve pas d'écho cortical, et la vague de potentiels d'action qu'il suscite se brise en une écume neuronale incohérente.
Ce n'est pas notre cerveau qui a évolué pour l'écriture, mais bien l'écriture qui s'est adaptée à notre cerveau.
Selon le modèle du recyclage neuronal, l'écriture s'ancre progressivement dans le cerveau de l'apprenti lecteur. Elle doit y trouver sa place optimale au sein de circuits déjà fonctionnels, mais dont la fonction demande à être minimalement reconvertie. Un processus de « tâtonnement cérébral », qui reproduit en quelques années les essais et erreurs qui ont ponctué l'évolution culturelle millénaire de l'écriture, doit donc se produire dans les circuits visuels et linguistiques de l'enfant. La lecture devrait progressivement converger vers la région occipito-temporale gauche, dont on devrait pouvoir suivre, au fil des mois, la spécialisation progressive pour l'écrit et l'interconnexion avec les autres régions temporales, pariétales et frontales.
Apprendre à lire n'est possible que parce que le cerveau de l'enfant contient déjà, dans une large mesure, les structures neuronales appropriées. le développement linguistique et visuel de l'enfant, avant même qu'il n'apprenne à lire, joue donc un rôle essentiel dans la bonne préparation du cerveau à la lecture.
L'apprentissage de la lecture, en envahissant des circuits neuronaux dédiés à un autre usage, pourrait nous faire perdre certaines capacités cognitives héritées de notre évolution.
Le contour global des mots ne joue pratiquement aucun rôle dans la lecture. La reconnaissance visuelle des mots ne repose pas sur une appréhension globale de son contour, mais sur sa décomposition en éléments simples, les lettres et les graphèmes. La région corticale de la forme visuelle des mots traite toutes les lettres du mot en parallèle, ce qui historiquement, est responsable de l'impression de lecture globale. Mais l'immédiateté de la lecture n'est qu'une illusion, suscitée par l'extrême automatisation de ses étapes, qui se déroulent en dehors de notre conscience.
La méthode globale est plus facile pour l'enfant, dûment au départ. Mais cela n'est vrai que pour les 20 ou 30 premiers mots. L'identification des lettres et des graphèmes demande initialement plus d'efforts, mais les bénéfices en sont vite évidents.
Le cerveau des enfants dyslexiques présente plusieurs anomalies caractéristiques : l'anatomie du lobe temporal est désorganisée, sa connectivité est altérée, son activation au cours de la lecture est insuffisante. Une forte composante génétique est impliquée et quatre gènes de susceptibilité ont été identifiés. On soupçonne qu'ils affectent la mise en place des neurones du cortex temporal au cours de la grossesse.
Pratiquement toutes les études d'imagerie cérébrale de la dyslexie retrouvent une sous activation de la région temporale postérieure gauche chez les dyslexiques. Une autre anomalie est également fréquente : chez les dyslexiques, le cortex frontal inférieur gauche est fréquemment sur activé pendant la lecture ou d'autres tâches phonologiques. Tout se passe comme si, en compensation de l'activité trop faible des régions postérieures de décodage, le cerveau s'engageait dans une tentative de lecture volontaire, contrôlée et consciente, quoique souvent infructueuse.
L'une des fonctions associées à la région temporale latérale est le traitement des informations phonologiques du langage parlé. Une anomalie très précoce dans la mise en place de ces réseaux neuronaux expliquerait les troubles phonologiques observés chez les dyslexiques et les enfants à risque dès la première année de vie. Elle entraînerait des difficultés disproportionnées de la conscience phonémique, et donc d'apprentissage du code alphabétique. Ces difficultés phonologiques, à leur tour, empêcheraient la région occipito-temporale ventrale, siège de la forme visuelle des mots, d'acquérir son expertise, d'où la seconde sous activation observée à ce niveau.
La division et la migration des neurones sont des étapes critiques pour la bonne formation du cerveau, c'est à cet instant que le cerveau du foetus est le plus sensible aux agents pathogènes tels que l'alcool, par exemple. Or, chez les dyslexiques, la migration neuronale semble altérée. Les neurones ne seraient jamais parvenus jusqu'à leur cible.
Dans le cas de la lecture, la clé de voûte semble être la migration harmonieuse des neurones corticaux vers la région temporale gauche et leur mise en connexion avec les régions visuelles et linguistiques.
Seule la fluidité de la lecture continue de gêner ces enfants : après rééducation, ils savent lire, mais avec lenteur. Cet écart résiduel pourrait être simplement dû à leur moindre expérience : par rapport aux autres enfants, il leur manque plusieurs années d'expérience de la lecture. Passées les premières années, on apprend à lire… En lisant ! Il faut donc que ces enfants continuent à lire encore et encore, afin d' enrichir le vocabulaire visuel de graphèmes, de morphèmes et de mots.
Pour parvenir à lire, l'enfant devra apprendre à inhiber la généralisation par symétrie : il faudra cesser de voir les B et d'comme un seul et même objet, vu sous des angles différents. Ce désapprentissage constitue une étape difficile pour l'enfant, et il se peut qu'il pose des problèmes insurmontables à certains enfants dyslexiques."
Une mine d'informations mais difficile à engloutir et à digérer.
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kathy
  23 février 2012
Les principaux domaines de recherche de Stanislas Dehaene concernent les bases cérébrales de l'arithmétique et de la numération, la lecture et la conscience, thématiques qu'il explore au moyen d'expériences de psychologie cognitive et par l'imagerie cérébrale (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, magnétoencéphalographie et électroencéphalographie).
Pour les parents et professionnels que cette thématique intéresse,
écoutez l'émission de François Bunel, "Le grand entretien" du 22 février 2012:

http://www.franceinter.fr/emission-le-grand-entretien-stanislas-dehaene
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
DAYTONADAYTONA   03 novembre 2018
les opérations que réalise notre cerveau n'ont rien de commun avec une quelconque reconnaissance "globale" de la forme des mots. La vision des primates ne fonctionne pas par reconnaissance globale - tout au contraire, l'objet visuel est explosé en myriades de petits fragments que notre cerveau s'efforce de recomposer, trait par trait, lettre après lettre. Reconnaître un mot, c'est d'abord analyser sa chaîne de lettres et y repérer des combinaisons de lettres (syllabes, préfixes, suffixes, racines de mots), pour enfin les associer à des sons et à des sens. C'est seulement parce que ces opérations ont été automatisées par des années d'apprentissage et se déroulent en parallèle, hors de notre conscience, qu'a pu persister pendant tant d'années l'hypothèse naïve d'une lecture immédiate et globale.
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DAYTONADAYTONA   10 novembre 2018
L'évolution des langues est un phénomène normal, qui se poursuit à l'oral alors même que nous l'avons malencontreusement interrompu à l'écrit. Depuis plusieurs siècles, le conservatisme de nos académies a figé le dictionnaire. L'évolution de l'orthographe a été entravée, alors que se poursuivait la transformation naturelle de la langue orale. L'importation de mots étrangers, les changements d'usage et de prononciation ont entraîné un vaste décalage entre l'écrit et l'oral qui entraîne des années de souffrances pour nos enfants. La voix de la raison vote donc en faveur d'une simplification des règles orthographiques.
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Videos de Stanislas Dehaene (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stanislas Dehaene
Stanislas Dehaene présente son dernier ouvrage : Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines. (Interview version longue) Pour en savoir plus sur l'ouvrage : https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/neurosciences/apprendre-_9782738145420.php
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