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EAN : 9782070300860
183 pages
Éditeur : Gallimard (11/04/1969)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Relativement silencieux depuis 1930, Desnos rassemble avec ce recueil les oeuvres écrites de 1930 à 1937, ce qui explique la diversité du recueil. Excepté les deux parties«Les sans cou»et«Les portes battantes», les six autres sections sont constituées chacune d'un seul long poème en vers.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
celine25
  15 août 2015
Ce recueil est assez décousu je trouve. D'ailleurs , ce sont surtout des poèmes de jeunesse, rassemblés ici sans volonté au départ d'en faire un recueil.
On y trouve néanmoins des thèmes récurrents (l'amour malheureux), des reprises de "mythes": Don Juan, Fantomas, Bacchus et Apollon; une poésie engagée ("Hommes" qui évoquent les hommes fatigués par le travail, affamés); et surtout une écriture complexe: les images peuvent être étonnantes (comme dans la partie "sans cou": "des paveurs se sont perdus ce matin dans les champs où les bluets chantaient" "il danse au son d'un orchestre de verre pilé") voire amusantes (jeux de mots dans le poème "Comme'' qui devient Côme ou l’anglais come).
Mais en se laissant porter par le rythme , la musicalité et en ouvrant son imagination , on comprend que Desnos commence ici ce qui fera sa particularité : "je dis comme et tout se métamorphose"
Une lecture un peu ardue, mais je trouve certains poèmes très beaux , en particulier "mi-route" ou "10 Juin 1936". N'hésitez pas à les découvrir!
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frandj
  08 mars 2018
Ce recueil de poésies (écrites au cours des années '30) a été publié en 1942. Il me semble très disparate. La longueur, le sujet, l'ambiance, l'écriture, tout varie énormément d'un poème à l'autre. Je regrette d'ignorer dans quel contexte le poète a écrit tel ou tel texte; les indications données dans ce livre sont purement chronologiques, donc insuffisantes.
Mon avis est assez partagé. Certaines pièces (notamment quelques longues poésies) m'ont paru presque rebutantes et ne m'ont pas du tout fait vibrer. Quelques-unes sont assez lugubres (exemple: "Nuit putride…"). D'autres me semblent plus aimables et sont du Desnos à l'état pur (exemple: "Comme"). Enfin, Desnos démontre sa virtuosité dans des sortes d'exercices de style, étonnants mais réussis (exemple: "Sur soi-même").
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indelebilevagabonde
  30 mai 2017
Déçue par ce recueil, je n'accroche pas, pas tant la poésie de Desnos qui me rebute, c'est vraiment ce recueil que je n'apprécie pas que ce soit dans sa composition ou dans les thèmes.



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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   30 novembre 2013
IL ÉTAIT UNE FEUILLE

Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de cœur
Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de cœur
Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de cœur
cœur gravé, percé, transpercé
Un arbre que nul jamais ne vit
Il était des racines au bout de l'arbre
Racines vignes de vie
Vignes de chance
Vignes de cœur
Au bout des racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.
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coco4649coco4649   17 février 2018
LES HOMMES SUR LA TERRE


Extrait 4

La croupe luisante d’un cheval
Le cri d’un oiseau dans la nuit
Le clapotis des fleuves sous les ponts.

L’un des quatre est mort
Deux autres ne valent guère mieux
Mais je suis bien vivant et je crois que c’est pour longtemps.

Les collines couvertes de thym
La vieille cour moussue
L’ancienne rue qui conduisait aux forêts.

O vie, ô hommes, amitiés renaissantes
Et tout le sang du monde circulant dans des veines
Dans des veines différentes mais des veines d’hommes, d’hommes sur la
 terre.
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CorinneCoCorinneCo   16 février 2014
Comme

Come, dit l’Anglais à l’Anglais, et l’Anglais vient.
Côme, dit le chef de gare, et le voyageur qui vient dans cette ville descend du train sa valise à la main.
Come, dit l’autre, et il mange.
Comme, je dis comme et tout se métamorphose, le marbre en eau, le ciel en orange, le vin en plaine, le fil en six, le cœur en peine, la peur en seine.
Mais si l’Anglais dit as, c’est à son tour de voir le monde changer de forme à sa convenance
Et moi je ne vois plus qu’un signe unique sur une carte
L’as de cœur si c’est en février,
L’as de carreau et l’as de trèfle, misère en Flandre,
L’as de pique aux mains des aventuriers.
Et si cela me plaît à moi de vous dire machin,
Pot à eau, mousseline et potiron.
Que l’Anglais dise machin,
Que machin dise le chef de gare,
Machin. dise l’autre,
Et moi aussi.
Machin.
Et même machin chose.
Il est vrai que vous vous en foutez
Que vous ne comprenez pas la raison de ce poème.
Moi non plus d’ailleurs.
Poème, je vous demande un peu ?
Poème ? je vous demande un peu de confiture,
Encore un peu de gigot,
Encore un petit verre de vin
Pour nous mettre en train…
Poème, je ne vous demande pas l’heure qu’il est.
Poème, je ne vous demande pas si votre beau-père est poilu comme un sapeur.
Poème, je vous demande un peu… ?

Poème, je ne vous demande pas l’aumône,
Je vous la fais.
Poème, je ne vous demande pas l’heure qu’il est,
Je vous la donne.
Poème, je ne vous demande pas si vous allez bien,
Cela se devine.
Poème, poème, je vous demande un peu…
Je vous demande un peu d’or pour être heureux avec celle que j’aime.
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coco4649coco4649   13 mars 2015
THE NIGHT OF LOVELESS NIGHTS

...
Nulle étoile en tombant n’a fait jaillir l’écume,
Rien ne trouble les monts, les cieux, le feu, les eaux,
Excepté cet envol horizontal de plumes
Qui révèle la chute et la mort d’un oiseau.

Et rien n’arrêtera cette plume envolée,
Ni les cheveux luisants d’un cavalier sauvage,
Ni l’encre méprisable au fond d’un encrier,
Ni la vague chantante et le grondant orage,

Ni le cou séduisant des belles misérables,
Ni la branche de l’arbre et le tombeau fermé,
Ni les bateaux qui font la nuit grincer des câbles,
Ni le mur où des cœurs par des noms sont formés,

Ni le chant des lépreux dans les marais austères,
Ni la glace qui dort au fond des avenues
En reflétant sans cesse un tremblant réverbère
Et jamais, belle neige, un corps de femme nue,

Ni les monstres marins aux écailles fumeuses,
Ni les brouillards du nord avec leurs plaies d’azur,
Ni la vitre où le soir une femme rêveuse
Retrace en sa mémoire un amour au futur,

Ni l’écho des appels d’un voyageur perdu,
Ni les nuages fuyards, ni les chevaux en marche,
Ni l’ombre d’un plongeur sur les quais et les arches,
Ni celle du pavé à son cou suspendu,

Ni toi Fouquier-Tinville aux mains de cire claire :
Les étoiles, les mains, l’amour, les yeux, le sang
Sont autant de fusées surgissant d’un cratère.
Adieu ! C’est le matin blanchi comme un brisant.

Ô mains qui voudriez vous meurtrir à l’amour
Nous saurons vous donner le plus rouge baptême
Près duquel pâliront le feu des hauts fourneaux
Et le soleil mourant au sein des brouillards blêmes….

p.40-41
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GyomGyom   31 mars 2015
J'habite quand il me plait un ravin ténébreux au-dessus duquel le ciel se découpe en un losange déchiqueté par l'ombre des sapins, des mélèzes et des rochers qui couvrent les pentes escarpées.
Dans l'herbe du ravin poussent d'étranges tubéreuses, des ancolies et des colchiques survolés par des libellules et des mantes religieuses et si pareils sans cesse, le ciel la flore et la faune où succèdent aux insectes les corneilles moroses et les rats musqués, que je ne sais quelle immuable saison s'est abattue sur ce toujours nocturne ravin, avec son dais en losange constellé que ne traverse aucun nuage.
Sur les troncs des arbres deux initiales, toujours les mêmes, sont gravées. Par quel couteau, par quelle main, pour quel coeur?
Le vallon était désert quand j'y vins pour la première fois. Nul n'y était venu avant moi. Nul autre que moi ne l'a parcouru.
La mare où les grenouilles nagent dans l'ombre avec des mouvements réguliers reflète des étoiles immobiles et le marais que les crapauds peuplent de leur cri sonore et triste possède un feu follet toujours le même.
La saison de l'amour triste et immobile plane en cette solitude.
Je l'aimerai toujours et sans doute ne pourrai-je jamais franchir l'orée des mélèzes et des sapins, escalader les rochers baroques, pour atteindre la route blanche où elle passe à certaines heures. La route où les ombres n'ont pas toujours la même direction.
Parfois il me semble que la nuit vient seulement de s'abattre. Des chasseurs passent sur la route que je ne vois pas. Le chant des cors de chasse résonne sous les mélèzes. La journée a été longue, parmi les terres de labour, à la poursuite du renard, du blaireau ou du chevreuil. Le naseau des chevaux fume blanc dans la nuit.
Les airs de chasse s'éteignent. Et je déchiffre difficilement les initiales identiques sur le tronc des mélèzes qui bornent le ravin.
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Vidéo de Robert Desnos
Trois poètes libertaires par Jean-Louis Trintignant : Vian, Prévert, Desnos (France Culture / 2011). Accompagné par Daniel Mille à l’accordéon et Grégoire Korniluk au violoncelle, dans une mise en scène de Gabor Rassov. En Direct et en public à l’Odéon-Théâtre de l’Europe. Réalisation : Jacques Taroni. Diffusion sur France Culture le 19 novembre 2011. Jean-Louis Trintignant, qui foulera pour la première fois le plateau du Théâtre de l’Odéon, nous dira une vingtaine de poèmes tirés des œuvres de Jacques Prévert, Boris Vian et Robert Desnos. « L’inspiration ici commune aux trois écrivains est la fantaisie, la cocasserie et la jonglerie verbale menée de plume de maîtres. [...] La suite prend une couleur plus politique, cette fois ce sont des textes engagés. [...] Trintignant incarne un homme qui voit sa mort prochaine et la met en mots, dans un dernier sursaut. Un homme qui regarde sa fin en face, un homme qu’ont su dépeindre, là encore, les trois poètes. » Nicolas Blondeau, Le Progrès Source : France Culture
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