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Pierre Desproges (Humoriste)
EAN : 9782020971515
1456 pages
Seuil (13/03/2008)
4.64/5   93 notes
Résumé :
Vingt ans après sa disparition, Desproges est remis en lumière au Seuil sans qu’il ait pris une ride.
De ses « brèves » publiées dans L’Aurore dans les années 70, à ses Chroniques de la haine ordinaire parues en 1987, Tout Desproges paraît en un seul volume, accompagné d’un cahier hors-texte d’une cinquantaine de photographies de l’auteur pour la plupart inédites, et d’un DVD offert qui contiendra des interviews marquantes réalisées par l’auteur, des extraits... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique

Un recueil à offrir ou à s'offrir,

À lire, et relire,

À feuilleter l'espace d'une pause,

Une gourmandise à convoiter,

À savourer en prenant le temps,

Pour se souvenir d'une époque,

Où l'absurde avait toute sa place,

Où nous pouvions rire de tout,

Sans barrière, ni tabou.

Ce livre est une bible,

Une compilation d'ingéniosité,

Un florilège d'illustrations grinçantes,

Une suite de chutes corrosives.

Avec son aisance littéraire,

Remarquable et inégalée,

Desproges est intemporel, et

Indémodables sont ses maximes.

" On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde "

Lu hier, aujourd'hui et demain.

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La critique n'est visiblement pas un art facile. du moins en ce qui concerne votre serviteur.

Du moins, ce n'est pas toujours facile.

Donner son avis sur des écrivains (écrivassiers ?) du "calibre" de Eliette Abecassis (ma tête de turc du moment), de Musso, de Levy, de Régine Desforge et de tous les adeptes de la recette littéraire réchauffable au micro-onde, c'est plus que facile. C'est, un peu comme donner un coup de pied à une boite de conserve qui traine là, ou à un môme, où un vieux. Voir à un lecteur assidu du Figaro.

Ça ne coute rien, c'est plaisant, mais c'est finalement sans grand intérêt.

Dans le cas présent, le problème est tout autre.

Je ne peux pas faire la critique de ce type ou de son oeuvre. Quand bien même pourrai-je, je n'en aurai pas envie. Ou alors, sans avoir l'air d'y toucher.

Quels mots trouver pour parler d'un style d'écriture aux angles aussi saillant ? aux références aussi poussées et précises ?

Comment faire comprendre à cette lectrice ou à ce lecteur d'Eric Emmanuel Schmitt que leur salut passe inévitablement par ce livre ?

Par quel biais décrire la férocité des chroniques, la finesse de sa lame et, souvent, la douceur de sa plume ?

Ne vous ennuyez pas, achetez et lisez cet intégral. Relisez le, picorez le, faites en un compagnon de route.

Et faites moi le plaisir de ne pas m'en demander une critique, parce que j'en suis bien incapable.

Etonnant non ?

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Lecture un peu inhabituelle pour moi, car il s'agit ici de l'intégrale d'un humoriste ( peut être le seul qui trouve grâce à mes yeux). cette intégrale pioche tout ce que l'auteur à fait dans sa carrière en regroupant aussi bien les one-man-show, livres, chroniques télévisées et radiophoniques.

C'est un auteur de grand talent et le terme "humoriste" est un peu mal choisi car même si son but est de faire rire c'est d'abord quelqu'un qui sait très bien écrire et manier la langue, vraiment un humoriste de génie avec ses références culturelles et autres et qui demande parfois un peu de recherche pour être compris, on est loin des humoristes actuels qui racontent leur vies ou doivent rigoler eux même pour faire rire leurs publics respectifs.

Du grand talent donc et le tout bien que datant des années 80 reste très actuel au niveau du fond, le seul soucis pour les plus jeunes est peut être qu'ils ne connaîtront pas tout les invités car certains ont pu disparaître des médias voir disparaître tout court depuis.

l'objet est assez conséquent avec ses 1449 pages mais vaut vraiment la peine d'être lu !

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Etre drôle est à la mode.

Il n'y a jamais eu autant de comiques qu'aujourd'hui. Pourtant ils paraissent tous fades en comparaison du grand Pierre.

Certes il y a son humour de choc, noir, cynique, rempli d'auto-dérision (franchement, faire des blagues sur le cancer quand on en a un...).

Mais surtout le bougre savait écrire. Ces livres sont tordants, ses chroniques se lisent toutes seules car c'était un homme de l'écrit avant tout.

J'aimerais tellement contribuer à le faire lire ! Les plus provocateurs aimeront son sketch sur les juifs (pourrait-on encore le faire aujourd'hui), les lecteurs essaieront Des femmes qui tombent, les pressés liront Les chroniques de la haine ordinaires...

Non vraiment, comme dit Brassens, il y en a qui devrait faire "la tombe buissonnière"...

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Il m'est totalement impossible de critiquer l'oeuvre de Desproges tellement la palette de son talent est étendue.

Il m'est difficile d'admettre sa mort tellement ses sketches et interviews sont présents à mon esprit.

Chaque fois que je relis un texte, il me semble entendre sa voix.

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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation

Noël: nom donné par les chrétiens à l’ensemble des festivités commémoratives de l’anniversaire de la naissance de Jésus-Christ, dit « le Nazaréen », célèbre illusionniste palestinien de la première année du premier siècle pendant lui-même.

Chez le chrétien moyen, les festivités de Noël s’étalent du 24 décembre au soir au 25 décembre au crépuscule.

Ces festivités sont : le dîner, la messe de minuit (facultative), le réveillon, le vomi du réveillon, la remise des cadeaux, le déjeuner de Noël, le vomi du déjeuner de Noël et la bise à la tante qui pique.

Le dîner : généralement frugal ; rillettes, pâté, coup de rouge, poulet froid, coup de rouge, coup de rouge. Il n’a d’autre fonction que de « caler » l’estomac chrétien afin de lui permettre d’attendre l’heure tardive du réveillon sans souffrir de la faim.

La messe de minuit : c’est une messe comme les autres, sauf qu’elle a lieu à vingt-deux heures, et que la nature exceptionnellement joviale de l’événement fêté apporte à la liturgie traditionnelle un je-ne-sais-quoi de guilleret qu’on ne retrouve pas dans la messe des morts.

Au cours de ce rituel, le prêtre, de son ample voix ponctuée de grands gestes vides de cormoran timide, exalte en d’eunuquiens aigus à faire vibrer le temple, la liesse béate et parfumée des bergers cruciphiles descendus des hauteurs du Golan pour s’éclater le surmoi dans la contemplation agricole d’un improbable dieu de paille vagissant dans le foin entre une viande rouge sur pied et un porte-misère borné, pour le rachat à long terme des âmes des employés de bureau adultères, des notaires luxurieux, des filles de ferme fouille-tiroir, des chefs de cabinet pédophiles, des collecteurs d’impôts impies, des tourneurs-fraiseurs parjures, des O.S. orgueilleux, des putains colériques, des éboueurs avares, des équarrisseurs grossiers, des préfets fourbes, des militaires indélicats, des manipulateurs-vérificateurs méchants, des informaticiens louches, j’en passe et de plus humains.

A la fin de l’office, il n’est pas rare que le prêtre larmoie sur la misère du monde, le non-respect des cessez-le-feu et la détresse des enfants affamés, singulièrement intolérable en cette nuit de l’Enfant.

Le réveillon : c’est le moment familial où la fête de Noël prend tout son sens. Il s’agit de saluer l’événement du Christ en ingurgitant, à dose limite avant éclatement, suffisamment de victuailles hypercaloriques pour épuiser en un soir le budget mensuel d’un ménage moyen.

D’après les chiffres de l’UNICEF, l’équivalent en riz complet de l’ensemble foie gras-pâté en croûte-bûche au beurre englouti par chaque chrétien au cours du réveillon permettrait de sauver de la faim pendant un an un enfant du Tiers Monde sur le point de crever le ventre caverneux, le squelette à fleur de peau, et le regard innommable de ses yeux brûlants levé vers rien sans que Dieu s’en émeuve, occupé qu’Il est à compter les siens éructant dans la graisse de Noël et flatulant dans la soie floue de leurs caleçons communs, sans que leur cœur jamais ne s’ouvre que pour roter.

La remise des cadeaux : après avoir vomi son réveillon, le chrétien s’endort l’âme en paix. Au matin, il mange du bicarbonate de soude et rote épanoui tandis que ses enfants gras cueillent sur un sapin mort des tanks et des poupées molles à tête revêche comme on fait maintenant.

Le déjeuner du réveillon : la panse ulcérée et le foie sur les genoux, le chrétien néanmoins se rempiffre à plein groin, se revautre en couinant de plaisir dans les saindoux compacts, les tripailles sculptées de son cousin cochon et les pâtisseries immondes, indécemment ouvragées en bois mort bouffi. ô bûches de Noël, indécents mandrins innervés de pistache infamante et cloqués de multicolores gluances hyperglycémiques, plus douillettement couchées dans la crème que Jésus sur la paille, vous êtes le vrai symbole de Noël.

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Bonne année à tous mes amis Babeliotes !

BONNE ANNEE MON CUL

3 Février 1986

Il était temps que janvier fit place à février.

Janvier est de très loin le mois le plus saumâtre, le plus grumeleux, le moins pétillant de l'année.

Les plus sous-doués d'entre vous auront remarqué que janvier débute le premier. Je veux dire que ce n'est pas moi qui ai commencé.

Et qu'est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d'imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l'inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise...

Dieu merci, cet hiver, afin de m'épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j'ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de "Bonjour à tous", j'ai mis "Bonne année mon cul".

C'est net, c'est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.

CHRONIQUES DE LA HAINE ORDINAIRE.

de Pierre DESPROGES

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Les coiffeurs sont l’élément le plus totalement inutile d’une nation, avec les militaires, les académiciens, Julio Iglesias et les crottes sur les trottoirs. Et d’abord et surtout les coiffeurs pour dames. Car la femme n’est jamais plus belle que sortant de l’eau, le corps brillant d’eau claire et la chevelure collée de sel et d’embruns, prête aux plus folles étreintes : celles qui vous laissent, madame, échevelée.

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Extrait Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis

Insecte n. m., du latin insectus, sous le tabouret. Ainsi le mot insecte désigne-t-il un animal si petit qu’il peut (à l’aise) passer sous un tabouret sans ramper, alors que le python, si.

Les insectes sont des invertébrés de l'embranchement des articulés. Il n'y a pas de quoi se vanter. Leur corps, généralement peu sensible à la caresse, est entouré d’une peau à chitine d’aspect volontiers dégueulasse. Il se compose de trois parties :

1.La tête, avec deux antennes que l’enfant aime à couper au ciseau pour tromper son ennui à la fin des vacances, deux gros yeux composés à facettes et peu expressifs au-delà du raisonnable, et une bouche très dure garnie d’un faisceau redoutable de sécateurs baveux dont la vue n’appelle pas le baiser.

2.Le thorax, lisse et brillant, affublé d’un nombre invraisemblable de pattes est le plus souvent garni de deux paires d’ailes dont la finesse des nervures ne manque pas de surprendre, chez un être aussi fruste. C’est grâce à ses ailes que l’insecte peut vombrir, signalant ainsi sa présence au creux de l’oreille interne de l’employé de banque assoupi.

3.L’abdomen, divisé en gros anneaux mous et veloutés et percé sur les côtés de maints trous faisant également office de trachées pulmonaires. (« Ce qui est étrange, chez la libellule, c'est qu'elle respire par où elle pète. », MAURICE GENEVOIX, Humus.)

Il existe plusieurs millions d’espèces d’insectes. Certains vivent en Seine-et-Marne, au Kenya, ou sur un grand pied, tel le cafard landais qui, comme le berger du même nom, vit juché sur des échasses pour dominer fièrement les ordures ménagères dont il est friand.

Certains insectes, comme la mouche des plafonds, possèdent des ventouses sous les pattes qui leur permettent de se coller aux ptères.

p.266

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Extrait Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis

Uropygienne adj. f., du grec oura, queue, et pugê, fesse. Se dit d’une glande graisseuse qui se trouve au croupion des oiseaux, et dont la sécrétion sert à graisser les plumes.

Est-il plus plaisant spectacle que celui du cygne sauvage s’escagassant le fion d’un bec fouineur sur l’étang brumeux que le soleil levant redore au clair matin ! Croyez-vous que ce fringant palmipède se titille ainsi le sphincter dans l’espoir de quelques orgasmes à plumes ? ou bien qu’il s’ébroue la houppette pour en chasser les poux d’eau qui s’accrochent à son duvet pour en sucer la moelle du penne * ?

Eh bien non ! Si notre cygne matinal se colle si joliment le nez au cul, c’est pour y ponctionner, sur le pourtour suintant de sa glande uropygienne, la grosse graisse grasse grise dont il enduira d’un bec sûr et léger son plumage éclatant que le soleil levant redore, au clair matin également. Ainsi oint, Coincoin pourra glisser sur l’onde avec cette grâce exquise qui n’existe pour ainsi dire pas chez le tuyau de plomb, et cela à l’abri du rhume de canard, si courant pendant le froid du même nom, et sans risquer de couler. Ce qui est fort important. C’est à sa parfaite insubmersibilité que le cygne sauvage doit sa légitime arrogance. On n’imagine pas un cygne couler. …

p.276-277

* Riche en azote et en sels minéraux.

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Videos de Pierre Desproges (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Desproges
Pierre Desproges : La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute (France Culture / Samedi noir). Photographie : Pierre Desproges • Crédits : Archives du 7eme Art - AFP. Diffusion sur France Culture le 9 mars 2010. Cela fait 30 que Pierre Desproges nous a quitté, c'était l'occasion de réécouter ses textes. Réalisation : Myron Meerson. Mise en scène d’Alain Lenglet de la Comédie-Française et de Marc Fayet. Avec Christian Gonon de la Comédie-Française. Musique de Jérôme Destours. Reprise en studio du spectacle joué en mai 2010 au Théâtre du Vieux-Colombier. « De vrais sketches avec des vrais morceaux de bravoure entiers reliés entre eux par une bassesse d’inspiration qui volera au-dessous de la ceinture du moindre nain […] » annonçait Desproges en 1986. Avec ce spectacle, Christian Gonon prolonge les salves tirées par Desproges contre la médiocrité humaine. Extraits des “Chroniques de la haine ordinaire” sur France Inter, de “La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède” sur France 3 et de son livre “Vivons heureux en attendant la mort”, aucun des textes choisis ne fut conçu pour la scène. Sauf un, resté inédit, la mort l’ayant finalement pris par surprise.
Prise de son / montage / mixage : Julien Doumenc et Antoine Viossat. Mise en onde : Maya Boquet
Source : France Culture
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