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Georges-Michel Sarotte (Traducteur)
ISBN : 2020959135
Éditeur : Seuil (05/02/2009)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 154 notes)
Résumé :
Julius Winsome, quinquagénaire, vit solitaire dans un chalet au coeur de la forêt du Maine. Fils et petit-fils d'anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région. Il préfère chérir ce que son père aimant lui a légué : les milliers de livres qui tapissent son chalet et le Lee-Enfield, ce fusil rapporté par son grand-père anglais des tranchées de la Première Guerre mondiale. Son un... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
04 octobre 2012
Lorie , qui dans un texte bouleversant d'émotion faisant l'apologie de la paix dans le monde et de la crêpe beurre-sucre sans OGM , clamait haut et fort : «  moi , j'préfère rester toute seule ! « 
Julius Winsome valide ! Seul avec ses souvenirs , loin de la violence des hommes .
Isolé du monde , perdu au fin fonds du Maine dans son chalet antédiluvien , il compose avec la nature hostile , aidé en cela par les 3282 livres - heureux homme - tapissant les murs que son père , dont il chérit la mémoire , lui avait légué avant le grand voyage . Pacifiste dans l'âme , Julius n'aimait pas moins que sa presque seule et unique compagnie qu'il partageait fidèlement avec Hobbes , son inséparable compagnon canin d'infortune .
Il était comme ça le gars Julius ! Triptyque magique : solitude , bouquin , Hobbes et basta ! La seule chose qu'il souhaitait , que cela perdure jusqu'à ce qu'il ne fasse plus qu'un avec cette terre glacée qu'il foula inlassablement ! Seulement voilà , il est des réveils beaucoup plus douloureux que d'autres ! La vue de son chien ensanglanté , mortellement touché par un obscur chasseur de galinettes cendrées , le fera irrémédiablement basculer dans le coté obscur de la force ! le jeu de massacre pouvait commencer...
Voilà typiquement le genre de bouquin qui , une fois terminé , me plonge dans les affres de la désolation . Saperlipopette , il s'en est fallu de peu que je le refermasse avec le petit sourire en coin du ravi de la crèche ! Un seul mot : frustration ! Bonne histoire , belle écriture mais il y a toujours ce je ne sais quoi qui vous fait dire qu'on est passé à un cheveu de Kojak de l'excellence ! Et là , deux interrogations majeures s'imposent à l'esprit : Pourquoi ? Et si oui , comment ?
Pourtant , le menu s'annonçait Gargantuesque ! Une nature sauvage omniprésente ; un style de vie ascétique véritablement passionnant ; un plat de vengeance qui , pour le coup , se mangeait chaud bouillant - attention , ça brûle . Non , vraiment , rien à redire sur le casting !
Le gros point noir – façon de parler , inutile de me faire parvenir sous 48 h , le cachet de la poste faisant foi , vos tonnes de produits de beauté à fort pouvoir karcherisant sur le gracieux visage de l'ado boutonneux pré-pubère que je ne suis plus – c'est cette invraisemblance narrative qui se fait jour une fois le fidèle toutou expédié ad patres . En effet , comment imaginer qu'un homme érudit comme le Julius se transforme alors en véritable sniper des bois aveugle , irrationnel et multirécidiviste , même que l'Rambo ferait figure de gendarme Cruchot à coté ? Difficilement concevable de la part d'un esprit cartésien comme le sien . le secret , faire fi de ce petit caillou dans la chaussure et déguster cette sombre histoire de folie punitive mettant à jour l'incroyable stupidité du genre humain et glorifiant l'adage : l'homme est un loup pour l'homme !
Julius Winsome , c'est pas moi qu'ait commencé !
3.5 / 5
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Epictete
05 juin 2014
Construire un roman en ne parlant que d'un ermite cultivé et entouré de livres, pacifiste dans l'âme, antimilitariste par tradition familiale, mais expert en balistique et en technique de tir, et dont on a tué le chien est un exercice pour la réussite duquel il faut montrer quelques dispositions en termes d'imagination et de maîtrise du conte.
Julius Winsome vit seul au milieu des bois, dans une région dont le climat est pour le moins rude et a une forte tendance à imposer un rythme de vie aux habitants du coin : Hommes et animaux.
Lui, sorte d'érudit livresque et surtout Shakespearien, vit dans la tradition et le souvenir de son père et de ce que celui-ci lui a transmis. On se demande si c'est le destin qui l'a rendu ainsi, ou s'il était un peu limité par son environnement, tout en restant très sensible à la littérature et à la poésie.
La rencontre fortuite d'une femme et l'adoption d'un chien vont commencer à modifier, sinon sa vie, tout au moins son mode de pensée. Mais ce sera bien pire lorsque sa compagne va progressivement le quitter et que quelqu'un va se permettre de tuer son chien. C'est là que tout bascule !
Redevenu vraiment seul, il va décider de venger son sort en mettant de côté une grande partie de ses principes, placidement, calmement, sans aucune frénésie, il va ressortir la carabine d'élite de son grand-père, et fort de ce que l'on lui a transmis, va organiser sa vengeance. Il va tuer tous ceux qui auraient pu tuer son chien.
Ce chien qu'il avait adopté sous l'influence De Claire sa compagne, symbolise peut-être la perte cristallisée de l'amour perdu.
Le roman est assez lent, mais cela correspond au rythme de vie de ce nouveau-Brunwisck où se passe l'action du livre. C'est l'occasion de revenir sur la façon dont un ermite communique avec la femme qui s'intéresse à lui et dont il apprécie la présence.
Ce roman, construit autour d'un climat, des livres, des citations de réflexions est captivant. C'est une sorte de nouvel éloge de la folie ordinaire ! Plein de sensibilité, de poésie, occultant l'histoire qu'il conte, pose de nombreuses questions.
Une belle expérience de lecture.
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belette2911
28 avril 2017
C'est toujours la même question : qu'aurais-je fais, moi, à sa place, si j'avais retrouvé mon chien adoré, tué d'un coup de fusil tiré à bout portant ?
J'aurais hurlé, j'aurais maudit le responsable sur 7 générations, j'aurais pleuré toutes les larmes de mon corps et rêvé de vengeance où le sang du responsable aurait maculé la terre et sa cervelle aussi.
Mais entre le penser et le faire, il y a un pas que Julius Winsome a franchi, lui, pétant un câble comme jamais à la mort de son chien, son seul compagnon dans ce coin perdu et reculé du Maine, cher à Stephen King.
Sa vengeance est un pur moment de folie, d'illogisme et de perte de self-contrôle. Enfin, illogique de mon point de vue (images du monde).
Certes, je ne porte pas les chasseurs dans mon coeur, mais de là à les descendre au petit bonheur la chance et puis de leur demander, alors qu'ils baignent dans leur sang, s'ils ont tué mon chien, c'est tout de même un putain de sacré pétage de plombs !
Si Julius Winsome avait été bas de plafond, j'aurais compris, mais nous avons ici affaire à un érudit, à un homme qui possède 3282 romans dans son chalet, hérités de son père. Julius lit des grand auteurs (dont Shakespeare) et si son père et son grand-père ont participé à la Seconde et à la Première Guerre Mondiale, ils étaient tous les deux des gens pacifiques qui ne tiraient pas à la carabine car ils savaient les dégâts que cela faisait.
Anybref, ce roman est âpre, c'est le récit d'une vengeance folle, le tout sur fond de neige immaculée qui va vite virer au rouge écarlate et à la folie pure, Julius utilisant la carabine Lee-Enfield rapportée par son papy anglais de la Première Guerre mondiale et qui avait appartenu à un sniper.
Durant tout le récit, assez court, Julius nous fera partager ses souvenirs, ses pensées, sa vie simple et solitaire dans un chalet reculé dans les bois, où durant l'hiver, il n'avait rien d'autre à faire que de lire des livres.
J'ai aimé l'écriture, les descriptions, qu'elles soient des personnages ou des paysages, mais j'ai été un peu gênée aux entournures avec le comportement digne d'un fou furieux développé par Julius alors que ce dernier était un pacifiste, pas un chasseur et un anti-militariste convaincu, même s'il savait se servir de la carabine.
Un fou furieux implacable, calme, tranquille, qui dézingue sans le moindre remords…
Qu'il ait envie de descendre celui qui a tué de sang-froid et gratuitement son ami à quatre pattes, je suis d'accord, on aurait envie de faire de même, mais là, sa croisade sanglante n'avait pas de sens puisqu'il n'a pas pris la peine de faire une enquête un peu plus poussée afin de trouver le coupable.
Le pire, c'est que si je trouve son comportement aberrant et digne d'une folie pure, je n'arrive même pas à lui en vouloir tant il avait l'air innocent de ces actes.
Un roman à réserver aux lecteurs qui aiment les vengeances folles accomplies par une sorte de Rambo (celui du film) possédant un cerveau et un niveau culturel important.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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latina
23 avril 2012
Ne vous aventurez jamais aux confins septentrionaux du Maine...vous risqueriez de croiser le regard de Julius Winsome et de ne pas en ressortir vivant !
Ce roman noir m'a complètement et totalement captivée, amusée, effrayée.
Cette obsession si prégnante ("Qui a tué mon chien?"), cette folie si shakespearienne (ne voilà-t-il pas qu'il se met à employer le vocabulaire inusité de Shakespeare), cette solitude si profonde qui l'empêche de communiquer facilement avec ses semblables, le conduisent à commettre l'irréparable, une série de meurtres. Pour mon plus grand bonheur... Car il agit en toute bonne foi et avec naïveté ! Comme on dit, on "lui donnerait le bon Dieu sans confession".
Surtout qu'il est un fou de livres, et rien que pour cela, je lui pardonne tout.
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Corboland78
28 mars 2012
Julius Winsome est un homme solitaire habitant un chalet isolé dans les forêts du Maine. Il mène une vie simple entouré de ses trois milles livres hérités de son père et de son chien Hobbes. Dans cette contrée rude et sauvage, Julius fait figure d'exception car il ne chasse pas, non violent par tradition familiale. Un jour cet homme calme et cultivé est touché par le doigt tragique du destin, son chien est abattu à bout portant par un chasseur anonyme. A partir de ce jour Julius Winsome qui a ressorti d'une armoire le fusil Enfield que lui a légué son père, va se lancer méthodiquement dans une vengeance terrible et abattre tous les chasseurs qui séviront dans son secteur.
Le roman est remarquablement écrit, les évènements s'enchaînent mécaniquement et c'est le coup de génie de l'auteur, Julius nous semble toujours sympathique quelque soient ses actions abominables. L'écriture posée déroule l'histoire sans à-coup, la neige tombe et recouvre la région de son lourd manteau, étouffant le drame qui se noue ; nous sommes loin d'un scénario à la Rambo dans la forme, même si le fond n'en est pas si éloigné. Il faut d'ailleurs noter que si Julius Winsome est non violent, il est particulièrement calé en armes à feu et techniques de camouflage, un vrai pro à l'égal de Rambo cité précédemment. Un excellent livre à ne rater sous aucun prétexte. Gerard Donovan est un écrivain Irlandais vivant aux Etats-Unis et c'est son premier roman traduit en France, j'attends le prochain avec impatience.
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Citations & extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand19 décembre 2012
Etrangement, je me revoyais en train d'écrire ces mots en particulier, me rappelais l'odeur de la pièce, les objets aperçus au moment où je les traçais, la sensation éprouvée en formant les lettres, les vêtements portés, l'étroitesse et la sécurité du monde d'alors, la chaleur du feu, la tranquille affirmation de la part de mon père qu'il était important de posséder des livres mais qu'il importait encore plus de les lire. A présent que ce monde était parti au diable pour ne plus jamais revenir, ces souvenirs semblaient compter d'autant plus. Tout se trouve dans les livres, regarde tous ces livres, une existence entière anime ces murs.
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latinalatina23 avril 2012
Quelle tristesse de jeter cette première pelletée de terre sur sa tête, de voir cette découpure effectuée dans ce corps qui avait si souvent couru après des jouets que j'avais lancés ou frissonné sur le sol au cours de rêves dans lesquels il galopait en aboyant.
La pelle entrait et sortait du faisceau lumineux tandis que la terre heurtait son ventre, son dos, pénétrait dans ses oreilles, dans ses yeux, et que je l'ensevelissais, ainsi que tout ce qui avait contribué à faire de lui ce qu'il était : ses promenades, ses moments de repos, ses repas quand il avait faim, les étoiles qu'il contemplait parfois, le jour où je l'avais amené à la maison, la première fois où il avait vu la neige, et chaque seconde de son amitié, tout ce qu'il a emporté avec lui dans le silence et l'immobilité.
J'ai jeté sur mon ami le monde entier à coups de pelle et en ai ressenti le poids, comme si j'étais étendu à ses côtés dans ces ténèbres.
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steppesteppe05 mars 2014
Vrai, je l'avais traité comme un bébé, et d'aucuns trouvent ça anormal de traiter un animal comme un être humain, alors que tant de malheureux crèvent de faim. Commençons par nourrir ceux qui n'ont rien à se mettre sous la dent ! Sans doute ces gens-là nourrissent-ils ces affamés dès qu'ils en ont l'occasion, je n'en ai aucune idée. Grand bien leur fasse ! Libre à eux de faire ce qu'ils veulent dans leur monde, du moment qu'ils ne pénètrent pas dans le mien.
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saphoosaphoo19 mars 2010
le Maine, étoile blanche qui scintille à partir de novembre et domine un coin de ciel glacial. Seules les phrases courtes et les longues pensées peuvent survivre en ce lieu. Si vous n’êtes pas septentrional des pieds à la tête et habitué à passer de longs moments tout seul, ne vous aventurez plus alors dans cette contrée. Les distances s’effondrent, le temps vole en éclats. Les enfants inscrivent leur nom en patinant sur les lacs, des luges tirent des chiens devant elles. On combat l’hiver en lisant toute la nuit, tournant les pages cent fois plus vite que tournent les aiguilles, de petites roues en actionnant une plus grande pendant tous ces mois. Un hiver dure cinquante livres et vous fixe au silence tel un insecte épinglé, vos phrases se replient en un seul mot, le temps suspend son vol, midi ou minuit c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Chaque pas s’enfonce vers le nord. Voilà l’heure du Maine, l’heure blanche.”
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CarosandCarosand17 décembre 2012
La maison avait été construite autour d'une aire de silence... Mon père était un grand lecteur, et de longs rayonnages s'étendaient à partir du poêle à bois sur les murs de la salle de séjour jusqu'à la cuisine, ainsi qu'à droite et à gauche jusqu'aux deux chambres à coucher, bibliothèques de quatre étagères contenant tous les livres acquis ou lus par mon père, ce qui revenait au même, car il lisait vraiment tout. J'étais donc entouré de trois mille deux cent quatre-vingt-deux-livres, reliés en cuir, premières éditions ou livres de poche, tous en bon état, rangés par ordre alphabétique et répertoriés sur des listes écrites au stylo. La bibliothèque couvrant les murs de tout le chalet et certaines pièces, plus éloignées du poêle, étant plus sombres et plus froides que d'autres, il y avait donc des romans chauds et des romans froids. Le nom de beaucoup d'auteurs de romans froids commençait par une lettre venant après J et avant M, ainsi, des écrivains comme Johnson, Joyce, Malory et Owen demeuraient au fond, près des chambres à coucher. Mon père appelait le chalet "un avant-poste d'Alexandrie dans le Maine", en hommage à la bibliothèque grecque, et son grand plaisir, au retour du travail, était d'étendre ses chaussettes devant le feu, qui se mettaient bientôt à fumer, puis, vêtu de son épais chandail et après avoir allumé sa pipe, il me demandait d'aller lui chercher tel ou tel livre. Je me rapelle la sensation des pages froides entre mes mains comme je le lui apportais. Je regardais le livre se réchauffer près du feu sous son regard et quand il avait terminé sa lecture j'allais remettre le livre chaud sur son étagère, le reglissais à sa place, un peu plus difficilement, la chaleur l'ayant fait un rien gonfler.
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Le pays de cocagne - Gerard Donovan Marque Page 15-03-2011
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