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EAN : 9782819505990
Éditeur : Nouveaux auteurs (03/10/2019)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Un affrontement impitoyable entre le tueur et la police au cours duquel tous les coups sont permis ! Un twist final saisissant !
Toulouse. Une sortie de périphérique. Un meurtre, trois témoins : Ludovic, Claire et Ousmane. Le lendemain, un SMS sur leur smartphone : « je sais ce que vous avez vu ». Eux ne savent pas qu’ils viennent de devenir des cibles… Dans une ville traumatisée par un tueur en série surnommé Baba-Yaga, trois individus que tout oppose vont ê... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
SerialThrillers
  21 janvier 2020
En plein emballement médiatique, sur l'affaire du tueur en série "Baba-Yaga", Toulouse compte ses morts. Un soir d'hiver, Ludovic analyste financier et père de famille, Ousmane jeune livreur en scooter et Claire ambulancière solitaire, assistent à l'exécution d'une joggeuse à la sortie 16 du périphérique toulousain. Pris de panique ils prennent tous la fuite.
Dès le lendemain, ces témoins gênants se trouvent embarqués dans un jeu de piste où seul la peur les guide à travers l'emblématique ville rose. le but ? En sortir vivant, coûte que coûte.
La narration alterne ici entre les trois témoins et le commandant de police en charge de l'enquête sur le tueur en série, avec des chapitres courts et rythmés. On suit leur parcours de vie depuis l'assassinat de la jeune femme, jusqu'au dénouement avec une attente palpable.
La personnalité des personnages est très travaillée et apporte des émotions à un récit riche en révélations.
Très agréable à lire, Jeu de dames de Nicolas Druart, fait également référence à la mythologie russe et ancre son thriller dans un environnement actuel.
Mais le must have de ce très bon roman reste pour moi le twist final, digne de la saga Saw, on ne le voit pas venir, purement jouissif !!
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audelagandre
  20 janvier 2020
Toulouse, la ville rose… Au sortir du périphérique, une joggeuse est abattue de sang froid. Trois témoins : Ludovic, Ousmane et Claire. Trois témoins qui choisissent de prendre la fuite. le lendemain, aucune mention du meurtre dans la presse, ni à la radio. Mais chacun reçoit un SMS émanant d'un numéro inconnu disant « je sais ce que vous avez vu ». La tension monte dans une ville déjà fortement marquée par cet étrange tueur surnommé Baba-Yaga ayant déjà plusieurs victimes à son actif. Un étrange jeu de piste commence alors, mettant en lumière des personnalités pas aussi irréprochables que ça. Un seul but : rester en vie.
Parfois, il suffit d'un rien pour choisir un livre : un pitch, une couverture, juste quelques mots. Et comme vous connaissez maintenant ma théorie du livre qui tombe entre vos mains à point nommé, vous ne serez pas étonnés d'apprendre que lorsque Nicolas Druart m'a proposée de m'envoyer son livre, j'ai tout de suite dit oui, puisqu'il était déjà dans ma liste des romans à découvrir. IL n'en reste pas moins que lorsqu'un auteur vous propose de lire son roman parce qu'il veut avoir un avis sincère, cela reste très gratifiant. Alors, à l'heure où parfois, le doute pointe le bout de son nez, la vie vous envoie un petit signe. Donc merci, Nicolas, pour ta confiance.
Pour entrer au coeur du sujet, j'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur a construit son intrigue qui repose sur les vicissitudes de 3 personnages et avance ses pions lentement. Il prend le temps d'installer ses personnages centraux en faisant du lecteur le témoin de leurs vies. Ainsi Ludovic, brillant trader, homme de toutes les réussites cache une personnalité plus sombre et plus perverse sous son costume bien coupé. Ousmane ne lui ressemble en rien : banlieusard, livreur de sushis, paumé. Quant à Claire, ambulancière de métier, elle possède aussi d'autres dons lui permettant d'arrondir ses fins de mois. Trois personnages qui n'ont rien en commun se retrouvent au même endroit par hasard et malchance, et dont les destins se trouvent irrémédiablement liés. Pourtant, le récit n'est pas linéaire. Nicolas Druart a eu la bonne idée d'insérer des chapitres concernant l'interrogatoire de Sandrine Pujol, commandant au SRPJ de Toulouse. Sept ans passés dans cette fonction, états de service irréprochables et pourtant, ceux qui l'interrogent ne sont pas tendres, à la limite du harcèlement même. Autant dire que l'on sent immédiatement que quelque chose a « merdé » dans cette histoire.
Je prends toujours avec beaucoup de méfiance les récits qui débutent en présentant de front plusieurs personnages : peur qu'une histoire prenne le pas sur l'autre et crainte de me mélanger les pinceaux. Aucune angoisse à avoir ici puisque l'auteur crée des personnages très différents, suffisamment opposés et contrastés pour que les différents récits soient clairs. Si le roman est construit sur des personnages forts, assez charismatiques, l'intrigue n'est pas pour autant négligée, loin de là. Elle est menée tambour battant et le suspense monte crescendo, mais en vous accrochant dès les premières pages. Cette enquête est bien plus complexe qu'il y paraît et rien n'est laissé au hasard. Il n'y a pas de remplissage, de digressions inutiles, de détails collés là pour faire joli. Difficile de vous en parler avec plus de détails sans en dévoiler trop, mais une fois ouvert, il est assez difficile à lâcher.
Ludovic, Ousmane et Claire sont très différents. L'empathie ressentie par le lecteur pour l'un ou l'autre varie. Nicolas Druart réussit le tour de force de nous les faire aimer voire plaindre, puis, par l'arrivée de certaines révélations, à nous les faire détester. Une façon de démontrer que l'apparence des gens que nous côtoyons n'est pas toujours conforme à la manière dont nous les percevons. Une énorme partie de l'angoisse qui monte crescendo vient de là.
Assurément, il y a chez Nicolas Druart une patte très personnelle qui laisse présager un bel avenir dans le milieu du noir. Si j'étais maîtresse d'école, j'écrirais « poursuivez vos efforts, vous tenez le bon bout ! »

Lien : https://aude-bouquine.com/20..
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Entre2Livres
  10 janvier 2020
✔️Mon ressenti : Ce roman est le second de l'auteur après « Nuits Blanches » qui est lauréat du Prix Suspense 2018 présidé par Franck Thilliez. Je ne l'ai pas encore lu, mais cela ne saurait tarder. Pourquoi? puisque, je vous présente mon premier coup de coeur de l'année !
Pour l'histoire, à Toulouse, un tueur en série sévit. Un soir, trois personnes, inconnues les unes des autres, sont témoins d'un meurtre. Elles décident de fermer les yeux et de rentrer chez elles. le lendemain, un SMS leur parvient, quelqu'un sait qu'ils se trouvaient sur les lieux et qu'ils n'ont rien fait…
Un suspense et une tension s'installent dès la première page et se poursuit jusqu'au point final, aucun temps mort.
Les chapitres alternent les voix des trois personnages et vient s'entremêler l'interrogatoire d'une enquêtrice, qui nous fait penser que l'enquête a été un fiasco, mais pourquoi ? Comment ? Et surtout qui est coupable ?
Les chapitres sont courts et riches en rebondissements. le récit se déroule sur une période très restreinte et l'auteur sait jouer avec nous, il finit les chapitres en donnant l'amorce de ce qui va se passer par la suite, donc pas le choix, il faut continuer ! Je l'ai dévoré...
Ce roman est une pépite, si vous aimez, le suspense, la tension et les constructions originales, je vous le conseille vivement !
🗣Citation : « C'est en forgeant qu'on devient forgeron ; en écrivant qu'on devient écrivain ; c'est en tuant qu'on devient tueur en série. Dans tous les cas seule la pratique permet de perfectionner son art. »
🎯Mots Clefs : Enquête / Témoins / Proie / Tueur / Toulouse
🏆Ma note : 19/20
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LesMotsdeLau
  12 janvier 2020
Bonsoir à tous, nous allons parler ensemble de mon avant-dernière lecture de l'année 2019 qui fut une très belle découverte. Jeu de dames termine en beauté mon année littéraire puisqu'il se hisse directement dans le top 10 de mes meilleures lectures de l'année.
Tout se passe dans la ville rose, nous n'allons pas bouger de ces ruelles et surtout de ces routes toulousaines et c'est parfait comme ça, car une fois la balade achevée vous serez à bout de souffle. Être présent au mauvais endroit au moment, cette expression n'aura jamais aussi bien collé à la peau de ces pauvres personnes qui ne souhaitaient qu'une chose rentrer chez eux après une grosse journée.
L'histoire est très bien ficelée et l'auteur va mener en bateau son lecteur, lui proposant un jeu grandeur nature où les soupçons et la méfiance seront de mises.
La force de ce récit ce sont ces personnages ! Nicolas Druart leur a donné une vraie identité, ils ont une âme, pas toujours reluisante et peu enviable, mais ça instaure un climat et une présence très efficace dans le récit. Cette intrigue est vue sous plusieurs angles et là aussi ça match, ça percute et on fait défiler les pages de ce petit pavé à une vitesse grand V.
Pas de fioriture on démarre direct avec un assassinat en plein périphérique, c'est ce point de départ précis qui va mener au jeu morbide et entraîner ces malheureux témoins dans une véritable descente aux enfers. En parallèle de cette chasse et de cette quête à la survie, nous avons le point de vue policier avec la partie enquête qui va nous aider à tisser nos propres théories.
Une chronologie réglée comme un métronome ou chaque personnage dans son horreur apportera sa pierre à cette histoire ou toutes les apparences seront trompeuses.
Si vous aimez les tueurs en séries et les traques c'est par ici, vous aurez votre de dose de harcèlements en tout genre. Vous êtes plutôt Darknet et BDSM et bien ne partez pas vous aurez aussi de quoi vous amuser. Vous aimez jouez alors venez les observer ! Serez-vous plus fort que le Baba Yaga, tueur en série aux 14 victimes ? Nous allons jouer ensemble pour le savoir…
Le final vous explosera à la figure que dans les toutes dernières pages, distillant les doutes, les craintes et les pires suppositions. Bref, vous l'aurez compris ce n'est pas un thriller pépère qui vous attend, mais du psychologique avec des scènes qui s'enchaînent. L'alternance de chapitre court entre chaque personnage apporte un effet page-turner effroyable.
Un livre que je vous recommande, quant à moi il me reste « Nuit blanche » à découvrir et j'en suis bien heureuse vu la qualité de ce livre-ci !

Lien : https://lesmotsdelau.fr/l/je..
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loeildeluciole
  23 novembre 2019
Après l'excellent premier roman huis-clos hospitalier de Nicolas Druart, infirmier, Nuit blanche (sorti chez Pocket en poche), j'attendais avec impatience la sortie du second. Quand il a proposé de me l'envoyer, j'ai dit oui sans hésiter ni lire résumé. Un jour, un auteur m'a dit qu'écrire un roman, c'était facile (ça se discute bien sûr) mais que le plus dur c'était d'en écrire un deuxième et ainsi de suite. Et là je suis d'accord. N'est pas auteur qui veut ! J'attendais donc beaucoup de se second roman et je n'ai pas été déçue une seconde ! Nicolas Druart confirme son talent et son entrée facassante dans le monde du thriller !
Cette fois, pas d'hôpital ni de huis-clos (mes craintes). Non, au contraire, on se retrouve pris au piège avec trois pauvres victimes, témoins d'un meurtre et soumises à un jeu pervers dans la ville de Toulouse. Par qui ? Mystère ! La ville accueille déjà un tueur en série qui a fait quatorze victimes et que la police ne trouve pas. Est-ce la même personne qui a assassiné de sang froid une joggeuse à la sortie du périph ? Ludovic, Claire et Ousmane ne le savent pas mais redoutent l'arrivée des SMS annonçant des menaces et donnant des ordres. le maître de ce jeu macabre est sadique et bien caché !
Nicolas m'a eu comme une bleu à la fin ! Et ça, j'adore et j'en redemande ! le troisième est en route ?
Lien : https://www.loeildeluciole.c..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
mimo26mimo26   15 octobre 2019
Météo France a annoncé de la neige sur Toulouse, mais aucun flocon n’est encore tombé sur la ville rose. Une ville rose qui, après des mois de terreur, est passée au rouge. Rouge comme les joues de la joggeuse. Rouge comme son smartphone qui la géolocalise, qui calcule la distance qu’elle a parcourue et, approximativement, enregistre ses paramètres vitaux. Rouge comme les écouteurs de son iPod intemporel qui lui balance la voix mélancolique d’Ed Sheeran dans les oreilles.

Rouge comme les feux arrière de l’utilitaire qui est sorti du périphérique et qui rétrograde avant l’arrivée au carrefour.

Le moteur du bolide rugit. La joggeuse tourne la tête en direction du raffut.

Une seconde d’inattention. Seulement.

Et alors que le chanteur roux entonne le refrain de Shape of You dans ses tympans, la jeune femme grimace, interrompt sa course et attrape sa cheville gauche en sautillant.

L’articulation a tourné. C’est ce qu’elle imagine.

Au niveau du carrefour, le feu passe au rouge. L’utilitaire ralentit. La joggeuse surgit de l’orée du bosquet. Elle boitille, ostensiblement. Les muscles de son visage sont contractés. La douleur semble fulgurante. Elle avance à cloche-pied, franchit la barrière rouge et blanc saupoudrée de gel, qui interdit l’accès du sentier aux véhicules à moteur. Elle regagne le bitume.

À l’angle du carrefour, une salle de sport déserte. Les vélos et les tapis roulants s’alignent tels des spectres derrière les grandes fenêtres, comme s’ils récupéraient après une journée entière à supporter le poids des assoiffées de fitness et autres adeptes du culte du corps parfait. L’endroit est sinistre. Silencieux. Sur la gauche, la bretelle – sortie 16 –, le feu tricolore, les passages piétons qui précèdent le pont du périphérique.

L’utilitaire s’immobilise. Au point mort.

La jeune femme hésite. Puise dans son courage. Elle doit demander de l’aide. Toujours en boitant, elle extrait les écouteurs de ses oreilles et se dirige vers le véhicule à l’arrêt. Vitres teintées à l’arrière. Forme humanoïde à l’avant, derrière le volant, encapuchonnée dans un sweat noir.

Les lumières des réverbères projettent un halo exsangue, étouffé par l’épaisseur de la nuit. Aucun son, pas même une bourrasque ni le bruit d’une accélération sur l’autoroute qui passe en hauteur sur le pont.

La joggeuse avale sa salive avec difficulté. Des pétales de gel dansent autour d’elle et se déposent sur ses vêtements. La peur se distille dans son organisme comme un poison. Sueurs froides. Bouche sèche. Membres glacés. Depuis qu’elle ne court plus, le froid la paralyse. Un point de côté pulse dans son flanc droit. Elle se masse toujours la cheville, haletante. Tous les muscles de son faciès sont contractés en une expression de souffrance intense.

Derrière la vitre, la forme tourne la tête dans sa direction. Son visage est plongé dans l’ombre. Méconnaissable. Angoissant. La joggeuse titube encore vers le passage piéton. À cloche-pied. La camionnette est à quelques mètres. Le feu passe au vert, celui des piétons est au rouge, mais l’utilitaire, lui, ne bouge pas.

La vitre du côté passager descend dans un bruit électrique.

Au loin, un scooter pétarade ; des véhicules tombent les rapports à l’approche du carrefour.

La vitre est grande ouverte. La jeune femme découvre les traits du conducteur.

Le temps s’arrête. Un troisième œil la dévisage.
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mimo26mimo26   15 octobre 2019
L’index s’enroule autour de la détente comme un serpent et appuie d’un coup sec.

Le Glock 17 crache son venin Parabellum 9 mm au visage frigorifié de la joggeuse. La douille s’éjecte contre le plafond de l’utilitaire, ricoche, retombe sur le siège passager. Un trou éclot sur le front de la jeune femme ; la balle se fraye un chemin jusqu’au fond de la boîte crânienne, broyant, déchiquetant, pulvérisant tout sur son passage en une bouillie d’os, de sang et de matière cérébrale.

La joggeuse s’écroule sur le trottoir verglacé. Raide morte.

Le carrefour, qui semblait figé dans le temps et dans l’espace, s’anime brusquement.

Un enfant hurle. Un scooter pile sous le pont du périphérique. Un SUV écrase la pédale d’accélérateur. Un véhicule apparaît sur la bretelle d’autoroute à vive allure.

La vitre se referme dans le même bruit électrique. Le froid s’est immiscé dans l’habitacle, le chauffage tourne à fond, désembuant le large parebrise de l’utilitaire. L’odeur de poudre se conjugue à celle du désodorisant jonquille qui vacille sur sa cordelette, enroulée autour du rétroviseur intérieur. Le son de la radio est baissé au minimum, seul un murmure s’échappe des baffles de la camionnette. Le Glock rejoint sa cachette dans la poche centrale du sweat ample.

Levier de vitesse. Embrayage. Accélération.

L’utilitaire mugit, dérape sur la fine couche de gel sur quelques mètres et traverse le carrefour. Il croise le SUV, le scooter, et distance le véhicule qui approchait dans le rétroviseur.

Du fond de sa capuche noire, la silhouette tourne la tête de façon effrénée et saccadée, étudiant chacun de ses rétroviseurs. Ses doigts tambourinent contre le volant alors qu’il enclenche la seconde – le moteur rugit à nouveau –, et s’engage sur la bretelle pour regagner le périphérique.

La camionnette file vers le sud de Toulouse sur l’A61. Direction Saint-Orens. Montpellier. Puis Barcelone. Elle roule en surrégime, ignorant les limitations de vitesse. Quatre-vingt-dix, cent dix, cent trente kilomètres-heure.

Elle s’évapore dans le réseau autoroutier.
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mimo26mimo26   15 octobre 2019
Ludovic n’a pas spécialement hâte de rentrer chez lui.

Il sait ce qui l’attend, et la perspective d’une nouvelle altercation ne l’encourage pas vraiment à regagner sa maison. Il visualise déjà la scène : sa femme, prostrée sur le canapé d’angle, un plaid sur les jambes, devant une série américaine à la con, un verre de Tariquet dans la main et l’esprit embrouillé par les saloperies chimiques qu’elle gobe du matin au soir. Sous l’emprise d’un cocktail alcool-anxiolytique, voilà comment il imagine sa charmante épouse, patientant dans leur pavillon de Balma, à la périphérie de Toulouse.

Non, pas de quoi être pressé de retourner chez lui. Vraiment pas.

Les jumelles doivent être au lit, normalement, depuis longtemps – si l’autre y a pensé –, et Ludovic n’aura même pas le plaisir de les border ni de leur fredonner la berceuse du soir. Il devra juste endurer les accusations et le sermon de sa femme désinhibée qui, grâce aux psychotropes, osera dire tout haut ce qu’elle a sur le cœur, comme chaque fois qu’il rentre aussi tard.

Les mêmes sujets reviendront sur le tapis, inévitablement : pourquoi rentres-tu à cette heure-ci ? Ton boulot accapare tout ton temps ! Occupe-toi un peu de tes filles, c’est toi qui les as voulues ! Qu’est-ce qui s’est passé, Ludo ? Que nous est-il arrivé ?

Mais Ludo le sait très bien, lui, ce qu’il s’est passé. Il vit avec une bonne femme incapable de faire quoi que ce soit avec ses dix doigts, de respecter quelques règles simples et qui, par-dessus le marché, ne cesse de lui faire la morale alors qu’il se démène corps et âme pour offrir un certain confort de vie à sa famille. Tout ce qu’il demande, c’est qu’on lui lâche un peu la bride. Mais ça, l’autre n’arrive pas à le comprendre !
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SerialThrillersSerialThrillers   21 janvier 2020
Sa main vengeresse répandra le sang sur les âmes en peine.
Ou l'urine.
Le baba-yaga déboutonne son jean. Il écarte les jambes, se met en position et, tout en pointant le glock contre l' "insecte" qui se prosterne à ses pieds, il pisse sur le sans-abri pétrifié.
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mimo26mimo26   15 octobre 2019
Le parebrise est gelé. Ludovic démarre le moteur, enclenche le désembuage et sort gratter la couche de givre en soufflant sur ses doigts pour les réchauffer.

La télécommande émet un bip, la porte du portail s’ouvre en silence. Ludovic actionne la marche arrière quand les trois notes d’un message carillonnent dans les baffles de la Volkswagen. Un SMS.

Machinalement, conditionné par l’air du temps de cette génération connectée, il baisse les yeux vers le smartphone fixé sur son support, comme tous ces gens qui préfèrent mourir au volant plutôt que de rater une notification Facebook.

Numéro masqué.

Une ride scinde le front de Ludovic en deux. Il ignorait que l’on pouvait envoyer des SMS masqués. D’un mouvement du pouce, il ouvre la messagerie. Son pied gauche dérape, l’embrayage se relâche, les graviers crissent sous les pneus du SUV. Il cale.

Le cœur de Ludovic s’emballe. Brusquement il a chaud, froid, puis à nouveau chaud. Il a l’impression de manquer d’air, d’étouffer. L’habitacle s’étiole, les portières se rapprochent, les lumières du tableau de bord deviennent d’une violence éblouissante.

Ludovic est en apnée. Sa vision se trouble.

Il ouvre la portière le plus vite possible, tend le cou vers la fraîcheur matinale. Inspire à pleins poumons. De l’air pur ! Vivifiant. Revigorant. Il tente de se contrôler. Porte la main à sa poitrine en essayant de calmer sa respiration.

Il saisit son téléphone, relit le SMS.

Je sais ce que vous avez vu.
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