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EAN : 9782265118492
480 pages
Fleuve Editions (07/02/2019)
3.99/5   109 notes
Résumé :
Avec ce huis clos provincial où les faux-semblants ont de beaux jours devant eux, Cécile Cabanac signe un premier polar chabrolien hautement maîtrisé.

Catherine Renon n'a plus vu son mari François depuis des jours et ne semble pas s'en émouvoir. Dans ce coin d'Auvergne où les rumeurs blessent et tuent, pas question de prêter le flanc à la calomnie. Et surtout pas à sa belle-mère, veuve solitaire qui voue à son fils un culte tout en démesure.
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
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Jeanfrancoislemoine
  20 février 2019
J'ai fait un rêve : je faisais un commentaire sans concession sur un livre que je n'avais pas , mais pas du tout aimé !!! Et mes amis babeliotes de m'adresser des messages exaltés : " Ouf , notre PAL ne va pas augmenter , on va enfin faire des économies "....Bon , et bien je viens de terminer "Des poignards dans les sourires " et , désolé ,mais je l'ai ...adoré. Vous pouvez donc clore ici la lecture de ce commentaire et je vous dis " à bientôt "......
L'action , elle va se dérouler en province , Clermont-Ferrand et ses environs.
Le héros , c'est François Renon , un entrepreneur local....Trois pages et il meurt ,
Coups de couteau dans le dos....et il disparaît....Voilà, c'est pas compliqué quand même...Et notre ami François , il va devenir le point d'ancrage , le pivot d'un incroyable imbroglio familial....et nous , on va " patauger dans les miasmes ".
Vous vous souvenez tous d'avoir entendu parler , au cours de vos études , de la famille des Atrides ? Et bien , les Atrides , en comparaison , ce sont des " enfants de choeur ". Leurs relations , du " pipi de chat , de la roupie de sansonnet ". Si j'ose m'exprimer ainsi.
Les Renon , c'est "du lourd" , de la bonne bourgeoisie locale , cette bourgeoisie où tout le monde semble né avec une cuillère d'argent dans la bouche...Oui , mais ça , c'est quand on ne gratte pas trop le vernis ...Parce que , les Renon , ils sont unis par un lien , que dis-je , des chaînes , des chaînes de haine , des haines viscérales , des haines si fortes que chacun d'eux rêve de.... serait capable d'avoir.....Autour d'eux gravitent aussi quelques personnes qui auraient aussi pu....qui auraient eu bien des raisons de...
La veuve de François, c'est Catherine . La disparition de son mari ne la perturbe pas trop : la voilà qui va chez le coiffeur , qui soigne son " look " , hum , pas clair tout ça....Et puis , elle est très proche de sa soeur Françoise , atteinte d'un cancer et en phase terminale...événement qui , on le comprend aisément, la perturbe grandement .
Bref , un mort , des tonnes d'assassins potentiels et une rare habileté pour l'auteure de bien tout compliquer et de nous lancer sur des pistes plus ou moins ....Le pire? Et bien c'est que ça marche....
Pas facile l'enquête pour Virginie Sevran et Pierre Biolet du SRPJ de Clermont. Ces deux flics gagnent notre sympathie tout au long du roman . On sent bien que leur vie personnelle n'est pas toujours simple mais leur pudeur les détourne du chemin de l'alcool , chemin souvent usité par nombre de leurs collègues dans bien d'autres romans , des flics sympas et humains....
Voilà posées les premières pierres d'un édifice qui ne demande qu'à s'écrouler sans que l'on ait à faire preuve d'une force exceptionnelle ou d'un acharnement impitoyable....
Les chapitres sont courts , on passe de l'un à l'autre avec gourmandise , intérêt , envie , avec avidité. Je me dois de vous faire une confidence : hier, j'ai zappé la promenade ensoleillée sur les magnifiques bords de Vienne ! Mon épouse n'était pas très contente , mais je lui ai bien fait remarquer qu'il ne fallait pas m'offrir de tels bouquins ! Non , rassurez-vous ,il n'y a pas de problème entre nous , je vais l'accompagner cet après-midi....enfin si le livre que je viens de commencer me laisse en paix...Et ça,c'est pas gagné !! Bon , en même temps , chez nous , ce n'est pas comme chez les Renon ....mais je vous laisse découvrir.
Une derniére petite chose. Pour aller à Clermont , terminé , fini , je n'emprunte plus le col des Goules. J'aurais trop peur. Peur de perdre la tête.
Peur que les bras m'en tombent . Peur , au point de ne plus " en avoir de jambes ".....Vous êtes intrigués ? Vous ne comprenez pas ? Vous aimeriez en savoir plus? Et ben , ça y est , un de plus sur la PAL....Bonne nouvelle quand même, il paraît que les livres vont être remboursés par la Sécurité Sociale !!!
Un mot pour l'auteure . Brillante pour un premier roman , brillante et...à suivre .
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marina53
  12 mars 2020
De ses excès de la veille, François Renon peine à s'en remettre. Encore groggy, c'est glacé et encore chancelant qu'il quitte la chambre conjugale et descend au rez-de-chaussée. Alors qu'il tente de se préparer à manger, une ombre surgit derrière lui. La peur l'étreint, une douleur vive et piquante dans son dos le paralyse. Incapable de se défendre. Il ne perçoit même plus la souffrance qui le parcourt et lentement, la vie l'abandonne...
Après avoir passé le week-end, en région parisienne, chez sa soeur, avec ses enfants, Catherine Renon est sur la route du retour. Alors qu'elle approche de Ceyrat, l'appréhension monte. Son couple en crise, François devenu ingérable, veut reprendre les choses en main, ne serait-ce que pour leurs trois enfants. Souhaitant se retrouver seule avec son mari, elle laisse ces derniers chez son amie. Mais, en rentrant chez elle, elle trouve la maison vide ainsi que la penderie et le tiroir de François. Abasourdie, elle ne s'attendait pas à cela...
Trois jours plus tard, un joggeur appelle la police : il vient de tomber sur un cadavre calciné, les membres et la tête découpés, au col des Goules. La capitaine Sevran, fraîchement débarquée de Paris, et son équipier, Pierre Biolet, se rendent sur les lieux. Qui a bien pu s'acharner à ce point sur l'individu ? L'enquête s'annonce compliquée au vu du peu d'éléments que les agents retrouvent sur place...
Un meurtre dès les toutes premières pages, un cadavre "anonyme" et raccourci retrouvé quelques feuillets plus loin... Sans nul doute que ces deux sombres événements sont liés. Sauf que tout n'est pas si simple pour la capitaine Virginie Sevran puisque de François Renon, sa femme ne semble guère attristé de sa disparition. Bien au contraire... Cécile Cabanac nous entraîne en plein huis clos auvergnat où l'on suit cette tragédie familiale. La capitaine Sevran, tout juste mutée du 36 après son divorce et chargée de l'enquête, va peu à peu découvrir cette famille Renon. Un beau tableau familial qui va peu à peu s'abîmer et perdre de ses couleurs car, tour à tour, nous découvrons les sombres secrets, ressentiments et non-dits qui ternissent ce semblant de famille. L'auteure, en effet, s'attarde sur les failles de certains (enfance douloureuse, tromperie, alcool, chantages, violence...) et dresse, au final, un tableau peu reluisant de cette famille bourgeoise d'apparence fort respectable. Ce roman policier offre une intrigue solide, des personnages foisonnants et complexes, un dénouement inattendu et une fresque peu reluisante de la bourgeoisie provinciale.
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SZRAMOWO
  16 mars 2019
François Renon est un entrepreneur de renom (gag simpliste mais gratuit), il n'a eu aucun mal à le devenir, son père Georges aujourd'hui décédé lui a légué une entreprise de bâtiment et travaux publics qui a fleuri sur le compost de l'après-guerre et a profité sous le Gaullisme des relations douteuses entre marchés publics, bâtiment et financement des partis politiques, la mafia n'est pas très loin de ce modèle. le récit se déroule en Auvergne, entre Clermont-Ferrand, Vichy (tiens !) Chamalières et Ceyrat.
François est marié à Catherine, une parisienne qui a tenté sa chance à Clermont et a tiré le gros lot dans tous les sens du terme pour le meilleur et pour le pire. le pire a largement dépassé le niveau du meilleur. Ils ont trois enfants, Maxime, Clémence et Eliott.
La mère Renon, Michelle a tout de la douairière aigrie, délaissée par son mari, Georges qui a semé deux bâtards chez une quincaillère.
Cécile Cabanac construit son récit avec talent. Dès le premier chapitre, on assiste au meurtre de François, dont on découvre que sa passion pour l'alcool l'a conduit à des dérives crapoteuses et qu'il doit se trouver en compagnie d'une femme qui n'est pas Catherine.
Elle décrit ensuite, pour éclairer le personnage disparu, son entourage familial, il a deux soeurs, Jeanne et Marie et ses relations professionnelles.
La vie du couple Renon n'est pas des plus reluisantes. Les relations entre la patriarche Michelle et Catherine ne sont pas au beau fixe. Seul François trouve grâce aux yeux de sa mère.
Côté Police, la Capitaine Virginie Sevran elle aussi parisienne échouée à la PJ de Clermont pour cause de séparation avec Paul son mari qui n'a pas supporté le quotidien de mari d'une enquêtrice de la Crim, est chargée de l'enquête. Elle est assistée du lieutenant Biolet qui traverse également une perturbation sentimentale.
L'équipe de la PJ complétée par Navard, le macho de service, Ghemzi, la beur de service, est sous l'autorité du directeur Ospitalé, « un rondouillard d'une soixantaine d'années. »
La légiste au CHU de Clermont est professeur Sophie Brun « Une femme d'environ 50 ans, peut-être moins, grande, mince (…) porte un rouge à lèvres discret et une chemise noire sous sa blouse blanche. »
J'ai trouvé deux points forts au roman et au déroulement de l'enquête :
La description d'une certaine bourgeoisie provinciale et le parallèle que le lecteur établit rapidement entre Catherine et Virginie, deux parisiennes qui ont du mal à s'intégrer en province, ce qui les conduit à adopter des comportements atypiques.
La façon dont le lecteur est mis en concurrence avec la capitaine Sevran. L'auteur divulgue au lecteur des fait que Sevran n'obtiendra (ou pas qu'en faisant témoigner des personnages que le lecteur a vu dans l'action.
Au cours de la lecture, on a souvent envie de dire à Sevran, mais non Virginie, tu fais fausse route, ou à Catherine, si tu réagis de cette façon, les soupçons ne vont pas tarder à se reporter sur toi.
Même si le roman est un peu long pour moi, il a le mérite de ne rien révéler sur l'issue. le lecteur est comme Sevran, face à un groupe de suspects, coupables potentiels, sans que rien ne fasse pencher la balance vers l'un d'eux.
Roman très agréable à lire que je classe en bonne place dans la littérature policière française, avec un plus en raison de la construction très élaborée du récit.
A lire pour les amateurs du genre.

Lien : https://camalonga.wordpress...
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livrement_ka
  03 juillet 2019
Titre :  DES POIGNARDS DANS LES SOURIRES
Auteur : Cécile CABANAC
Editions : Fleuve
Genre : thriller
Nombre de pages : 471
Date : 2019 (janvier)
Prix : 19,90 €

Présentation physique du livre :
Un livre de moyen format comprenant près de 500 pages.
La couverture représente un verre de vin au milieu d'une fulée rouge. Une bien jolie couverture.

Résumé : 
Avec ce huis clos provincial où les faux-semblants ont de beaux jours devant eux, Cécile Cabanac signe un premier polar chabrolien hautement maîtrisé.
Catherine Renon n'a plus vu son mari François depuis des jours et ne semble pas s'en émouvoir. Dans ce coin d'Auvergne où les rumeurs blessent et tuent, pas question de prêter le flanc à la calomnie. Et surtout pas à sa belle-mère, veuve solitaire qui voue à son fils un culte tout en démesure.
Virginie Sevran et Pierre Biolet, du SRPJ de Clermont-Ferrand, ont été appelés pour constater la présence d'un corps démembré et en partie brûlé au Col des Goules.
C'est la première enquête de Virginie depuis qu'elle a quitté le 36, quai des Orfèvres pour la province, à la stupéfaction de ses proches. Quant à Pierre, il observe sa nouvelle coéquipière d'un oeil à la fois bienveillant et inquiet. Qu'est-elle venue chercher ?
Quand l'enquête met un nom sur ce corps, celui de François Renon, les questions les plus folles surgissent, avec une seule certitude : tous les meurtriers possibles de ce fils de bonne famille sont autant de facettes d'une victime annoncée.

Sur l'auteur et son univers (cf Babélio)
Nationalité : France 
Né(e) : 1976
Biographie : 
Cécile Cabanac est journaliste, réalisatrice et auteure.
Elle fait ses armes en presse écrite au journal "Sud-Ouest". 
Après une Maîtrise d'histoire contemporaine à l'Université Montaigne à Bordeaux, elle a ensuite intégré l'École supérieure de journalisme de Lille. Elle s'y spécialise dans l'audiovisuel.
Diplômée de la 75e promotion, elle rejoint, en 2001, TF1 à Paris comme JRI (journaliste reporter d'images).
Maniant avec dextérité la caméra, elle réalise de nombreux reportages pour journaux télévisés de TF1 et LCI.
En tant que journaliste réalisatrice, Cécile intègre ensuite "Le magazine de la santé" sur France 5.
Elle sera également chroniqueuse au "Magazine de la Santé" ainsi qu'aux "Maternelles" sur France 5. 
En parallèle elle réalise des documentaires de société pour France 5 et de nombreux numéros de l'émission "Faites entrez l'accusé" sur France 2.
Passionnée par la création, l'art, la musique, la mode et l'image, Cécile a été chef de projet communication au sein de Bonne-Graine, de 2015 à 2016.
"Des poignards dans les sourires" (2019) est son premier roman. 


Sur les éditions
https://www.lisez.com/fleuve-editions/17


AVIS

Un premier roman particulièrement réussi pour cette auteure qui nous distille une intrigue extraordinairement bien ficelée. 
Début du livre
Il est allongé sur son lit. Il retient un instant son soufle. Pas un bruit. Sa feme et ses enfants ne sont pas là. D'ordinaire il ne remarque pas leur absence.

Catherine RENON qui était en week end avec ses enfants chez sa soeur Annie, rentre chez elle.
Mais à sa grande surprise elle ne retrouve pas son mari François. C'est suite à une énième mais plus impressionnante que d'habitude dispute que cette mère de famille a décidé de partir en région parisienne avec ses enfants.
Elle ne semble pas s'inquiéter, même après plusieurs jours.
Sa belle-mère, est la première personne à s'affoler et à commencer à remuer ciel et terre pour retrouver son fils, le seul enfant qui compte pour elle. Ses deux filles ne semblent pas exister ses yeux, malgré leurs visites hebdomadaires. 
Quant à ces deux dernières, elles ne se formalisent pas plus que ça de la disparition de François leur frère.
Que cache cette étrange famille ?
Virginie SEVRAN est chargée de cette enquête avec son collègue Biolet. C'est sa première affaire depuis sa mutation dans ce coin retiré d'Auvergne.  Avant elle exerçait son métier à Paris, ville qu'elle a préférée quitter pour des raisons personnelles.
C'est donc tous les deux qu'ils vont devoir résoudre cette énigme, qui va prendre un nouveau tournant avec la découverte d'un tronc calciné.

Les personnages :
Catherine : Epouse de François RENON. Elle semble supporter depuis longtemps les frasques de son mari. Elle se focalise sur ses enfants préférant fermer les yeux sur sa vie de couple qui pour elle n'existe plus depuis longtemps.

Sevran : policière qui va pour sa première mission hériter de la découverte du tronc calciné et de la disparition de François Renon. Elle peut sur cela compter sur Biolet son co-équipier.
Au-delà de tout cela, elle va devoir conjuguer avec le proucreur, le juge, le chef, et le médecin légiste, tout en ayant à résoudre ses problèmes personnels.

Biolet : Policier qui va trouver en Sevran une coéquipière très efficace.

Annie : Soeur de Catherine. C'est chez elle, que cette dernière était en week end au moment de la disparition de François.
Annie est en proie à une terrible maladie. Elle vit avec son mari Jean.

Les soeurs de François : ses deux femmes au caractère assez particulier semble avoir une énorme rancune envers leur mère. Je vous laisse découvrir le pourquoi du comment mais cela fait planer une ambiance assez pesante.


Le point fort de l'histoire : contrairement à ce que j'aurai pu croire, je pense que le point fort de l'histoire résulte du huis clos dans lequel l'intrigue se passe.
Nous avons parallèlement la famille de Catherine avec sa soeur, et ses parents, et la famille Renon avec la mère et les deux soeurs (des allusions sont faites sur le grand père à l'origine de l'entreprise familialequi va être un des éléments de l'histoire). 
Chacune de ces familles a des choses à cacher, des secrets inavoués et surtout inavouables. Comment se remettre de tout cela ?? Comment continuer à vivre normalement après tous ces évènements que personne ne devraient vivre ou subir.
Et le personnage qui m'a le plus plu est celui de la mère de François Renon. Non pas qu'elle soit la plus sympathique, mais je pense que cela est dû au fait que l'auteure a vraiment travaillé en profondeur ce personnage pour en faire ce qu'il est. Une personne qui pour moi est en marge de la vie, et qui ne ressent pas les choses normalement. 

Le style de l'auteur
Une écriture bien rythmée qui permet au lecteur d'imaginer tous les scénarios possibles. Puis au moment où on pense avoir fait le tour et tenir le meurtirer, hop l'auteure nous lance une indice qui nous fait repartir dans un sens différent. 
Tous les personnages peuvent être suspectés, en raison, soit de leur différends avec la victime, personnels, financiers, moraux. Cette victime dont la nature va être révélée au grand jour et surtout à son fils Maxime, en pleine adolescence, qui va tomber de très haut.
Quant au personnage de Catherine, il a vraiment été bien travaillé par l'auteure. On a l'impression de la connaître et on est surpris par l'évolution de son attitude tout au fil de l'enquête, même si on a éprouve une certaine compassion.
Enfin, j'ai vraiment apprécié également toute l'histoire de la famille Renon racontée bribes par bribes par l'auteure, mais qui permet de découvrir les dessous d'une famille en apparence normale, mais au final, peu ordinaire.
Et alors chapeau bas à l'auteur pour arriver à faire en sorte que la disparition d'une personne entraine tout ce déferlement de révélations toutes plus sordides les unes que les autres , et fasse tomber l'image de la famille modèle. 
Chaque personnage réagit différemment à cette annonce, et jamais comme le lecteur s'y serait attendu. On va de surprises en rebondissements tout au long du livre. On  ne s'ennuie à aucune moment et on a hâte de connaitre la suite.
Pour certains personnages j'avais de l'empathie, puis quelques pages et révélations plus tard de l'antipathie...Bref on se sait pas sur quel pied danser; toujours à se demander ce que l'auteure va encore nous mettre sous le nez. Car c'est vraiment cela, on subit l'histoire plus qu'on ne la lit. On ne fait qu'assister impuissant à la mise à nu de cette mascarade de famille faite de faux semblants et de non-dits.

Le genre
Un thriller très très bien mené.

La forme de l histoire
Le récit est divisé en plusieurs chapitres. Chaque chapitres correspondant à une période temps. Pas de flash en arrière, le récit est menée de manière chronologique.
Le texte est très aéré et l'écriture est fluide. Ce qui en fait une lecture très agréable. 

Conclusion :
Un magnifique premier roman auquel il ne manque rien. Une intrigue bien ficelée des personnages avec tous un caractère diffférent et un duo de policiers de coc. Tous les ingrédients pour passer un excellent roman.
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audelagandre
  10 février 2019
Le tronc d'un homme démembré et brûlé est retrouvé au Col des Goules. Il lui manque la tête, les membres, et son attribut sexuel. Virginie Sevran fraîchement débarquée de Paris a demandé sa mutation dans cette région auvergnate et c'est avec cette affaire qu'elle va faire ses armes en terre « hostile ». Bien loin du 36, c'est un milieu très rural qui l'attend, avec ses petits commérages, ses rumeurs, à la rencontre de gens étranges qui ne sont pas ce qu'ils paraissent être. Parallèlement à la découverte de ce corps, François Renon disparaît.
Découvrez donc la famille Renon, une famille tout à fait charmante sous bien des aspects. Au jeu des 7 familles, je demande le grand-père, à la tête de l'entreprise familiale, décédé. La grand-mère, a élevé 3 enfants en oubliant de les aimer, et en leur filant des baffes, surtout aux filles. le fils, François, beaucoup de défauts, très peu de qualités : il trompe sa femme et le clame haut et fort, se rend régulièrement dans des bordels, boit comme un trou et coule l'entreprise familiale. La belle-fille, femme de François, Catherine, sous l'emprise de son mari est totalement m'en-foutiste sur ce qui peut bien lui arriver (et on la comprend). Les soeurs, Jeanne et Marie ont fichu le camp dès qu'elles le pouvaient pour revenir une fois par semaine rendre visite à la mégère qui leur tient lieu de mère. Les petits-enfants enfin, dont Maxime, ado en pleine crise d'adolescence qui en veut à la terre entière et pas pour les bonnes raisons. Enfin, la soeur de Catherine, Aline bouffée par un cancer. le roman s'articule autour de la disparition de François puis autour de l'identification du corps démembré : est-ce François ? Qui est son meurtrier ?

Dans la petite bourgeoisie de Clermont-Ferrand, la famille Renon est une famille bien sous tout rapport. Pas un instant, on ne peut se douter des drames qui s'y trament et du poison qui coule dans ses veines. Tous les personnages sont détestables et n'y voyez là aucune connotation péjorative sur la qualité du roman, bien au contraire. le lecteur a envie de tous les frapper (enfin moi surtout !) Je les ai tous profondément haïs. Sans exception. le portrait des personnages féminins est insoutenable. La grand-mère, sorte de Tati Danielle, la violence en sus, est une chieuse absolue, aigrie, laide intérieurement, tout juste bonne à coller à l'hospice. Catherine, sa belle-fille est une carpette qui laisse passer toutes les humiliations y compris les histoires que son mari raconte à table sur ses frasques avec ses maîtresses. Les soeurs, Jeanne et Marie qui ont bien des raisons de détester leur mère, continuent à s'aplatir devant cette folle en allant lui tenir la main toutes les semaines, se prenant au passage des réflexions bien senties. Il n'y a réellement que la flic, Virginie qui sauve les meubles, au milieu de ce champ de ruine de l'espèce humaine en voie de perdition. Vive la famille en résumé, à vous dégoutter pour toujours d'en avoir une.
Le point fort du roman et certainement le but de Cécile Cabanac est le suivant : TOUS les personnages sont potentiellement coupables. Ils ont TOUS de petits secrets cachés, des squelettes dans leurs placards, des raisons précises de vouloir tuer ou d'avoir tué François Renon. L'auteur brouille sans cesse les pistes. Au fur et à mesure de l'intrigue, des personnages dont on n'avait pas vraiment anticipé l'existence font leur apparition. Cécile Cabanac noie le poisson. On finit par avoir tellement de coupables potentiels en tête, qu'on n'a plus vraiment de certitude. de révélation en révélation, le petit manège des fautifs tourne, et tourne encore, à vous en donner le vertige.
C'est un polar un peu old school, dans le style d'écriture, mais aussi à cause du lieu dans lequel se situe l'intrigue. La vie semble marcher au ralenti, nous sommes très loin des trépidations citadines, et j'ai apprécié cette sorte de lenteur du temps qui passe.
J'ai aussi particulièrement aimé la différence entre perception et réalité. L'auteur démontre fort habilement, par l'intermédiaire de la mère de François notamment, à quel point l'intériorité d'une personne peut être diamétralement opposée de l'image qu'elle renvoie. L'aveuglement de la mère dû à une forme de dévotion qu'elle porte à son fils est d'anthologie !
Enfin, il y a plusieurs thématiques qui m'ont interpellée : « quelle est la capacité d'une épouse aimante et soucieuse du bien-être de ses enfants, à encaisser les humiliations répétées ? » Je suppose que notre curseur personnel est à chacune différent, le mien est proche de zéro. Ensuite, la descente du piédestal d'un père pour son fils. Les découvertes de Maxime en font de très beaux passages, profonds, détaillés, et très réels. J'aurais aimé que l'aspect de l'hérédité soit également exploité, mais je ne peux vous dire pourquoi. Enfin, merci à l'auteur d'avoir autorisé un personnage à se révolter !! Nom d'un chien !!! Je me demandais si cela allait finir par arriver tant mes nerfs ont été mis à rude épreuve!
Cécile Cabanac montre avec brio comment une disparition peut mettre en péril un équilibre familial déjà précaire parce que fondé sur des non-dits ou des mensonges et menacer tout l'édifice de s'écrouler. Vous savez quoi ? J'ai pris un plaisir intense à voir tout ça se casser la gueule ! Par le prisme de Virginie qui les « regarde se positionner sur l'échiquier », le lecteur contemple la bâtisse s'écrouler, avec un certain sadisme et beaucoup de délectation. « Ils sont étranges dans cette famille, hein ? Imprévisibles surtout… »
Et la vôtre de famille, elle est comment ?

Lien : https://aude-bouquine.com/20..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Book_nesBook_nes   04 août 2022
Là où nous sommes, il y a des poignards dans les sourires des hommes, proche du sang, plus proche du sanglant.
William Shakespeare, Macbeth, 1623
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LecoeurdunlivreLecoeurdunlivre   29 août 2019
Ils ont cette assurance tranquille des gens bien nés, cultivés et intéressants. Elle ne perçoit pas la moindre trace de doute chez eux. Habituellement, elle fuit la compagnie de cette espèce. Ce qu’elle aime au contraire, ce sont les tergiversations, les interrogations, les hésitations et les incertitudes. Toutes ces imperfections et ces doutes assumés qui rendent les humains à la fois complexes et profonds.
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marina53marina53   12 mars 2020
La vérité n’a pas les rondeurs confortables et familières de l’ignorance.
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rkhettaouirkhettaoui   16 février 2019
Jeanne se sent soulagée, comme si un verrou venait de sauter. Elle ne souhaite pas rester, elle ne pense qu’à quitter cette maison. Pourtant, dans son esprit, François la retient. Elle l’imagine seul et malheureux, allongé sur ce canapé, étranger à sa propre famille. Elle réalise qu’elle ignore tout de lui, de l’homme adulte qu’il est devenu. Elle regrette qu’ils n’aient pas été plus proches. Et comme chaque fois que des souvenirs de sa jeunesse émergent, elle est prise d’un frisson désagréable.
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rkhettaouirkhettaoui   16 février 2019
Son corps vient taper violemment sur les parois du luminaire. Chaque impact la déboussole pendant une fraction de seconde, puis elle repart au combat encore et encore. Cette obstination à vivre… à quoi bon ? Ce doit être ça l’instinct de survie… Le garçon se souvient que son père lui a expliqué que les mouches mâles ne vivent que vingt et un jours. Décidément, il ne comprend pas. Il se dit qu’à sa place, il n’insisterait pas.
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Videos de Cécile Cabanac (10) Voir plusAjouter une vidéo
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