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ISBN : 2246853869
Éditeur : Grasset (20/08/2014)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 312 notes)
Résumé :
Depuis le XIIe siècle, Aliénor d'Aquitaine a sa légende. On l'a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j'étais diable », selon la formule de l'évêque de Tournai...

Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII. Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d'une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d'un amour impossible.
Des noces ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (120) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  13 novembre 2014
Moyen Âge ? Vous avez dit Moyen Âge ? Vous savez que c'est la formule magique pour me faire accourir, ventre à terre, nez dans la poussière (des grimoires) ! Et si, vous rajoutez à cela le nom de l'auteur, alors là, je ne réponds plus de rien ! En effet, je l'avais tellement appréciée dans La Passion selon Juette, que je me dis qu'il s'agit dune valeur sûre. Elle a le don pour transformer L Histoire (avec un grand H), la sublimer, la raconter avec magnificence.
Après la sainte belge, Clara Dupont-Monod s'attaque ici à Aliénor d'Aquitaine. Une reine au doux prénom qui était pourtant "une main de fer dans un gant de velours". Cette Diane chasseresse était aussi ambitieuse que cultivée. Héritière du duché d'Aquitaine à la mort de son frère, elle entendait bien non seulement le conserver mais encore l'agrandir. Son mariage de raison avec le futur Louis VII montre à quel point l'ambition prenait le pas sur le côté personnel. Elle qui protégeait bec et ongles les troubadours et la fin'amor avait mis un voile noir sur son coeur. Et nous pouvons facilement le concevoir. Louis VII s'accorde avec Aliénor comme des porte-jarretelles siéraient à un cochon. le pauvre homme ne vit que pour et par la foi.
La romancière fait bien ressortir, dans ce livre à deux voix, les différences flagrantes entre les deux personnages. D'un côté, le caractère affirmé et conquérant d'Aliénor est mis en relief par une narration dont le champ lexical rappelle souvent le combat. La future reine de France apparaît comme une maîtresse-femme. On sait qui porte la culotte dans le couple ! de l'autre, Louis ressemble au ravi de la crèche, un poète illuminé, habité par sa foi, dont la gentillesse n'a d'égal que la naïveté. Mais sous cette apparence se cache un homme torturé manipulé par ses sentiments et... par son épouse. Et même s'il s'agit ici d'un roman, d'une fiction, on peut tout de même apercevoir L Histoire en filigrane derrière.
Si vous ne connaissez pas encore Clara Dupont-Monod, je ne peux que vous conseiller de vous ruer chez votre libraire ! J'ai lu ce livre éblouissant dans le cadre des Matchs de la rentrée Price Minister et je ne le regrette pas ! D'ailleurs, puisqu'on me demande de donner une note sur 5, vous avez bien compris que je lui donne la note maximale.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Dionysos89
  27 novembre 2014
Le sixième roman de Clara Dupont-Monod mise sur les blancs de l'Histoire pour bâtir une légende, celle d'Aliénor d'Aquitaine.
Le roi disait que j'étais diable est l'affrontement volontairement binaire entre Aliénor d'Aquitaine et Louis le Jeune (Louis VII, roi de France de 1137 à 1180). L'auteur met alors en scène un face-à-face antinomique, simple et net : d'un côté, une jeune femme orgueilleuse, voire même franchement hautaine, qui se veut libérale, mais est foncièrement aristocratique, qui se veut ouverte mais est particulièrement élitiste, et qui revendique tout cela haut et fort ; de l'autre, un jeune roi en devenir, destiné au départ à la vie monacale et trop enclin à s'imaginer une vie amoureuse parfaite vis-à-vis de sa situation politique fragile. En alternant récit de l'un et récit de l'autre, l'auteur démontre le cruel manque de communications entre deux personnalités totalement opposées.
Quelques détails en feront, bien sûr, tiquer plus d'un, avec notamment des partis-pris intrigants concernant la personnalité d'Aliénor ou bien l'usage de quelques futurs toujours étonnants, et même gênants, quand nous parcourons dans un récit historique. Malgré cela, l'auteur précise en fin d'ouvrage son intention de conserver tout du long une part de fiction dans son récit très personnel. Pour être plus précis, cela passe par un grand intérêt pour la « psychologisation » des situations amoureuses et publiques : les personnages réfléchissent énormément à comment ils sont perçus par leur conjoint, ainsi que par leur entourage, peut-être même un peu trop (surtout chez Aliénor qui en fat parfois des caisses pour une broutille de notre point de vue, mais une affaire d'État pour elle). Ce parti-pris, agréable au demeurant, nous lance parfaitement dans le récit, car au niveau empathique c'est du tout bon ; en revanche, on finit peut-être par se lasser du processus une fois les cent premières pages passées. Pour autant, et c'est paradoxal, l'auteur crée une rupture finale avec la dernière longue intervention de Raymond d'Aquitaine, seigneur d'Antioche, l'oncle d'Aliénor, qui nous trace, un peu à la va-vite, ce qui constitue les derniers mois de vie conjugale entre les deux têtes couronnées.
Clara Dupont-Monod répond vraisemblablement à ses objectifs : peindre le portrait romanesque d'un personnage historique féminin controversé. Dans un récit qui pourrait se révéler parfaitement contemporain, elle appuie là où cela fait souvent très mal dans la vie de nombreux couples : le manque de communication et l'incompréhension mutuelle. En un seul roman, vous avez donc un récit historique romancé et une réflexion sur le maintien harmonieux du couple !
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carre
  22 janvier 2015
Mariage arrangé, bordel assuré ! Lorsque que la fougueuse et pétillante Aliénor d'Aquitaine à 13 ans se marie avec Louis VII, elle devine très vite que la lune de miel sera éphémère et que les années galères vont s'empiler comme autant de mauvais souvenirs. Faut dire que le pauvre Louis n'est pas forcément le bon parti même si lui tombe sous le charme de son impétueuse épousée. Mais de l'amour à la haine la frontière est ténue. « Par moi, il a gouté à la haine. Par lui, j'ai découvert la honte ».
Clara Dupont-Monod nous offre avec une belle imagination le dialogue intérieur d'un couple que leurs flagrantes différences vouaient à l'échec, malgré de louables efforts pour tenir leur rang. Pire, malgré deux grossesses, Aliénor n'offrira pas d'héritiers à la couronne (deux petits filles viendront). Parfaitement documenté, le choix de passer de l'un à l'autre renforce le rythme du récit, Clara Dupont-Monod nous donne une page d'histoire en y ajoutant une invention bienvenue. J'ai beaucoup aimé.
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Eve-Yeshe
  08 octobre 2014
Nous sommes à Bordeaux. Aliénor a treize ans. Adossée à la cime de sa tour elle regarde arriver un immense convoi dans lequel se trouve son futur mari, le Louis VII. Elle a un caractère bien trempé, une forte personnalité.
Louis VII n'était pas destiné à être roi mais faisait sa prêtrise. C'est le frère cadet de Philippe qui, lui, a été élevé en futur roi, mais il est mort d'une chute de cheval, un porc ayant traversé devant sa monture.
Louis VII est un roi malgré lui qui se forme à son métier sous la férule de Suger. C'est un homme très pieux, qui exprime peu d'émotions. L'une est du Sud et l'autre du Nord, donc deux personnalités aux antipodes. Mais le roi tombe amoureux dès le premier regard de la jeune fille qui va devenir la célèbre Aliénor d'Aquitaine.
Le livre nous raconte leur vie à tous les deux durant la durée de leur mariage : c'est la première vie d'Aliénor qui épousera par la suite Henri Plantagenêt.

Ce que j'en pense :
L'auteure part de l'Histoire et construit son roman comme un chant à deux voix : elle alterne un passage raconté par Aliénor et l'autre comme une réponse en réaction rapporté par Louis VII, comme deux âmes qui se répondent et que tout oppose.
Clara Dupont-Monod a le génie d'introduire des notions de psychologie dans leur relation. Les actes et les paroles de chacun sont réinterprétés, éclairés par la psychologie moderne.
Elle décrit très bien le caractère bouillant, fonceur, volontaire d'Aliénor et en face, on a Louis le taiseux, le mystique qui peu à peu devient un vrai roi. Aliénor passe pour une rebelle indifférente à la foi dans ce livre alors que ce n'est pas le cas, dans la réalité elle était très pieuse, pratiquante.
Les phrases sont courtes, les mots sont précis. L'écriture est belle et Clara Dupont-Monod fait raconter la dernière partie par Raymond de Poitiers ce qui ne manque pas de sel.
C'est un bon roman, mais je préfère la vraie histoire d'Aliénor d'Aquitaine telle que la raconte Régine Pernoud.
Note : 7/10
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tynn
  13 décembre 2014
"Je vais épouser un moine".
C'est avec réticence que la belle Aliénor, duchesse en Aquitaine, voit arriver son promis en la personne du futur roi Louis VII. Mariage arrangé dans le but de tripler le domaine royal car la politique ne connait pas les sentiments...
Sauf que...le jeune roi est amoureux, immédiatement!
Il est bien le seul.
Elle n'est que rage et chagrin.
Tels des monologues, dans un dialogue des voix entrecroisées des deux époux royaux, le Paris médiéval et la cour de France du 12ème siècle se déclinent avec l'apprentissage du pouvoir, les querelles d'influence, les guerres et les croisades, le désoeuvrement et l'impuissance du statut d'épouse, le poids du statut royal.
Louis est calme, influencable, diplomate dans sa gouvernance, jugé faible et placide, Aliénor trépidante et combattive, manipulatrice et glaciale envers son époux. le mariage n'est guère heureux, infécond d'héritiers mâles.
Une troisieme voix vient conclure ce roman épique, point d'orgue de l'union en échec d'une reine sulfureuse et d'un roi pieux.
Un livre déroutant, original dans sa construction narrative, un peu confus parfois. Il ne faut pas chercher ici une petite bluette historique. Les personnalités sont peu sympathiques, portées par des temps de fureur guerrière. Historiquement, l'auteur prend des libertés d'interprétation sur les personnes tout en respectant les faits d'actualité du début du règne. On reste ici dans la trame du roman et il convient simplement de prendre plaisir à découvrir un portrait de femme libre et ambitieuse ancrée dans son époque.
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Les critiques presse (7)
LesEchos   09 décembre 2014
On peine à adhérer à cette histoire binaire qui laisse un sentiment d'inachevé. Documenté et historique, un peu déroutant à lire, « Le roi disait que j'étais diable » nous laisse au final insatisfait.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress   05 décembre 2014
Avec pour toile de fonds un Moyen-âge en pleine mue, on découvre avec un total plaisir de lecture l'amour impossible entre ces deux personnages historiques, de leurs noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours à l'irrémédiable fracas des armes...
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   01 octobre 2014
Dans une langue somptueuse et ardente, Clara Dupont-Monod reconstitue l'histoire d'amour impossible entre Aliénor d'Aquitaine et le roi Louis VII.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   18 septembre 2014
Un singulier portrait de femme, à la fois déesse mythologique et créature avant-gardiste.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox   18 septembre 2014
Voici donc un drôle d'objet littéraire, sa lecture nous essouffle presque tant le propos est tendu, fulgurant, privé de la moindre pause.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaPresse   01 septembre 2014
Par moments, le roman réussit effectivement à donner une idée de ce qu'a pu être la vie de la jeune femme - la plume de Dupont-Monod est particulièrement efficace dans les scènes les plus sanglantes, les hécatombes jalonnant la vie des deux époux royaux! Mais finalement, c'est surtout la personnalité de Louis VII [...] qu'on retiendra.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro   22 août 2014
Le roman de la reine et de Louis VII est excitant car il noue les figures contraires et complémentaires du cosmos et du chaos, de la bacchante enchantée, romanesque, cavalière, et du roi religieux. Loin des macérations confites, on respire tous les effluves et, bien sûr, les remugles d'une chevauchée endiablée.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (118) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   13 novembre 2014
Bien sûr, j’avais entendu parler de ta famille effrayante et magique, surtout de ton grand-père Guillaume. Moi, je m’ignorais incomplet, coupé d’une partie de ma vie. Je t’attendais pour vivre vraiment. Quelque part, très loin au fond de moi, une ride s’est creusée. J’ai senti l’obscure frontière qui, définitivement, isolerait cet instant du reste de ma vie. Sortir du cloître, renoncer à la prêtrise, gérer le royaume : je pouvais le faire, en animal bien docile que je suis. Mais cela ne représentait rien comparé à la promesse d’un avenir avec toi. Tu étais mon cadeau et mon épreuve. Une splendeur posée sur la route d’un serviteur couronné.
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Dionysos89Dionysos89   10 novembre 2014
La joie est stupide. Elle s’offre facilement. C’est l’émotion la plus reconnaissable, donc la moins perfide. Elle fendille les visages avec la stupeur un peu niaise de se découvrir léger. Rien n’est plus angoissant qu’un être joyeux. Comment peut-il ignorer la faim et les menaces ? La joie produit de mauvais combattants. Je lui préfère la colère, c’est une autre histoire. Elle fait bouillir le sang. Elle est la forme même de la vie, sa première vocifération. Elle peut trahir. J’aime la colère parce qu’elle a toujours quelque chose à révéler.

[Incipit]
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OdeOde   26 février 2015
J’ai en face de moi un nouveau-né apeuré qui n’a jamais songé à gouverner. Ce projet-là était pour son frère aîné Philippe. Mais cet idiot mourut juste après, la tête fracassée contre les faubourgs de Paris. Un cochon s’était jeté dans les pattes de son cheval. N’est-ce pas un magnifique résumé du royaume de France ? Ce sont des porcs qui décident de son destin.
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Eve-YesheEve-Yeshe   09 octobre 2014
Je t’ai aimée aussitôt et, dans le même instant, tu m’as effrayé. C’était un mélange de perte et d’offrande. Un seul visage pouvait provoquer le ciel, attirer ses extrêmes. Mes guerres perdues, c’était toit. Et jamais je n’ai pensé qu’une défaite pouvait être aussi belle. Un port de reine et des miettes d’enfance. P 28
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Dionysos89Dionysos89   12 novembre 2014
Pourtant, Aliénor, je ne suis pas idiot. Quand je tourne la tête vers toi, tu m’offres ton dos. Quand tu pars découvrir Paris, et que je t’adresse un signe de la main, tu lances ton cheval. Je vois tes cheveux recouvrir ta cape. Les poètes sont des enfants gâtés. Eux, ils ont la chance de pouvoir observer le visage de l’être aimé. Moi, je me contente du dos.

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