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Claude B. Levenson (Traducteur)
ISBN : 2851977164
Éditeur : L'Herne (03/12/2009)

Note moyenne : 4/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Elle ôta lentement un gant et le lança par-dessus la tête d'Egor, sur la table de nuit. L'odeur de violette s'était faite encore plus pénétrante. Il sentit soudain une main chaude lui caresser la joue. Tout son sang se figea, car la sensation de cette main chaude - d'une chaleur irréelle, inhumaine - était effroyable. Egor voulut hurler de terreur, mais il n'en trouva pas la force, sa voix s'éteignit dans sa gorge. " N'aie pas peur mon amour, murmura alors Christina... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  28 mai 2018
Mircea Eliade s'est essayé au roman fantastique. Lui, dans lequel je voyais un romancier si sérieux, un professeur de l'histoire des religions, un philosophe ! Il sort de sa zone de comfort, et s'éloigne un moment d'un style de romans qui lui convenait si bien. Mais bon, je suppose qu'il est difficile de passer à côté d'un tel genre quand on vient de la Roumanie, ce pays aux légendes si tentantes.
Pourtant, je ne savais pas que j'allais plonger dans le fantastique quand j'ai choisi ce livre, et pas beaucoup plus quand j'en ai commencé la lecture. Dans tous les cas, l'atmosphère que j'éprouvais n'était pas celle habituelle, ni lourde ni menaçante, pas plus d'une empreinte d'une peur anxieuse. Non, pas du tout. Je pensais avoir affaire à un roman historique ou, à la rigueur, un roman psychologique.
Mais petit à petit (peut-être un peu trop lentement à mon goût ?) le voile se lève sur un drame passé, la mort de Mademoiselle Christina. Son souvenir hante encore le château de Mme Mosco. Mais est-ce seulement son souvenir ? Et ses apparitions si… réelles, est-ce seulement des rêves ? le peintre Egor Paschievici et le professeur Nazarie, invités, prennent sur eux de découvrir la vérité.
Le vague mystère qui se laissait deviner au début prend toujours plus d'ampleur. Par exemple, les murmures et les non-dits, ce soleil qui s'éteint au loin, cette musique étrange qui enveloppe les personnages, plein de petits détails judicieusement placés. le malaise souhaité était là mais ce ne fut pas suffisant pour que je ressente réellement la peur. J'étais tout au plus intrigué, jamais angoissé.
C'est que, malgré les apparitions plus nombreuses de Mademoiselle Christina, ses conséquences tardaient à se faire menaçantes ou dangereuses. D'ailleurs, qu'est-elle au juste ? Je croyais que Christina était un esprit ou un fantôme, puis une goûle, puis un tas d'autres choses. Je ne crois pas que le mot vampire ait été mentionné une seule fois mais une présence si envoûtante et glaciale à la fois impose l'évidence.
Ma critique semble négative mais j'ai bien apprécié cette lecture. Mircea Eliade est un grand auteur et ça se réflète dans son écriture. Mademoiselle Christina, malgré son rythme lent, se démarque de bon nombre de ces romans de vampires à l'eau de rose qui ciblent les jeunes adolescentes. C'est agréable de lire autre chose que des trames axées uniquement sur l'action ou un amour insipide.
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Kittiwake
  16 juin 2013
Mircea Eliade, historien des religions, mythologue, philosophe et romancier roumain du XXè siècle nous propose ici une fiction fantastique au pays de Dracula. Si l'ambiance est lourde dès le départ, la naïveté et l'ignorance des invités de la maison fait place peu à peu à l'incrédulité face à la conduite étrange de leurs hôtes. Rêve ou réalité, le doute s'installe tandis que l'angoisse étreint le coeur d'Egor, amoureux de Sanda, la jeune fille de la maison, en proie à une étrange léthargie.
«C'était le commencement d'une aventure étrange, diabolique - dont il avait peur, mais qui l'attirait néanmoins comme un fruit défendu, empoisonné».
Des propres mots de l'auteur : «la narration se développe sur plusieurs plans, afin de dévoiler progressivement le fantastique». Peu à peu tous les personnages entrent dans la danse infernale, alors que Sanda se meure. Les visions se multiplient et les rêves laissent d'étranges vestiges dans le monde de la réalité. Tout repose sur la mort tragique de Christina il y a plus de trente ans. Maison et alentours sont depuis ensorcelés.
«Muettes depuis fort longtemps, d'innombrables âmes mortes se contentaient de se rapporter nouvelles et moqueries en frémissant de toutes leurs feuilles»
Entrainé dans cette ronde infernale, Egor devra utiliser toute sa volonté et son courage, pour lutter et tenter de détruire la goule.
Ambiance très noire pour ce court roman, qui pourrait fort bien être adapté sur les écrans, assorti de convaincants effets spéciaux comme savent les créer les cinéastes d'aujourd'hui.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Lounima
  28 février 2010
Mon résumé :
Egor, un jeune peintre et le professeur Nazarie, un archéologue, séjournent chez Mme Mosco qui a deux filles : Sanda qui a invité Egor et Simina, une jeune fille impertinente. Très vite, l'archéologue semble troublé, inquiet et s'en ouvre à Egor; les deux hommes se rapprochent peu à peu alors que Mr Nazarie découvre qu'une sombre histoire semble s'attacher à celle de la famille Mosco. En effet, Mademoiselle Christina, la soeur de Mme Mosco morte plus de trente ans auparavant semble avoir eu une vie dissolue et se serait faite goule après sa mort... Parrallèlement, Egor est visité dans ses rêves par Mademoiselle Christina mais qui est-elle réellement et pourquoi apparaît-elle dans les rêves d'Egor ? D'ailleurs si elle ne survient que dans ses rêves, pourquoi laisse-t-elle cette odeur tenace de violette derrière elle ? A chacune de ces visites, Egor semble alors sombrer dans la folie, ne distinguant plus le rêve de la réalité...
Mon avis :
Etrange, envoutant et passionnant, ce sont les trois qualificatifs qui me viennent à l'esprit alors que ma lecture s'achève... Ce n'est pas un véritable coup de coeur mais j'ai beaucoup apprécié cette lecture, l'ambiance dégagée par l'histoire est particulière et oscille entre rêve et réalité, entre mythe et vérité : atmosphère froide, fenêtres ouvertes, apparitions étranges, ombres inquiétantes, femmes atteintes d'étrange fatigue en fin de journée, visites nocturnes... en un mot j'ai été plongé dans le fantastique, s'inspirant à merveille du folklore roumain ! Je n'ai qu'un seul regret : avoir lu la préface avant d'avoir lu l'histoire car elle en dévoile bien trop !!
Ne vous attendez toutefois pas à ce que le mot même de "vampire" soit écrit, tout n'est que sous-entendu : aucune bataille, aucun collier d'ail, de pieu ou de crucifix... c'est soft ! ;-)
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Hildebald
  16 février 2010
Egor, jeune peintre, est hébergé par la famille Mosco dans une belle demeure de Roumanie. Cette famille ne compte que des filles : Simina, la plus jeune, froide et fuyante ; Sanda, l'ainée, dont notre héros s'éprend ; et Mme Mosco, la mère des jeunes filles. Mais il y a aussi Mademoiselle christina, un nom, une chambre, un tableau, son portrait. Cette tante est morte il y a longtemps, très jeune, mais elle semble toujours présente dans l'esprit de la famille.
Présente à tel point qu'on croirait la voir dans chaque couloir, dans chaque pièce. Est-ce un fantôme? Un être damné? L'Imagination jourait-elle des tours à d'Egor et au professeur Nazarie nouvellement arrivé? Mais quand tout le monde se met à la voir et à l'entendre, le doute et la folie s'installent et Christina devient chair et sang.
Ah mais voilà!! Je râlais il y a quelques jours sur le fait que je ne croisais plus que des plats froids et insipides dans l'univers des romans fantastiques à tendance vampirique.
Eh bien ça y'est, je suis calmée par cette oeuvre. Certes, elle ne date pas d'hier, il est donc difficile de la comparer avec les oeuvres actuelles mais c'est sûrement cela qui permet à ce texte de se démarquer dans le style et le récit.
Je sors donc ravie de ma lecture. J'ai passé un trés bon moment plein de frisson et de folie dans cette belle demeure roumaine au côté de Mademoiselle Christina, la petite soeur de Carmilla.
Car oui, je n'ai pu m'empêcher de comparer ces deux oeuvres : un univers clos, des jeunes filles, une femme vampire, une ambiance froide et brulante à la fois, un décors parfait...que demande le peuple?
Pas de temps mort, pas de personnages inutiles, pas de dialogue lourd, pas de passages niais, pas de vampire ridicule, bref, bref, bref, une très bonne découverte!!
L'histoire est en effet assez proche de celle de Carmilla, mais elle garde tout son style et son ambiance. La folie qui est présente durant tout le roman se mélange facilement à une certaine langueur et à une certaine volupté. Cet ensemble entraîne le lecteur dans un tourbillon de sentiments parfois forts, parfois doux. On pencherait presque vers la folie pour que tout se calme, pour que tout s'arrange.
Voilà, je ne connaissais pas du tout cette oeuvre, ni son auteur et je conseille donc ce roman aux amateurs du genre. Quant à moi, je vais me pencher sur l'écrivain.
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Taraxacum
  04 juin 2013
Dans le village de Z., quelque part en Roumanie dans les années 1930, se niche le domaine de Mme Mosco et de ses filles, Sanda et Simina. Un jeune peintre amoureux de Sanda est venu passer quelques jours à la campagne et se trouve très vite mal à l'aise de l'ambiance. Les domestiques désertent les lieux, les animaux domestiques meurent les uns après les autres et règne le souvenir de Christina, soeur de Mme Mosco, morte vingt ans auparavant dans une révolte paysanne....
Excellent roman, Mademoiselle Christina se montre tout à fait à la hauteur de ses plus célèbres grands frères dans le thème, Dracula et Carmilla: ambiance glaçante, cauchemars éveillés, fascination des vivants et apparitions étranges. le pauvre peintre ne sait très vite plus où s'arrête le rêve, où commence l'horrible réalité et je dois dire que le lecteur se laisse prendre dans la toile avec une sorte de petit frisson de délice terrifié.
Par rapport à certaines oeuvres plus récentes, certains pourraient trouver que cela manque un peu d'action, mais personnellement, je trouve que le livre est plus fort ainsi, une sorte de long crescendo crispant, jusqu'au coup final.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LounimaLounima   28 février 2010
"Il tendit le bras vers le parc. Il lui sembla à ce moment précis voir tant de choses terrifiantes qu'il recommença à parler plus vite, plus vite, plus précipitamment, l'haleine courte.
La peur l'envahit, remarqua Egor. Il s'étonna de sa propre lucidité. Il était assez près de M. Nazarie, d'un homme submergé par l'effroi, et il l'observait plutôt sereinement, il pouvait même l'analyser. Il n'osait tout de même pas regarder du côté du parc. Le bras tendu, un seul instant, de M. Nazarie l'avait épouvanté bien davantage que ses paroles terrifiées. Peut-être voit-il lui aussi quelque chose là-bas, songea Egor, peut-être voit-il la même chose que Simina... Cependant, il était encore lucide; seule une très légère inquiétude fit frémir son âme.
"Vous ne devriez pas avoir peur!" dit-il soudain, interrompant l'effusion de M. Nazarie. Arrêtez de regarder par là, vers la maison...
M. Nazarie ne voulait pas, ou ne pouvait pas, l'écouter. Il restait les yeux fixés sur le parc. Il regardait de tout son être crispé, il attendait...
"Et pourtant, il y a quelque chose qui vient de là-bas", dit-il.
Egor tourna lui aussi la tête. L'ombre du parc lui parut soudain lointaine, dense. Il n'y avait rien par là. On ne voyait rien, sinon un minable scintillement vers la gauche, là où se trouvaient les maisons.
"Personne ne vient", dit-il virilement.
Au même moment, il entendit un hurlement qui lui glaçât le sang dans les veines." (L'Herne - p.63-64)
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SachenkaSachenka   25 mai 2018
«J'aime les lourdes caisses, pleines de choses cachées, étranges, exotiques, commença le jeune inconnu. Je les contemple toujours avec émotion, à les voir ainsi fermées dans les échoppes ou sur les quais, renfermant qui sait quel fardeau ou quel trésor dans leurs parois de bois...»
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antigoneCHantigoneCH   13 février 2010
"C'était au-delà de ses forces d'endurer ce feu pareil à nulle flamme, cette sensation de serrer dans ses mains quelque chose d'impossible à apréhender... Il sentit soudain la bouche de Christina à la recherche de la sienne. Ses lèvres étaient si ardentes qu'Egor ne perçut, au premier abord, qu'une fulgurante douleur dans tout son corps. Puis la douleur vénéneuse se coula dans son sang. Il ne pouvait plus résister. Son souffle passa dans le souffle de Christina, et ses lèvres se laissèrent happer, incendiées par sa bouche délicieuse comme une maladie inimaginable. La caresse était si sauvage que les yeux d'Egor s'embuèrent, et il sentit s'ouvrir sa voûte cranienne, ses os s'amollir ; toute sa chair tressaillit en un spasme suprême."
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SachenkaSachenka   25 mai 2018
"Un peigne de fer permet parfois de découvrir une civilisation", [...].
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Xian_MoriartyXian_Moriarty   22 mai 2013
C'était le commencement d'une aventure étrange, diabolique - dont il avait peur, mais qui l'attirait néanmoins comme un fruit défendu, empoisonné.
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