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Marc de Gouvenain (Traducteur)Lena Grumbach (Traducteur)
EAN : 9782742729043
367 pages
Éditeur : Actes Sud (19/09/2002)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 51 notes)
Résumé :

Danemark. 1770. Le pays est officiellement dirigé par le roi Christian VII, mais le pouvoir est entre les mains de quelques conseillers calculateurs.

Névrosé, à demi-fou, le souverain a peur de sa jeune épouse et lui préfère une prostituée que la Cour ne tarde pas à éloigner. Alors, Christian VII part à travers l'Europe pour retrouver sa chère disparue. Avant son départ, les conseillers ont pris soin d'affecter à son service un médecin no... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Mimeko
  10 mai 2020
En cette deuxième moitié du XVIIIème siècle, malgré son intelligence, le jeune Christian, prince héritier du royaume du Danemark, va vite montrer des signes de fragilité mentale, renforcée par une éducation extrêmement dure - tant sur le plan physique, que sur le plan moral - dispensée par le comte von Bernstoff. Le jeune prince héritier épouse à dix-sept ans, Caroline Mathilde, soeur de George III roi d'Angleterre, âgée de quinze ans et monte sur le trône la même année (1766) pour devenir Christian VII. Mais la direction des affaires du royaume est aux mains de la reine douairière qui s'appuie sur le Conseil Privé, particulièrement rétrograde et retors à toute modernisation du pays, le jeune roi étant écarté et cantonné à des occupations divertissantes, encouragé dans ses beuveries. Mais les réalités politiques se rappellent au Conseil Privé et le roi doit être présenté aux Cours européennes. C'est lors d'un grand tour que lui est présenté Johann Friedrich Struensee, un médecin allemand, pétri des idéologies humanistes des Lumières, progressiste, qui s'engage socialement auprès des plus pauvres. Le médecin, après avoir hésité, accepte de rejoindre Copenhague pour suivre le jeune souverain, avec lequel il construit une relation de confiance. de plus en plus séduit par les préceptes progressistes que le médecin lui suggère, Christian VII le nomme rapidement Maître des requêtes, puis Ministre du cabinet privé et Struensee entreprend la réforme de l'administration danoise et l'amélioration des conditions de vie du peuple avec un nombre impressionnant de décrets qu'il finit par prendre seul. Délaissée par son époux, la reine Caroline Mathilde va elle aussi se rapprocher de Struensee, cet homme intelligent, altruiste qui met en pratique les idées des Lumières, malgré l'hostilité grandissante des membres évincés de la Cour danoise, qui n'auront de cesse de comploter pour écarter cet homme qu'ils considèrent comme arriviste et intrigant.
Le médecin personnel du roi relate un épisode véridique et incroyable de l'histoire du Danemark, celle de l'ascension d'un médecin, devenu homme de pouvoir, qui va se substituer au roi défaillant mentalement, un homme mû par un altruisme que ses ennemis vont trouver douteux et surtout menaçant pour leur statut et leurs privilèges et dont la chute ne sera que plus brutale. Comment cet homme du peuple, simple médecin, allemand de surcroit, peut-il penser que son pouvoir va perdurer et qu'il pourra entretenir une liaison avec la reine presque au vu et au su de tous ?
C'est une enquête romancée que propose Per Olov Enquist, celle du fulgurant et éphémère passage de Struensee au pouvoir, un homme dont les idées modernes et la volonté de réformes trop brutale, à un rythme trop rapide, qui n'a pas compris qu'il s'attaquait trop violemment à une caste politique danoise, retorse, passéiste et rancunière.
Dans un style quelquefois très circonstancié, même si quelques idées sont démontrées quelquefois de façon trop répétitives et que l'auteur interprète peut-être trop librement les sentiments des personnages, j'ai trouvé ce roman remarquable sur une époque et un héros intelligent, malheureux qui paiera de sa vie d'avoir eu raison trop tôt.
Un roman marquant.
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claudialucia
  04 septembre 2015
Dans le médecin personnel du roi, Per Lov Enquist raconte un moment de l'histoire du Danemark au XVIII siècle. Christian VII, roi du Danemark et de Norvège, a une intelligence brillante mais un gouverneur trop brutal le fait vivre dans la peur et la violence si bien que l'enfant devient instable souffre de troubles hallucinatoires, de crises de terreurs et de panique, avant de tomber progressivement dans la folie. Dès lors il n'est plus apte à gouverner, ce qui fait bien l'affaire des conseillers du Royaume qui peuvent ainsi gouverner à sa place.
Mais lors d'un séjour de Christian VII en Europe, on le confie au docteur Struensee qui gagne la confiance et l'amitié du malheureux souverain. Johann Friedrich Struensee va exercer une telle emprise sur lui qu'il devient son premier ministre, le seul autorisé à signer des documents sans avoir besoin de la signature royale. Autant dire que le médecin est l'égal du roi et même plus puisqu'il règne seul, le jeune malade ne pouvant comprendre ce qui se passe. Malgré la vindicte des conseillers, Struensee gagné aux idées philosophiques, de Voltaire à Rousseau en passant par Diderot, en profite pour entreprendre des réformes fondamentales, révolutionnaires, très audacieuses, qui suscitent le mécontentement non seulement des nobles mais du peuple. de plus, l'amour réciproque de Johann Friedrich Struensee et de la reine, Caroline Mathilde de Hanovre, soeur du roi d'Angleterre George III, épouse de Christian VII qui a peur d'elle et la délaisse, va être un des facteurs de sa chute…
Un complot fomenté par tous ceux qui souhaitent sa perte, en 1772, enlève son pouvoir au médecin qui sera exécuté…
je vous laisse découvrir les détails de cette extraordinaire histoire dont Per Olov Enquist tire un récit passionnant, réflexion sur le pouvoir, sur le rôle des Lumières, sur la vie…
Per Lov Enquist nous fait partager en particulier, l'intérêt qu'il éprouve pour ce personnage Johann Friedich Struensee, danois d'origine allemande, bourgeois qui à l'origine n'éprouve pas un attrait particulier pour le pouvoir. Il se sent pourtant pris dans un engrenage qui le pousse lui, médecin par vocation, vers un destin vertigineux qu'il ne peut ou ne veut refuser. Il y a quelque chose d'exceptionnel, dans cette révolution silencieuse, pacifique et douce, due à une seule personne. Johann Friedrich Stuensee a accompli une énorme travail de réforme pendant les deux années où il a « régné » à la place du roi, produisant 632 décrets, travaillant de jour comme de nuit dans son cabinet, s'attaquant aux inégalités, au servage, supprimant les privilèges, accordant la liberté de la presse, abolissant la censure, la torture, la prison pour dettes, réformant les cadres de l'administration, créant des orphelinats, des écoles! Une révolution qui doit tout aux idées des Lumières mais qui paradoxalement est fondée sur une usurpation, un abus de pouvoir, sur l'oeuvre d'un seul donc sur la tyrannie, tout le contraire de la démocratie. Et pourtant Struensee a amorcé une extraordinaire mutation de son pays par des réformes qui préfigurent la révolution française, et qui, après un retour en arrière lié à la réaction, finiront pas s'imposer.
L'écrivain oppose à Stuensee, une autre personnage Owe Guldberg, son double, qui représente la réaction et le parti des nobles. de petite naissance, arriviste, sans pitié, Guldberg prendra le pouvoir après Struensee en tenant le roi sous tutelle. Trois personnages masculins s'affrontent mais dont la force est inégale, Struensee trop bon, refusant la violence, le roi à l'esprit troublé, et Guldberg rusé et sans état d'âme. Face à eux la reine est un personnage féminin entier et de caractère.
Le roman s'appuie sur des témoignages de l'époque, celui de Robert Murray Keith représentant anglais à Copenhague, sur les écrits de Reverdill, professeur d'allemand et de français du roi qui raconte les premières années du jeune Christian sous la férule perverse du comte Reventlow, son tuteur après la mort de ses parents, sur le courrier échangé entre Voltaire et Christian VII gagné lui aussi aux Lumières avant de sombrer dans la folie. le roman de Per Olov Enquist tient donc à la fois du documentaire et de la fiction et il est très réussi.
Lien : http://claudialucia-malibrai..
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Liver
  02 août 2016
Une forme narrative parfois déconcertante, surtout dans le début, mais un roman attrayant. Il permet d'abord de découvrir un pan d'histoire inconnu ( l'histoire du Danemark n'étant pas dans nos livres d'histoire) et pourtant intéressant dans le contexte de la période pré-révolution française. Et une fois passée la difficulté à suivre les méandres de la chronique que l'auteur met en place par touches très "impressionnistes", et disons-le un peu décousues, on s'attache aux personnages et au développement de cette "révolution à la danoise". Pour au final, un moment de lecture enrichissant et sympathique.
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Bloblo
  23 août 2018
Le médecin personnel du roi ou la vie romancée d'un homme versé par hasard dans la politique est une véritable pépite. Per Olov Enquist redonne vie à Struensee, médecin personnel du roi fou Christian VII du Danemark, et qui va, un peu malgré lui, régner sur le Danemark entre 1770 et 1772. Il profite de cette période pour édicter des lois en faveur de la liberté d'expression, de la liberté des peuples et de la réduction des impôts. Mais Struensee a également séduit la reine, délaissée par Christian. Leur amour, qu'ils ne parviennent plus à cacher, permettra à ses ennemis de le faire condamner pour crime de lèse-majesté. le style du début du roman m'a un peu déroutée parce qu'il me faisait plus penser à une chronique ou un journal où certains événements étaient retracés mais passé les quelque 100 premières pages, le style devient plus fluide et l'histoire passionnante de cet épisode de l'histoire du Danemark est alors extrêment bien mise en valeur. Je le recommande avec ferveur aux amateurs d'Histoire.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   08 mai 2020
(En parlant du futur roi Christian VII)
A l'âge de cinq ans, en effet, il avait assisté à une représentation par une troupe italienne de passage. La noble prestance des comédiens, leur stature et leurs costumes somptueux avaient fait sur lui une impression si forte qu'il en était à les concevoir comme des êtres supérieurs. Ils étaient divins. Et si lui, qu'on disait aussi être l'élu de Dieu, faisait des progrès, il allait pouvoir s'unir à ces dieux, devenir comédien, et être ainsi délivré du "tourment du pouvoir royal".
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MimekoMimeko   09 mai 2020
Quand, en 1733, le servage avait été établi, il avait constitué pour la noblesse un moyen de contrôler, ou plus exactement d'empêcher la mobilité de la main d'oeuvre. Quand on était paysan et né sur un domaine, on n'avait pas le droit de quitter ce domaine avant l'âge de quarante ans. Les modalités, le salaire, les conditions de travail et de logement étaient fixés par le propriétaire du domaine. A quarante ans, on avait le droit de s'en aller. La réalité étant qu'à cet âge, la majeure partie des paysans étaient à tel point devenus passifs, profondément alcooliques, criblés de dettes et physiquement épuisés, qu'on ne comptait guère de départs.
C'était l'esclavage danois.
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MimekoMimeko   08 mai 2020
"Il y a un dicton qui dit qu'en France on demande : Est-ce un homme instruit ? En Allemagne : Vient-il d'une bonne famille ? En Hollande : A combien s'élève sa fortune ? Mais, au Danemark, la question est : Quel est son titre ? Ici, et en tous domaines, la vie est empreinte de cette hiérarchie des titres. Quand on passe d'une pièce à l'autre, cela se fait par ordre de rang, tout comme quand on s'installe à table, les serviteurs changent les assiettes par ordre de rang. Si l'on rencontre un homme intelligent et compétent qui franchit la porte en dernier, et donc ne possède aucun titre et qu'on demande qui il est, la réponse est : il n'est rien.
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MimekoMimeko   07 mai 2020
L'insignifiance fut cependant longtemps d'une certaine utilité. Guldberg, durant la révolution danoise, fut celui que protégeait son insignifiance. Les gens d'importance périrent, et s'entre-tuèrent. Resta Guldberg, insignifiant, néanmoins le plus grand dans la forêt d'arbres abattus qu'il pouvait contempler.
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MimekoMimeko   09 mai 2020
- Tu n'as plus beaucoup d'amis. Alors c'est de la folie d'aller passer l'été à Hirschholm. Mais ton problème, c'est autre chose.
- Quoi ? demanda Struensee.
- Tu n'es pas capable de choisir les bons ennemis.
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Videos de Per Olov Enquist (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Per Olov Enquist
Raoul PECK, cinéaste "Moloch Ttopical" Per Olov ENQUIST, écrivain (Suède) "Une autre vie" Stéphane GUILLON, humoriste Alexandre THARAUD, pianiste
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