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Henri Grégoire (Traducteur)Françoise Frazier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2251799753
Éditeur : Les Belles Lettres (15/04/2006)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 9 notes)
Résumé :
En faisant admettre à un époux, Ménélas, qui a à ses côtés l'épouse reconquise de haute lutte, que cette épouse, Hélène, n'est qu'un fantôme, et que la vraie l'attendait en Égypte, Euripide a composé une tragédie de l'apparence et du prototype des romans d'amour, où la beauté est source de malheur, mais où le couple fidèle des héros finit par triompher.
Les jeux de l'apparence et les " mensonges " littéraires, Protée absent, Hélène dédoublée, puis absente, cr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
BazaR
  06 février 2019
Cette pièce m'a énervé ; pas son traitement qui est plutôt très bon, mais le mythe à la base.
Une pièce sur Hélène. Je m'attendais à voir le personnage crier son dépit sur les remparts de Troie, ou son enlèvement par Pâris. Que nenni !
Euripide exploite ici une version du mythe déjà mentionné par Hérodote et que j'avais complètement oublié (en même temps il y a tellement de choses dans Hérodote qu'on peut estimer avoir une excellente mémoire si l'on se souvient du dixième de l'Enquête).
Imaginez-vous que Hélène n'a pas été enlevée par Pâris. Non. La facétieuse Héra a substitué à la vraie fille de Tyndare une illusion de fumée faite chair. C'est ce truc qui arrive à Troie, qui provoque la guerre de dix ans, les morts innombrables, la chute des héros, les sacrifices de filles, la chute de la ville, l'esclavage de tous ses habitants, le retour des héros Grecs qui prend des années (Ulysse) ou finit en assassinat (Agamemnon).
La vraie Hélène a été transportée à l'abri en Égypte par Hermès. Elle n'a rien fait de « mal », pas d'adultère. Elle est restée fidèle à Ménélas tout ce temps. Sa réputation est devenue immonde auprès des Grecs… pour un pur fake news.
Non mais vous imaginez ces dieux, confortablement installés sur leur Olympe, en train de se plier de rire devant le drame insensé qu'ils ont provoqué chez les hommes par une simple duperie ? Ça ne vous donne pas envie de raser leurs temples à tous ces salopards ? Ils peuvent punir les hommes dans ce cas ? Franchement qu'est-ce qu'ils peuvent faire de pire que ÇA alors qu'ils sont adorés ! Je savais les dieux Grecs exigeants, mais là ils se foutent du monde ! Je comprends que cette version soit minoritaire.
Pour revenir à la pièce, l'action a lieu en Égypte sept ans après la chute de Troie, alors que le navire de Ménélas – qui erre à la recherche vaine d'un retour à Sparte (sept ans, encore un coup sympa d'un dieu) – y fait naufrage. Ménélas, déguisé en mendiant, y découvre une femme qui ressemble trait pour trait à son Hélène qu'il a ramené de Troie dans son navire. Hélène voit arriver avec surprise cet homme qui ressemble à son mari qu'on lui a dit être mort. Peu après, Ménélas apprend par un de ses soldats que « son » Hélène vient de s'évaporer en fumée dans les airs ! Pouf ! du coup il comprend que tout le monde, Grecs et Troyens, a été dupé et que sa femme lui est resté fidèle. Joie ! (mais la duperie des dieux ne l'énerve pas du tout, moi j'aurais eu envie de tout cramer). Ils décident de retourner à Sparte, mais ce n'est pas simple à faire car le nouveau roi d'Égypte, Théoclymène, est tombé fou amoureux de la belle et tue tout Grec qui s'approche, au cas où ce serait Ménélas.
Hélène va donc concevoir un plan – subtilement pour faire croire à Ménélas que c'est lui qui a eu l'essentiel de l'idée – pour leurrer Théoclymène. Elle lui monte un bateau incroyable, l'allume, le fait tourner autour de son petit doigt et parvient à se sauver avec Ménélas de la plus belle manière. Si on a droit à des tirades tragiques du genre « que mon sort est ignoble », certaines scènes sont proches du vaudeville et ont dû surprendre le public.
La pièce est donc enlevée et agréable à lire. Mais cette version du mythe est insupportable. Des dieux comme ça, je vous les laisse.
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Bernacho
  01 juillet 2016
Incroyable ! Qui s'attendrait à trouver du Philip K. Dick dans une pièce d'Euripide ?
Euripide joue avec les mythes ? Est-ce de l'ironie féroce ? Une démonstration de l'absurdité de la guerre ? Est-ce un jeu littéraire ? Un intérêt philosophique, comme cette question deux fois posée ?
HELENE
Vous jugez donc que l'apparence ne vous laisse aucun doute ?
TEUCER
Ce que mes yeux ont vu, mon esprit le confirme.
Une démonstration du caractère illusoire du monde, que les dieux entretiennent ?
C'est en tout cas une belle histoire de doppelgänger. Mais c'est aussi comme si Euripide se libérait du mythe pour pouvoir composer en toute liberté une intrigue de son cru, la plus "moderne" de ce que j'ai lu jusqu'à présent, une histoire d'amour triomphant de l'adversité. Et du coup voici Hélène, qu'Euripide agonissait férocement dans les Troyennes, devenue une femme courageuse et aimante.
On y trouve bien une devineresse et des dieux, mais en une sorte de contre emploi. La catharsis annoncée de la fin est même déjouée par un Deus Ex Machina (mon premier). Sommes-nous vraiment dans une tragédie ?
C'est un peu le post-modernisme de la tragédie d'Eschyle ?
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DonaSwann
  12 avril 2016
On vous a toujours menti : Pâris n'a jamais enlevé Hélène de Sparte à Ménélas pour l'emmener comme compagne à Troie, déclenchant ainsi une des plus tragiques guerres que jamais légende ait rapportée. En réalité, Héra, furieuse de la réussite du stratagème d'Aphrodite et s'improvisant donneuse de leçons (elle avait essayé elle-même de corrompre Pâris...), enleva la vraie Hélène et la "déposa" en Égypte, au royaume du roi Protée. C'est une sorte d'ombre, de fantôme, de simulacre que Pâris emmena et pour laquelle l'armée grecque tout entière partit au combat, et, pour beaucoup, à la mort. Or Protée meurt, laissant son royaume à son fils Théoclymène, bien moins bienfaisant, puisqu'on comprend qu'il presse Hélène de l'épouser d'une manière si peu digne d'un hôte et d'un gentleman (j'adore employer des mots en parfait anachronisme, passez-moi ce petit plaisir), que celle-ci a élu domicile sur le tombeau de Protée, ce qui la préserve et de l'outrage, et du mariage. Là, elle se lamente de la perte de sa bonne réputation, du fait d'être un objet de malédiction de la part de tous les Grecs.
Or Ménélas arrive en Égypte. Les deux époux se retrouvent face à face et, détrompé, Ménélas ravi d'apprendre que ce n'est pas une femme souillée d'adultère qu'il récupère, mais la même, aussi amoureuse et fidèle qu'autrefois, va imaginer un stratagème pour l'emmener vers leur foyer à Sparte, finir leur vie ensemble...
Voilà encore une tragédie d'Euripide avec laquelle j'ai rendez-vous depuis bien longtemps, mais dont j'ignorais l'argument. Euripide ne manque, dans aucune pièce liée à la guerre de Troie, de maudire Hélène. La voilà curieusement épargnée, mais accablée, en même temps : qui voudra jamais croire à la pureté d'Hélène, qu'une histoire si rocambolesque atteste ? N'est-ce pas une façon de d'ironiser sur la seule excuse pour se réjouir du rabibochage de ce couple royal, à savoir si Hélène n'avait rien à se reprocher ? Nos sensibilités modernes pourront trouver très politiquement incorrecte cette façon de jeter l'opprobre sur cette femme, qui, dans un cas et dans d'autres pièces ou épopées, s'est fait enlever contre son gré par Pâris, et dans cette pièce en particulier, risque viol et mariage par Théoclymène qui ne l'intéresse pas ; la femme violentée est toujours peu ou prou soupçonnée d'être consentante. Une remarque de Ménélas lui ferait mériter ce qu'il craint : "La contrainte est pour toi un prétexte [pour céder]!"
Pour haut que ces considérations anachroniques et vaudevillesques, la thèse que les hommes se battent pour des simulacres, des chimères, et, des yeux de la postérité, sont morts pour des fantômes, est défendue sous la forme d'une très belle allégorie.
J'ai beaucoup aimé dans cette pièce le dialogue amoureux entre le mari et la femme, notamment lors du troisième stasimon.
Lien : http://aufildesimages.canalb..
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Henri-l-oiseleur
  06 mars 2016
Hélène, la belle Hélène, en Egypte, sur le point de se remarier, poursuivie par Ménélas après la guerre de Troie ... On se demande si le sujet choisi par Euripide est véritablement tragique, jusque dans son dénouement. Ceci posé, le plaisir de lire le texte est grand, il est plein d'une intense poésie et de magie amoureuse, ce qui nous permet d'oublier les catégories littéraires et de nous laisser porter par le vers et le dialogue.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
BazaRBazaR   05 février 2019
MÉNÉLAS: Holà, y-a-t-il un portier dans cette maison ? Qu'il sorte et se fasse mon intermédiaire, le messager de mes misères.
LA VIEILLE: Qui va là, à cette porte ? Veux-tu bien décamper d'ici, au lieu de rester planté devant le portail de notre cour ? Ne va pas déranger les maîtres ! Sans quoi, c'est la mort qui t'attend, vu que tu es Grec, et que nous ne recevons pas ça chez nous !
MÉNÉLAS: Hé, tu pourrais aussi bien dire la même chose en d'autres termes, la vieille ! Je vais obéir, oui - mais permets-moi un mot.
LA VIEILLE: Va-t-en ! J'ai ma consigne, étranger : ne jamais laisser un Grec approcher de cette maison.
MÉNÉLAS: Hé! Tu me bouscules ? Bas les mains ! Ne me chasse pas si brutalement !
LA VIEILLE: C'est ta faute : quand je parle, tu n'obéis pas.
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BazaRBazaR   04 février 2019
HÉLÈNE:
On me nomme Hélène, et les malheurs que j'ai subis, je vais les dire. Dans un vallon retiré de l'Ida, trois déesses vinrent se présenter devant Pâris, pour lui faire apprécier leur beauté : Héra, Cypris, et la vierge jaillie de Zeus. Quelle était la mieux faite ? Elle voulaient qu'il tranchât le débat... C'est ma beauté à moi (beauté?... calamité plutôt!) qui fut l’appât dont usa Cypris, promettant à Pâris de la lui mettre en mains : elle eut la palme.
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Nastasia-BNastasia-B   23 juillet 2013
HÉLÈNE : Vous jugez donc que l'apparence ne vous laisse aucun doute ?
TEUCER : Ce que mes yeux ont vu, mon esprit le confirme.
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   06 mars 2016
HELENE ... Je ne suis pas allée à Troie. C'était mon ombre ...
MESSAGER. Comment ? Nous aurions en vain peiné pour un nuage ?

Citation d'Hélène d'Euripide, en épigraphe du poème "Hélène" de Georges Séféris.
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BernachoBernacho   01 juillet 2016
Ô Priam, ô terre troyenne ! Pour quel néant vous avez donc péri !
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Videos de Euripide (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Euripide
Hyacithus présente sa première bande dessinée, « Les Cosomogoniales ? Un chant de Silène », en compagnie de Thomas Bout, fondateur des éditions Rue de l'échiquier.
LE LIVRE
À travers cette bande dessinée exceptionnelle, Hyacinthus nous invite à un voyage unique : la création de l?univers, de l?étincelle primordiale à l?apparition de la vie sur Terre.
Au fil des 192 pages, il confronte ce que la connaissance scientifique actuelle nous dit de nos origines à une vision cosmogonique venue du fond des âges, en reprenant des textes d'auteurs classiques gréco-latins, d?une justesse souvent stupéfiante. Il nous fait ainsi redécouvrir la sagesse des Anciens (Sophocle, Virgile, Lucrèce, Euripide, Ovide, Aristophane, Hésiode, et bien d'autres) pour mener à bien une « prise de parole antique » aussi spectaculaire que salutaire.
Depuis l'instant du «?big bang?» jusqu'à l'apparition des premiers animaux terrestres, en passant par les péripéties de la formation de notre planète, les illustrations de Hyacinthus ? réalisées à l'encre de Chine ? et les citations, dans leur langue originelle et traduites en français, se complètent. le décalage perceptible entre deux temporalités ? la vulgarisation contemporaine face à des textes datant d?il y a deux mille ans ? offre par sa finesse un regard nouveau et poétique sur un mystère qui n?a cessé de fasciner les hommes : l?apparition de notre monde et du vivant.
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