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ISBN : 2742797335
Éditeur : Actes Sud (28/05/2011)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 15 notes)
Résumé :
De datation imprécise mais considérées comme l'une des plus anciennes tragédies de Sophocle , Les Trachiniennes ont pour sujet la mort d'Héraclès. À Trachis, sa femme Déjanire, prévenue par son fils Hyllos du retour d'Héraclès, mais inquiète de voir ce dernier devancé par la jeune Iole pour laquelle il brûle, elle fait envoyer par Hyllos une tunique trempée dans le sang du centaure Nessos. Pensant ainsi se garantir l'attachement d'Héraclès elle tue en fait ce dernie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
BazaR
  29 novembre 2015
Héraclès est un demi-dieu, un super-héros ; il fracasse les méchants, il balaie le souk que les dieux ont laissé lors de la création du monde. On l’admire, le mec. Et pourtant, des magazines comme Closer se régaleraient de déboulonner sa statue en révélant certaines facettes de sa personnalité.
Un exemple ici : il vient de dérouiller Euphytos, roi d’Œchalie, et de raser sa ville. Il trouve Iole, la fille du roi, à son goût et l’envoie par courrier express à sa femme Déjanire en lui spécifiant de faire de la place pour sa nouvelle concubine. Sympa non ?
Déjanire passe son temps à attendre le retour de son époux toujours par monts et par vaux. Enfin il annonce son retour avec, dans ses bagages, une nouvelle femme. Elle pourrait s’énerver pas vrai ? Ben non. Elle n’en veut pas à la pauvre Iole qui n’a pas son mot à dire dans tout ça. Elle se rappelle les dernières paroles de Nessus, le centaure qui avait tenté de la violer et qu’Héraclès avait abattu d’une flèche : « si un jour Héraclès veut aller conter fleurette ailleurs, fais-lui porter ma tunique tachée de mon sang, il reviendra vers toi illico. » Elle fait parvenir la fameuse tunique à Héraclès. Mais au bout d’un moment, elle se demande si son violeur, assassiné par Héraclès, n’avait pas une idée derrière la tête. D’après vous ?
Dès qu’il s’enveloppe dans la tunique, Héraclès est immédiatement brûlé au 27ème degré. Il ne s’en relèvera pas. Quand elle l’apprend, Déjanire se suicide. Et avant de mourir, Héraclès fait jurer à son fils Hyllos d’épouser Iole – la fille à cause de qui ses parents viennent de mourir. Tout n’est pas bien qui finit pas bien.
Comme à l’accoutumée, aucune action n’est directement visible sur scène. Les personnages se font raconter les évènements par des hérauts ou des messagers. Cela donne lieu à des soliloques assez longs mais parfois à des dialogues savoureux qui utilisent des ressorts théâtraux existant visiblement de toute éternité. On se régale d’entendre Lichas, le héraut d’Héraclès dans ses petits souliers, essayer d’éluder les questions de Déjanire qui lui demande qui est cette Iole. On adore voir Héraclès pleurnicher comme une « femmelette » alors qu’il se sait mourant et comprend qu’il ne mourra pas les armes à la main. Héraclès encore, tellement occupé à vouer sa femme aux gémonies pour l’avoir tué qu’il ne laisse pas son fils Hyllos en placer une pour lui expliquer le piège de Nessus. Ce sont des ressorts de comédie qui sont appliqués dans cette tragédie.
Cette pièce est considérée comme l’une des plus anciennes de Sophocle, une « œuvre de jeunesse ». Il est vrai que je n’y ai pas retrouvé la force et la subtilité d’Antigone ou d’Œdipe-Roi, mais elle a tout de même beaucoup de plaisir à offrir à un amateur de l’Antique.
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colimasson
  14 août 2013
Après nous avoir caraboché le chou avec des histoires d'héros qui se précipitent dans le royaume des morts pour essuyer une humiliation (Ajax), pour venger un frère (Antigone), pour accomplir un oracle (Oedipe Roi) ou pour honorer un père (Electre), diantre ! enfin, un peu de changement ! Avec ces Trachiniennes, le masochisme devient sadisme et nous assistons à une mise à mort qui n'est plus suicide programmé mais assassinat non-prémédité.

En apprenant que Héraclès est de retour, après avoir vagabondé sans donner de nouvelles pendant quinze mois, Déjanire son épouse est folle de joie… manque de pot, une donzelle sillonne dans le parage du grand homme. Il s'agit d'Iole, fille d'Eurytos, pour qui Héraclès a fait la guerre. Point de remerciement monnayable pour l'effort fourni au combat : Héraclès s'approprie la jeune fille, dont il veut faire son amante.

Déjanire prétend n'être pas furieuse (« Que mon mari soit vulnérable à ses traits, lui aussi, je serais bien folle de lui en faire grief ; et ce n'est pas non plus la faute de cette femme, car elle n'a voulu ni m'outrager ni me nuire ») –il n'empêche : elle aimerait bien rester la favorite de Héraclès. Elle se souvient alors d'un rituel d'amour qui lui avait été transmis, et elle enduit une de ses tuniques du sang du centaure Nessos et de l'hydre Lerne, deux monstres tués par son mari. Mais le sang de ces bestioles peut-il vraiment provoquer des évènements purs ? le rituel d'amour se transforme bientôt en meurtre incontrôlé, déchaînant au passage la colère du fils Hyllos.

Les rebondissements suivants se basent sur la question de savoir si Héraclès est vraiment mort, ou s'il ne l'est pas ; de savoir si Déjanire s'est tuée, ou si elle ne l'a pas fait ; de savoir si Hyllos va achever son père, ou s'il ne le fera pas. Questions sans doute tragiques mais qui nous laissent souvent de marbre, tant la distanciation mise en place par Sophocle est efficace.

Relevons quand même la place importante qu'occupe le choeur dans cette pièce. le lyrisme apporté par celui-ci mérite sans doute une mise en scène qui permettrait par la même occasion de relever le tragique de la destinée de ses personnages malheureux. Les Trachiniennes prend sans doute mieux son envol au spectacle qu'à la lecture mais en attendant, on ne décolle pas vraiment…

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   27 novembre 2015
[DÉJANIRE] Là-devant, malheureuse que je suis, je ne sais à quelle pensée me jeter, mais je vois que j'ai fait quelque chose d'épouvantable. Car enfin, quel motif, quelle dette avait-il, ce centaure, au moment de mourir, pour me montrer de la bienveillance, à moi qui était cause de sa mort ? Impossible ! S'il me cajolait, c'était pour obtenir la perte de celui qui l'avait frappé (Héraclès). Et moi, je ne le comprends que trop tard, quand cela ne sert plus à rien. C'est moi seule, si mon pressentiment ne me trompe pas, c'est moi, misérable, qui aurait détruit sa vie !
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BazaRBazaR   25 novembre 2015
[Le chœur à Déjanire]
Oui, j'ai des reproches à te faire:
je te les adresse avec déférence,
mais sans biaiser: tu ne devrais pas,
je te le dis, laisser flétrir
tes pensées d'heureux avenir!
Être à l'abri de la douleur,
même le Tout-Puissant, le Roi fils de Cronos
ne l'a point assigné aux mortels; non: sur tous
peine et joie vont leur cercle,
comme la ronde que décrivent
les étoiles de la Grande Ourse.
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colimassoncolimasson   19 août 2013
CHANT DU CHŒUR. – […] Soit dit sans te blesser, ce trop d’inquiétude,
je ne l’approuve pas.
Je dis qu’il ne faut pas toujours décourager ton espérance,
De sort affranchi des douleurs,
jamais le roi tout-puissant, le fils de Cronos lui-même
n’en assigne aux mortels ;
mais la joie et la peine alternent pour chacun,
comme en leur parcours circulaire passent les étoiles de l’Ourse,
Rien n’est constant pour les mortels, ni la nuit d’astres diaprée,
ni les revers, ni la richesse ;
brusquement, quittant l’un, de l’autre s’approchant,
ainsi va le bonheur, ainsi l’adversité.
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Nastasia-BNastasia-B   26 juillet 2013
HÉRACLÈS : Va, mon fils, fais cela ; aie pitié de celui qui a droit à mille pitiés, qui crie et qui pleure ici comme une fille, alors que cela, personne ne peut dire qu'il l'ait jamais vu faire à l'homme que je fus. Toujours, sans une plainte, je suivais les douleurs. Mais cette fois, sous pareil coup, je me révèle, hélas ! une simple femme...
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BazaRBazaR   28 novembre 2015
[HÉRACLÈS] Va, mon fils, ne te dérobe pas, aie pitié de moi, qui fais pitié à tous, et qui hurle et sanglote comme une petite fille... Cela, personne avant ce jour, ne prétendra qu'il l'a vu faire à Héraclès : sans une plainte, je suivais toujours mon rude chemin. Mais à présent, tombé de si haut, on me voit me conduire comme une femmelette ! Quelle misère !
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Videos de Sophocle (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Sophocle
Le comédien Luc-Antoine Diquéro interprète le rôle de Créon dans "Antigone" .Le comédien Luc-Antoine Diquéro interprète le rôle de Créon dans "Antigone", un texte original écrit par Stéphane Michaka d'après la tragédie de Sophocle. Une fiction enregistrée au musée Calvet d'Avignon, avec les musiciens de l'Orchestre National de France, à réécouter ici : http://bit.ly/2ulrN55
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