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EAN : 9782742797332
48 pages
Actes Sud (28/05/2011)
3.76/5   38 notes
Résumé :
A Trachis, Déjanire, prévenue par son fils Hyllos du retour de son mari Héraclès, est folle de joie. Ce sentiment s’estompe et se transforme lorsque Lichas, messager et compagnon d’Héraclès, lui apprend que ce dernier est accompagné par la jeune Iole pour laquelle il brûle. Folle de jalousie, elle fait envoyer à Héraclès une tunique trempée dans le sang de Nessos pensant ainsi se garantir l’amour d’Héraclès. Mais le sang est empoisonné, et au lieu de raviver son amo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Ah mince, une pièce de Sophocle que je n'aime pas ! C'est pas comme si les pièces de Sophocle pullulaient dans la nature... Ma déception tient probablement à la composition de la pièce, ce sur quoi je reviendrai plus tard.


Alors voyons l'histoire, qui intervient à la fin de la vie d'Héraclès. Donc après les fameux travaux, après qu'il ait massacré sa première femme et leurs enfants, et après tous ces trucs qu'il est censé avoir fait ici et là, comme engrosser pas mal de femmes sur son passage (ce type est un modèle d'hyperactivité). Héraclès est donc marié depuis un certain temps à Déjanire, qu'il a laissée en plan (le goujat !) pour aller caracoler on ne sait où. Ça fait quand même quinze mois que Déjanire l'attend, ce qui n'est pas rien, surtout quand votre mari vous a dit que s'il revenait, ce serait au bout de quinze mois (comme par hasard...), ou bien qu'il périrait à la fin de ce laps de temps. du coup, Déjanire est un peu à cran. Mais voilà qu'on annonce le retour d'Héraclès, qu'un pote à lui se pointe, ainsi qu'un messager, ainsi que des tas de gens - en particulier un groupe de captives. Et c'est parti pour une série de douches écossaises infligées à Déjanire ! Bon, ce qu'elle, elle voudrait savoir, c'est où se trouve Héraclès (les différents rapports sont plus ou moins divergents) et qui sont ces captives. Et voilà qu'on lui sert une explication aux petits oignons (bien que pas très claire à mon goût), donc ô joie, voilà que le choeur se réjouit ! Oui mais non. Il s'avère qu'Héraclès a dévasté une ville (l'ordure !) pour s'accaparer une des captives en particulier, la fille d'un roi (le salaud !) et qu'il compte rentrer tranquillou et faire de Iole, la captive en question, son épouse, ou sa concubine, ou ce qu'il voudra, vu que c'est qu'une femme, et réduite en esclavage, par-dessus le marché. Oui mais non. Déjanire voit tout ça d'un très mauvais oeil. Elle a donc l'idée d'utiliser la ceinture de Nessos, le centaure tué lors des douze travaux. Car il se trouve que Nessos, bien des années avant notre histoire, après avoir essayé de violer Déjanire et avoir été mortellement touché par une flèche d'Héraclès, avait conseillé à Déjanire de récupérer son sang mêlé à celui de l'hydre de Lerne, pour en faire une espèce de philtre d'amour (ce serait plutôt un onguent, en l'occurrence). Et Déjanire d'obéir (quelle naïve, c'était évidemment un piège !) Retour à notre histoire : voilà donc Déjanire qui fabrique une tunique pour Héraclès teinte avec le sang de Nessos et de l'hydre de Lerne, et qui la lui fait envoyer là où il est (j'ai complètement oublié où était censé se trouver Héraclès à ce moment précis). le choeur (de jeunes Trachiniennes naïves) s'est empressé d'acclamer la bonne idée de Déjanire, et le voilà qui se réjouit encore (ah oui, c'est bizarre un choeur de tragédie grecque qui passe son temps à se réjouir...) Sauf que Déjanire a soudain de bonnes raisons de penser qu'elle s'est fait avoir par Nessos, ce qui va s'avérer puisqu'elle apprendra qu'Héraclès est à l'agonie. Et comme son fils vient l'insulter, allez hop, elle se suicide, et Héraclès revient pour crever dans d'atroces souffrances. Fin.


J'explique juste pourquoi la pièce s'appelle Les Trachiniennes, et non La vengeance de Déjanire ou L'agonie d'Héraclès : l'action se déroule à Trachis, ville où Déjanire a trouvé refuge, et le choeur est constitué de jeunes Trachiniennes, comme je l'ai déjà précisé, qui, je suppose, forment la suite de Déjanire (sinon, je vois pas bien pourquoi elles traînent tout le temps dans ses jupes). Pour autant, le choeur n'est pas si important que ça dans la pièce - bien sûr, il permet de souffler le chaud et le froid, mais bon. Et puis, sauf erreur de ma part, y'a même pas de coryphée. Et puis donc, on voit pas bien pourquoi ce titre, même avec l'explication que je viens de vous donner. Mais tout est bizarre dans cette pièce.


On ne sait pas dater Les Trachiniennes, mais on a tendance à penser que ce serait une des plus anciennes pièces de Sophocle. Alors attention, quand je parle des plus anciennes pièces, il s'agit des plus anciennes pièces qui nous soient parvenues. On suppose donc qu'elle aurait été composé vers -445, ou encore vers -442, ce qui la situe à l'époque d'Ajax ou d'Antigone. Sauf qu'elle ne ressemble en rien à Ajax ou à Antigone. On ne s'y insulte pas, ou si peu ; c'est dire que les échanges entre les personnages manquent de la vivacité habituelle à Sophocle. Et Déjanire, qui est le personnage principal, disparaît au bout d'un temps pour laisser la place à Héraclès, ce qui scinde la pièce en deux parties distinctes, la seconde étant centrée sur l'alternance de gémissements et de vociférations d'Héraclès. Gémissements et vociférations qui le rendent un peu grotesque. Mais avant cette intervention d'Héraclès qui parle quasiment tout seul, les dialogues entre Déjanire et Untel ou Untel ne sont pas plus folichons que ça. Et que je te raconte où est Héraclès, pourquoi, ce qu'il a fichu pendant un an, ce qu'il a fichu pendant les trois derniers mois. Et on recommence, avec une autre version. Bref, que des histoires rapportées, avec finalement pas tant de place que ça pour la montée en puissance de la jalousie de Déjanire et pour ses angoisses, encore moins pour son désespoir final. Bien sûr, c'est un topos de la tragédie grecque que de faire raconter les événements les plus sanglants et de ne rien montrer - ou de montrer uniquement le résultat, avec cadavres à l'appui. Mais d'habitude, ça sert la dramaturgie, et donc la marche inexorable vers l'issue tragique. Là, je ne sais pas, quelque chose ne fonctionne pas bien à mes yeux, sans que j'arrive à mettre exactement le doigt dessus. Même le coup de la douche écossaise me semble moyennement efficace.


Alors oui, on a bien une héroïne à la Sophocle, qui cherche à déjouer les embûches du destin. Mais j'ai l'impression persistante que Déjanire méritait mieux, et qu'au fond, Héraclès, on s'en fout un peu - c'est quand même qu'un gros con, en tout cas c'est comme ça que le présente Sophocle. du coup, je reste sur ma faim et sur ma déception de ne pas avoir vu une Déjanire plus passionnée, plus combative, plus déterminée. Plus intéressante, quoi. Tant pis.



Challenge Théâtre 2020
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Héraclès est un demi-dieu, un super-héros ; il fracasse les méchants, il balaie le souk que les dieux ont laissé lors de la création du monde. On l’admire, le mec. Et pourtant, des magazines comme Closer se régaleraient de déboulonner sa statue en révélant certaines facettes de sa personnalité.

Un exemple ici : il vient de dérouiller Euphytos, roi d’Œchalie, et de raser sa ville. Il trouve Iole, la fille du roi, à son goût et l’envoie par courrier express à sa femme Déjanire en lui spécifiant de faire de la place pour sa nouvelle concubine. Sympa non ?
Déjanire passe son temps à attendre le retour de son époux toujours par monts et par vaux. Enfin il annonce son retour avec, dans ses bagages, une nouvelle femme. Elle pourrait s’énerver pas vrai ? Ben non. Elle n’en veut pas à la pauvre Iole qui n’a pas son mot à dire dans tout ça. Elle se rappelle les dernières paroles de Nessus, le centaure qui avait tenté de la violer et qu’Héraclès avait abattu d’une flèche : « si un jour Héraclès veut aller conter fleurette ailleurs, fais-lui porter ma tunique tachée de mon sang, il reviendra vers toi illico. » Elle fait parvenir la fameuse tunique à Héraclès. Mais au bout d’un moment, elle se demande si son violeur, assassiné par Héraclès, n’avait pas une idée derrière la tête. D’après vous ?
Dès qu’il s’enveloppe dans la tunique, Héraclès est immédiatement brûlé au 27ème degré. Il ne s’en relèvera pas. Quand elle l’apprend, Déjanire se suicide. Et avant de mourir, Héraclès fait jurer à son fils Hyllos d’épouser Iole – la fille à cause de qui ses parents viennent de mourir. Tout n’est pas bien qui finit pas bien.

Comme à l’accoutumée, aucune action n’est directement visible sur scène. Les personnages se font raconter les évènements par des hérauts ou des messagers. Cela donne lieu à des soliloques assez longs mais parfois à des dialogues savoureux qui utilisent des ressorts théâtraux existant visiblement de toute éternité. On se régale d’entendre Lichas, le héraut d’Héraclès dans ses petits souliers, essayer d’éluder les questions de Déjanire qui lui demande qui est cette Iole. On adore voir Héraclès pleurnicher comme une « femmelette » alors qu’il se sait mourant et comprend qu’il ne mourra pas les armes à la main. Héraclès encore, tellement occupé à vouer sa femme aux gémonies pour l’avoir tué qu’il ne laisse pas son fils Hyllos en placer une pour lui expliquer le piège de Nessus. Ce sont des ressorts de comédie qui sont appliqués dans cette tragédie.

Cette pièce est considérée comme l’une des plus anciennes de Sophocle, une « œuvre de jeunesse ». Il est vrai que je n’y ai pas retrouvé la force et la subtilité d’Antigone ou d’Œdipe-Roi, mais elle a tout de même beaucoup de plaisir à offrir à un amateur de l’Antique.

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Les Trachiniennes retracent la fin de la vie d'Héraclès.
Si celui-ci est archi connu pour ses exploits et en particulier ses 12 travaux, il n'en a pas moins des facettes obscures.
Demi Dieu, fils de Zeus et d'une humaine, poursuivi par la haine d'Héra, Héraclès est doté d'une force exceptionnelle et d'un mauvais caractère tout aussi exceptionnel.
Impulsif, orgueilleux, cognant avant de discuter, Héraclès n 'est pas que courageux et fort. C'est un vrai macho. Ce n'est pas mon personnage préféré de la mythologie grecque même si je n'hésite pas à faire découvrir ses exploits à mes élèves. Il a des côtés qui me dérangent et cette fin m'a plutôt réjoui.
En effet, Héraclès s'est entiché d'une jeune fille Iole alors qu'il est marié à Déjanire. Il n'hésite pas à faire un carnage pour conquérir (enfin enlever serait plus juste) la jeune fille. Iole fait donc partie des captives envoyées par Héraclès à Déjanire pendant qu'il remercie les dieux à renfort de sacrifices.
On pourrait penser que Déjanire qui a compris la raison de la présence de Iole dans sa maison, soit prise de fureur et d'envie de vengeance. Il n'en est rien. Amoureuse, elle décide de se servir des conseils et du sang du centaure Nessos. Celui ci alors qu'il mourrait de la flèche d'Héraclès après avoir tenté de violer Déjanire a demandé à la jeune femme de conserver son sang. Celui ci lui servirait un jour à conserver l'amour d'Héraclès intact. Déjanire fait donc porter une tunique enduite du sang du centaure à Héraclès par un messager (le même qui essayait de lui cacher l'infidélité d'Héraclès, brave type).
Bien évidemment c'était un piège du centaure, sa vengeance.
Déjanire tue sans le vouloir son époux.
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Après nous avoir caraboché le chou avec des histoires d'héros qui se précipitent dans le royaume des morts pour essuyer une humiliation (Ajax), pour venger un frère (Antigone), pour accomplir un oracle (Oedipe Roi) ou pour honorer un père (Electre), diantre ! enfin, un peu de changement ! Avec ces Trachiniennes, le masochisme devient sadisme et nous assistons à une mise à mort qui n'est plus suicide programmé mais assassinat non-prémédité.


En apprenant que Héraclès est de retour, après avoir vagabondé sans donner de nouvelles pendant quinze mois, Déjanire son épouse est folle de joie… manque de pot, une donzelle sillonne dans le parage du grand homme. Il s'agit d'Iole, fille d'Eurytos, pour qui Héraclès a fait la guerre. Point de remerciement monnayable pour l'effort fourni au combat : Héraclès s'approprie la jeune fille, dont il veut faire son amante.


Déjanire prétend n'être pas furieuse (« Que mon mari soit vulnérable à ses traits, lui aussi, je serais bien folle de lui en faire grief ; et ce n'est pas non plus la faute de cette femme, car elle n'a voulu ni m'outrager ni me nuire ») –il n'empêche : elle aimerait bien rester la favorite de Héraclès. Elle se souvient alors d'un rituel d'amour qui lui avait été transmis, et elle enduit une de ses tuniques du sang du centaure Nessos et de l'hydre Lerne, deux monstres tués par son mari. Mais le sang de ces bestioles peut-il vraiment provoquer des évènements purs ? le rituel d'amour se transforme bientôt en meurtre incontrôlé, déchaînant au passage la colère du fils Hyllos.


Les rebondissements suivants se basent sur la question de savoir si Héraclès est vraiment mort, ou s'il ne l'est pas ; de savoir si Déjanire s'est tuée, ou si elle ne l'a pas fait ; de savoir si Hyllos va achever son père, ou s'il ne le fera pas. Questions sans doute tragiques mais qui nous laissent souvent de marbre, tant la distanciation mise en place par Sophocle est efficace.


Relevons quand même la place importante qu'occupe le choeur dans cette pièce. le lyrisme apporté par celui-ci mérite sans doute une mise en scène qui permettrait par la même occasion de relever le tragique de la destinée de ses personnages malheureux. Les Trachiniennes prend sans doute mieux son envol au spectacle qu'à la lecture mais en attendant, on ne décolle pas vraiment…

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Les Tachiniennes, ce sont les jeunes filles de Trachis qui entourent Déjanire, la femme du plus grand héros grec, Hercule. C'est le Hercule qui a déjà accompli ses travaux, mais qui continue à réaliser des exploits supplémentaires pourrait-on dire, ce qui l'éloigne du foyer conjugal, pour la gloire et pour le désir, puisqu'il accumule les conquêtes, tant militaires qu'amoureuses. Déjanire est la figure de la femme malheureuse, délaissée par Hercule qui n'est pas rentré depuis quinze mois quand la pièce commence. Elle pleure, inquiète de sa mort possible. Or, Hercule a encore conquis une ville, et il envoie ses captives, de jeunes et jolies jeunes filles, dans sa ville. Déjanire les accueille avec gentillesse, et même pitié – parmi les captives, Hercule a dissimulé sa nouvelle épouse selon les termes de la pièce, sa maîtresse dirait-on aujourd'hui.
Déjanire est un personnage touchant, elle est sincère, ses larmes sont pleinement humaines, elle aime son mari qui l'abandonne et la manipule. Hercule, lui, malgré ses exploits, apparaît avec un regard moderne – et peut-être mon regard contemporain attentif à la parole des femmes, comme un lâche, qui cède à ses désirs sans se soucier de sa femme, de ses enfants, de son foyer. Dans la pièce, ce n'est pas le héros que l'on voit ou que l'on entend, mais le séducteur qui n'ose pas affronter sa femme. Contrairement à La folie d'Heraclès d'Euripide que j'ai lue précédemment, dans cette pièce-ci, ce ne sont pas les dieux qui sont responsables de ses souffrances, le malheur arrive par sa propre faute, de sa responsabilité. Certes, c'est Déjanire qui l'empoisonne, mais c'est involontaire et non prémédité. Hercule, lui, se plaint, crie, maudit... Il semble incapable d'un raisonnement construit. Il souffre, oui, mais sans penser aux souffrances sur les autres – sa femme trompée, sa captive/concubine/épouse/esclave... qu'il laisse seule sur une terre hostile et qui ne s'exprime quasiment pas de la pièce, ce qui fait qu'on ne sait pas si elle était consentante à l'enlèvement par Hercule, son fils à qui il demande d'ériger son propre bûcher...
Hercule ne m'apparaît donc pas comme un héros digne de devenir un dieu dans cette pièce. Cependant, il lui allait une fin atroce pour, justement, devenir un dieu et avoir sa place dans l'Olympe. C'est un héros de mythe, mais difficilement un héros de tragédie, parce que ce n'est pas un héros de la parole, il agit et il ne discourt pas, ce qui l'empêche d'être un véritable personnage de théâtre, ses actes sont hors-scène.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
[DÉJANIRE] Là-devant, malheureuse que je suis, je ne sais à quelle pensée me jeter, mais je vois que j'ai fait quelque chose d'épouvantable. Car enfin, quel motif, quelle dette avait-il, ce centaure, au moment de mourir, pour me montrer de la bienveillance, à moi qui était cause de sa mort ? Impossible ! S'il me cajolait, c'était pour obtenir la perte de celui qui l'avait frappé (Héraclès). Et moi, je ne le comprends que trop tard, quand cela ne sert plus à rien. C'est moi seule, si mon pressentiment ne me trompe pas, c'est moi, misérable, qui aurait détruit sa vie !
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[Le chœur à Déjanire]
Oui, j'ai des reproches à te faire:
je te les adresse avec déférence,
mais sans biaiser: tu ne devrais pas,
je te le dis, laisser flétrir
tes pensées d'heureux avenir!
Être à l'abri de la douleur,
même le Tout-Puissant, le Roi fils de Cronos
ne l'a point assigné aux mortels; non: sur tous
peine et joie vont leur cercle,
comme la ronde que décrivent
les étoiles de la Grande Ourse.
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CHANT DU CHŒUR. – […] Soit dit sans te blesser, ce trop d’inquiétude,
je ne l’approuve pas.
Je dis qu’il ne faut pas toujours décourager ton espérance,
De sort affranchi des douleurs,
jamais le roi tout-puissant, le fils de Cronos lui-même
n’en assigne aux mortels ;
mais la joie et la peine alternent pour chacun,
comme en leur parcours circulaire passent les étoiles de l’Ourse,
Rien n’est constant pour les mortels, ni la nuit d’astres diaprée,
ni les revers, ni la richesse ;
brusquement, quittant l’un, de l’autre s’approchant,
ainsi va le bonheur, ainsi l’adversité.
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HÉRACLÈS : Va, mon fils, fais cela ; aie pitié de celui qui a droit à mille pitiés, qui crie et qui pleure ici comme une fille, alors que cela, personne ne peut dire qu'il l'ait jamais vu faire à l'homme que je fus. Toujours, sans une plainte, je suivais les douleurs. Mais cette fois, sous pareil coup, je me révèle, hélas ! une simple femme...
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[HÉRACLÈS] Va, mon fils, ne te dérobe pas, aie pitié de moi, qui fais pitié à tous, et qui hurle et sanglote comme une petite fille... Cela, personne avant ce jour, ne prétendra qu'il l'a vu faire à Héraclès : sans une plainte, je suivais toujours mon rude chemin. Mais à présent, tombé de si haut, on me voit me conduire comme une femmelette ! Quelle misère !
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Vidéo de  Sophocle
SOPHOCLE — Entretien sur 'Antigone' avec les Bollack (France Culture, 2005) L'émission "Tire ta langue", par Antoine Perraud, diffusée le 25 janvier 2005 sur France Culture. Présence : Mayotte et Jean Bollack.
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