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Marie Delcourt (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070381913
701 pages
Gallimard (04/01/1989)
4.18/5   126 notes
Résumé :
TOME I : Le cyclope - Alceste - Médée - Hippolyte - Les Héraclides - Andromaque - Hécube - La Folie d'Héraclès - Les Suppliantes - Ion

TOME II : Les Troyennes - Iphigénie en Tauride - Électre - Hélène - Les Phéniciennes - Oreste - Les Bacchantes - Iphigénie à Aulis - Rhésos
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Difficile de voir en Euripide un génial innovateur en ce début de XXIème siècle, lui qui représente l'origine de l'origine, la tranchée de fondation de tout un pan de la littérature occidentale, et pourtant, et pourtant...
Les chiffres commencent à perdre leur signification quand on essaie de se figurer qu'il écrivait il y a environ 2450 ans. Histoire de nous resituer chronologiquement le personnage, on peut dire qu'il vivait au moment où les Celtes commençait à venir s'installer dans ce qui allait bientôt devenir la Gaule celtique. Ça laisse rêveur, non ? de s'imaginer ce que pouvait être le travail et les motivations d'un écrivain dramatique au moment où les Gaulois étaient encore des envahisseurs sur notre territoire !
Bref, revenons à nos moutons de Panurge. Euripide est le troisième des trois grands tragédiens grecs (Eschyle, Sophocle, Euripide) qui nous sont parvenus. On sait qu'il en a existé d'autres et que, très probablement, comme pour à peu près tous les grands hommes, ils sont à la fois uniques et à la fois la suprême représentation d'une tendance, car rien ne tombe jamais du ciel ou n'apparaît de rien.
Bien sûr il faut replacer les pièces d'Euripide dans leur contexte religieux, social et politique (apogée de la démocratie athénienne, qui vit d'ailleurs ses derniers moments sous Euripide) dont j'ai déjà abondamment parlé à propos de Sophocle et auquel je vous renvois si cela vous intéresse car j'ai peur de lasser par mes redites.
Euripide est celui des trois qui s'est le moins fait dégraisser à l'époque romaine, mais tout de même, seule 18 de ses tragédies nous sont encore accessibles sur probablement plus de 90 et un seul drame satyrique sur un certain nombre mais qui est sujet à discussion. Pendant l'ère byzantine, trois seulement de ces tragédies (Hécube, Oreste et les Phéniciennes) étaient autorisées à la représentation. Ses tragédies s'organisent principalement autour de deux axes : 1) les Atrides, qui concernent la tradition de la maison royale d'Argos, c'est-à-dire en gros la Guerre de Troie et ses suites ; 2) les Labdacides, qui concernent la tradition de la famille royale de Thèbes, soit en gros la famille d'Oedipe et de Dionysos.
Le public auquel s'adressait ces pièces connaissait parfaitement les traditions orales ou écrites (par exemple l'Iliade d'Homère) auxquelles elles faisaient référence. de nos jours, tout ceci est un peu abscons et intriqué mais avec un peu de persévérance on y arrive tout de même.
Ainsi, Hélène, Electre, Oreste, Iphigénie à Aulis, Iphigénie en Tauride, les Troyennes, Andromaque ou Hécube par exemple font partie du groupe des Atrides (du nom d'Atrée, le père d'Agamemnon et de Ménélas, celui qui s'est fait ravir Hélène par Pâris) et se comprennent d'autant mieux qu'on sera au point avec la guerre de Troie. Si tel n'est pas le cas et que vous souhaitez tout de même y voir plus clair, je vous conseille simplement de lire le prologue d'Oreste qui retrace l'arbre généalogique quasi complet des Atrides.
Les tragédies d'Euripide font la part belle à la psychologie des personnages, ce qui est sa grande innovation par rapport à ses prédécesseurs. On sait également qu'il a réduit l'importance du choeur et du coryphée (qui joue un rôle d'intermédiaire entre les acteurs et le public), probablement pour renforcer l'empathie des spectateurs avec ses acteurs qui traversaient tant d'épreuves. Il faut donc le voir comme une tentative d'incursion vers plus de réalisme (je sais, cela paraît difficile tellement les pièces nous semblent artificielles de nos jours, mais c'est le petit effort que réclame la bonne intelligence de ces écrits d'il y a plusieurs millénaires).
On pourrait encore discuter longtemps des qualités et des mérites (réels ou supposés) de ces tragédies, mais je sens que je commence à être longue et j'en terminerais donc avec un tout petit conseil hautement subjectif, à savoir mes pièces favorites, et c'est certainement à Hécube et à Oreste que je décerne mes lauriers, mais que valent mes lauriers ? pas grand-chose.
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Comme j'ai eu du plaisir à me plonger dans ce bain mythologique, passion renforcée par les nombreuses consultations de Wikipedia!

J'ai aussi apprécié la poésie, les aphorismes, mais aussi la compassion pour les héros, leurs doutes, les choix difficiles et on finirait par
y croire, d'ailleurs c'est arrivé 400 ans plus tard, ...l'épouse d'un chaste charpentier qui n'avait point souillé son lit, fécondée par l'esprit d'un Dieu!

Suite du petit résumé écrit dans https://www.babelio.com/livres/Euripide-Euripide--Theatre-complet/16513/critiques/2862527
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C'est après Eschyle le deuxième des trois grand tragiques grecs que je lis, et c'est toujours autant un plaisir que de se replonger dans la mythologie grecque, cette fois à travers les pièces d'Euripide qui nous sont parvenues. J'avais déjà lu trois des pièces de ce livre mais par des auteurs différents (Andromaque et Phèdre (Hippolyte ici) par Racine, et Médée par Sénèque) et c'est très intéressant de voir les différences entre ces adaptations des mythes grecques, l'Andromaque de Racine surtout diffère beaucoup de celle d'Euripide. Et pour les autres pièces, il est également intéressant de voir les sources choisies par l'auteur, la plus frappante étant La folie d'Héraclès qui place le massacre de la famille d'Héraclès par celui-ci après les 12 travaux, quand il est très généralement admis que ce massacre a eu lieu avant, et c'est même ce qui a été à l'origine des travaux. Pour les autres pièces, pour les mythes que je connaissais un peu et ceux que je ne connaissais pas du tout, j'ai pris beaucoup de plaisir à me (re)plonger dans ces histoires de la mythologie grecque. Il peut être bon avant chaque pièce d'aller sur internet voir un peu l'histoire des personnages dont il va être question, mais ce n'est pas non plus une nécessité car dans cette édition il y a toujours un passage introductif au mythe dont va s'inspirer la pièce. Il s'agit ici du premier des deux volumes des tragédies complètes que l'on a conservé d'Euripide, je lirai le deuxième volume plus tard et j'enchainerai ensuite avec Sophocle.
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Voilà un autre pilier du theatre de la grece antique, son oeuvre est magnifique et vous fera passer des inoubliables moments de lecture et vous etonnera par le fait que ces pieces ont merveilleusement passées les années! Un must !
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Euripide est mon tragique grec préféré. Ses personnages sont faits de chair et non d'éther comme ceux de Sophocle et Eschyle. Certains trouveront ses pièces un peu triviales mais je trouve qu'elles nous touchent davantage en montrant la réalité qu'en restant dans une sphère purement éthérée. Toutes ses pièces ne sont pas d'égale qualité. Dans ce recueil "Médée" se détache nettement des autres. On distinguera aussi 'Hippolyte" et "Andromaque".
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Les choses divines ont bien des aspects. Souvent les dieux accomplissent ce qu'on n'attendait pas. Ce qu'on attendait demeure inachevé.

(N. B. : je me permets, une fois n'est pas coutume, un petit commentaire sur cette citation. Sachant que ceci a été écrit aux alentours de - 400 avant J-C., cela ne vous rappelle pas une formule du genre " Les voies du seigneurs sont impénétrables " ?)
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Quel fâcheux usage règne donc en Grèce ! Quand une armée érige son trophée, ceux qui ont peiné n'ont jamais l'honneur de l'ouvrage. Toute la gloire est pour le général : un seul homme après tout, qui tint sa lance haute parmi des milliers d'autres, qui ne fit que sa part et a tout le renom ! Dans la cité, installés aux postes d'honneur, les chefs de haut traitent le peuple et ne sont que néant. Les petits auraient bien plus de sagesse mais ils sont dépourvus d'audace et de desseins.
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Il n'existe aucun mal redoutable à nommer, nulle souffrance, nulle épreuve infligée par les dieux, dont le fardeau soit épargné à l'humaine nature.
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Selon qu'il vient de gens obscurs ou bien d'hommes en vue, un même mot n'a pas la même force.
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Le vrai philtre, je vais te le dire : ce n'est pas la beauté, ce sont nos qualités qui plaisent au compagnon de notre lit.
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Videos de Euripide (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Euripide
Par Chloé Delaume accompagnée de Benoist Esté Bouvot
Chloé Delaume poursuit son exploration des grandes figures mythologiques féminines en se penchant cette fois sur celle de Médée. Elle revisite ce personnage de la mythologie afin d'en convoquer toute la puissance pour faire écho aux problématiques féministes contemporaines. Médée, magicienne, amoureuse, dont le nom semble depuis toujours synonyme d'infanticide. Pourtant, celle, sans qui Jason ne serait rien, n'a pas toujours été la meurtrière de ses enfants : avant Euripide, Médée commet bien des crimes, mais pas celui-là. Ce soir elle raconte son histoire et interroge la véritable nature de sa culpabilité, elle qui durant tant de siècles ne fut écrite que par des hommes.
Dans le cadre du colloque international « Chloé Delaume : une oeuvre intermédiale » et de la résidence Lilith & Cie.
« le souci quand on est personnage de fiction, c'est qu'un tas de gens, sans cesse, vient vous écrire dessus. On se voit transformé sans le moindre recours. Quelqu'un m'a noirci l'âme, depuis je fais avec. » Chloé Delaume, « Médée avant Médée »
À lire – Chloé Delaume, Pauvre folle, Seuil, 2023.
Son : François Turpin Lumière : Iris Feix Direction technique : Guillaume Parra Captation : Claire Jarlan
+ Lire la suite
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature hellénique. Littérature grecque>Littérature grecque : drames (40)
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