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Dany Filion (Traducteur)
ISBN : 287730227X
Éditeur : Editions Philippe Picquier (19/05/1998)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 13 notes)
Résumé :

De sa petite boîte en bois enterrée sous la fenêtre, Huitième Frère - mort prématurément à seize jours - observe et raconte les heurts et malheurs de sa famille. Et quelle famille ! Entassés à onze dans une minuscule cabane secouée par le passage du train, dominés par le père, un colosse docker et ivrogne, plus porté aux coups qu'à la tendresse paternelle, forcés de voler le c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  14 juin 2013
« Septième Frère dit : la vie, c'est comme les feuilles d'un arbre, un va-et-vient incessant. le destin des bourgeons du printemps est de voltiger en automne. Tous les chemins conduisent à la même fin ; »
Je vois que tu as déjà fait connaissance avec Septième Frère. Laisse-moi te présenter le reste de la famille : avant Septième Frère, il y a eu Sixième Frère et Cinquième Frère – les jumeaux – puis Quatrième Frère, Troisième Frère, Deuxième Frère – le plus sympa – et Premier Frère… Il y a aussi deux soeurs, Petit Parfum et Grand Parfum, mais elles ne comptent pas vraiment. Puis Mère, cougar à ses heures perdues, qui semble séduire tous les hommes qui passent. Et enfin Père, alcoolique notoire, ouvrier sur les docks et qui n'hésitent pas à battre ses enfants pour obtenir le respect – et surtout qui oblige Septième Frère rachitique à dormir à même le sol dans la boue et la moisissure. de cette paillasse à même le sol sortiront certainement sa détermination et sa force de caractère….
Bonjour l'ambiance, à onze dans cette minuscule cabane qui tremble de tout son bois lorsque le train passe à moins de cinq mètres de ses fondations. Je ne t'avais pas prévenu avant : l'atmosphère n'est pas des plus chaleureuses, encore moins heureuses. Une vie morose et triste. Mais tu n'es pas là pour te larmoyer du sort de cette petite famille de prolétaire chinois. Parce qu'au final il n'y a pas de quoi pleurer, c'est juste le quotidien presque banal d'une telle famille.
Fang Fang, l'auteure qui rime avec Ylang Ylang, l'exotisme en moins. La romancière a fait sensation avec ce livre lors de sa parution en 1987. Elle montre ainsi à travers le témoignage des membres de cette famille ce que peut être l'avenir de tels gens dans cette Chine contemporaine après la Révolution culturelle et la libéralisation économique du pays. En un sens, elle m'a fait penser également aux écrits du tout récent prix Nobel, Mo Yan. Je m'y suis amusé de cette plume franche, même si l'histoire ne prêterait pas à rire, les situations deviennent parfois cocasses, les anecdotes se mêlent aux grands moments politiques et économiques du pays. Oui, j'ai souri de ces petits malheurs. Je suis peut-être cruel alors que Père frappe ses gosses sous l'emprise de l'alcool, lorsque Cinquième Frère – ou Sixième, je les confonds – se fait tabasser par quelques membres d'une mafia locale juste pour les beaux yeux d'une sublime chinoise en robe rouge. Parce qu'il faut bien réagir, et ce livre est une formidable découverte.
«Septième Frère part toujours le dimanche matin très tôt ; cette famille lui répugne. Il n'a pas envie de regarder Père picoler, engueuler son monde et lancer dans un râle un gros crachat vert au milieu de la pièce. Il a horreur de voir Mère, maigre comme une allumette, jouer à la jolie gazelle dès qu'elle voit un homme et raconter comment le beau-père de telle famille a séduit sa bru et comment la belle-mère de telle famille a séduit son gendre. »
Au fait, tu t'apercevras qu'il est souvent question de Septième Frère dans ce roman, celui qui a cherché à s'élever – à tout prix – dans l'échelle sociale. Et de fait, je n'ai pas encore parlé du narrateur. Ce dernier n'est autre que Huitième Frère, celui qui sembla avoir eu la meilleure vie, qui lui permet d'observer avec un profond détachement des actes et déboires de sa propre famille. Huitième Frère, le seul fils aimé de Père, qui n'a vécu que quelques jours et qui se trouve enterré dans une petite boite en bois au pied de la cabane. de là, il a ainsi « une vue splendide » sur sa famille.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Melopee
  11 juin 2011
Huitième Frère est le narrateur de ce récit original et dépaysant. En effet, notre petit héros est enterré sous le fenêtre car il est décédé à seize jours. C'est donc de son point de vue qui lui permet d'avoir "une vue splendide" que nous suivons l'histoire de famille. Et ce n'est pas une famille ordinaire en comparaison des familles actuelles suivant la politique de l'enfant unique.
Entassés à onze dans une toute petite cabane frémissant au rythme des trains qui passent à proximité, tous les membres grandissent dans la misère et l'insécurité. le père, colosse docker et ivrogne fait régner la tyrannie, inculquant l'inculture, le vol et tous ces préceptes honnis d'un autre temps. Nous nous immisçons dans les heurs et malheurs familiaux et sommes atterrés de constater que Septième Frère a été pris comme bouc émissaire. Paria du cercle, il vit sous le lit parental et se traine comme un chien nauséabond.
Plus généralement, tous les enfants - neuf au total - semblent pousser comme des mauvaises herbes et traversent la Révolution culturelle avec pour seul espoir de s'élever de cette si basse condition à laquelle ils sont réduits.
Ce qui m'a profondément ému c'est cette vision de l'histoire par le petit dernier de la famille qui a traversé la vie comme une comète. On le sent compatissant et paisible, tout près, cloitré dans sa petite boîte. C'est ce franc-parler qui a fait sensation en Chine lors de la parution du livre en 1987 car, comme on dit, "la vérité sort de la bouche d'un enfant" et ce tout-petit qui n'a pas eu le temps d'apprendre les convenances et les jugements de valeur livre tout à trac.
Qualifié comme le petit bout de fantôme, très présent pour le père qui ne s'est jamais remis de sa parte, le regard ingénu sur cette famille du Wuhan n'est pas sans nous rappeler Zola ou les Pieds Nickelés, car nous oscillons entre rire et larmes. Parce que le livre est d'une belle poésie et il semble plus s'apparenter à un joli conte qu'à un récit morbide sur la misère humaine.
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frandj
  23 mai 2017
Avec ce roman publié en 1987, Fang Fang a réussi un coup de maître. Ce récit de la vie d'une famille chinoise donne une image réaliste des prolétaires, qui m'a vraiment estomaqué. Tous les personnages sont bien typés, mais il y en a trois qui crèvent l'écran: Père, une brute alcoolique; Mère, une femme qui cherche à attirer les hommes; et Septième Frère qui est le souffre-douleur parce que Père doute de sa paternité: on le traite pire qu'un chien. En famille, les coups pleuvent, les vexations se succèdent et les injures fusent; le vacarme du train passant à quelques mètres de la cahutte rythme le quotidien. Ce n'est pas mieux à l'extérieur, où on lutte pour sa (sur)vie et où les bagarres sont fréquentes. La société chinoise décrite ici ne date pas du Moyen-Age, mais du XXème siècle. Elle se caractérise par une dramatique pauvreté et une effrayante brutalité. Mais pour tous, y compris pour Septième Frère, c'est ça la vie; on ne se révolte pas. Parfois, certains trouvent même des moments de fruste bonheur...
Toute la famille est passée en revue, les sept frères vivants et les deux soeurs (qui sont des pestes). Chacun a son caractère et son chemin. Fang Fang raconte très bien leurs pitoyables aventures, sans pathos. le réalisme que je mentionnais plus haut n'a aucune lourdeur, le lecteur captivé accompagne au jour le jour les héros malheureux. Il est remarquable de signaler que, suite à des événements qui dépassent la famille (notamment la Révolution Culturelle), Septième Frère quittera sa famille et entamera une ascension sociale inespérée. Toute cette histoire est racontée par Huitième Frère, décédé peu après sa naissance et enterré près de la maison. Selon moi, ce procédé narratif n'apporte pas grand-chose au récit. Il n'en reste pas moins que le roman m'a fait une forte impression.
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Prailie
  04 mars 2017
Imaginez les "Affreux, Sales et Méchants" d'Ettore Scola transposés dans la Chine d'avant, pendant et un peu après la Révolution culturelle.....
Est-ce un hasard si le frère le plus intelligent, le plus instruit, se laisse littéralement mourir, transpercé par une fulgurante déception amoureuse? Si le Septième frère, enfant martyr de la famille, devient cadre du parti, tandis que deux autres frères appliquent à corps perdu la fameuse consigne "Enrichissez-vous!".
Mais je m'interroge: dans ce très surprenant roman paru en 1987, le narrateur omniscient ( ce nourrisson enterré à l'âge de 16 jours et qui observe sans jamais juger ni s'indigner cette monstrueuse famille ), ce narrateur qui sait tout sur tout et sur tout le monde , ne serait-ce pas l'Ame de la Chine Eternelle?
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chocobogirl
  10 février 2011
Le petit Huitième, mort à 16 jours, a été enterré sous la fenêtre de la maison. Maison est un bien grand mot car il s'agit plus exactement d'une unique pièce de 13m², où s'entassent une famille chinoise de 11 personnes, frôlé toutes les 7 minutes par le train !
C'est Petit Huitième qui nous raconte le quotidien de ses parents, frères et soeurs.
Loin d'allier amour et protection, cette famille plongée dans la misère ne jure que par le chacun pour soi.
Le père, docker bagarreur et alcoolique bat sa femme et s'acharne sur Septième frère, dernier né traité comme un chien et qui dort sous le lit parental, faute de place. La mère aguiche les voisins et considère qu'être battue est une soupape nécessaire pour son mari. Grand frère travaille la nuit pour pouvoir dormir le jour, toujours faute de place. Bref les enfants ne souhaiteront qu'une chose : quitter au plus vite ce lieu sordide.
Vue par par l'innocence du regard du Petit Huitième, le portrait de cette famille est encore plus choquant. Aucun jugement de valeur n'est donné, au lecteur de se faire la sienne. Mais il n'est pas difficile de comprendre la cruauté des uns et des autres dans le luxe de détails offerts par l'auteur. La famille n'est qu'un cercle aléatoire de personnes. L'échec et le malheur leur ont fait oublier le sens des mots amour et famille. Fang Fang y dénonce aussi les conséquences du libéralisme : Il n'est pas anodin que le seul membre ayant "réussi" sa vie est celui qui aura écrasé tout le monde par rancoeur et qui aura su jouer de ses relations pour gagner de l'argent et un statut qu'il ne mérite pas.
Fang Fang, auteur du courant réaliste chinois, nous donne ici un véritable documentaire sur la vie d'une famille ouvrière pauvre des années 60-70 par l'intermédiaire du regard d'un enfant nous rapportant les choses les plus crues, comme les plus violentes avec la candeur et l'inconséquence de son age.
Lien : http://legrenierdechoco.over..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   19 mai 2013
Septième Frère part toujours le dimanche matin très tôt ; cette famille lui répugne. Il n'a pas envie de regarder Père picoler, engueuler son monde et lancer dans un râle un gros crachat vert au milieu de la pièce. Il a horreur de voir Mère, maigre comme une allumette, jouer à la jolie gazelle dès qu'elle voit un homme et raconter comment le beau-père de telle famille a séduit sa bru et comment la belle-mère de telle famille a séduit son gendre.
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le_Bisonle_Bison   24 mai 2013
Septième Frère a dit : qu'est-ce que je dois faire ? Le gars du Jiangsu a dit : change ta façon de vivre. Septième Frère a dit : Comment il faut vivre ? Le gars du Jiangsu a dit : agis pour changer ton destin, t'as pas à penser au pourquoi du comment. Septième Frère a dit : faut être déterminé et foncer, c'est ça ? Le gars du Jiangsu a dit : pense chaque soir aux souffrances que tu as connues, pense aux regards méprisants que lançaient les autres. Pense à tes enfants et petits-enfants qui suivront péniblement la même route que tu as suivie, en bas de l'échelle.
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le_Bisonle_Bison   01 juin 2013
Septième Frère dit : beaucoup de gens qu'on dit intègres ne vivent que pour eux-mêmes. Ils n'offensent personne mais n'apportent rien à la société, ni à l'humanité. On rencontre aussi des gens qu'on dénigre parce qu'ils s'enrichissent de façon malhonnête, mais à qui il peut arriver de donner une grosse somme d'argent pour la construction d'un hôpital ou d'une école. De ces deux personnages, peux-tu dire lequel est le meilleur et lequel est le moins bon ?
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le_Bisonle_Bison   22 mai 2013
Septième Frère dit : si tu as réalisé que toutes les choses de la vie, et la vie elle-même, ne valent pas un sou, c'est que tu as compris que le seul fait d'avoir vécu jusqu'ici donne un peu de saveur à l'existence. Alors, tu peux aller et venir sur le chemin de l'existence humaine, léger comme un cheval céleste en cavale dans l'espace.
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aimeryjoesselaimeryjoessel   27 août 2018
Quatrième Frère est sourd-muet. Il a eu une forte fièvre à l'âge de six mois. Ce jour-là, Père avait été blessé à son travail et Mère était allée auprès de lui sur le port. Quatrième Frère est sorti vivant de cette fièvre, mais il a perdu toute capacité d'entendre et de parler. Quatrième Frère pouvait tout de même boire et manger, et en fait il grandissait très heureux au sein de cette famille. Il n'a jamais subi les poings et les pieds de Père. Ce qui explique pourquoi Quatrième Frère éprouvait une affection hors du commun pour Père. Quand Père revenait du travail, Quatrième Frère était le seul à se faire une joie de l'accueillir et de l'interpeller dans son baragouin indistinct « Pa... Pa ». Quatrième Frère ne connaissait que ce mot. Il ne savait pas dire « M'man ». C'est pourquoi — son infirmité n'en était pas la cause — Mère ne le chérissait pas particulièrement.
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Fang Fang : Début fatal
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