AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2707194093
Éditeur : La Découverte (02/03/2017)

Note moyenne : 2.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :

Notre monde a abandonné la Syrie et son peuple à une horreur inimaginable. Et cette horreur ne semble nous toucher que par ses « effets collatéraux », les attaques terroristes menées sur notre sol.
Pour qu’une telle indifférence soit devenue possible, il a fallu occulter tout ce qui dans l’histoire de la Syrie résonne dans notre propre mémoire. Il n’en est que plus urgent de renouer le lien avec la part de l’histoire universelle qui s’est déroulée là... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
de
14 avril 2017
Damas nous tend aujourd'hui son miroir
L'histoire et ses bifurcations, la non linéarité des temps, Jean-Pierre Filiu propose des éléments au passé et au présent de cette région qui fût un des « centres » du monde. Récits et contrepoints pour la Syrie, notre histoire…
Comme le souligne l'auteur dans son introduction, « La descente aux enfers de la Syrie et de son peuple n'est ni un problème d'Arabes, ni le solde de querelles immémoriales. Elle est épouvantablement moderne, car les bourreaux de ce temps n'invoquent un glorieux passé que pour consolider leur pouvoir absolu ».
Voyage très subjectif dans le temps et l'espace.
Saint-Paul et la naissance/invention de la chrétienté, Alep, Damas, Antioche, Tarse, Iconium, Jérusalem, la bible et les évangiles, une Eglise naissante distinguant « les toujours-juifs des juste-chrétiens », géopolitique de l'évangélisation…
Le temps de l'écriture. Ici comme dans les autres religions, il fallut du temps et c'est à la fin du IIe siècle que fut constitué le « Nouveau Testament ». Ecrit par des hommes, toujours pour des raisons socio-historiques, ce qui n'exclut cependant pas les aspirations vers un monde meilleur. C'est sur ces territoires, aujourd'hui nommés Syrie que le « christianisme a commencé de s'émanciper du judaïsme comme culte religieux et pratique sociale ». L'auteur parle de la croissance d'une chrétienté « consciente d'elle-même au point de nourrir une ambition universelle ».
Jean-Pierre Filiu parle des schismes d'Orient, d'Antioche et d'Alexandrie comme pôles majeurs de cette chrétienté hellénisé, d'une autre chrétienté développée le long des routes caravanières, celle orientale dans ses rites et son art, de la conversion de Constantin au christianisme, des querelles sur la nature du Christ, des hérésies, de l'Eglise « jacobite » dénommée aussi syriaque-orthodoxe, de saint Simèon, du nestorianisme et du miaphysisme, de l'Eglise « maronite », de la « Vrai-Croix » et de ses avatars, de Maoula, des Grecs-Orthodoxes appelés en arabe Roum, les Eglises dites « autocéphales »… le monde divers des appréciations et des inspirations religieuses… Bien des territoires évoqués portent aujourd'hui les stigmates du « conflit syrien ».
Le prophète Mohammed, l'Oasis de la Mecque, Médine, l'annonciation de Bosra, les Qoraychites, les Omeyyades, le « Messager de Dieu », le chef de guerre, le « sabre de Dieu », les dimensions temporelles du pouvoir, les impitoyables « guerres d'apostasie », les Byzantins, l'ère de la Discorde, la Fitna, la guerre civile, les kharijites, la victoire des Omeyades et la sorte de l'islam hors d'Arabie…
La dissidence de Hussein, les califats, la tragédie de Karbala, l'émergence tardive du sunnisme et du chiisme, les recueils monumentaux de hadiths au IXe siècle et le travail normatif, « La Révélation divine est ainsi complétée par les faits et gestes de celui qui en fut le Messager », les dimensions apocalyptiques, la figure du faux Prophète, le Livre des discordes, les dissidences dont celle de la communauté ismaélienne, la mobilisation messianique, ceux nommés « Druzes », les Nosaïris appelés aujourd'hui Alaouites, les persécutions collectives, les croisades et l'orgie de sang, Saladin, les mystiques souffis, la réécritures des croisades au XIXe siècle « en manifestation précoce de l'impérialisme européen », la terreur venue des steppes, les mamelouks, les Mongols, les Baybars, un khan converti à l'islam, takfir et jihad, Tamerlan, Ibn Khaldoun, l'empire ottoman, les échanges en méditerrané orientale, les alliances et les établissements consulaires, les églises orthodoxes et les dissidences catholiques, Alep et le commerce, le monde…
Napoléon et l'Egypte, Lamartine et laSyrie, les communautés juives, l'émir Abdelkader, l'Anatolie, la fin de l'empire ottoman, le génocide des arméniens (je souligne les très belles pages sur ce sujet), les « accords Sykes-Picot », le partage franco-anglais, la déclaration de Balfour, la rage de diviser, les résistances à l'occupation, les annexions turques, les politiques françaises…
Passé récent et présent, Jean-Pierre Filiu analyse, entre autres, les politiques menées par le régime syrien (de Hafez al-Assad à Bachar al-Assad), l'antisémitisme du régime Assad et la protection accordée à d'anciens nazis, les discours sur les « minorités », la Syrie au Liban, la proclamation de l'« Etat islamique en Irak et en Syrie » (Daesh), les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), les jihadistes du front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaida), les bombardements aux armes chimiques, l'impunité garantie au régime syrien, le camp palestinien de Yarmouk, les faisceaux d'alliances, les alliances Hafez al-Assad-« République islamique » ou Bachar al-Assad-milice libanaise du Hezbollah-Russie de Poutine-mollarchie iranienne, la propagande apocalyptique de Daech, comment « jihadistes et pro-iraniens s'accordent pour nier la réalité de la Syrie, de son peuple et de sa révolution », les insurgés contre Daech, l'exode des populations, le retour de la faim…
En complément possible sur ces sujets, Gilbert Achcar : le peuple veut. Un exploration radicale du soulèvement arabe et Symptômes morbides.
Le titre de cette note est une phrase tirée de l'introduction de l'auteur. Cet ouvrage fournit de multiples éclairages, des mises en histoire, « L'Histoire ne se répète pas à Alep, elle se consume sous nos yeux », de la consistance contre les simplismes orientalistes ou les essentialisations culturalistes, de l'épaisseur aux rapports sociaux loin des clichés confessionnels.
Jean-Pierre Filiu critique, entre autres, la valorisation du régime « comme seule alternative au chaos », la phraséologie des crimes contre l'humanité sans criminels désignés, « L'abjection n'est fondamentalement qu'abjecte, et c'est déjà plier l'échine que de la parer d'atours légendaires », l'euphémisation de la violence.. « le miroir de Damas nous renvoie bel et bien l'image de qui nous sommes… »
Lien : https://entreleslignesentrel..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Fabrice38
19 avril 2017
Ce petit ouvrage nous propose une approche intéressante de l'histoire syrienne. En effet, l'universitaire Jean-Pierre Filiu essaie de nous montrer que l'histoire du pays de Cham et celle de notre occident sont intimement liées à travers la religion (Saut-Paul sur le chemin de Damas, schismes chrétiens et musulman), l'histoire (les conquêtes arabes, les croisades) et la géopolitique avec Hafez et Bachar al Assad face aux différents présidents français.
Jean-Pierre Filiu est un universitaire que j'adore écouter mais ce livre m'a un peu déçu car le texte n'est pas très bien écrit.
Commenter  J’apprécie          30

Les critiques presse (2)
Telerama19 avril 2017
Cet essai érudit montre avec vivacité qu'il est urgent de s'en souvenir.
Lire la critique sur le site : Telerama
Telerama19 avril 2017
Cet essai érudit montre avec vivacité qu'il est urgent de s'en souvenir.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (3) Ajouter une citation
dede14 avril 2017
La descente aux enfers de la Syrie et de son peuple n’est ni un problème d’Arabes, ni le solde de querelles immémoriales. Elle est épouvantablement moderne, car les bourreaux de ce temps n’invoquent un glorieux passé que pour consolider leur pouvoir absolu
Commenter  J’apprécie          20
dede14 avril 2017
L’abjection n’est fondamentalement qu’abjecte, et c’est déjà plier l’échine que de la parer d’atours légendaires
Commenter  J’apprécie          00
dede14 avril 2017
Le miroir de Damas nous renvoie bel et bien l’image de qui nous sommes…
Commenter  J’apprécie          00
Lire un extrait
Videos de Jean-Pierre Filiu (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Pierre Filiu
Rencontre avec Jean-Pierre Filiu - Le miroir de Damas : Syrie, notre histoire
autres livres classés : syrieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
901 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre