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EAN : 9782070147748
160 pages
Gallimard (31/12/2014)
3.26/5   86 notes
Résumé :
Peintre de formation, Léonore a cessé de peindre pour enseigner. A plus de quarante ans, elle n'a pas créé la grande œuvre dont elle rêvait, n'a ni famille ni enfant. Du jour au lendemain, elle décide de s'envoler vers le Portugal, le pays de José, son premier amour, disparu tragiquement à dix-neuf ans, disparition dont elle se sent encore aujourd'hui responsable.
Dans ce récit raconté au jour le jour, Carole Fives parvient à retranscrire, avec humour et sens... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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Ziliz
  06 novembre 2018
Plus de vingt ans après l'accident qui a coûté la vie à José, son premier amour, Léonore s'envole pour le Portugal.
Après s'être dérobée pendant tant d'années, de crainte d'affronter la famille du jeune homme, elle se résout à lui rendre un dernier hommage. Peut-être pourra-t-elle ensuite tourner une page, cesser de se croire responsable de ce décès ? Faire la paix avec elle-même, pour enfin s'autoriser à vivre, aimer, peindre à nouveau ?
Encore un joli portrait de femme.
Léonore semble à la fois vulnérable et pleine de ressources, à l'instar de la maman solo dans 'Tenir jusqu'à l'aube', de la jeune femme qui subit les appels de sa mère dans 'Une femme au téléphone', de la grande soeur qui écrit à son frère dans 'Que nos vies aient l'air d'un film parfait'.
On ne peut s'empêcher d'imaginer la part autobiographique, et cette projection rend l'auteur attachante et ses mots d'autant plus forts.
Malgré tout, les aventures de Léonore m'ont semblé plus convenues et prévisibles que celles des femmes des autres romans de Carole Fives. Et c'est le parcours de José et de sa famille qui m'a le plus touchée : encore des histoires d'exil, d'Eldorado, d'espoirs déçus...
Un bel hommage à tous les Portugais qui, fuyant la dictature de Salazar, ont été 'accueillis' dans des bidonvilles en France, pour reconstruire 'nos' logements. Précédés par des Italiens, nord-Africains, Espagnols, Asiatiques, suivis par des sud-Américains, Roumains, et les migrants actuels fuyant la guerre et la misère. L'Histoire se répète...
C'est l'automne, et non, je n'y suis pas pour rien si des gens dorment dehors...
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isabelleisapure
  26 avril 2015
Lasse de porter un souvenir comme un fardeau, toujours plus lourd, Léonore s'envole vers le Portugal, pays d'où était originaire José son amour de jeunesse.
Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis la mort du jeune homme et Léonore n'a jamais pu se libérer d'un sentiment de culpabilité. Depuis elle vit dans le souvenir : « Tu es resté l'amour de ma vie puisque tu es mort »
Léonore part faire ce voyage pour exorciser les démons du passé, mais la recherche s'avère difficile, des souvenirs affluent, il faut choisir les bons mots face à la famille du défunt, il y a des reproches qui pointent malgré tout ce temps écoulé...
Ce très court roman est empreint d'une grande délicatesse dans le choix des mots.
J'ai aimé l'alternance des deux vois narratives, celle de Léonore qui retrace à travers l'histoire de la famille de José, celle de ces Portugais qui se sont installés en France dans l'espoir d'une vie meilleure. E t celle de José, qui entre la vie et la mort se souvient de son enfance.
Carole Fives signe un très beau roman sur le temps qui passe, sur la culpabilité et surtout trace un très beau portrait féminin.

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natn
  27 septembre 2022
j'ai été moins emportée que dans "térébenthine" même s'il y a toujours ce charme indéfinissable (comme dans Sagan), je pense du au style limpide, vivant et tendre de l'autrice. Un récit court sur une femme de 40 ans qui laisse son compagnon pour 3 jours à Porto, sur les traces de son premier amour, José, ou plutôt sur les traces de sa tombe, car José est décédé à 19 ans. Rencontres, balades dans Porto si belle. Bien sûr, ces 3 jours vont la transformer. Faire le deuil d'une histoire pour pouvoir avancer dans sa vie, c'est une évidence qui est en fait très difficile à faire et ce petit roman en parle bien et très pudiquement..
Ce n'est pas un livre inoubliable mais qui résonne d'une jolie musique. Autobiographique peut être ?
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Lizouzou
  20 février 2015
Léonore a décidé de mettre sa vie en parenthèse pour retrouver la tombe de son premier amour, José, au Portugal. Elle ne sait pas exactement où il repose mais s'engage dans ce voyage un peu particulier, au rythme des souvenirs et des révélations.

J'avais découvert Carole Fives avec son livre "Que nos vies aient l'ait d'un film parfait" et j'avais aimé sa façon d'écrire sur des sujets pas très joyeux mais d'actualité.

Ici, nous rencontrons Léonore, une femme qui a du mal à avancer dans la vie. du jour au lendemain, elle part retrouver la tombe de José, son premier amour, quitte à délaisser son amant actuel Laurent. C'est un voyage qu'elle redoute et qu'elle reporte depuis longtemps, mais cette fois elle ose. Une manière d'avancer à sa manière. On assiste donc à ses démarches administratives parfois laborieuses et aux différentes rencontres qu'elle trouvera sur son chemin.
A côté de l'histoire de Léonore, qui petit à petit nous livre son histoire avec José, nous avons quelques passages en italique qui donne voix à José. Ce sont pour la plupart des souvenirs n'ayant parfois aucun rapport avec Léonore.

Petit à petit, nous découvrons alors comment José est mort, les circonstances et les conséquences pour son entourage et notamment pour Léonore.

Encore une fois, l'auteure s'attache à un thème difficile à exploiter mais elle le fait avec une très belle plume qui nous accompagne du début à la fin. J'aime sa manière de nous présenter ses personnages. On en apprend sur eux petit à petit, par petite touche, sans nous livrer tout d'un coup. On prend le temps de les connaître et forcément on s'attache à eux.

L'auteure nous parle également des immigrés portugais qui arrivent en France dans les années 70, pour trouver du travail, notamment construire les maisons des français, alors qu'ils vivent dans des conditions difficiles, parqués dans des genres de bidonvilles.

Je remercie Babelio et les éditions Gallimard.

Lien : http://lespetitslivresdelizo..
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LecturesGourmandes
  11 avril 2015
Voilà une lecture simple, douce et émouvante. Un livre qui se lit d'une seule traite. Un livre qui parle de la vie, de sentiments et de remords…
Léonore Bretzer est professeure, elle a étudié aux Beaux-Arts mais a arrêté de peindre pour se consacrer à l'enseignement. Elle décide de partir pour 3 jours au Portugal, voyage, quête du passé, quête du pardon. 25 ans ont passé, 25 ans depuis que José Oliveira est décédé suite à un accident…
Mais quelle relation avaient Léonore et José ? Une connaissance ? Une amitié ? Un grand amour ?
Léonore a un but à son voyage, voyage qu'elle n'a cessé de repousser pendant des années : trouver la tombe de José. Oui, voyage repoussé, sans doute pour ne pas avoir à faire face à la réalité, à cette mort, mais aussi à la famille de José. Espérait-elle que les membres de celle –ci soient tous décédé pour ne pas devoir leur parler, les rencontrer ?
Mais comment retrouver la tombe de quelqu'un ? Retrouver une tombe des années après, n'ayant aucun contact avec la famille…
C'est un roman qui me fait penser à une vague, on le lit est on est emmené au Portugal, à côté de Léonore. On pourrait même ressentir ce qu'elle ressent, voir ce qu'elle voit…
Un roman dans lequel on découvre de nombreuses choses comme le paysage du Portugal mais aussi de l'Histoire. L'Histoire des émigrés portugais partis en France et qui espéraient avoir une vie meilleure, vivre le rêve français (une peu comme le rêve américain quoi !). Ces familles arrivées en France, qui devaient ensuite vivre dans des banlieues et travailler pour avoir un minuscule salaire…Oui, ces familles qui revenaient une fois par an dans leur pays natal, le sourire accroché aux lèvre, pour voir le reste de leurs proches et qui leur faisaient croire que la vie en France était merveilleuse, qu'ils avaient un bon travail, une grande maison , des amis…..
Un roman à travers lequel on s'attache à Léonore, une femme ordinaire, mais qui a enfouie une douleur au plus profond d'elle. Une femme qui ne sait plus aimer depuis 25 ans, une femme qui a une aversion pour les enfants, une femme pour qui la mort est égale. Mais une femme avec un grand coeur.
Un roman sur l'amour, le pardon. Un roman sur la vie.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   07 novembre 2018
Il a vécu à Orléans, ses parents ont fait partie de cette vague d'émigrants dans les années soixante, rentrés au pays après le coup d'Etat de 1974. Je [lui] demande s'ils sont nombreux, comme lui, à être revenus au pays. Beaucoup d'entre eux sont restés en France, me dit-il, malgré l'accueil qui leur a été fait là-bas.
- Quel accueil ?
- Mes parents ont passé presque deux ans dans le plus grand bidonville de France, Champigny-sur-Marne.
- Je savais que les Algériens avaient vécu dans des bidonvilles français, mais pas les Portugais.
- Ils étaient près de quinze mille, là-bas.
- Tout le monde ici connaît quelqu'un qui était à Champigny, dit Carlos, c'était le point d'arrivée en France de la plupart des Portugais. J'avais un oncle qui y était. Quand il nous téléphonait, il nous racontait qu'il s'était construit une maison, que tout allait bien. Mais quand mon père a pu aller le voir en France, il a dit à ma mère en rentrant, je m'en souviens, il pleurait, il lui a dit que son frère vivait les pieds dans la boue, dans une cabane de fortune, sans eau, sans confort. La France faisait venir des Portugais pour construire des habitations, mais eux, ils n'avaient qu'à dormir dehors.
(p. 79-80)
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ZilizZiliz   06 novembre 2018
Cette histoire, je m'étais parfois risquée à en parler, comme on tente de se raconter à travers ses amours, ses drames, espérant que les autres comprendront pour vous, en tireront des conclusions, excuseront peut-être votre comportement... Mais que ce soit à une amie ou à un amant de passage, leur visage aussitôt, leur silence me signifiaient que mon secret était trop grave, impartageable, et ensuite, ce sentiment qu'on me regardait différemment, qu'un poids me précédait. Chaque fois que je m'étais laissée aller à la confidence, je l'avais regretté, comme si j'avais dévoilé une partie de moi que personne n'avait envie de voir, quelque chose de trop noir.
(p. 129)
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ZilizZiliz   04 novembre 2018
- Vous êtes mariés ? [...]
- J'ai été marié deux fois, et j'ai divorcé deux fois, ça suffit..., dit Alexandro.
- Il préfère 'diverser' que divorcer, sourit Bette.
- Diverser ?
- J'ai bien compris que pour rester marié, il fallait divorcer de soi-même, proteste Alexandro, et je n'ai plus du tout envie de ça.
- Depuis, il s'est remarié avec lui-même, se moque Bette.
(p. 83)
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ZilizZiliz   04 novembre 2018
Quarante ans que Jef écrit comme il se lève, chaque matin. Il ne cherche pas à faire lire à qui que ce soit, sauf si on insiste. Il lui arrive alors de sortir un feuillet de sa poche de veston et d'en lire quelques mots, comme un cadeau improvisé. Jef écrit pour lui, pour se comprendre dit-il. Et comprendre les autres, comprendre la vie.
Ce soir Jef parle de la langue, celle que nous partageons tous, de sa difficulté à inventer une parole qui s'affranchisse des clichés, des lieux communs. Je ne suis pas d'accord avec lui, pour moi ce sont justement les clichés, les banalités que nous répétons tous qui sont intéressants, parce qu'ils parlent de nous, de nos impossibilités, de nos empêchements.
(p. 48-49)
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ZilizZiliz   05 novembre 2018
On verra plus tard. Ne rien prévoir, ne surtout pas s'engager. Attendre. Attendre que les autres décident à sa place. Se laisser mener. Ne pas faire de vagues, surtout. C'est ça, pas de vagues. Profil bas. Les autres ne savent pas mieux, ne jugent pas mieux, mais au moins, c'est les autres. Qu'ils écrivent la partition, qu'il n'y ait plus qu'à jouer, c'est tellement plus simple.
(p. 24)
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Le jeudi 8 septembre avait lieu notre traditionnelle soirée Rentrée Littéraire au siège du Crédit Agricole Nord de France, notre partenaire de toujours
Nous avons eu l'occasion d'y accueillir Anthony Passeron, lauréat du prix Première Plume 2022 pour son roman Les Enfants endormis, mais aussi Anna Hope, Carole Fives, Djamel Cherigui et Miguel Bonnefoy.
Retour sur une soirée d'exception, histoire de patienter en attendant l'année prochaine !
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