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Note moyenne 3.93 /5 (sur 1567 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Poitiers , le 22/11/1972
Biographie :

Dès l'adolescence, il décide de devenir dessinateur. Il étudie le dessin animé à l'école des Gobelins, puis de 1996 à 1998, il décroche un poste d’intervalliste chez Disney et travaille sur les rushs du "Bossu de Notre-Dame". Il gravit bien vite les échelons et devient assistant-animateur sur la production d’"Hercule".

À la suite de sa rencontre avec David Chauvel, il se lance en 1998 dans la bande dessinée avec la série "Ring Circus", qu'il dessine et met en couleurs. Une deuxième série suit, "Les Aventures spatio-temporelles de Shaolin Moussaka".

En 2006, Cyril Pedrosa crée seul un one-shot, "Les Cœurs Solitaires" et, un deuxième en 2007, "Trois Ombres" (Prix des Essentiels d'Angoulême 2008).

Cyril Pedrosa a participé au fanzine Le Goinfre. Il participait avec Cassinelli et Holbé à un site de bandes dessinées gratuit (2004-2007).

Depuis 2008, il publie chez Fluide glacial une auto-biographie romancée (et très centrée sur son amour-haine pour la "boboïtude" et le mouvement bio) :" Autobio".

Il est, avec Gwen de Bonneval, Brüno et Fabien Vehlmann, un des fondateurs de la revue de bande dessinée numérique Professeur Cyclope.

En 2011, "Portugal" obtient le Prix Le Point de la BD, le Prix de la BD Fnac, le Prix Sheriff d'or 2011 de la librairie Esprit BD et le Prix Bédélys Monde.

"L'âge d'or" reçoit le prix Landerneau 2018 et le Prix BD Fnac France Inter 2019. Il est également nominé catégorie Meilleur peintre ou artiste multimédia (planches intérieures) pour Portugal.
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Entretien avec Cyril Pedrosa à propos de sa BD Les Equinoxes :



Les Equinoxes est une bande dessinée qui parle notamment de la solitude, un thème que vous évoquiez déjà dans la bande dessinée Les coeurs solitaires. Est-ce un sujet qui vous est cher ?

C`est sans doute un sujet qui me préoccupe... Disons que je suis souvent troublé par cette barrière qui semble parfois infranchissable entre soi et les autres. C`est dans l`essence de l`existence humaine, être en relation avec les autres, en avoir besoin, et en même temps une part importante de nous même et des autres demeure inaccessible, impartageable.


S`il est question de solitude et de bouleversements intérieurs qui ne sont pas forcément visibles aux autres, Les Equinoxes est une oeuvre chorale où l`on suit de nombreux personnages qui s`entrecroisent mais qui ont parfois du mal à communiquer entre eux. Pensez-vous que cette difficulté de communiquer soit un trait majeur de nos sociétés contemporaines ? Sommes-nous condamnés à rester seuls ?

Je ne suis pas certain que la difficulté de communiquer soit propre à nos sociétés contemporaines. Parvenir à mettre en mots ce que l`on ressent, et parvenir à le faire comprendre, c`est difficile depuis toujours il me semble. Mais parfois, on y arrive, et on appelle ça une rencontre, amoureuse, ou amicale. C`est assez rare, finalement, enfin suffisamment rare pour que cela devienne un événement marquant d`une vie.


L`un des autres thèmes de votre BD est l`inexorabilité du temps qui passe et qui n`épargne aucun personnage. Est-ce quelque chose qui vous effraie ?

Pas vraiment, je ne pense pas avoir peur du temps qui passe. Mais par contre, c`est vrai, je suis très, peut-être trop, sensible à cette idée que le temps est compté. Nous disposons d`un nombre somme toutes assez limité d`années à vivre, et c`est tout de même préoccupant de savoir à quoi il faut consacrer ces années, pour ne pas les gaspiller, essayer d`éviter d`avoir des regrets.


Il ne s`agit pas d`un récit autobiographique comme l`était votre précédente BD Portugal. Vous sentez-vous cependant proche des différents personnages qui peuplent Les Equinoxes ? Est-ce nécessaire de se sentir proche d`eux pour écrire, inventer leur vie ?

C`est surtout important de les comprendre, essayer de saisir ce qui les anime, pour être le plus juste et précis possible, pour qu`ils ne sonnent pas faux. le personnage de Vincent par exemple est assez loin de moi, il est animé d`une foi qui m`est assez étrangère, mais j`essaie de le comprendre. A l`inverse je me sens très proche de Camille, de ses doutes, de ses questions. En fait, dans ce livre là, ce qui est particulier c`est que le sujet est justement là. Essayer de décrire ce qui nous relie, ce que nous avons en commun, malgré le sentiment de solitude intérieure que nous traversons parfois.


Votre travail sur les dessins et la couleur est une nouvelle fois remarquable. Quelles ont été vos inspirations graphiques ?

Je n`avais pas vraiment de références graphiques précises en tête. Je suis tout le temps influencé par ce que je vois, je lis, mais tout cela est en second plan, les influences se mélangent, sans que je sois vraiment toujours capable de les identifier. Par contre, j`ai beaucoup pensé à Vivian Maier, Chris Killip, et Virginia Woolf pendant le travail sur ce livre, mais je ne suis pas certain que cela ait eu une influence à proprement parlé sur le dessin.


Vous êtes tout seul aux commandes, que ce soit au dessin ou au scénario. Comment s`est déroulée la création de cette BD ? le travail d`écriture et de dessin sont-ils parallèles ou bien dessinez-vous seulement une fois le scénario écrit ?

Au départ, j`avais écris dans mes carnets une série de courts monologues, qui sont devenus les récitatifs des personnages pris en photo par Camille. Ils avaient en comment de décrire des moments de vacillement intérieurs et de solitude. Alors j`ai essayé de comprendre pourquoi j`avais écris cela, à quelles questions j`avais envie d`essayer de répondre, et de là sont nés des personnages, des vies, et un scénario. Et je n`ai commencé à dessiner que lorsque le scénario a été terminé, ce qui m`a pris beaucoup de temps.


Il existe dans votre bande dessinée de nombreuses références à Virginia Woolf, et plus particulièrement à son roman Les Vagues dans lequel l`auteur britannique fait parler six narrateurs différents. Qu`est-ce qui vous intéresse dans son oeuvre ?

J`aime énormément son écriture, sa capacité à saisir l`infime, les tourments et les joies fugaces, l`indicible. C`est tellement tenu, maitrisé, et en même temps extrêmement sensible, avec des élans poétiques que je trouve magnifique.


Il y a de nombreuses pages de textes et il s`agit peut-être de votre BD la plus littéraire. Aimeriez-vous un jour écrire un roman ?

Je ne sais pas encore sous quelle forme, mais j`ai envie de continuer à travailler l`écriture c`est vrai. J`y travaille, mais je ne suis pas certain du tout d`y parvenir, d`être capable d`écrire quelque chose qui en soit pas médiocre. Je me pose beaucoup de questions à ce sujet en ce moment. Comment raconter telle ou telle histoire ? Quelle est la meilleure forme pour ce sujet, la bande dessinée ou la littérature ?


Cyril Pedrosa et ses lectures :


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

D`une certaine façon, tous les livres que j`ai aimé. Chaque livre enthousiasmant découvert est comme un nouvel élan. le fait est que je me suis mis à écrire assez tard, vers 30 ans, comme une autorisation tardive. Il n`y pas eu de déclic ou de choc après un roman particulier. Cela m`a pris beaucoup de temps pour accepter cette envie d`écrire.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Comme je vous le disais, pendant des années, je ne parvenais pas à commencer à écrire. C`était une inhibition puissante, une envie vraiment refoulée. Je pensais à tous les auteurs que j`aime, Virginia Woolf, Sylvia Plath, Proust, Franz Kafka , Flaubert, Enrique Vila-Matas, Echenoz, etc etc, et je me disais « mais à quoi bon passer du temps à écrire des choses médiocres alors que tous ces auteurs ont écris des textes magnifiques ». Et puis en plus, j`étais avant tout un dessinateur, je ne me sentais pas légitime dans l`écriture. C`est quelque chose d`assez névrosé, je sais... Mais je sais aussi que tout cela n`a aucun sens. La question n`est pas là. Ecrire est le plus grand exercice de liberté que je connaisse, celui qui procure peut-être aussi les plus grandes joies.


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Le premier véritable roman marquant que j`ai lu, à l`âge de 12-13 ans, c`est le « Le pavillon des cancéreux » de Alexandre Soljenitsyne. Je ne me souviens absolument pas comment ce livre m`est tombé dans les mains, je lisais très peu de romans à cette époque là. Mais je me souviens l`avoir lu un été, et d`avoir été complètement happé.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Sans doute « Les vagues » de Virginia Woolf.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

La liste est sans fin... Pendant des années, j`ai très peu lu. L`immensité de ce que j`ignore me fait honte. Mais il ne faudrait pas. Et je n`aime pas ce sentiment. Comme je n`aime pas que la culture puisse être parfois un outil de domination de « ceux qui savent » sur « ceux qui ne savent pas ». Les livres ne sont pas fait pour cela. J`ai découvert par exemple Robert Walser l`an dernier, après avoir lu Enrique Vila-Matas, et ce serait stupide d`en avoir honte, avoir que c`est une telle joie de découvrir ce qu`on ignorait. Mais, pour répondre précisément à votre question, je n`ai par exemple jamais lu « La Montagne Magique » de Thomas Mann.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Je ne suis sans doute pas un assez grand lecteur pour faire découvrir des perles méconnues. Mais par exemple, il me semble que « L`institut Benjamenta » de Robert Walser, justement, n`est pas si connu que ça, et c`est un livre magnifique.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Je ne sais pas... Il n`y pas si longtemps j`ai abandonné le « Le Comte de Monte Cristo » d` Alexandre Dumas, après avoir adoré les 200 premières pages. Je m`ennuyais un peu, et j`étais un peu malheureux de ne plus me sentir emporté.


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Non, je serai incapable de citer des auteurs dans le texte.


Et en ce moment que lisez-vous ?

« Les détectives sauvages » de Roberto Bolaño , et le deuxième recueil des oeuvres complètes de Franz Kafka que mon amoureuse m`a offert dans la Pléiade.



Découvrez Les Equinoxes de Cyril Pedrosa aux éditions Dupuis :

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Vidéo de
Cyril Pedrosa vous parle de "La Flamme", un Aire Libre signé Jorge González. La llamarada, la flamme, c'était le surnom de José Maria González, un grand joueur du football argentin à cause de sa chevelure qui lui donnait une allure de fusée quand il courait derrière le ballon. C'était aussi le grand-père du dessinateur Jorge González qui ouvre sa palette graphique pour retracer sa généalogie intime, en interrogeant l'héritage et la transmission de pères en fils au fil des générations. "La flamme", disponible en librairie Feuilleter la BD : bit.ly/LaFlamme-AL
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Citations et extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
Crossroads   27 janvier 2016
Les équinoxes de Cyril Pedrosa
Je ne sais pas comment tu fais. Pour avoir envie d'adoucir le monde. J'ai l'impression que c'est comme...vouloir détourner le cours d'une rivière...en y déposant des grains de sable, un par un.
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marina53   02 décembre 2015
Les équinoxes de Cyril Pedrosa
Quel temps perdu. Les années ont passé, si vite, et cette peur soudaine de les avoir vécues en vain. Pourquoi faut-il prétendre ne jamais ressentir cette terreur, bien plus grande encore, qu'un jour, demain, tout s'arrête ? Pourquoi faut-il cacher ce que nous sommes, feindre de ne pas ressentir ce vertige ?
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marina53   01 décembre 2015
Les équinoxes de Cyril Pedrosa
Depuis cinquante huit ans, de l'intérieur de son corps, aussi fragile et modeste qu'il perçoive sa propre existence, il voit le monde se déployer autour de lui, au point de se laisser régulièrement berner par l'illusion d'être très précisément placé en son centre.

S'il en est ainsi pour chacun, notre perception des autres ne nous révèlera jamais ce qu'ils sont. Pas plus que ce reflet de lui-même aperçu dans le rétroviseur ne raconte ce qu'il est.

Nous sommes définitivement inaccessibles les uns aux autres.
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marina53   02 décembre 2015
Les équinoxes de Cyril Pedrosa
Je voudrais qu'on me pardonne mes erreurs, mais personne ne peut le faire. Il faut se contenter de son propre pardon.
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Chrisdu26   11 mars 2013
Portugal de Cyril Pedrosa
Ca, c'est une bonne question de philosophie.

"Est ce que je suis le pays où je suis né, ou est ce que je SUIS, peu importe le pays?..."
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marina53   05 août 2014
Auto Bio, tome 1 de Cyril Pedrosa
- Je voudrais faire une révision de ma voiture, la vidange, ces trucs-là... C'est un "Kangoo". 

- Ici, toutes les voitures sont les bienvenues. Nous ne sommes pas là pour juger. 
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Nastasia-B   13 juillet 2014
Auto bio, Intégrale de Cyril Pedrosa
- Vous avez remarqué qu'il y a vachement plus de gens en vélo partout ? C'est chouette.

- Ouais, c'est géniaaal ! À Paris ils roulent n'importe où et c'est encore plus le bordel qu'avant...

- Rhaaaa, t'exagères...

[...]

- Les gens sont pas prêts, c'est tout.

- Mais non ! Justement ! Avec Vélib les vélos ne sont à personne ET ils sont à tout le monde. C'est la fin de la propriété ! La Révolution !... Quoi ?

- Dis-lui toi... Moi ça me fait de la peine...

- Mais quoiii ?

- À Paris, les gens ont commencé à mettre des cadenas sur les Vélib pour que personne d'autre qu'eux ne puisse les prendre...

(Grand silence.)
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marina53   03 décembre 2015
Les équinoxes de Cyril Pedrosa
Rester seule. Ne dépendre de personne. Jamais. Aimer, c'est promettre, promettre c'est mentir, et beaucoup d'autres mots encore. Empilés les uns sur les autres. Comme les écailles d'une armure endossée pour un combat dont elle doutait pour la première fois qu'il vaille la peine d'être mené.
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manU17   05 septembre 2013
Portugal de Cyril Pedrosa
- Ce serait bien si tu pouvais passer un coup la tondeuse avant de partir !

- Mouais... Ça peut attendre encore un peu.

- Je me demande pourquoi tu voulais un jardin... Tu t'en occupes jamais.

- J'aime bien savoir qu'il est là.
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Cyril Pedrosa
Alfaric   18 septembre 2018
Cyril Pedrosa
L'âge d'or c'est la mémoire des combats des hommes pour leur émancipation.
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