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EAN : 9782081512535
192 pages
Flammarion (04/03/2020)
4.33/5   145 notes
Résumé :
Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m’en veux pas ? On ne se connaît pas, c’est vrai.
Mais vu ce qu’il vient de t’arriver, je crois qu’on a quelques points communs.
Alors on va faire un truc, si tu veux bien : je t’écris maintenant, et toi, tu me lis quand tu veux. D’accord ?

Moi, j’ai des choses à te dire. Toi, sens-toi libre d’en faire ce que tu veux. D’ailleurs, c’est peut-être par là que je devrais commencer : sens-toi libre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
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L'homme qui a violé Giulia a été acquitté.
Elle a parlé à la justice pour se prendre un coup de massue en retour.
Double-peine.
Alors, cette fois, elle témoigne avec ce livre pour que cette libération de la parole depuis #balancetonporc et #metoo ne serve pas à rien. Parce que "vivre dans un monde où les violeurs auraient peur de violer et les cogneurs de cogner" devrait nous apparaître essentiel. Urgemment.

Phrases hachées. Tranchées.
Une mise à nue sensible.
Un terreau de colère qui n'empêche en aucun cas d'entendre les évidences argumentées de Giulia. Simplement mais rationnellement.

Dans cette société où on accorde encore de l'importance aux créations artistiques de personnes humainement ignominieuses, alors que je suis déjà dérangée quand une gamine de 11 ans m'explique qu'à sa rentrée en 6e elle ne s'habillera plus en short parce que "tu comprends, les garçons ça peut pas se retenir", évidemment que, pour moi, ce genre de témoignage est utile.
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Ce que j'ai ressenti:

En temps normal, je ne lis pas ce genre de témoignage. C'est le problème avec l'hypersensibilité, c'est que tu ressens tout, puissance mille. Je ne peux pas être à 20-30-40%, savoir prendre la distance nécessaire…Non. Tout est à 💯%. Même une lecture n'est pas anodine pour les hypersensibles. Alors, quand Giulia, sur le synopsis, me prévient et me laisse le temps de trouver le bon moment pour lire son récit, je trouve cela attentionné de sa part, alors qu'elle a vécu ce traumatisme. Je lui trouve, forcément, avant même de connaître son histoire, déjà une délicatesse qui me touche. Pourtant, je peux vous dire que son récit est bouleversant mais, il est aussi nécessaire et qu'il pourra en aider plus d'une!

Je suis une sur deux, c'est une lecture qui laisse des traces. C'est de la matière brute qui vient exploser tes convictions, ton humeur, ta vision. Donc, je peux vous dire que le cutter, le Loup-Garou, les coups, la sortie de corps, le Poker Face, je l'ai vu. Je veux dire, je l'ai vraiment vu ET ressenti. Qu'importe ce qu'ils peuvent dire, la voix de Giulia est suffisamment claire et audible, pour que le Mot Affreux soit entendu. Rien n'est brouillé, il n'y a aucun doute possible, c'est arrivé. Malgré les insinuations, les doutes, les rejets, les questions dérangeantes, les exclamations, les incompréhensions, les avertissements, le mot Immonde, en quatre lettres est une réalité. Mais ce que j'ai vu aussi, c'est une femme forte. Ça, je peux le dire aussi, je l'ai ressenti dans chaque page. Une femme admirable, courageuse, puissante. Une femme belle et inspirante. J'ai vu aussi la police qui fait bien son boulot. Et puis, je vois le verdict de la Justice. Écoeurant. Un loup-garou peut sortir des bois en toute impunité. J'en aurai vomi, j'en aurai pleuré, j'en aurai perdu toute confiance en Elle…Mais la force de ce témoignage, c'est cette envie d'entraide, le dépassement de ce traumatisme, cette sororité bienveillante que l'auteure espère pour toutes. Parce que une sur deux, c'est énorme. Parce que si jamais, ce livre peut aider au moins une personne, alors il fallait l'écrire. Giulia Foïs, merci, de tout coeur, de l'avoir fait. Merci pour elles, pour nous, pour demain, pour plus de justice, pour que la parole se libère…

On ne peut pas parler de coup de coeur, quand on a eu si mal au coeur, si mal pour Giulia, si mal pour toutes. Je veux bien par contre, aller crier dans la forêt. Et puis, vous parler de beautés, de lendemains radieux, de femmes sublimes, de deux pour une, de une pour toutes…Je vais faire comme Giulia, vous laisser libre de lire ce livre…

Je vous embrasse, fort.
Lien : https://fairystelphique.word..
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J'ai commencé la lecture un soir, tard. "J'ai eu de la chance. J'ai eu le bon viol". Ok. Les mots sont là, pesés, incisifs, précis, forts. Dès lors je ne pouvais plus lâcher ce témoignage.

J'ai de la chance, je suis une sur deux, mais de celles qui n'ont pas été la cible de violence masculine (si on fait abstraction du harcèlement de rue quand j'étais plus jeune, et j'ai presque envie de dire, fataliste, comme toutes les femmes). Mais je suis femme et mère. Alors la peur de basculer de l'autre 50% je la connais comme nous toutes.

Les mots de Giulia Foïs sont son cri dans la forêt, et ce cri, échos ou prémices de tant d'autres, nous transperce et nous porte. Il soulève la colère, la rage, l'indignation, la révolte mais il met aussi du baume sur les plaies (enfin j'imagine qu'il peut en mettre pour celles qui contrairement à moi sont aussi une sur deux). La plume est mordante, parfois provocante.

Pas de pathos, jamais, dans ce témoignage, dans le récit de ce long parcours vers ...vers quoi ? La résilience ? La liberté ? La possibilité de vivre, avec "ça ", de survivre puis de vivre, de rester droite, de regarder devant.

Chaque mot, chaque phrase m'a parlé, touchée, bouleversée. Sans fard mais avec dignité, Giulia Foïs livre tout : l'avant, le viol, l'après, la jeune femme confiante dans la vie, la justice et l'avenir, la violence, l'accueil (ou pas) de sa parole, la peur, la rage, la haine, la douleur, les rêves abattus, la désillusion face à la (l'in)justice, le combat de chaque jour, de chaque nuit, Chaque paragraphe, chaque page, chaque chapitre a soulevé mon admiration et mon envie de dire "Merci Giulia, pour ce livre, ce cri, qui, je l'imagine, est la dernière pierre d'un parcours trop long et la première d'une route lumineuse. Merci pour toutes celles que ces mots vont aider à traverser "ça " et qui à leur tour pourront pousser leur cri. Merci pour les autres qui trouveront dans vos mots ceux qui leur permettront d'aider."

Ce combat n'est pas que celui d'une seule femme mais mais bien celui de toutes et tous, pour une certaine vision de la société et des rapports entre les deux composantes de l'humanité que sont les femmes et les hommes. Un combat non pas contre les hommes mais pour que les femmes n'aient plus peur ni de prendre seule leur voiture le soir, ni de parler pour dire le "crime parfait" qu'elles ont subi.

182 pages à mettre entre toutes les mains.
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J'ai beaucoup de respect pour ce témoignage et le viol est un sujet qui me touche. Néanmoins, j'avoue ne pas avoir été sensible au récit de Giulia Foïs. Cela tient je crois à la façon dont elle raconte son histoire, les mots employés, l'analyse qu'elle en tire, les sentiments qui s'en dégagent. Difficile de remettre en question cet exercice qui a dû être tout à la fois cathartique et douloureux à faire. Mais je suis honnête dans mon ressenti.

Elle rappelle cela dit des choses importantes : le viol est le seul crime dont c'est la victime qui se sent coupable. le seul dont c'est la victime qui en éprouve de la honte. le seul que l'on remette en question (n'a-t-on pas provoqué les choses ? Pourquoi être allée là-bas ? Pourquoi n'avoir pas fui ? Ne pas s'être débattue ? Ne pas en avoir parlé ?....). Elle rappelle que céder n'est pas consentir. Que le cerveau se met en mode survie et qu'il peut avoir pour effet de rester figée. Elle nous parle de la mémoire traumatique aussi, de la mémoire du corps et de l'importance de dire et d'être entendue.
Et puis les tristes chiffres : 12% des femmes sont ou seront violées un jour (ceci sans inclure les mineures d'âge !), 1 femme sur 2 est un jour agressée sexuellement. Seuls 2% des violeurs sont condamnés... Autrement dit, pour 98% des viols qui ont fait l'objet d'une plainte (ce qui est loin d'être la majorité) l'agresseur s'en sortira sans condamnation. Ou la culture de l'impunité.

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Dans ce témoignage indispensable et d'une grande force la journaliste Giulia Foïs- dont les chroniques sur France Inter sont toujours de grande qualité- raconte le viol, ce « crime sans cadavre » subi à l''âge de 23 ans, alors qu'elle travaillait l'été au festival d'Avignon, ainsi que les conséquences que cette tragédie occasionne sur elle des années après, surtout quand la justice n'a pas reconnu la culpabilité de son bourreau.

Elle raconte aussi par le menu détail le combat qu'elle a mené , des années durant, pour tenter de retrouver une dignité et une confiance en soi fortement ébranlée par le viol et cette négation de victime par la justice et montre que le pire vient souvent après le viol.
La plume de Giulia Foïs, vive, drôle, amère, inventive sert ce récit d'une résilence qui ne dit pas son nom et qui livre une vérité que beaucoup cherchent souvent à minimiser à savoir que 12% des femmes ont été violées au moins une fois dans leur vie, et seulement 1% de ces viols débouchent sur une condamnation.

Mais loin d'être un témoignage sombre et pessimiste, Je suis une sur deux de Guila Foïs montre que, même si le chemin est parfois très long, on peut revivre après un viol.

Le livre se termine avec cette note d'espoir forcément indispensable. Une lecture aussi éprouvante qu'indispensable !
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
Heureusement pour mon inconscient, je suis tombée sur une psy légèrement plus subtile quelques mois plus tard. Avec elle, avec les miens, avec mes proches, et avec les années, j’ai pu me remettre à la verticale et coucher les flouteurs à l’horizontale. Aujourd’hui, mes « pourquoi ? » sont pour eux. Comme dans : « Mais pourquoi vous est-il si compliqué de recevoir la parole d’une victime ? Pourquoi votre cerveau se met-il à bugger à l’instant même où vous entendez le mot “viol” ? Êtes-vous donc si fragiles que quatre toutes petites lettres peuvent à elles seules vous ôter toute possibilité d’empathie ? Qu’est-ce qui vous passe par la tête pour qu’au plus basique des “comment tu te sens”, on préférera toujours un “comment tu t’es démerdée” ? Honnêtement, cette satanée question, la poseriez-vous à quelqu’un qui vient d’être cambriolé ? » Non. La réponse est non. Jamais on ne demanderait à la victime d’un cambriolage si, franchement, elle n’est pas un tout petit peu responsable de ce qui lui est arrivé. Si au fond, son cambriolage, elle ne l’a pas un tout petit peu cherché – voire désiré. Et si, d’ailleurs, il s’agit réellement d’un cambriolage, parce que peut-être qu’elle exagère un tout petit peu, après tout… Non. Bien sûr que non. On ne lui dirait pas, on n’y penserait même pas. On la plaindrait et on réprouverait le cambrioleur. L’intrusion dans une propriété privée, c’est clair pour tout le monde : ça ne se fait pas. Mais le corps des femmes n’est pas une propriété privée. Dans les faits, dans le fond, il ne leur appartient toujours pas.
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La vérité, bien plus terrible, est celle-ci : nous avons, j'ai été réduite, même l'espace de deux heures, à l'état d'objet. Niée comme individu pensant, désirant... Et ne désirant pas. J'ai dis "non" et je n'ai pas été entendue. Pas écoutée. Piétinée. Tous les enfants du monde se construisent en disant "non". Vingt fois, cent fois par jour. A faire péter un plomb aux adultes qui s'occupent d'eux, à part le psy qui leur rappelle que c'est très bon signe. Qu'un enfant qui dit "non" est un enfant qui s'affirme comme sujet. Que ce "non" est la particule la plus élémentaire de son identité. La mienne, la nôtre a été bafouée. Mon identité, notre identité de sujet n'est pas inaliénable. Vous, moi, vos soeurs, vos mères, vos amoureuses, vos enfants, personne n'est intrinsèquement inviolable. Et c'est bien ça qui fout les jetons. Qui brouille la vue, bouche les oreilles, obture le cerveau. Même quand on est en première ligne. Surtout quand on est en première ligne. J'ai été violée. Et j'ai été victime. Aujourd'hui, je l'ai admis. Entre-temps, j'ai changé de vocabulaire. Je ne dis plus "je me suis fait violer" mais "j'ai été violée". Parce que je n'y suis pour rien. J'ai mis du temps, mais aujourd'hui, je le sais.
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"Céder, ça n'est pas consentir". Un "oui" n'est un vrai "oui" que si on a la possibilité de dire "non". On ne l'a pas, face à un supérieur hiérarchique. On ne l'a pas, face à son grand frère chéri, son père adoré, son grand-père si gentil, quand on est enfant. On ne l'a pas, quand on est sous emprise. On ne l'a pas, face au tas de muscles décérébré qui te sert de mari, qui réclame, exige et pète un plomb - avec ou sans alcool, qu'importe, on ne l'a pas. On ne l'a pas, devant l'éclair d'un cutter, dans un champ, en pleine nuit. "Le consentement ne vaut que s'il est libre et éclairé" : maître Katz le répète, et il insiste encore.
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Tu as, en toi, une force redoutable. Peut-être qu’au moment où je t’écris, tu ne la soupçonnes pas. Pourtant, elle est là. Tu es en vie. Tu aurais pu mourir, tu as cru mourir, et tu es là. Chapeau bas. C’était ta toute petite marge de manœuvre et tu l’as saisie. Tu as réussi, plus rien ne t’arrêtera. On t’a contrainte, une fois. Ça n’arrivera plus jamais. Tu ne subiras plus jamais. Ça, c’est un pouvoir gigantesque. Et une immense liberté. Celle de n’avoir plus peur de rien. Aujourd’hui, ça te paraît fou, à toi qui as peut-être encore peur de tout… Mais je te le promets : un jour, tu iras crier dans la forêt.
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Ce qui se joue depuis deux ans c'est une guerre sourde, une guerre d'usure, dont la violence commence juste à affleurer. Elle est sanglante, en réalité, tant elle touche aux fondamentaux les plus archaïques de notre société, suivant le schéma assez classique, finalement, d'un groupe qui s'accroche avec l'énergie du désespoir à ses privilèges, face à une masse qui lui demande des comptes. Sauf que [.] Ce n'est pas une guerre des sexes. [.] Sur cette ligne de frond.. vous trouverez ceux qui veulent que le monde bouge, et les autres.
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Invitée : Giulia Foïs, journaliste et productrice France Inter • Médicaments : nouvelles tensions sur les stocks • Pénurie d'antiépileptiques : Giulia Foïs lance l'alerte • La colère d'une mère face à la pénurie de médicaments • Médicaments : comment expliquer les ruptures de stocks ? • Pénurie de médicaments : bientôt une solution européenne ?
La colère de la journaliste Giulia Foïs qui s'inquiète de ne plus trouver de médicaments pour son fils de 6 ans qui souffre d'épilepsie car la France fait face à d'une pénurie de médicaments qui s'aggrave de mois en mois et qui pourrait concerner jusqu'à 50 000 enfants qui souffrent d'épilepsie.
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