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EAN : 9782266317627
160 pages
Éditeur : Pocket (04/03/2021)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m’en veux pas ? On ne se connaît pas, c’est vrai.
Mais vu ce qu’il vient de t’arriver, je crois qu’on a quelques points communs.
Alors on va faire un truc, si tu veux bien : je t’écris maintenant, et toi, tu me lis quand tu veux. D’accord ?

Moi, j’ai des choses à te dire. Toi, sens-toi libre d’en faire ce que tu veux. D’ailleurs, c’est peut-être par là que je devrais commencer : sens-toi libre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
kouette_kouette
  04 juillet 2020
L'homme qui a violé Giulia a été acquitté.
Elle a parlé à la justice pour se prendre un coup de massue en retour.
Double-peine.
Alors, cette fois, elle témoigne avec ce livre pour que cette libération de la parole depuis #balancetonporc et #metoo ne serve pas à rien. Parce que "vivre dans un monde où les violeurs auraient peur de violer et les cogneurs de cogner" devrait nous apparaître essentiel. Urgemment.
Phrases hachées. Tranchées.
Une mise à nue sensible.
Un terreau de colère qui n'empêche en aucun cas d'entendre les évidences argumentées de Giulia. Simplement mais rationnellement.
Dans cette société où on accorde encore de l'importance aux créations artistiques de personnes humainement ignominieuses, alors que je suis déjà dérangée quand une gamine de 11 ans m'explique qu'à sa rentrée en 6e elle ne s'habillera plus en short parce que "tu comprends, les garçons ça peut pas se retenir", évidemment que, pour moi, ce genre de témoignage est utile.
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Krissie78
  18 août 2020
J'ai commencé la lecture un soir, tard. "J'ai eu de la chance. J'ai eu le bon viol". Ok. Les mots sont là, pesés, incisifs, précis, forts. Dès lors je ne pouvais plus lâcher ce témoignage.
J'ai de la chance, je suis une sur deux, mais de celles qui n'ont pas été la cible de violence masculine (si on fait abstraction du harcèlement de rue quand j'étais plus jeune, et j'ai presque envie de dire, fataliste, comme toutes les femmes). Mais je suis femme et mère. Alors la peur de basculer de l'autre 50% je la connais comme nous toutes.
Les mots de Giulia Foïs sont son cri dans la forêt, et ce cri, échos ou prémices de tant d'autres, nous transperce et nous porte. Il soulève la colère, la rage, l'indignation, la révolte mais il met aussi du baume sur les plaies (enfin j'imagine qu'il peut en mettre pour celles qui contrairement à moi sont aussi une sur deux). La plume est mordante, parfois provocante.
Pas de pathos, jamais, dans ce témoignage, dans le récit de ce long parcours vers ...vers quoi ? La résilience ? La liberté ? La possibilité de vivre, avec "ça ", de survivre puis de vivre, de rester droite, de regarder devant.
Chaque mot, chaque phrase m'a parlé, touchée, bouleversée. Sans fard mais avec dignité, Giulia Foïs livre tout : l'avant, le viol, l'après, la jeune femme confiante dans la vie, la justice et l'avenir, la violence, l'accueil (ou pas) de sa parole, la peur, la rage, la haine, la douleur, les rêves abattus, la désillusion face à la (l'in)justice, le combat de chaque jour, de chaque nuit, Chaque paragraphe, chaque page, chaque chapitre a soulevé mon admiration et mon envie de dire "Merci Giulia, pour ce livre, ce cri, qui, je l'imagine, est la dernière pierre d'un parcours trop long et la première d'une route lumineuse. Merci pour toutes celles que ces mots vont aider à traverser "ça " et qui à leur tour pourront pousser leur cri. Merci pour les autres qui trouveront dans vos mots ceux qui leur permettront d'aider."
Ce combat n'est pas que celui d'une seule femme mais mais bien celui de toutes et tous, pour une certaine vision de la société et des rapports entre les deux composantes de l'humanité que sont les femmes et les hommes. Un combat non pas contre les hommes mais pour que les femmes n'aient plus peur ni de prendre seule leur voiture le soir, ni de parler pour dire le "crime parfait" qu'elles ont subi.
182 pages à mettre entre toutes les mains.
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PrettyYoungCat
  12 avril 2021
J'ai beaucoup de respect pour ce témoignage et le viol est un sujet qui me touche. Néanmoins, j'avoue ne pas avoir été sensible au récit de Giulia Foïs. Cela tient je crois à la façon dont elle raconte son histoire, les mots employés, l'analyse qu'elle en tire, les sentiments qui s'en dégagent. Difficile de remettre en question cet exercice qui a dû être tout à la fois cathartique et douloureux à faire. Mais je suis honnête dans mon ressenti.
Elle rappelle cela dit des choses importantes : le viol est le seul crime dont c'est la victime qui se sent coupable. le seul dont c'est la victime qui en éprouve de la honte. le seul que l'on remette en question (n'a-t-on pas provoqué les choses ? Pourquoi être allée là-bas ? Pourquoi n'avoir pas fui ? Ne pas s'être débattue ? Ne pas en avoir parlé ?....). Elle rappelle que céder n'est pas consentir. Que le cerveau se met en mode survie et qu'il peut avoir pour effet de rester figée. Elle nous parle de la mémoire traumatique aussi, de la mémoire du corps et de l'importance de dire et d'être entendue.
Et puis les tristes chiffres : 12% des femmes sont ou seront violées un jour (ceci sans inclure les mineures d'âge !), 1 femme sur 2 est un jour agressée sexuellement. Seuls 2% des violeurs sont condamnés... Autrement dit, pour 98% des viols qui ont fait l'objet d'une plainte (ce qui est loin d'être la majorité) l'agresseur s'en sortira sans condamnation. Ou la culture de l'impunité.
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Matatoune
  19 mars 2020
Écouter sa voix à la radio, c'est déjà un voyage. Alors, mettre ma voix, celle du dedans, dans ses mots c'est comme me relier à un continent pour moi inconnu, celui du traumatisme pour viol. « Je suis une sur deux » est le récit de Giulia Foïs, journaliste, sur l'agression dont elle a été victime au début de sa vie de femme.
Giulia Foïs décrit le soir où elle a subit l'agression, l'amour de sa famille, la croyance d'un père en la justice, les interrogatoires, les sous-entendus, la glace sans tain et « la décharge électrique » de l'identification, le trou béant invisible mais bien présent, le retournement au procès, la relaxe de l'agresseur et la rage qui aurait pu la perdre.
Son « rat à moustache » n'a jamais eu ses pleurs. « Poker face dans ta face », ce leitmotiv pour affirmer sa volonté de vivre avec la présence de son entourage aimant, solide en soutien. Tenue juste au bord du gouffre, Giulia Foïs décrit les étapes de sa reconstruction, sans attendrissement, juste avec sa rage et son regard franc.
Giulia Foïs raconte comment de victime elle s'est transformée en combattante de la cause féministe. Ces nouvelles militantes réinventent ce que nous, leurs aînées, avions entrouvert sans poursuivre le chemin. Au moment où celui qui a déclenché « Me too » prend vingt-trois ans de prison en faisant semblant de ne pas comprendre, il s'agit d'arrêter aussi l'hécatombe des une sur cinq harcelées au travail, d'arrêter le décompte des femmes mortes sous le coup des violences masculines. Arrêter. Arrêter enfin !
Convoquant autant Virginie Despentes que Clémentine Autain, Giulia Foïs reprend tous les combats. Pour ceux qui ont la chance d'avoir rencontré Emmanuelle Piet, médecin de PMI et gynécologue en Seine-Saint-Denis, Présidente du Collectif Féministe contre le viol, c'est un réel plaisir de la retrouver dans ce récit. Giulia Foïs raconte son lynchage virtuel après sa participation au #balancetonporc sur son harcèlement sexuel au travail.
Giulia Foïs partage son vécu pour faire exemple et pour permettre à chacune une reconstruction possible. Elle alerte sur les points à faire évoluer : les services de police pour le recueil des témoignages, la justice sur sa façon de prendre en compte ces agressions et la société qui encore trop souvent accuse la victime. le titre « Je suis une sur deux » fait le constat amer qu'une femme sur deux témoigne jusqu'au procès sans être reconnue victime. Son récit se veut combattant et lumineux à la fois. Giulia Foïs entend raconter et le dit haut et fort pour enfin être entendue !
https://vagabondageautourdesoi.com/2020/03/19/je-suis-une-sur-deux-giulia-fois/
Lien : https://vagabondageautourdes..
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Laparenthesedeceline
  09 mars 2020
Un récit poignant, cinglant, criant de réalisme, écrit d'une plume ciselée et brutale, d'une plume qui interpelle, mais qui jamais n'appelle la tristesse ou le pathos. Une plume qui permet soit l'identification, soit la compréhension d'un traumatisme. Une plume qui se veut forte, fière et puissante comme son auteure, Giulia Foïs. J'ai aimé que l'auteure encourage les femmes à porter plainte, qu'elle dénonce les impunités et surtout qu'elle ne juge pas tous les hommes de la même manière. Elle a conscience que sur cette terre vivent aussi de très belles personnes.
Parce que j'aime ta manière de présenter ton livre Giulia, j'espère que tu apprécieras la mienne d'appréhender ma chronique.
Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m'en veux pas ? On ne se connaît pas, c'est vrai. Mais vu ce que tu viens de me raconter, je sais qu'on a quelques points communs. Je pourrais presque reprendre mot à mot ta quatrième de couverture et te l'adresser en retour, cependant je ne veux pas voler ton propre verbatim. Et pourtant en lisant ton récit, j'ai cru reconnaître la plupart de mes propres mots comme je pourrais utiliser les tiens. C'est normal : Nous avons les mêmes.
Nous avons connu les mêmes maux, la même humiliation, les mêmes réactions, les mêmes doutes, les “mêmes pourquoi moi ?”, les mêmes “pourquoi as-tu ouvert ta porte ?”, les mêmes cons, la même culpabilité, la même peur de la mort, la même sidération, la même dissociation, la même surprise d'être restée en vie, les mêmes terreurs, les mêmes yeux dans le dos, le même état d'hyper-vigilance qui ne nous lâche jamais, les mêmes battements de coeur au bruit d'un pas qui résonne, les mêmes proches aimants qui nous portent, les mêmes larmes acides cachées, la même fierté de ne pas montrer, de ne jamais flancher, la même envie d'être forte, toujours plus forte. J'ai porté le même masque. Etc, etc…
Oserais-je dire le même courage ? Ce n'est pas à moi d'en juger. Ce que je sais, c'est que l'une comme l'autre nous avons osé parler, nous avons osé nous afficher, nous avons osé écrire.
Je terminerai juste avec tes propres mots – que j'adapte et t'adresse :
…/… Alors, par exemple, tu peux dire : « Non, Céline, je ne te lirai pas, pas tout de suite, et peut-être même jamais. » Mais je vais juste poser ça là.
Lien : https://laparenthesedeceline..
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
mowgli85mowgli85   11 mai 2021
Que la parole "se libére" ou pas, toute la question est de savoir si les oreilles, elles, vont enfin se déboucher
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mowgli85mowgli85   11 mai 2021
Sens toi libre de tout, tout le temps, et surtout de refuser. Ton "non" est un droit élémentaire. Au delà de respectable, il est inaliénable.
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mowgli85mowgli85   11 mai 2021
T'as pris perpéte, c'est pas totalement faux. Ce viol, tu te le traînes, c'est ton boulet, ton fer au pied, il te pèse lourd encore parfois, mais regarde, regarde le chemin que tu as fait, regarde où tu es, regarde ici, regarde maintenant, surtout regarde autour de toi
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mowgli85mowgli85   11 mai 2021
On part de loin, ça risque d'être compliqué. Et long. Et lent. Mais ça vaut le coup d'essayer.
J'y crois.
Je vois l'ampleur du chantier, mais j'y crois.
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mowgli85mowgli85   11 mai 2021
Enfin, je comprenais ce qui m'était arrivé. Enfin, le chaos s'ordonnait. Peu à peu, tout faisait sens et, moi, je retrouvais le chemin de la sortie.
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