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EAN : 9782072867439
Éditeur : Gallimard (10/10/2019)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 1211 notes)
Résumé :
Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale.

Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (299) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  30 août 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #12 °°°
Quel livre magistralement construit !
Les quatre premiers chapitres sont autant de présentations des quatre principaux personnages : d'abord Claire, brillante essayiste féministe, puis Jean son ex-compagnon, journaliste politique vedette de la télévision, Adam Wizman, son nouveau compagnon et enfin Alexandre, le fils De Claire et Jean, étudiant prometteur à Stanford. Ces chapitres sont un régal par leur façon de caractériser de façon incisive et précise la psychologie des personnages, on cerne parfaitement leurs ressorts intimes, leurs failles éventuelles.
Et puis on attend tout en se délectant de cette radiographie très balzacienne du monde de nos élites intellectuelles. On attend la déflagration. Ou plutôt la "diffraction", titre de la première partie. C'est-à-dire le comportement des ondes lorsqu'elles rencontrent un obstacle, leur déviation du point initial. On connait la nature du choc qui va permettre cette diffraction. Karine Tuil l'a annoncée dès la première ligne comme une quasi prophétie : « La déflagration extrême, la combustion définitive, c'était le sexe, rien d'autre - fin de la mystification." Il arrive à la page 152 et à partir de là, le roman s'enflamme, le rythme s'emballe, les pages se tournent avec fébrilité.
Reste à savoir quel personnage va en être le déclencheur.
Reste surtout à savoir comment chacun va se diffracter et voir sa vie bouleverser par la violence du choc qui le touche directement ou indirectement. De Balzac, on bascule dans la tragédie grecque.
Et là, le roman prend une ampleur inouïe en brassant avec une acuité remarquable des thèmes terriblement contemporains « me too » - la question du consentement, du viol, de l'emballement médiatico-judiciaire – sans perdre de vue ses personnages et leur devenir. Tous sont d'une grande densité psychologique, mêmes les secondaires, toujours complexes, tour à tour attachants, détestables, lâches. Celui qui m'a le plus touchée est celui De Claire, féministe éclairée qui voit ses certitudes philosophiques ébranlées par la déflagration, voyant ses actes et pensées de crise contredire tout ce qu'elle a pu construire précédemment. Le lecteur ne peut qu'être profondément questionné sur son positionnement face à l'affaire, c'en est souvent dérangeant et malaisant.
Assurément, Les Choses humaines ( magnifique titre au regard de son contenu ), est un grand roman, une oeuvre de forte magnitude qui embrasse la complexité de la société française, la décrit, la décrypte, la décortique, fait réfléchir, et ce sans jamais tomber dans la caricature ou le cynisme. Puissant et intelligent.
Lu dans le cadre du Club des Explorateurs de la rentrée 2019 Lecteurs.com

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michfred
  08 octobre 2019
Vous reprendrez bien un peu de rentrée littéraire?
 Après un Jean-Paul Dubois décevant, voici le dernier Tuil - eh!je n'ai pas dit la dernière Tuil, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit!
Karine Tuil, je dois dire, je n'aime guère:  toujours dans l'air du temps, à surfer sur les vagues à la mode, un grand sens de la caricature et peu de profondeur, simplifiant les personnages à grands traits, avançant à grands pas, sociologue  efficace, déguisée en romancière, qui sait qu'elle va faire mouche-et qu'elle va vendre- parce qu'elle va nous parler de ce qui nous harcèle,  nous obsède, de ce qui nous rebat les oreilles aussi...
Mais ce livre-là,  on m'en avait dit tant de bien...J'ai retenté l'expérience.
Va pour Les choses humaines, comme dans la chanson.. .
Je l'ai lu, je l'ai même dévoré,  en un jour.
Succès? Surprise? Réconciliation?
Je l'ai laissé tiédir un peu : trop chaud- bouillant. J'avais envie de voir ce qui restait des Choses humaines, justement. À froid.
Eh bien, je pourrais reprendre mon troisième paragraphe mot pour mot: Les Choses Humaines est un produit marketing parfait. Il sera lu, apprécié, il fera réfléchir, discuter. Mais ce n'est pas un roman. Il y manque le style, la chair, l'invention. Il y manque l'art.
Les quatre personnages principaux sont brossés à grands traits, ce sont des types socio-psy' - le self made man, vieille star télévisuelle qui n'arrive pas à quitter le plateau, l'intellectuelle écartelée entre principes et réalité, le fils à papa voué à la réussite sous peine d'inexistence,   la fille timide, traumatisée, coincée entre tradition et émancipation- des "caractères" comme ceux de la Bruyère mais  au temps des empires médiatiques,  de Twitter et de Facebook,  ce sont aussi des silhouettes piquées  à l'actualité récente -l'affaire DSK, l'affaire Weinstein, #balance ton porc - ou à des couples médiatiques célèbres , PPDA /CHAZAL, JJSS /GIROUD.
Karine Tuil, en abeille diligente,  butine à toutes les fleurs, et en fait son miel.
Le bonbon plait. Même si les ficelles sont un peu grosses. Même si c'est le Bûcher des Vanités à l'heure de Me#Too...en version française et en beaucoup moins fouillé,  beaucoup plus sensationaliste et beaucoup moins époustouflant que l'incroyable livre de Tom Wolfe où un simple accrochage déclenche un tsunami social .
Les personnages une fois campés,  l'intrigue déroule sa mécanique inexorable: on l'avait compris, ces quatre-là mis dans le même bocal doivent déclencher une catastrophe.  Un vrai cas d'école. Jusqu'ici, rien que du très attendu ou du déjà vu.
.
Il s'agit d'un viol. Ou pas.  D'un consentement. Tacite. Ou d'un refus. Muet. On est dans cette fameuse "zone grise" qui fait le bonheur des intrigues judiciaires et des versions contradictoires.
 Et c'est dans la seconde partie, toute entière consacrée à l'enquête de police, aux dépositions, confrontations, puis au procès qu'enfin Karine Tuil excelle.
 Pas une ligne de gras, rien que du factuel, des questions, des réponses,  des plaidoiries, des témoignages, un verdict. Et pas le moindre commentaire, la plus timide prise de position. Au lecteur de juger. Il a toutes les cartes, toutes les pièces en main. C'est un grand garçon, ou une grande fille. Qu'il/elle ( je reprends ce tic d'écriture que Karine Tuil a heureusement perdu depuis L'invention de nos vies!), qu'il/elle donc se débrouille..
La rentrée littéraire, n'en déplaise à Babelio qui en fait ses choux gras, n'est pas la meilleure opportunité  pour aborder un livre - trop de battage, trop d'avis, trop d'enjeux -,   ni pour retrouver un auteur qu'on aime ( j'ai été déçue par le dernier livre de mon cher Jean-Paul Dubois! ),  ni pour découvrir le talent d'un auteur vraiment inconnu, ni pour réhabiliter un auteur mésestimé.
Ce livre de Karine Tuil avait tout pour me déplaire, (auteur, sujet, style)  et pourtant je l'ai lu toutes affaires cessantes, sans pouvoir m'en détacher.
Je reste convaincue que c'est un habile produit marketing, mais la dernière partie m'a bluffée et sauve le livre de son habileté marchande. Dommage qu'il faille en passer par tant de clichés pour atteindre cette verité-là.
Traquées,  quadrillées,  cernées par la machine judiciaire, elles sont bien floues et incertaines, Les choses humaines..
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Ladybirdy
  14 septembre 2019
Les choses humaines, aimer, être aimé, jusqu'à l'inverse, jusqu'au point de non retour. Les erreurs... tant de choses humaines au final.
Karin Tuil nous offre lors de cette rentrée littéraire un roman puissant à son effigie : identité, société et psychologie. Elle fouille, creuse, tord ses personnages dans toute leur complexité, dans chacune de leur faille, et c'est ce travail d'orfèvre qui est fascinant avec elle. Pas de roman de pacotille, une grande oeuvre, un tourbillon au coeur de la société d'aujourd'hui dans ce qu'elle contient de plus redoutable.
Un couple, Jean et Claire. Deux personnalités médiatiques, le premier est un grand journaliste renommé, la seconde une littéraire au sommet des droits féministes. Leur fils, Alexandre.
Trois personnages clé qui nous apparaissent durant plus de 200 pages déshabillés de leurs travers. Orgueil, fibre maternelle, égo, compétition, amour, raison, autant de sentiments qui traversent ces personnages travaillés comme de l'or brut.
C'est immersif, on les voit, on les sent, on passe plusieurs heures à les regarder se débattre, se morfondre, piétiner l'un et l'autre, passer à côté de leur vie pour une carrière, pour un trauma vécu durant l'enfance. Une grande scène de vie que voilà. Jusqu'au jour du drame. Une histoire de vingt minutes d'égarement. Et tout bascule à cette plainte: viol.
La machine judiciaire se met en place. Et cette partie est absolument fascinante. On va suivre le procès, différentes vérités, l'auteur, la victime et l'interrogation. Admirable !
Ayant lu une garde majorité des romans de cette auteure, je constate qu'elle tient un grand rôle aux questions identitaires et toujours cette psychologie minutieuse et impeccable. J'accorde le carton plein pour L'invention de nos vies qui par son thème et la perfection littéraire autour d'un seul narrateur m'avait subjuguée. Dans les choses humaines, mon bémol serait peut-être qu'en seconde partie on perd un peu nos personnages au profit du procès. Même si cette partie se veut différente et axée sur la machine judiciaire, de ce fait tout à fait fascinant, je regrette une trop grande scission entre l'extérieur (les personnages, leur vie) et l'intérieur (le tribunal, vingt minutes d'égarement). Ce roman aurait été à mon sens parfait si l'extérieur et l'intérieur avaient continué à corréler ensemble.
Néanmoins, ça reste un roman intelligent qui nous mitraille de réflexions autour du consentement sexuel mais pas que. Pour arriver à vingt minutes d'égarement, il faut se rappeler comment et pourquoi le personnage en est arrivé là. C'est dans ce point que Karin Tuil excelle avec brio, talent et intelligence stylistique et narrative. Bravo.
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Jmlyr
  12 décembre 2019
Les choses humaines ? Inhumaines surtout.
Inhumaine la violence psychologique et physique d'un viol.
Inhumaine la façon dont la victime est traitée depuis la nuit des temps.
Inhumaine la société qui pense qu'elle l'a bien cherché, finalement, habillée sexy, un p'tit coup dans l'nez, et puis qui l'a même suivi… c'est un sacré raccourci. (Parce qu'un homme qui n'a pas d'idée tordue derrière la tête est tout à fait capable de discuter avec une femme dans un coin sans lui sauter dessus, même derrière des poubelles).
Inhumaine la réalité des réseaux sociaux qui stigmatisent systématiquement,
même un présumé innocent. No sang.
Inhumaine la justice quand elle laisse en liberté des criminels du sexe, et c'est souvent.
Inhumaine les personnes dans le déni face à l'évidente culpabilité, au sein des familles.
Inhumaine la prison pour les innocents, mais sans prison encore du sang.
Inhumaine la sentence pour la violée : traumatisme à perpétuité.
Inhumaine la mafia des puissants qui protègent même les impuissants.
Tout est abordé dans ce roman finement construit, qui amène à la réflexion au-delà de sa lecture, et qui rend compte de toute la difficulté de rendre la justice. Malheureusement, ce roman est trop proche de la réalité, et l'analyse très subtile, car bien souvent, c'est la parole de la victime contre celle du violeur.
Un adulte qui commet un crime, quelles que soient les circonstances, est responsable de ses actes, et donc des conséquences.
Une victime n'a jamais demandé à l'être, et la sidération lors du viol peut malheureusement être interprétée comme une absence de défense, alors qu'en réalité, on passe un cran au-dessus : celui de l'espoir de ne pas être tuée après.
Beaucoup de psychologie dans cette oeuvre à lire à différents niveaux.
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palamede
  27 décembre 2019
L'écriture de Karine Tuil a quelque chose de besogneux. Sa façon d'évoquer, au travers de personnages stéréotypés, les problèmes agitant la société contemporaine est parfois intéressante, voire pertinente, mais je la trouve impersonnelle et superficielle quand elle se réduit à la froideur d'un catalogue (attentats, crise de l'institution familiale, tyrannie des réseaux sociaux, xénophobie, antisémitisme). Comme souvent le travail de Karine Tuil s’apparente à celui d'une élève appliquée qui chercherait à plaire, mais qui oublierait qu'il importe plus de toucher le lecteur, de le faire réfléchir, que de lister des phénomènes sociétaux — sujets par ailleurs rebattus.
Reste qu'en ce qui concerne la violence faite aux femmes, démontant le fonctionnement de la justice après une accusation de viol, l'auteure soulève le problème brûlant du consentement dans le contexte du #MeToo, #BalanceTonPorc — faisant suite à l'affaire du producteur américain Harvey Weinstein. Un sujet parfaitement traité par Karine Tuil, au point que s'il n'y avait qu'une bonne raison de lire Les choses humaines ce serait celle-là.
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critiques presse (6)
LaLibreBelgique   14 novembre 2019
La romancière Karine Tuil a remporté mercredi le prix Interallié pour "Les choses humaines" (Gallimard), puissant roman autour d'une affaire de viol qui nous parle aussi de domination, des faux-semblants et du culte de la performance.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse   27 septembre 2019
Des jeunes, de l’alcool, une soirée qui dérape. Dans Les choses humaines, Karine Tuil démonte le mécanisme de l’agression sexuelle et raconte l’onde de choc qu’elle provoque. Un roman passionnant qui parle de son époque avec finesse et intelligence.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   23 septembre 2019
En plus d’être géniale et bien construite, l’histoire est superbement racontée. Bref, un livre à ne surtout pas rater !
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique   20 septembre 2019
La zone grise du consentement. C’est à cette délicate et ombrageuse notion que Karine Tuil consacre son nouveau roman Les choses humaines. L'occasion pour l'écrivaine française de plonger par ailleurs dans l'univers des médias. De tacler le rapport entre certains journalistes et des hommes politiques et de revenir sur le pouvoir de l'argent.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeDevoir   10 septembre 2019
Avec «Les choses humaines» et un peu d’air du temps, Karine Tuil explore avec efficacité la mécanique des violences sociales et intimes.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Culturebox   06 septembre 2019
Avec ce nouveau roman dérangeant, figurant dans la première sélection du prix Goncourt, l'auteure nous bouscule en questionnant la société à l'ère de #Metoo.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (258) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   16 décembre 2019
Une lumière jaunâtre irradiait la Seine, teintant vaguement un ciel de traîne : tout semblait incertain, mouvant depuis que Claire , à son réveil, avait allumé son téléphone.
Son fils lui avait annoncé qu'il avançait son départ et elle n'avait pas trouvé le courage de le rappeler pour l'en dissuader.
Professionnellement, elle traversait une zone de turbulences et, dans ces moments de conflits, elle devait mobiliser toutes ses forces morales, intellectuelles, elle ne savait plus alors être une femme et une mère.
Elle était si jeune quand elle avait eu son fils ; elle avait traversé des phases de doute et d'abattement. Elle se revoyait, au lendemain de l'accouchement, serrant le petit être dans ses bras et se répétant avec effroi qu'elle était à présent responsable de lui à vie.
Elle s'était sentie impuissante et veule, comme l'avait été sa mère à sa propre naissance, pleurant en cachette par crainte du jugement social.
Il y avait bien cet attachement très fort, cet amour fou, ce désir constant de protéger son enfant mais ce n'est qu'avec le temps qu'elle avait réussi à se départir – partiellement – de ses angoisses.
Depuis la naissance d'Alexandre, elle se sentait ponctuellement dépassée par l'ampleur des exigences qu'impliquait la maternité, et notamment la plus difficile à satisfaire pour une femme qui avait placé très haut sa liberté : la disponibilité.
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HarioutzHarioutz   18 décembre 2019
D'abord, nommer les faits . Dès qu'il y a pénétration, il y a viol.
Après,bien sûr, il y a une échelle des peines : un doigt, c'est trois ans ; une pénétration sexuelle, six, ça peut aller jusqu'à quinze, mais c'est rare.
Si le suspect n'a pas d'antécédents judiciaires, des garanties morales, s'il a un bon niveau social et joue profil bas, ça peut descendre à deux, avec sursis.
S'il est noir, maghrébin, étranger, sans papier, il prend plus.
Puis vient la question du consentement. Faut placer le curseur. Ça devient rapidement social, un viol.
Je vous choque ? Moi je le dis toujours à mes clientes : la partie adverse va traquer chaque détail de votre vie. Vous avez bu ? Vous avez dîné, dansé avec votre agresseur ? Vous l'avez rencontré sur Internet ?
Ils finiront par conclure : elle l'a bien cherché. 

Maître X. avocat
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krol-francakrol-franca   10 janvier 2020
Je vous livre le journal intime de ma lecture

Lecture des deux premiers chapitres : Inintéressant, je m’en fiche de la vie de ces gens. Les hommes et femmes de pouvoir m’ennuient, leurs tracas ne me passionnent pas. Et surtout, c’est mal écrit donc c’est ennuyeux.

Lecture des trois chapitres suivants : je ne suis toujours pas intéressée, à deux doigts d’abandonner et puis ce style insipide ! Les personnages sont caricaturaux, ils ne dégagent rien, n’ont pas d’âme. Des faits, des faits, rien que des faits, ça ne fait pas un roman !

Entretemps petite discussion avec mon fils qui confirme tout le mal que je pense du début de ce livre et qui me dit que ça commence à devenir intéressant à partir de la seconde partie.

Lecture de la fin de la première partie : tout est cousu de fil blanc, ça avance avec des gros sabots, on sait bien ce qui va arriver. Mais bon, comme je n’y suis pas encore, je vais patienter, mais ce roman m’agace fort. Deux prix littéraires quand même !…

Lecture de la seconde partie : Jamais envie de me replonger dedans. C’est un signe. Un mauvais. Bon allez, j’y retourne.

C’est toujours cousu de fil blanc, c’est lourd. La mère qui a un entretien avec une féministe à propos des viols qui ont eu lieu en Allemagne pendant que son propre fils a un comportement inacceptable… ça manque de subtilité. Le viol n’est pas présenté comme tel pour bien montrer plus tard (je suppose) que c’est une question de point de vue (consentement ou non, là est la question). Bref, je continue à pester ! Et toujours ces phrases que je lis les unes derrière les autres d’une manière mécanique, phrases qui ne dégagent aucun souffle. Où est l’art romanesque ?

Evidemment, on est bouleversé à la lecture du procès-verbal d’audition de la jeune fille. Qui ne le serait pas ? Mais autant lire un article de journal, ça ferait le même effet.

Lecture de la troisième partie (donc, on approche enfin de la fin du roman !) :

Je l’avoue cette partie est la plus intéressante. Le procès. Les propos des uns et des autres sont justes. L’auteure montre bien ambiguïté d’une telle situation, tout n’est qu’affaire de ressenti, chacun est sûr d’avoir raison. Une femme qui ne dit mot consent disent les uns. Elle n’a rien dit pour que ça finisse plus vite, elle était tétanisée, disent les autres. L’auteure ne prend pas position. Elle permet à son lecteur de naviguer entre les arguments des uns et des autres.

Le dernier chapitre est, à mon avis, de la même veine que le début, c’est-à-dire inintéressant, pessimiste certes (et il y a de quoi l’être) mais futile, pas indispensable (en tout cas pas tel qu’il est écrit).

Ce roman est un produit de l’époque, un pur produit de marketing. Il ne pouvait que plaire ! Personnellement, j’aime trop la beauté de la langue pour l’apprécier. Il est tout ce que je déteste en littérature : opportuniste, voyeuriste et surtout écrit dans une langue fade (mais malheureusement efficace…). C’est tout sauf subtil.

Bien sûr, il met le doigt sur un sujet brûlant : le consentement, et rien que pour ça certains pourraient dire qu’il est utile. Mais je pense, sincèrement, qu’il est préférable de lire un témoignage (comme celui de Vanessa Springora, que je n’ai pas lu) ou un vrai roman avec de la densité et une écriture puissante, un style, une originalité de traitement. Je ne pense pas que je relirai cette auteure.

C’était : lecture d’un livre multi primé, grand moment de solitude !
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HarioutzHarioutz   14 décembre 2019
Elle n'était pas le genre de filles à lui rappeler qu'il y avait tant d'autres lieux encore réservés aux hommes – les lieux de pouvoir, notamment ; elle appartenait à cette catégorie de femmes qui ne remettaient jamais en cause l'empire viril, celles qui avaient fait le choix de la collaboration masculine et décidé que leur ascension se ferait grâce aux hommes et non pas contre eux.
Il y avait quelque chose de l'élève appliquée et consciencieuse chez cette jeune femme, une aura un peu surannée qui séduisait Farel.
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ZilizZiliz   29 août 2019
« D'abord, nommer les faits. Dès qu'il y a pénétration, il y a viol. Après, bien sûr, il y a une échelle des peines (…), ça peut aller jusqu'à 15 ans mais c'est rare. Si le suspect n'a pas d'antécédents judiciaires, [s'il a] des garanties morales, s'il a un bon niveau social et joue profil bas, ça peut descendre à deux, avec sursis. S'il est noir, maghrébin, étranger, sans papiers, il prend plus. Puis vient la question du consentement. Faut placer le curseur. Ça devient rapidement social, un viol. Je vous choque ? Moi je le dis toujours à mes clientes : la partie adverse va traquer chaque détail de votre vie. Vous avez bu ? Vous avez dîné, dansé avec votre agresseur ? Vous l'avez rencontré sur Internet ? Ils finiront par conclure : elle l'a bien cherché. »
- Maître X, avocat.
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Rencontre avec Karin Tuil qui nous parle de son livre : "Les choses humaines" paru aux éditions Gallimard.
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