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Michel Delon (Préfacier, etc.)
ISBN : 2909031217
Éditeur : Zulma (17/09/2001)

Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes)
Résumé :

« Ce n'est point par vanité, encore moins par modestie, que j'expose au grand jour les rôles divers que j'ai joués pendant ma jeunesse. » Ainsi commence le récit de la belle Margot, simple ravaudeuse devenue courtisane. Avec beaucoup de verve, d'humour, et dans l'insurpassable français du XVIIIe siècle, elle nous conte cette vie de femme galante pleine de rebondissements et de rencontres. Ses clients ? Des magistrat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  27 août 2015
J'ai découvert Louis-Charles Fougeret de Monbron à travers sa traduction du "Fanny Hill, la fille de joie" de l'anglais john Cleland. J'avais été enthousiasmée par ses qualités d'écriture qui, si elles devaient sans doute beaucoup au texte original, étaient sublimées par l'auteur français.
Avec "Margot la ravaudeuse" j'ai retrouvé avec plaisir ce style élégant, cette belle langue dans un court récit dont le sujet est assez proche de celui de "Fanny Hill".
Malgré une similitude dans le sujet, le traitement est cependant différent. Là où Cleland plaçait le plaisir au centre de son récit, ode pétillante à la jouissance des sens, Fougeret de Monbron a un propos bien différent. Margot semble presque dégoûtée par son activité et ne continue que par appât du gain. Il s'agit pour elle, non pas de rencontrer l'amour ni d'éprouver du plaisir, mais de s'assurer un train de vie luxueux et d'espérer une ascension sociale. On est ici assez loin du roman libertin épicurien, notamment du fait de la misanthropie assumée de l'auteur.
Derrière le récit licencieux divertissant, on trouve une charge acerbe contre l'hypocrisie de la haute société. Au cours du récit, on croise des prêtres défroqués, des notables d'une bêtise crasse prêts à se ruiner pour les faveurs d'une belle femme, des puissants peu concernés par le sort du peuple.
Margot, femme vénale et cynique, et ses entreteneurs, qui ne se servent de leur pouvoir que pour assouvir leurs désirs, nous offrent une galerie de personnages bien peu aimables.
Pour autant, malgré cette vision pessimiste de l'humain, Fougeret de Monbron use de belles tournures de phrases, n'hésite pas à manier l'humour pour tisser un récit étrangement plein de fraîcheur.
En digne représentant des auteurs libertins des Lumières, Fougeret de Monbron ose même une pointe de blasphème. On imagine fort bien l'émoi scandalisé qu'a dû susciter le passage où Margot utilise un cierge pour assouvir son désir.
On n'est guère étonné que cette peinture peu reluisante des moeurs des puissants ait valu à son auteur moult ennuis, allant même jusqu'à l'emprisonnement.
Plus je découvre les auteurs libertins du 18ème siècle, plus je me dis que cette littérature licencieuse, outre son aspect délicieusement divertissant, est indispensable au point de vue des idées tant elle porte en elle les germes de la révolution.
Challenge Petits plaisirs 35
Challenge Variété 30 (catégorie : "un livre interdit")
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isabelleisapure
  26 février 2017

Née dans une famille des bas-fonds parisiens, « Margot la ravaudeuse » répare, chaussures et vêtements dans un tonneau, sorte de modeste échoppe, sur la voie publique avant d'être repérée par une maquerelle et de devenir prostituée.
Bien loin de souffrir de cette situation, Margot, titillée dès sa quatorzième année par des « désirs libidineux » s'adapte rapidement et fait en sorte de satisfaire ses nombreux clients.
Cela donne lieu à une galerie de portraits tous plus ridicules et croustillants les uns que les autres : ces scènes humoristiques recèlent tout de même leur part de vérité et de pessimisme, en révélant l'horreur d'un tel métier.
Aussi répugnante soit-elle, cette profession n'en est pas moins une occupation lucrative, et cela suffit à Margot pour la poursuivre jusqu'au dégoût et à une rente suffisamment confortable pour ses « vieux » jours.
« Margot la ravaudeuse » est un roman libertin, à la fois drôle et grave.
J'ai souvent souri des descriptions que Margot fait de ses clients et des « filles du monde » qui partagent sa vie.
Une lecture agréable mais que je crains d'oublier très vite, tant l'histoire est banale et sans surprise.

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PiertyM
  13 juillet 2015
De la ravaudeuse à une fille du monde, Margot la narratrice nous fait le témoignage des péripéties de sa vie de prostituée ou la fille de monde comme on disait. C'est un récit haché, incisé et cru à la fois, d'une sensualité mécanique, Margot est une bonne truqueuse des sentiments, d'un partenaire à un autre, d'une expérience sexuelle à une autre, elle semble se livrer d'une catastrophe à une autre, étant une femme des solutions, elle s'en échappe à chaque fois grâce à son beau corps. Malgré qu'elle s'est fait une petite fortune, elle en veut toujours, non seulement pour de l'argent mais aussi pour des plaisirs aussi variés...puis viendra la maladie...
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Slava
  29 août 2016
Margot est une jeune fille qui raccommode des vêtements dans un tonneau dans les rues du Paris du XVIIIeme siècle. Comme elle supporte mal l'autorité maternelle, elle décide de s'enfuir. La voilà remarquée par une vieille femme qui la met dans sa maison... et elle se rend compte bien tard qu'il s'agit d'une maison close. Margot sera formée à l'art du plaisir et va connaitre une multitude d'amants tout en évoluant dans la société de son temps...
Le XVIIIeme siècle, un siècle où les libertés étaient revendiqués... la littérature. En attendant la Révolution Française, les auteurs s'exprimaient déjà sur leurs convictions, leur dégoût d'une société hypocrite et corrompue et leurs souhaits d'une nouvelle société égalitaire où la liberté serait totale. L'Encyclopedie, les écrits de Voltaire, Diderot où de Rousseau sont les plus connus et les plus admirables. La littérature libertine a joué un rôle également, revendiquant le droit au plaisir des sens alors que la société l'étouffait. S'il y a eu hélas des dérives abominables (les écrits de Sade, je suis désolé mais je les abhorre complètement, pour moi ils sont juste pervers, navré), il y a aussi eux des livres bénéfiques. On a les Liaisons Dangereuses de Laclos, Fanny Hill (même si ce n'est pas un livre français) où encore notre livre du jour, Margot la Ravaudeuse.
Dans ce roman, on suit les péripéties d'une fille du peuple reconvertie en "demoiselle du beau-monde", dans sa découverte du monde galant. S'il est vrai qu'il est ressemblant avec Fanny Hill, il y a pourtant de grandes différences.
Contrairement à Fanny qui aime son métier, Margot ne l'apprécie pas du tout. Si elle aime bien aussi les plaisirs de la chair, elle est répugnée par sa nouvelle condition, elle casse le cliché de la catin luxurieuse. Et elle le signale clairement. Même en contant ses aventures gaillardes et souvent crue, elle révèle l'horreur d'être prostituée, de se vendre pour des louis d'or et de se forcer à ne pas aimer car ici, elle ne cherche pas l'amour, voulant avant tout accéder à une condition supérieur. En plus de continuer un métier affreux à ses yeux, elle en profite aussi pour critiquer le monde autour d'elle, l'hypocrisie générale ambiante, les travers les plus pernicieux de ses clients, l'avidité du gain et du pouvoir des gens. A travers elle, c'est la satire misanthrope et pessimiste de Fourgeret qui s'exprime, c'est sa dénonciation d'un monde cruel où le peuple est ignoré où chacun a sa part de noirceur et de pêché. Mêmes les prêtres ne sont pas épargnés, mais vraiment pas.
Nous sommes dans un roman libertin donc vous vous en doutez, on a droit à des scènes lascives... dans le langage du XVIIIeme siècle bien entendu, avec beaucoup de suggestion, d'allusion et de métaphores qui ne font que renchérir encore plus sur ces passages. Mais j'ai été surprise de l'insolence des passages. Par exemple, vous ne devinerez jamais ce que Margot peut faire avec un cierge...
L'écriture est très harmonieuse, tour à tour pudique où crue, empruntant aussi bien l'argot des rues parisiennes que le langage de l'Opera.
Par contre, o mon Dieu, les passages moralisateurs légions et souvent démodés, argh ! Beaucoup trop du " et vous voyez ceci et vous voyez cela" blabla... J'aime bien quand c'est moralisateur mais quand c'est trop c'est trop !
De même, j'aime bien la langue du XVIIIeme siècle mais il y a des tournures souvent démodées qui m'ont ennuyé.
Et une fin certes classique mais peu satisfaisante à mon gout.
Donc un petit roman libertin intéressant à lire.
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maylibel
  07 mars 2016
Paris, dix-huitième siècle. Margot, fille d'un soldat et d'une ravaudeuse, n'a pas quinze ans quand elle fuit la maison de ses parents. Elle rencontre une mère maquerelle qui entreprend de la former.
Margot la ravaudeuse est un roman libertin du dix-huitième siècle, écrit dans un style burlesque. C'est l'héroïne, une jeune fille pour le moins haute en couleurs et dénuée de tabous, qui raconte l'histoire et apostrophe directement le lecteur avec franchise et bonne humeur.
Le roman, supposé être le récit autobiographique d'une ancienne prostituée, a fait scandale à son époque. Mais son charme est aujourd'hui complètement désuet.
Cela reste un classique du roman érotique et une curiosité à découvrir.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM   13 juillet 2015
On sera, peut-être, surpris que je n’aie jamais eu sous mes lois que des animaux indécrottables ; mais il faut observer que les gens de mérite ne sont pas toujours les plus opulents, ni ceux qui recherchent le plus notre commerce ; et qu’il n’y a guère que des sots et de maussades figures embarrassés de leur argent qui s’adressent à nous. D’ailleurs, on doit savoir que l’intérêt seul nous gouvernant, un barbet, un singe qui viendrait nous trouver, muni d’une bonne bourse, serait sûr d’être mieux accueilli que le plus aimable cavalier du monde.
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SlavaSlava   31 août 2016
Quand je fais réflexion aux épreuves cruelles et bizarres où se trouve réduite une fille du monde, je ne saurais m'imaginer qu'il y ait de condition plus rebutante et plus misérable. Je n'en excepte point celle de forçat ni de courtisan. En effet qu'y a-t-il de plus insupportable que d'être obligée d’essuyer les caprices du premier venu ; que de sourire à un faquin que nous méprisons dans l'âme ; que de caresser l'objet de l'aversion universelle ; de nous prêter incessamment à des goûts aussi singuliers que monstrueux :; en un mot d'être éternellement couvertes du masque de l'artifice et de la dissimulation, de rire, de chanter, de boire, de nous livrer à toutes sortes d'excès et de débauche, le plus souvent à contrecœur et avec une répugnance extrême ? Que ceux qui se figurent notre vie, un tissu de plaisirs et d'agréments, nous connaissent mal ! Ces esclaves rampants et méprisables qui vivent à la cour des grands, qui ne s'y maintiennent que par mille bassesses honteuses, par les plus lâches complaisances et un déguisement éternel, ne souffrent pas la moitié des amertumes et des mortifications de notre état. Je ne fais pas difficulté de dire que si nos peines pouvaient nous être méritoires et nous tenir lieu de pénitence en ce monde, il n'y en a guère de nous qui ne fut digne d'occuper une place dans le martyrologue, et ne put être canonisée. Comme un vil intérêt est le mobile et la fin de notre prostituions, aussi les mépris les plus accablants, les avanies, les outrages en sont presque toujours le juste salaire. Il faut avoir été catin pour concevoir toutes les horreurs du métier. Je ne saurais, sans frémir, me rappeler la dureté du noviciat que j'ai fait ; et cependant combien en est-il qui ont plus pâti que moi ! telle que l'on voit aujourd'hui triomphante dans un équipage doré, orné des plus charmantes peintures et verni par Martin ; telle, dis-je, qui traînant partout avec elle un luxe révoltant, affiche insolemment le gout pervers et crapuleux de son bienfaiteur ; qui croirait qu'elle fut autrefois le rebut des laquais ? que cette même personne fut le triste objets des incartades et de la brutalité de la plus vile canaille ; en un mot, qu'elle porte peut-être encore les marques des des coups qu'elle en a reçus ? Je le répète ; tout agréable, tout attrayant que paraisse notre état, il n'en est ni de plus humiliant, ni de plus cruel.
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baronnetbaronnet   08 août 2014
Souvenez-vous, me dit-il, pour ne vous y jamais tromper, que les Grands ne sont généralement grands que par notre petitesse ; & que c’est le respect aveugle & pusillanime qu’un ridicule préjugé nous inspire pour eux, qui les élève à nos yeux.
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SedelinaSedelina   25 octobre 2012
« Point d’argent, dit le proverbe, pas de Suisse. On peut aussi bien dire, point d’argent, point de plaisir, point d’agrément dans la vie »
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maylibelmaylibel   07 mars 2016
Le mérite est en pure perte, quand il n’est point étayé de la fortune. C’est à elle seule qu’il appartient de faire les grands hommes ; la nature ne fait que les ébaucher.
(p. 97)
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