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ISBN : 2757863673
Éditeur : Points (19/01/2017)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 85 notes)
Résumé :
Terezin, République Tchèque, décembre 1941.
Bedrich arrive dans la ville-ghetto avec femme et enfant. Il intègre le bureau des dessins.
Il faut essayer de trouver chaque matin un peu de satisfaction en attrapant un crayon, jouir de la lumière sur sa table à dessin, pour enfin s'échapper du dortoir étouffant, oublier la faim, la fatigue et l'angoisse.
Chaque jour se succèdent commandes obligatoires, plans, aménagements de bâtiments.
Chaque... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  18 août 2016
Nous sommes en décembre 1941 à Terezin, en République Tchèque ..
Bedrich arrive avec femme et enfant dans la ville ghetto et intégre le bureau des dessins.
Chaque jour, avec son équipe de quinze hommes, vont se succéder commandes obligatoires, jours sombres, aménagements de bâtiments , traits soignés, plans du futur crématorium, discussions interminables des tâches en cours, échanges d'une voix blanche et égale.....visages silencieux et concentrés..
Chaque nuit, le groupe se reforme, en cachette......
Cet ouvrage pudique et intense, aérien et délicat, simple mais sublime , cet ensemble lumineux et ciselé, poétique et brillant comme sait les écrire" Antoine Choplin à l'image du "Héron de Guernica "rend la réalité de la noirceur du monde qu'il décrit magnifiquement à travers l'art pictural.
La poésie est partout présente dans l'effroi et la vaillance des regards , la noirceur de la réalité .....
Malgré les faits relatés, les descriptions comme la métaphore p8 des arbres martyrisés afin d'évoquer les hommes en souffrance est tout simplement sublime.
L'auteur conte la rébellion; la douleur et la peine, la colére, dissimulée ou non, le bonheur de toutes petites choses : le rayon du soleil , le trait du crayon gras qui dessine, la satisfaction des outils, des notes de musique, une promenade dans le ghetto avec son épouse, les formes qui apparaissent .
Ce livre extrêmement attachant , à l'écriture chatoyante donne l'impression du vécu, de l'angoisse de la faim , l'image imprimée de ces châlits superposés, ces nuques tendues, ces fronts inquisiteurs mais aussi cette évasion intense, cette pensée Libre, paradoxale dans l'exiguïté des espaces, l'épuisement des hommes et des corps fatigués.....
Cet ouvrage témoigne de l'impensable, barbelés et arbres entrelacés, élan et contrainte, vérité et illusion, mort et vivant ......
Lu dans le cadre du prix Jean d'heurs spécifique à mon département , prix du roman historique , sélection 2016.
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horline
  29 novembre 2017
Avec Une forêt d'arbres creux, Antoine Choplin poursuit sa réflexion sur la faculté de l'art à retranscrire la réalité, ou comment saisir le fracas et la laideur du monde surtout lorsque d'autres s'évertuent à dissimuler, falsifier la vérité. C'est ce qui s'impose au caricaturiste Berdrich déporté au camp tchèque de Terezin lorsqu'on lui demande d'élaborer les plans de construction du crematorium du ghetto.
Rien n'échappe à l'oeil de l'artiste qui dessine clandestinement avec ses amis du bureau des dessins la lassitude, la faim, la maladie...tout ce qui exprime l'angoisse oppressive dont tout le monde souffrait. Même au péril de leur vie.
On retrouve dans ce court récit ce qui ressemble un peu à une obsession pour l'auteur: le pouvoir de suggestion de l'art et le regard singulier de l'artiste. Certes, l'image ou le visuel ont souvent un impact émotionnel plus fort que les mots. Évoquer plutôt que de raconter, frapper l'esprit pour mieux laisser une empreinte mémorielle. Encore faut-il avoir la faculté pour celui qui écrit sur ce thème de capturer avec les mots ce qui leur échappe.
Fort heureusement, Antoine Choplin maîtrise cet art de faire surgir avec une incroyable économie de mots une atmosphère, un sentiment, des instantanés qui frappent la rétine. Il s'illustre par un style cristallin, des phrases capables de renvoyer des images qui matérialisent sous nos yeux des fragments de vie dotés d'une réelle force méditative.
Pourtant, il n'y a pas de déflagration, ni d'exercices de style dans ces chapitres courts. J'aime lorsque un auteur écrit sans la nécessité d'emplir tout l'espace du récit. Tout est dans le détail, si bien qu'on a pas l'impression d'avoir sous les yeux une histoire, mais plutôt un compulsif d'images que seul un oeil avisé et attentif à ce qui l'entoure est capable de restituer. le détail est donc révélateur et l'évocation bouleversante.
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tynn
  14 février 2016
1941: Bedrich est emprisonné avec sa famille au camp de Terezin ( République Tchèque) où il oeuvre comme dessinateur architecte. Soumis à un travail de commande le jour pour construire le ghetto, résistant la nuit par des dessins personnels en illustrant la vie de cette citadelle militaire concentrationnaire.
Instantanés du quotidien d'un camp de travail, petits moments fugaces où toutes les composantes de l'âme humaine se révèlent dans la beauté ou la laideur. Aucun mot prononcé, seul le langage des corps est décrit. C'est un livre au silence assourdissant, pour dire la peine, la peur, la rébellion, la colère, mais aussi le bonheur des petites choses précieuses comme un rayon de soleil, un crayon qui dessine, des notes de musique, une promenade en famille dans le ghetto, l'imagination qui libère...
Le talent d'Antoine Choplin est sans pareil. Il est capable de créer un livre infiniment attachant dans un contexte de noirceur pesante, où toute violence est suggérée, où la poésie des mots et des descriptions fait merveille en dépit des faits relatés. La métaphore des arbres martyrisés est magnifique pour évoquer des êtres en souffrance. Et, comme dans le Héron de Guernica, il pose la question de savoir rendre la réalité du monde à travers un art pictural.
Que j'aime Monsieur Choplin !
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isabelleisapure
  22 février 2016
Nous sommes en 1941 à Terezin, un camp ghetto où étaient enfermés ingénieurs, architectes, scientifiques, tous les juifs susceptibles d'être utiles aux nazis.
Quand Bedrich y arrive avec sa femme et leur bébé, il est affecté à l'atelier de dessin, une pièce calme qui pourrait apparaître comme un havre de paix hors de l'horreur du camp, si les détenus n'étaient obligés de dessiner l'enceinte du four crématoire.
Pour s'évader mentalement de cet enfer, mais aussi pour témoigner, ces hommes se retrouvent le soir pour dessiner leur quotidien avec le secret espoir de remettre leurs croquis à la Croix Rouge pour que le monde entier connaisse l'horreur qui abrite ses murs.
« Ce dont ils parlent, c'est d'un colis qu'ils voudraient remettre clandestinement aux délégués de la Croix-Rouge au moment de leur venue. Trente oeuvres soigneusement sélectionnées pour leur force de témoignage de la réalité du ghetto et qui feront savoir ce qu'ils vivent pour de bon à Terezin. »
En 120 pages, avec une économie de détails, qui rend le récit infiniment pudique, Antoine Choplin déploie toute la délicatesse de sa plume pour raconter cette histoire tirée d'un fait historique.
Un roman grandiose par sa simplicité.
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gouelan
  15 janvier 2018
« On n'a jamais rapporté le cas d'une forêt d'arbres creux, n'est-ce pas ? »
À l'arrivée au camp de Terezin, ville-ghetto en république tchèque, le regard de Bedrich s'arrête sur les deux ormes à l'entrée du camp. Puis sur les poteaux et les babelés, posés comme une cicatrice, une portée de silence assourdissant.
Bedrich est dessinateur.
Mais le soir, les hommes et les femmes contraints de dessiner des plans pour le ghetto, crayonnent la vérité, avec les ombres, les silences, et parfois un rayon de soleil, une note de musique, un poème.
Ils sont comme ces deux ormes. Ils ne sont pas creux. Ils portent en eux l'élan d'un espoir, d'une vérité, d'une richesse. Ils sont faits de lignes brisées par les barbelés, les ordres, la cruauté. Ils se courbent sous le poids de la noirceur. Mais leurs coups de crayon s'élancent en secret, dans le désordre du silence, vers les cieux, pour faire entendre la vérité, pour vivre encore, même décharnés. Leur imagination les porte au loin.
Un livre comme un coup de crayon sombre avec quelques touches de lumière. Un tableau qui suggère, une mélodie qui effleure. L'invisible se révèle dans le creux des silences.
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critiques presse (1)
Lexpress   30 septembre 2015
Sobre et poignant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
tessgeffroytessgeffroy   26 novembre 2015
Dans ce parcours doux et débridé du crayon sur la feuille matinale, et par ce regard tendre épousant le trait à la suite de la main à l’œuvre, il y a comme un contentement pour Bedrich, et c'est peu dire. Une joie presque, secrète et immobile, surplombant les parois du ghetto, réduisant à néant, le temps d'une seconde, les tragédies. Tiens, comme ce soleil de maintenant peut-être, touchant au front ; que l'on sait pourtant partagé par les autres et qui ne saurait donc, aussi bien que le trait du crayon, nous en tenir a l'écart.
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adtraviataadtraviata   11 février 2016
« Bedrich pense que Johanna elle aussi construit en elle-même un petit monde autour de la maison. Parfois il est tenté de l’interroger sur ce qu’elle imagine là-bas et de s’installer un moment avec elle dans ce lointain confortable. Mais il éprouve aussitôt l’impudeur du premier mot qui serait prononcé et qui sonnerait avant tout la promesse d’une douleur, celle d’avoir à revenir se poser dans le réel d’ici. » (p. 85-86)
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manU17manU17   05 décembre 2015
Il lui disait combien les livres et les choses du savoir, c'était important. Le calcul, la poésie. Même ici, à Terezin, ça comptait. Surtout ici, il a ajouté, ici et maintenant, à Terezin.
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gouelangouelan   09 janvier 2018
Juste derrière les deux ormes passe la clôture de fils de fer barbelés, quatre ou cinq lignes noires et parallèle rythmées par les poteaux équidistants. drôle de portée avec ses barres de mesure, vide de toute mélodie, et contre laquelle, à bien y regarder, semble se disloquer la promesse des choses.
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meslinoulautremeslinoulautre   30 janvier 2016
On voit ainsi combien la silhouette rondouillarde et équilibrée de l'arbre résulte de l'agrégat d'élancements brisés, de lignes rompues et poursuivant autrement leur courses, de désordres. Dans ce chaos qui ne tempère que cette tension partagée vers le haut,l'oeil a tôt fait d'imaginer des corps décharnés, souffrants, empruntant à une gestuelle de flamme ou de danseuse andalouse, implorant grâce ou criant au visage de leur bourreau la formule d'un ultime sortilège, résistant un instant encore à l'appel du gouffre que l'on croirait s'ouvrant à la base du tronc. Antoine Choplin
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Videos de Antoine Choplin (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Choplin
Antoine Choplin, Prix Louis Guilloux 2017 Rencontre avec Antoine Choplin, lauréat du Prix Louis Guilloux 2017 pour son livre "Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar" paru aux éditions La Fosse aux Ours.
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