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ISBN : 2749909902
Éditeur : Michel Lafon (26/02/2009)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 239 notes)
Résumé :
«Saisissement. C'est l'île. Le vent. Le blanc du roc au sommet de la plage. La frappe indéfinie des lames. L'assommoir du soleil. Un à un, les corps s'écroulent. Noirs ou blancs, ils réclament à la terre le répit qu'elle a toujours su leur offrir.»

En 1761, un navire français transportant une cargaison clandestine d'esclaves s'échoue sur une île perdue de l'océan Indien. Blancs et Noirs devront cohabiter pour survivre jusqu'au départ, sur un bateau de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
litolff
  21 décembre 2012
Au 18e siècle, en pleine nuit, l'Utile, une goélette française fait naufrage sur le plateau de corail qui borde une île minuscule et désolée au large de Madagascar : à son bord 160 esclaves noirs embarqués secrètement par un capitaine sans scrupule et à qui le naufrage à fait perdre la raison. Ce qui reste de l'équipage et des esclaves va se réfugier sur cet îlot inhospitalier et construire en quelques mois un bateau à partir des restes de l'Utile. Matelots et esclaves participent à l a construction mais la « prame » est trop petite pour pouvoir embarquer tout le monde…
Irène Frain livre ici un document historique passionnant, sobrement raconté à la façon d'un roman : dès le début le lecteur est tenu en haleine par le naufrage de l'Utile, brisé par les déferlantes qui entourent l'îlot corallien. Et malgré la maigreur des témoignages de l'époque, elle arrive à restituer une figure véritablement lumineuse en la personne du premier lieutenant Castellan qui prend le commandement de l'île, de l'équipage et des opérations.
C'est à partir des seuls témoignages de l'écrivain et du chirurgien de bord, ainsi que des recherches archéologiques menées en 2006 par Max Guerout , spécialiste en archéologie navale, qu'Irène Frain a pu mener son enquête et reconstituer cet épisode captivant et tragique de notre passé négrier ; une époque trouble et ahurissante pour nous, humains du 21e siècle, où l'homme blanc n'avait pas encore identifié l'esclave noir comme un homme, au même titre que lui.
Voici une histoire poignante qui aura au moins eu le mérite de servir la cause abolitionniste, grâce en particulier à Condorcet qui s'empara à l'époque de l'épisode pour faire avancer son combat.
Vous refermerez ce livre révolté et bouleversé.
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Epictete
  27 août 2017
Voici un livre que j'ai lu il y a quelques années et j'en ai toujours gardé un souvenir très fort.
En 1761 un navire Français s'échoue sur une île perdue dans l'océan indien. Or, outre l'équipage, il était chargé d'esclaves transportés clandestinement.
Les blancs de l'équipage vont cohabiter avec les esclaves et les convaincre de construire un radeau afin que tout le monde puisse partir.
Mais les blancs partiront seuls abandonnant les noirs à leur sort. Ceux-ci seront forcés de s'adapter à la nature terriblement hostile de ce bout de terrain aride et soumis aux vents.
Quinze années plus tard, lors d'une expédition de sauvetage menée par un des seuls rescapés ayant eu des remords, on ne retrouvera qu'une poignée d'entre-eux, en particulier des femmes.
Irène Frain après de très sérieuses recherches aussi bien dans les archives que sur le terrain, a romancé cette histoire vraie de façon très agréable et on se passionne pour l'aventure et le sort de ces personnes.
C'est un livre que je n'avais pas critiqué à l'époque, mais qui reste en bonne place dans ma bibliothèque.
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zabeth55
  19 septembre 2017
En 1761, « L'utile » un navire français transportant une cargaison clandestine d'esclaves fait naufrage sur une minuscule île.
Les marins survivent comme ils peuvent et réussissent à fabriquer un bateau pour s'enfuir. Mais, faute de place, ils laissent sur place les esclaves. Il faudra quinze ans pour qu'un autre navire les découvre et les ramène. Il ne reste plus que sept femmes.
Irène Frain a été bouleversée par cette histoire. Elle s'est rendue sur place sur l'ile de Tremolin, pour s'imprégner des lieux et entreprendre de raconter cette histoire dans les moindres détails.
Elle a recherché minutieusement tous les documents relatifs à cette pitoyable aventure.
Avec une imagination débordante pour recréer ce qui s'est passé et un grand souci des détails, elle ne laisse rien passer, n'omet rien.
Un énorme travail !
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nameless
  12 mars 2014
Merci à Irène Frain pour son exigence d'historienne en la matière, qui l'a poussée à se rendre sur zone, dans cette île, appartenant aux îles éparses de l'Océan indien, rattachée aux TAAF (terres australes et antarctiques françaises), au même titre que les Kerguelen, St Paul, Amsterdam, c'est dire sa facilité d'accès si l'on ne souffre pas trop du mal de mer.
Comment imaginer à notre époque, qu'une cargaison d'esclaves, après un naufrage, ait pu être abandonnée là, livrée à son sort, sur des plages de sable blanc qui feraient rêver plus d'un citadin stressé, prêt à payer cette destination au prix fort dans une agence de voyages (en étant sûr d'en revenir, bien sûr)? Comment imaginer que 15 ans seront nécessaires pour retrouver, enfin, 7 femmes et un bébé. Quelqu'un parmi nous possède-t-il suffisamment d'imagination pour inventer ce qui a pu se passer durant cette quasi-génération, entre mâles dominants et femelles victimes, livrés à eux-mêmes sur un caillou posé en plein océan, uniquement préoccupés par leur survie? Une version revue et corrigée de Robinson Crusoé.
Tenir compte que cette histoire n'est pas un roman mais une histoire vraie et qu'elle est restituée par l'auteuse dans toute la douleur et la vérité choquante que peut nous apprendre un document historique, richement documenté grâce à la ténacité d'Irène Frain.
Merci à elle, pour nous rappeler l'esclavagisme.
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nanoucz
  11 mai 2009
Un navire français, l'Utile, fait naufrage en 1761 près d'un îlot de corail situé dans l'océan Indien, pas très loin de Madagascar. Dans les cales de ce bateau, des esclaves noirs, non déclarés, dont la présence sur le bateau commençait à menacer la cohésion de l'équipage. le naufrage précipite les survivants sur cette île désertique, où la lutte pour la survie s'engage. le commandant a "perdu les pédales", c'est Castellan, le premier lieutenant qui prend la direction des opérations, en particulier la construction d'un bateau, qui va permettre de quitter l'île et de rallier Madagascar. Mais ce bateau ne pourra pas embarquer tous les naufragés. Et ce sont les esclaves noirs, qui vont rester, bien qu'ayant activement participé à la construction.
Quinze années plus tard, après beaucoup de péripéties administratives et de tentatives ratées, un autre bateau réussira à aborder sur l'île et reviendra chercher les esclaves abandonnés. Il trouvera sur place sept femmes et un bébé.
Voici donc l'histoire véridique qui sert de trame à ce livre, que j'hésite à appeler "roman". Car si les mots de cette histoire nous parviennent sous une forme romanesque grâce à la plume d'Irène Frain, il y a aussi dans ces pages le difficile cheminement de la vérité des faits, au travers des récits de l'époque, transcrits par deux témoins directs : l'écrivain embarqué sur le bateau et le chirurgien du bord. Plus proche de nous, c'est la rencontre de l'auteur avec Max Guérout, capitaine de vaisseau passionné d'archéologie, qui a permis de ressortir au grand jour cette aventure peu glorieuse pour les autorités de l'époque.
A noter que Condorcet eut vent de ces évènements tragiques et qu'ils eurent une part dans sa lutte pour l'abolition de l'esclavage.
J'ai beaucoup aimé ce livre, par son aspect historique et documentaire et aussi bien sûr par les sujets abordés : l'esclavage, la survie dans un milieu hostile, la lutte contre les préjugés, la prise de conscience de Castellan vis à vis de la situation des esclaves et son dilemme quand il faut quitter l'île.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
zofiamiuzofiamiu   07 septembre 2015
Puis l'île ressuscitera comme toujours. Blindée dans sa vieille cuirasse. Les sables, comme d'habitude, seront jonchés de cadavres d'oiseaux, les veloutiers arrachés jusqu'à la racine, les bernard-l'hermite noyés, mais elle renaîtra. Fidèle à ce qu'elle a toujours été, féroce, ultra dure. Dans un an ou dans dix, peu importe. Ici, le temps n'a pas de jointure, tout se confond, l'instant avec le siècle, l'heure et le millénaire, la fin du monde et son premier matin. Coquillages vides, oeufs brisés, nids de tortues, sillages de crabes, ossements blanchis, envols de plumes, griffes d'oiseaux imprimées sur une vaguelette de sable : l'histoire de l'île se résume à des traces. Éphémère dessin de la vie qui va et vient. Et reva et revient, sans trop savoir ce qu'elle cherche, sinon à se reproduire. Avant, une fois de plus, de se reperdre. Dans la mer, le plus souvent. Qui n'arrête jamais, elle non plus. Qui continue de battre, de casser, fracasser, s'acharner. Mais l'île tient toujours. Sans même savoir qu'elle tient. Univers plus qu'inhumain : étranger à l'humain. Monde sans date. Île sans nom.
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zofiamiuzofiamiu   07 septembre 2015
À deux encablures de l'île, l'abîme commence. Et les grandes houles, les courants sans fin. Il faut vraiment jouer de malchance pour se retrouver sur ce bloc de corail cerné par les déferlantes. Ou n'avoir peur de rien.
Pour pouvoir en repartir, il faudra aussi compter sur l'inconscience. A moins de chercher son salut dans l'énergie du désespoir. Nul ne s'est jamais installé ici. L'île est sans mémoire. Seuls les ouragans laissent leur trace dans les sables. Le reste va vite se perdre dans le vent, le tonnerre des lames qui, sans relâche, harcèlent les récifs. Nuit et jour, la mer bat. Elle flanche rarement. Même lorsqu'il fait beau. Quand elle consent à se calmer, c'est presque toujours dans les heures qui précèdent un cyclone. Ensuite, elle se déchaîne comme jamais, jette à l'assaut de l'île des vagues géantes qui l'engloutissent aux neuf dixièmes. Elle ne reflue qu'une fois l'ouragan passé. Pour recommencer comme avant. Même pouls méchant, têtu, même lames qui frappent, fracassent et brisent, déferlent et redéferlent, frappent encore, roulent et cassent, broient, éparpillent, émiettent, s'acharnent contre cette minuscule plaque de corail perdue au cœur de l'océan.
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litolfflitolff   20 décembre 2012
Mais sa fougue et sa sincérité allèrent à l'essentiel, ce que Castellan et ses compagnons avaient appris de l'île : Noirs et Blancs sont frères. Et l'esclavage est un crime.
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litolfflitolff   20 décembre 2012
Mêlant instinctivement sa voix à celle des Noirs comme dix minutes plus tôt lorsque ensemble, ils ont mélangé leurs sueurs et leurs odeurs pour maintenir une planche ou soulever une poutre sans réfléchir une seconde à la condition de l'autre, sa naissance, sa couleur de peau.
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SpilettSpilett   28 mars 2010
... ils viennent de lui démontrer qu'ils sont nés, comme lui, du sexe d'un homme et du ventre d'une femme. Et qu'ils se trouvent par conséquent, exactement comme lui enfermés dans l'humaine condition.
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Videos de Irène Frain (75) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Irène Frain
Retrouvez l'émission sur : http://www.web-tv-culture.com/
Agrégée de lettres classiques, journaliste, Irène Frain est aujourd?hui un auteur majeur de la littérature française. Avec plus d?une quarantaine de titres à son actif, son succès ne s?est jamais démenti depuis « le nabab » en 1982. C?est souvent à travers la grande Histoire oubliée et les destins hors du commun qu?Irène Frain puise les sujets de ses livres. « Les naufragés de l?île Tromelin » en 2009 racontait le sort de ces esclaves abandonnés sur une île déserte après le naufrage de leur bateau au XVIIIème siècle. On évoquera aussi « Beauvoir in love », « La forêt des 29 », « Devi », « Gandhi la libeté en marche » ou plus récemment « Marie Curie prend un amant ». Plusieurs fois aussi, Irène Frain a puisé à la source de ses propres souvenirs pour expliquer comment l?écriture lui a ouvert les portes d?un monde insoupçonné. Et à chaque fois, que ce soit dans « Secret de famille », « La maison de la source », « Sorti de rien », l?auteur a su, à travers son histoire, entrainer le lecteur vers ses recoins les plus intimes afin qu?il puisse lui-aussi grandir de ses souvenirs personnels. Dans son nouveau titre « La fille à histoires », Irène Frain nous raconte sa mère, leur relation difficile, conflictuelle. « Ma mère aurait bien voulu m?aimer, écrit-elle, elle n?a pas pu ». Loin d?être un récit à charge, l?auteur nous présente ici sa mère, dénuée de sentiments à l?égard de sa fille, arrivée par accident, comme on disait alors. Nous entrainant dans la tendre nostalgie de son enfance, ouvrant la grande malle à souvenirs du grenier familial, Irène Frain, entre sensibilité et sourire, raconte sa rébellion, sa soif d?ailleurs, sa lutte pour exister aux yeux de cette mère non aimante. Elle nous dit surtout comment cette expérience personnelle l?a forgée et lui a permis d?être celle qu?elle est aujourd?hui. « La fille à histoires » d?Irène Frain est publié aux éditions du Seuil.
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