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ISBN : 2757862332
Éditeur : Points (03/11/2016)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Le 4 novembre 1911, un journal à grand tirage annonce une nouvelle extravagante : Marie Curie a un amant. La presse et l’opinion s’enflamment. Procès, duels, publication de lettres volées, l’ouragan médiatique est énorme. Marie manque d’y laisser la vie.

C’est vrai, elle a une liaison. Veuve depuis cinq ans de Pierre Curie — le chercheur avec qui elle avait découvert le radium et reçu son premier prix Nobel —, elle s’est éprise d’un homme marié, Paul ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  23 novembre 2016
Dans Marie Curie prend un amant, Irène Frain livre le fruit de son travail d'enquêtrice-historienne réalisé pour ce qu'elle nomme une « reconstitution » de la vie de Marie Curie, dans laquelle subsiste une part d'incertitude, compte tenu du peu de matériau documentaire existant, hors ses parutions scientifiques.
Irène Frain ouvre sa biographie sur l'année 1911, où à partir de novembre, Marie Curie est médiatiquement lynchée, jetée en pâture aux lecteurs d'un journal à scandales qui révèle sa liaison avec Paul Langevin, physicien, futur prix Nobel, disciple de Pierre Curie. le crime de Marie ? Aimer un homme marié, coupable d'adultère, passible de peines prévues par le code pénal. Au procès fixé le 08.12, Marie sera jugée comme complice, alors qu'elle est une femme libre, veuve depuis la mort accidentelle de Pierre cinq ans plus tôt. La proie pèse très lourd : célébrité internationale, génie contesté, mythe vivant. Plus dure sera la chute pour cette femme illustre qui doit se cacher comme une bête traquée. Henri Bourgeois voit les tirages de son torchon exploser. Dans ses colonnes s'étale tout le catalogue de la misogynie du début du XXème siècle, toute la haine ordinaire.
S'appuyant sur cet épisode au cours duquel l'avenir scientifique de Marie, sa vie morale et intellectuelle sont en grand danger, Irène Frain revient sur sa trajectoire hors normes.
Lorsqu'elle arrive à Paris en 1891, Marie n'a que ses études en tête. Reçue première à la licence de sciences avant de s'attaquer à celle de maths tout en étudiant le magnétisme des aciers trempés, elle obtient un laboratoire. Pour cette femme, polonaise, boursière, il ne s'agit que d'un petit cagibi, « un local qui tenait à la fois de l'étable et de l'entrepôt de patates », ce qui ne l'empêche pas d'enseigner à l'école de Sèvres puis d'être la 1ère agrégée à professer à la Sorbonne. Elle rencontre Pierre Curie. Ils sont d'accord sur tout, l'innocence de Dreyfus, la science désintéressée, la probable instabilité des atomes, l'impérieuse nécessité de bâtir un monde fondé sur l'éducation du peuple et la justice sociale. Ensemble, ils veulent vivre leur rêve scientifique commun et poursuivent leurs travaux, qui les amèneront à partager en 1903, le prix Nobel de physique. Ils ne se rendent pas à Stockholm, trop épuisés. le jour de la remise du prestigieux prix pour la première fois de son histoire à une femme, Marie dispense son cours à ses élèves à Sèvres, comme un jour ordinaire.
A la suite de cette reconnaissance mondiale, les premières médisances apparaissent, elle n'est que « l'inspiratrice de son mari », « une admirable assistante », « une assistante dévouée », « une collaboratrice précieuse », « une compagne de laboratoire », « une exception qui confirme la règle ». Si l'on ajoute qu'elle refuse la Légion d'honneur, ce qui s'avère beaucoup plus compliqué que de l'accepter, et qu'en plus, elle ne porte pas de corset parce qu'elle veut penser et bouger en liberté, on comprend mieux pourquoi et comment cette femme qui s'est aventurée dans un domaine où elle n'a aucune légitimité selon ses calomniateurs, déclenche une telle haine machiste contre elle.
Elle se fixe un nouveau défi : se faire élire à l'Académie des sciences, un poste est libre. Les solennelles salles sont rigoureusement interdites aux femmes « qui ne doivent point s'occuper d'autre chose que de la maternité ». On lui oppose le vieux Branly, suave, catholique farouche, antidreyfusard de la première heure et nationaliste. En matière scientifique, il ne lui arrive pas à la cheville, mais se mesurer à un tel monument de bien-pensance, de respectabilité, elle, femme, veuve, athée. Pensez donc !
Une nouvelle campagne de presse immonde démarre. Le Figaro édite du fiel anonyme : « Nous avons déjà plus de femmes de lettres qu'un pays civilisé ne peut en supporter. Que les dieux favorables nous épargnent une génération de femmes de science ». On n'est pas loin d'en appeler à la mobilisation générale.
Lors de sa liaison avec Paul Langevin, on dira à celle qui parle d'égale à égal avec Einstein : « On vous donne huit jours pour quitter la France, sinon… ». Sous la plume ignominieuse de Gustave Téry, antisémite notoire suppôt de l'extrême-droite, elle devient Marie l'étrangère, « venue tout exprès de Pologne pour assister à la découverte du radium ». C'est un genre de voleuse, voire d'empoisonneuse, une jouisseuse cynique, adepte fanatique de Nietzsche et d'Ibsen. On la caricature en marquise de Brinvilliers, les cornues remplacées par des éprouvettes.
Marie surmonte tous les outrages subis, et reçoit en 1911 un deuxième prix Nobel, non partagé avec son défunt époux, de surcroît dans une autre discipline que le premier, la chimie, ramenant les obsessions des conservateurs : la peur de l'espion étranger, le fantasme de la « vraie mère française », la terreur de la femme qui fait des études ou qui travaille, à des combats obscurantistes.
Née en 1867 à Varsovie, elle meurt en 1934 dans un sanatorium des Alpes de Haute-Savoie, des suites d'une anémie de Biermer doublée d'une leucémie, tributs fatals payés à ses recherches.
En 1995, les cendres de Pierre et Marie Curie sont admises au Panthéon. Il était bien temps de les honorer. Merci à Irène Frain.
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rabanne
  16 août 2017
Marie Curie n'a pas pris un amant ; c'est Paul Langevin, un homme marié et malheureux en ménage, qui a pris une maîtresse, une veuve, une femme parfaitement libre ! Ou comment, dans cette société misogyne du début du XXème siècle, le scandale arrive forcément "par" la femme, pécheresse, manipulatrice, pire, avec le défaut d'être exceptionnellement renommée.
Irène Frain dresse le magnifique portrait d'une femme, entière et passionnée, incroyablement stoïque, dont la foi (dans la science) fut indéfectible. Il y a Pierre, leur amour fusionnel, leurs filles. Et puis, il y aura Paul, leur amour secret et tumultueux. Enfin, la jalousie et la haine qui se déchaînent, l'opprobre social, la calomnie, comment Marie luttera dignement, soutenue par son clan, ses amis et admirateurs de la première heure (dont Einstein)...
Plus qu'une biographie romancée, ce livre est une reconstitution fictive, sous forme d'hommage universel, de l'épisode scandaleux et tragique qui aurait pu détruire la carrière et la réputation d'une femme de génie. Malgré quelques longueurs, j'ai beaucoup apprécié la plume de l'auteure, son acuité et son indéniable force émotionnelle.
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sylvaine
  25 janvier 2016
Irène Frain découvre, par hasard, chez un bouquiniste un petit livre "soigneusement relié de percaline gris-bleu". Est-ce l'un de ces petits livres grivois que ces messieurs cachaient dans leur bibliothèque derrière des ouvrages plus sérieux ou sur la dernière étagère tout en haut? Absolument pas! ce livret renfermait deux numéros d'un hebdomadaire datés du 23 et du 30 novembre 1911, fascicules presque entièrement consacrés à des attaques virulentes contre la personne de Marie Curie, cette brillantissime chercheuse à l'origine avec son époux Pierre de la découverte du polonium et du radium , découverte récompensée par un Prix Nobel de physique en 1903.
Pourquoi cette vindicte ? Marie Curie, veuve depuis 2 ou 3 ans était depuis quelques mois la maitresse de Paul Langevin, éminent scientifique lui aussi , fidèle parmi les fidèles de Pierre Curie dont il avait été l'élève puis le disciple . Ô scandale Paul Langevin était marié et père de famille , mal marié certes mais marié et nous sommes en 1911 l'adultère est passible de correctionnelle ..
Scandale, opprobre,Marie Curie sur le point de recevoir son deuxième Prix Nobel doit affronter les propos injurieux de la presse à sensation , de la droite radicale , se battre pour sauver son amour passionnel , seule ou presque ....
Irène Frain nous dresse un tableau minutieux de la vie de Marie Curie, pour se faire elle a épluché les comptes de Marie , se fiant à eux pour retracer au plus près la vie de ce couple clandestin.
Adoptant un ton sentencieux, monocorde sans doute en harmonie avec celui de ce groupuscule de savants scientifiques plus géniaux les uns que les autres Irène Frain raconte .Vous dire que j'ai pris plaisir à lire cette biographie serait mentir,j'ai appris beaucoup de choses, de vagues souvenirs de physique ou de chimie ont émergés des limbes de ma mémoire, des envies de poser ce livre se sont faites de plus en plus plus pressantes, par respect pour madame Curie je l'ai accompagnée jusqu'au bout .....
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zabeth55
  21 juillet 2018
Avec un titre un peu racoleur, Irène Frain nous entraîne dans une biographie très intéressante de Marie Curie.
Comme à son habitude, elle fait ses recherches très scrupuleusement et ses déductions très habilement.
A partir de tous les documents officiels qu'elle a pu trouver, et surtout de carnet de comptes de Marie Curie, elle reconstitue sa vie hors norme sous forme romancée, plus qu'agréable à lire.
Elle prend un amant, et alors ? Son mari est mort depuis cinq ans.
Oui mais à cette époque, l'adultère est un délit et son amant est marié.
Etre une femme, une scientifique qui obtient deux prix Nobel, ça suscite bien des incompréhensions, bien des jalousies.
Et les débuts de la presse à scandale se jettent sur cette affaire pour tenter de la discréditer.
C'est un excellent travail qu'a fait Irène Frain, et le résultat en est un livre très intéressant, très instructif.
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Orzech
  05 mai 2016
Ce titre a attiré mon attention sur un étal de la librairie et m'a suffisamment intriguée pour me donner envie de lire le roman. Je ne connaissais pas ce fait divers qui a fait sensation en 1911. Marie Skłodowska-Curie, la fierté nationale des Polonais et des Français, cette icone de la science, la seule femme ayant obtenu le prix Nobel à deux reprises, avait un amant?
Ne connaissant pas la plume d'Irène Frain et ne lisant pas beaucoup de biographies, je ne m'attendais pas du tout à un coup de coeur. Mais plus j'avançais dans cette enquête très prenante, plus j'avais envie d'apprendre sur cette histoire. Irène Frain a accompli un travail remarquable en se plongeant non seulement dans les articles de presse de l'époque ou en dénichant des photos inconnues, elle a également visité les lieux où Marie Curie a vécu et a épluché ses carnets de comptes, précieuse source d'informations. Elle a essayé de reconstituer les faits mais parfois, quand des lacunes subsistent (Marie Curie a détruit toute sa correspondance avec Paul Langevin), elle les comble par une fiction très vraisemblable et probablement proche de la réalité.
C'est une lecture passionnante qui nous apprend beaucoup sur la vie de Marie, de Paul Langevin et de leur entourage. C'est un autre regard sur le monde de la science où la passion, l'amour, la jalousie et l'amitié trouvent aussi leur place. C'est enfin une illustration du pouvoir naissant de la presse sur l'opinion publique et notamment de la presse à scandale.
J'ai beaucoup aimé l'écriture d'Irène Frain qui m'a happée dès le début. Son style journalistique mais plein de finesse, son sens d'investigation m'ont littéralement plongée dans le Paris au 20ème siècle naissant. le récit nous fait découvrir une Marie Curie tout à fait différente de son image d'une femme austère et toujours de noir vêtue et sa résistance face à l'adversité. Une lecture inoubliable.
Lien : http://edytalectures.blogspo..
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critiques presse (2)
LaPresse   04 janvier 2016
Le livre vaut le détour. À lire pour comprendre non seulement l'histoire d'une grande femme, mais aussi l'incroyable misogynie de l'époque.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro   30 octobre 2015
La romancière montre une facette intime de la seule femme qui a décroché deux Prix Nobel.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne   16 août 2017
Ils ignoraient sans doute qu'il y avait quelque chose de religieux dans ce rituel. Presque tous, pourtant, étaient athées - Pas si facile, à l'époque. (...) Révérer le Dieu-Science autour du Christ-Pierre et de la Madone-Marie, si sacrificielle, déjà, si héroïque, avec ses doigts brûlés. Leurs réunions n'avaient rien d'une grand-messe, ils se voyaient pourtant comme les apôtres de Pierre. Prêts à le défendre, comme Marie, bec et ongles.
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rabannerabanne   14 août 2017
Donc il n'a pas pu lui échapper que, sous ses dehors de beau gosse tiré à quatre épingles, Paul vivait à l'entière merci de ses émotions. Sa panoplie de dandy n'était que mauvaise cuirasse. À la première occasion, elle se fissurait, craquait, il n'était plus que passion.
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rabannerabanne   13 août 2017
Et voilà que la vie, soudain, la vie têtue, la vie puissante, imprévisible, la vie qui, mine de rien, va et vient comme les marées, réclame sa place, recommence d'exiger son droit au plaisir, sa part de rêve.
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letilleulletilleul   13 mars 2016
Il y a quelques mois, chez un bouquiniste, je suis tombée sur un curieux ouvrage. Il comptait à peine cent pages. On l’avait soigneusement relié de percaline gris-bleu.
Je l’ai ouvert. Une vignette était collée au verso de sa couver- ture. Elle a aussitôt attiré mon attention : elle figurait le diable.
Ou, plus exactement, une sorte d’hybride entre le démon et un vieillard lubrique. Pieds griffus, nez crochu, oreilles démesuré- ment allongées, rictus salace, yeux globuleux que le vice faisait jaillir de leurs orbites. La libidineuse créature brandissait deux initiales entrecroisées, GM. Leur graphisme élégant s’accordait mal avec l’obscénité de la représentation du vieillard et suggérait que la vignette avait été réalisée dans les années 1900.
À l’évidence, cette vignette – un ex-libris – avait été confec- tionnée à la demande d’un amateur de livres qui avait aménagé dans sa bibliothèque ce qu’on appelait à l’époque un «second rayon»: une collection de textes libertins qu’on dissimulait der- rière des cloisons secrètes ou sur des étagères haut perchées. Avant de s’y plonger, on verrouillait sa porte. On s’en délectait d’autant plus que c’était un plaisir interdit. Et pour certains, honteux.
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scaalaire68scaalaire68   09 octobre 2017
Bien étrange été. Et nouvelle chambre secrète dans la vie de Marie. A chacun de la remplir comme il l'entend, selon ce qu'il a appris de la vie. La comptabilité de Marie n'en dessine que les contours, tels ces relevés effectués par des archéologues dans les temples, villes ou palais dont il ne reste que les fondations. Mais un point est certain : le coeur de Marie, pendant le printemps et l'été 1909, battit comme l'année de ses quinze ans, celle où, pour la première fois de sa vie, elle comprit ce qu'est le désir.
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Vidéo de Irène Frain
La Roseraie des Cultures et des Arts - 9ème édition - Discours d'inauguration. Alain Mabankou, Président d?honneur, Irène Frain, présidente 2017, Anne d'Hervé, Présidente de l'association, Philippe Daverat, Vice-Président et Vincent Jeanbrun, Maire de L'Haÿ-les-Roses.
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