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ISBN : 2953767746
Éditeur : Editions Fin mars début avril (06/10/2012)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Inséparables, Ariane, Tristan et Matthias ont passé leur enfance à jouer avec leurs peurs. Au milieu des étangs de la Dombes ou dans les pièces vides d'un château oublié, ils cherchaient l'émotion, l'interdit, le danger.

Trente ans plus tard, les frayeurs d'Ariane n'ont plus cette saveur plaisante de l'imaginaire : c'est un homme bien réel - un homme qu'elle a aimé - qu'elle fuit maintenant.

Car si les enfants font de la peur un jeu, le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Altervorace
  27 novembre 2012
Un coup de foudre. J'aurais presque eu la possibilité de m'arrêter ici puisque cela résume admirablement cette première rencontre avec monsieur Fritsch. J'ai réellement l'envie et l'espoir de te donner à toi, ami lecteur, l'envie de lire ce roman. Nous suivons donc Ariane dans sa fuite, ses deux enfants « sous le bras », qui revient sur les pas de son enfance. Histoire de la peur et histoire d'une renaissance. La petite fille qui naguère semblait avide d'une quête dans les pièces vides d'un château de la Dombe -on est pas loin de chez moi en plus- trouve et accomplit enfin cette dernière. L'héroïne semble devoir soigner les peurs de l'enfant afin de pouvoir dépasser celles du présent. On pourrait croire que le roman est un thriller psychologique à cause du thème de la fuite mais c'est beaucoup plus intéressant que cela... le thriller véritable se passe dans les méandres des souvenirs d'Ariane, la quête se passe là, dans la passé. Roman de la mémoire donc, merveilleusement symbolisé par le personnage de Marthe chez qui Ariane se réfugie le temps de commencer sa mue. J'avoue que je suis généralement un peu méfiante quand la psychologie d'un personnage prend autant de place mais ici l'auteur ne tombe pas dans la facilité. Il construit une jeune femme aux complexités subtiles, loin des caricatures. L'évocation de l'enfance me semble tout aussi intelligente : ni idéalisée ni ternie par le temps mais toujours avec poésie. Des fragments de vie qui ont fait écho en moi, qui sont parvenus à m'émouvoir moi qui aie le coeur difficile en littérature.
Enfin, cette histoire de renaissance, de reconstruction de soi, est servie par une écriture précise et ciselée. J'ai adoré cette plume rigoureuse qui ne tombe jamais dans l'extrême et parvient à maintenir l'équilibre presque tout au long du récit. Une exactitude qui ne tombe donc jamais dans une froideur de clinicien et qui parvient à distiller un véritable rythme poétique toujours subtil -donc bien loin de la majorité des écrivains « à la mode ».
Une dernière dimension a été un des rouages de ce coup de foudre littéraire : la musique. Cette dernière est très présente dans ce roman. Ariane -et l'auteur- semble se construire une Bande Originale de sa propre histoire. de manière tout à fait personnelle, j'ai été touchée par la présence d'un groupe que j'adore : Marillion. Surtout que le titre évoqué vient d'un album, Brave, que j'ai beaucoup écouté dans une période fragile de ma vie. D'ailleurs ce concept-album correspond merveilleusement à l'histoire d'Ariane puisque son point de départ est un fait divers londonien : en 1980, la police avait retrouvé une jeune fille perdue et visiblement amnésique. Et comme l'héroïne de S'accrocher aux brindilles, celle de Brave, pose un regard bien sombre sur le monde pour enfin rencontrer la lumière de l'espoir sur le dernier morceau. D'ailleurs, ami lecteur, si tu n'aimes pas lire ou si ce roman -malgré tous mes efforts- ne te tente pas, prends au moins un moment pour écouter l'album de Marillion, la voix de Steve Hogarth et les solos de Rothery sont sublimes.
Comme tu l'as compris, ami lecteur, ce roman m'a émue et transportée. Je sais d'ors et déjà que lorsque ce bouillonnement sera apaisé, lorsque j'aurais pris un peu plus de recul, je relirais le roman mais cette fois le mp3 dans les oreilles avec une playlist de tous les titres évoqués dans le récit. Alors merci monsieur Fritsch pour cette belle rencontre.
Lien : http://altervorace.canalblog..
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Fleitour
  02 avril 2018
Après l'agression qu'Ariane a subie de son mari et cette ecchymose qui lui barre le visage, il n'y a que la fuite de possible. Il faut gagner du temps, le temps de décider, où aller, et vers qui trouver refuge.
Mais peut-on arriver à n'importe quel moment chez des gens qu'on n'a pas vus depuis 21 ans ?

Or Ariane est déboussolée, avec en bandoulière ses deux enfants Enzo le plus grand, et Abigaëlle qui est encore au sein.
La panique la cueille à chaque instant, à la moindre inattention ; " Je me retourne, scrute toute la place, à la recherche d'un mouvement, d'un bruit qui pourrait me signaler où se trouvent mes enfants, vers où on les emporte. Mais la nuit ne me renvoie que le silence." page 15

Marthe si dévouée dans son enfance, si délicieusement enjouée perd la boule, elle a tout compris en retrouvant Ariane, et contemplant son visage, mais ce n'est plus elle qui peut l'éclairer.
Cette fuite un peu désespérée au pays de sa jeunesse, est un peu le prétexte pour parler d'Ariane et de son adolescence. Parler de ses premières années près du château jusqu'à son départ précipité entre ses parents et les gendarmes.
La scène de théâtre est bien en place, 30 ans après c'est l'occasion d'évoquer ceux qui ont été ses complices inséparables.

Entre Ariane Tristan et Mathias, vont se tisser tous les jeux, toutes les découvertes, toutes les émotions qui traversent la vie des enfants, des inventions les plus rocambolesques aux jeux les plus pervers. le quatrième personnage et le Château et son parc, un paradis pour de jeunes enfants à l'imagination débordante, une demeure qui peut aussi hanter, et plus encore si des légendes s'y accrochent avec son lot de frayeurs.

J'ai beaucoup aimé ce voyage, avec ses rebondissements comme des flashs qui viennent éclairer les chemins d'antan, les portes qui s'ouvrent par bonheur ou malchance, à chaque clé on découvre un peu plus le caractère de chacun, Sébastien Fritsch, se délecte à disséquer ce monde, et plus encore celui de l'apparition du désir.
Et quand il écrit page 87 ; " la menace représentée par les filles, surtout Lise Montorfano, ne m'avait pas été trop difficile à éliminer," il faut le croire à demi-mot.
Sébastien Fritsch enfonce le clou et disserte sur " Ses robes à volants et ses petites socquettes blanches n'étaient pas adaptées à la chasse aux monstres des marais dans les chemins boueux de la Dombes."

Car cette peur qui enfle au fil des pages, ne dévoile pas des gamins totalement altruistes, leur personnalité s'affirmant, leurs désaccords secrets s'habillent en mensonges. Cette géographie affective et sentimentale ainsi pimentée donne à ce livre toute sa saveur. Il faudra atteindre les dernières pages pour découvrir les choses les plus inavouables, mais peut-être aussi une porte de sortie pour Ariane, qui peu à peu fait le tri.

Très beau roman psychologique avec un imaginaire débordant parfois un peu surnaturel pour paraître totalement réaliste, mais sommes-nous pas au milieu des étangs et des Dombes, sur un terrain de jeu idéal, les pièces d'un château abandonné.

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zazy
  10 décembre 2012
Ariane fuit loin de Lille où elle habite, la peur est là, je pourrais dire encore là ou de nouveau là. le visage mangé par des lunettes de soleil cachant le mal, elle part avec ses deux enfants Enzo et Abigaëlle. Sa course la ramène dans la région de son enfance où elle se réfugie chez Marthe, figure d'un amour maternel de son enfance. Que cherche –elle, outre fuir son mari ? Renouer un lien, remonter le temps, trouver le moment où ? Et tout ceci tourne dans sa tête. Les souvenirs arrivent. Mais pourquoi n'était-elle jamais dans la « vraie vie », toujours à la modifier ? A la maison, pas une parole échangée entre le père, la mère et Ariane, alors elle se forge son monde. Ainsi dit-elle de sa mère qu'elle est fauteuil roulant suite à un attentat où sa tante a péri. C'est ce qui fait que Tristan a trouvé en elle une partenaire à la hauteur des histoires rocambolesques du garçon. Plus elle avait peur, plus elle s'agrippait et Mathias, venu se greffer n'a pas dépareillé le duo. La peur était leur moteur. Ariane y croyait dur comme fer, jusqu'au jour où tout s'écroula. Alors, là, fini les jeux, les histoires, elle veut devenir géomètre, il lui faut du concret, du mathématiques, du tangible. Mais, toujours au fond d'elle ce désir d'être aimé, cette peur.
Ariane est comme une orpheline elle n'a jamais pu avoir d'amis autre que Tristan et Matthias « je vis trop repliée sur moi-même pour avoir des amis. Avoir des amis, ça oblige à une certaine intimité, ça conduit à faire des confidences. Je préfère garder mes douleurs pour moi. »
Au cours de ses confessions à un inconnu, elle dit ceci « J'ai toujours été attirée par les pervers. Et c'est sûrement parce que ma mère en était une….. Tristan, mon mari : deux grands pervers ». Elle explique sa théorie « Si j'ai laissé tomber tous ces garçons gentils, c'est parce qu'ils ne correspondaient pas à ce que je cherchais. Mon homme idéal n'est pas un gentil : c'est un pervers. Ce que je veux, c'est souffrir. Je suis aussi folle que ma mère. »
La peur est la grande héroïne de ce livre. Ariane passe de l'enfance, où l'on joue à se faire peur, à la peur de son mari, la peur des femmes battues. Elle essaie de se retenir aux brindilles pour arriver jusqu'à la branche maîtresse qui lui permettra de sortir la tête de l'eau et d'arrêter sa fuite. « le silence de Marthe pèse de nouveau sur moi : je ne parviens plus à trouver les mots ; j'ai beau chercher comment poursuivre mes explications, rien ne vient. Je m'enfonce au contraire dans les pensées les plus sombres, comme aspirée par un marécage, incapable de trouver ne serait-ce qu'une brindille à laquelle m'accrocher. »
Quelques longueurs et langueurs en début de livre qui ont fait que j'ai arrêté ma lecture pour mieux la reprendre. J'ai compris, plus tard, le pourquoi de ces retours à l'enfance que Sébastien Fritsch distille sans forcement suivre l'ordre chronologique, les souvenirs ne suivent pas cet ordre là.
La peur, il la dissèque, la roule, la décrit méticuleusement. L'atmosphère se fait pesante, puis arrive une accalmie pour mieux y retourner, comme Ariane qui essaie de sortir la tête de l'eau et trouver une brindille à laquelle s'accrocher.
Sébastien Fritsch l'écrit fuir ou rester ? Avancer ou revenir ? Abandonner ou se retenir aux brindilles. Ces questions seront le fil invisible et ténu de ce livre, celles qui permettront à Ariane de trouver des réponses. En tout cas, ce fil nous ne le lâchons pas.
Sébastien Fritsch m'a gentiment envoyé son livre et je l'en remercie. Je suis certaine de son avenir en tant qu'écrivain et je lirai avec plaisir un autre de ses livres.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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nelly76
  03 juin 2017
J'ai du attendre quelques jours avant de faire la critique de ce roman de Sébastien Fritsch, afin de faire redescendre la "pression".
C'est un roman de vie,ou roman sociétal qui m'a quelque peu "chamboulée".
C'est l'histoire d'une fuite: Ariane et ses deux jeunes enfants s'enfuit de chez elle,à Lille où elle mène une vie des plus confortable avec son mari;elle s'enfuit en voiture,la raison de sa fuite,je ne vous la dévoilerai pas,nous l'apprendrons au fur et à mesure des pages tournées. Elle va retrouver ses racines,son enfance en roulant pendant 700kms jusqu'aux étangs de la Dombes dans l'Ain.
Ariane ,dont l'enfance fut marquée par le désintéressement et la froideur de ses parents,paliée heureusement par deux garçons :Tristan et Matthias. Ces années d'enfance et d'adolescence nous seront décrites, lors de nombreux flash-back, comme une source de joie ,de peurs et d'interdits grâce à un château abandonné près de chez eux qui leur servira de terrain de jeux.Ariane y vivra d'intenses peurs,qui lors de sa fuite,ressurgiront, mais dont l'origine,hélas, ne sera pas là même. Ses peurs d'enfance étaient source de jeux,ses peurs actuelles sont cause de cette fuite éperdue jusqu'au dénouement .
Une histoire dure,écrite avec beaucoup de finesse,sensibilité, une très bonne analyse des personnages,où chaque facette nous est dévoilée lors de nombreux retours en arrière, c'est ce qui fait l'originalité de l'histoire,même si ,au départ, j'y ai trouvé quelques longueurs,mais plus on avance dans le récit, plus on sent le dénouement et on ne le lâche plus ce livre.Pour ma part je suis une rêveuse, j'aurais préférée une autre issue à cette histoire comme les contes que nous racontons aux enfants.La fin m'a semblée un peu trop banale,par rapport au "chemin de croix "qu'Ariane va vivre pour échapper à cette peur et à son destin.
J'ai énormément apprécié ce livre qui m'a vue verser quelques larmes à la fin et l'histoire me suivra longtemps,parce que ce sont "les choses de la vie".
A RECOMMANDER CHALEUREUSEMENT ☆☆☆☆.
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Aryia
  28 octobre 2017
Une fois encore, Sébastien Fritsch a su me faire sortir de ma zone de confort : après la belle découverte que fut Albédo, j'ai pris mon courage d'hypersensible chronique à deux mains et j'ai osé postuler pour recevoir cet ouvrage à la si jolie couverture mais à la thématique si difficile : la violence conjugale. Et clairement, je ne le regrette pas : contrairement à ce que je craignais un peu - parce que oui, ce n'est pas parce que j'ai osé franchir le cap que mes appréhensions s'étaient miraculeusement envolées -, cette thématique, bien que présente du début à la fin, est plus suggérée qu'autre chose. Les allusions sont là, suffisamment présentes pour qu'on ne les oublie pas, mais suffisamment évasives pour ne pas troubler les lecteurs les plus émotifs. C'est du grand art, que de réussir à faire comprendre au lecteur ce qui s'est passé sans le décrire vraiment !
Revenue sur les lieux de son enfance, Ariane se demande si elle a fait le bon choix : Marthe et Noël se souviendront-ils d'elle ? et surtout, pourront-ils et voudront-ils l'aider ? est-ce une bonne idée que de compter sur les fantômes de son passé pour l'aider à résoudre ses problèmes présents ? Ariane, la trentaine bien entamée, mère d'un petit garçon de sept ans taciturne et d'une petite fille de quelques mois à peine, fuit les coups d'un conjoint violent et ne sait vers qui se tourner pour trouver de l'aide. Au fil de cette quête, de cette fuite, Ariane va revivre son enfance et son adolescence, au gré des souvenirs et des réminiscences. « Si tu ne sais plus où tu vas, regarde d'où tu viens », nous dit un proverbe africain. Et c'est, finalement, ce que fait Ariane au cours de ce récit, dans lequel se mêlent et s'entremêlent passé et présent et dans lequel la peur constitue le point commun entre ses deux époques, celle des jeux effrayants mais exaltants et celle des angoisses sournoises et douloureuses.
Avec cet ouvrage, l'auteur nous propose un récit plus introspectif qu'autre chose, une sorte de parenthèse dans notre univers littéraire où l'action prend souvent le pas sur la psychologique profonde des personnages. Il y a bien quelques scènes durant lesquelles notre coeur bat à tout rompre, tandis que l'angoisse nous submerge, tandis que la tension monte brutalement d'un cran, mais en ouvrant ce roman, il ne faut pas s'attendre à une avalanche d'actions. Ce livre est surtout riche en émotions : ce récit, il vous prend aux tripes, il est d'une puissance incroyable. Car Ariane, qui est également la narratrice, nous livre sans la moindre retenue toutes ses angoisses, toutes ses peurs. Car la peur a toujours fait partie de sa vie : la peur de l'obscurité, la frayeur enfantine des jeux interdits, la crainte du rejet et de l'échec, et surtout, l'épouvante qui accompagne la simple pensée rattachée à son mari. J'en suis venue à me demander, bien avant que cela ne soit évoqué dans le roman, si Ariane ne cherchait pas inconsciemment à se plonger dans des situations anxiogènes pour entretenir cette peur : n'ayant connu que cela, n'aurait-elle pas peur d'une existence sans la moindre peur ?
Comme cela fut le cas pour Albédo, je pense qu'il y a deux éléments qui ont contribués à faire de cette lecture un coup de coeur. Tout d'abord, la plume de l'auteur. Je ne le répéterais sans doute jamais assez, mais Sébastien Fritsch a véritablement une plume d'or : à la fois très descriptive, suggestive, et très poétique, vivante. Il sait capter l'attention du lecteur malgré l'apparente lenteur et monotonie du récit, et on en vient ici au deuxième point. le secret de Sébastien Fritsch pour retenir l'attention du lecteur du début à la fin, c'est tout simplement de ne pas tout dévoiler dès le début. Comparons donc la vie d'Ariane - et donc l'histoire que nous propose de découvrir ce livre - à un collier cassé que le lecteur doit réparer. A chaque flashback, le lecteur reçoit une perle. Mais il lui est tout bonnement impossible de déterminer avec précision où placer cette perle dans le collier avant d'avoir en sa possession toutes les perles, avant d'avoir visionné l'intégralité des souvenirs d'Ariane : ce n'est qu'à la toute fin qu'il sera capable de reconstituer le collier à la perfection. C'est brillant : malgré toutes mes suppositions, toutes mes hypothèses, il y a certains éléments de ce passé mouvementé que je n'aurai même pas pu imaginer ! Tout ne tombe pas tout cuit dans le bec du lecteur : il va lui falloir cogiter un peu pour remettre les morceaux en place et comprendre comment et pourquoi Ariane en est arrivé là aujourd'hui.
En bref, Se retenir aux brindilles (ai-je précisé que je trouvais ce titre magnifique ?) est un récit d'une grande richesse et d'une grande profondeur mené d'une main de maitre par une narration qui ne laisse pas le lecteur inactif. Outre son indispensable réflexion pour reconstituer le déroulement de l'existence d'Ariane, le lecteur est également invité à réfléchir sur lui-même : quelles sont les brindilles qui constitueront un jour le terreau des souvenirs sur lesquels il pourra s'appuyer pour affronter un présent trop difficile à supporter ? Nous avons souvent tendance à chercher les racines de notre existence, mais à quoi pourrons-nous nous raccrocher si par malheur un ouragan venait les déraciner ? Une brindille, une fois serrée dans le poing, ne pourra pas s'envoler loin de nous … Alors, quelles sont vos brindilles ?
Lien : http://lesmotsetaientlivres...
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
nelly76nelly76   28 mai 2017
En l'absence de toute réelle discussion avec les trois adultes qui composaient mon entourage immédiat, je n'avais donc pas d'autre solution que de garder toutes mes questions pour Tristan.Avec ses deux ans de plus que moi et sa brillante intelligence,il avait ,à coup sûr, toutes les réponses.
《 C'est quoi,le camion de déménagement dans la ruelle?
--C'est sont les gens qui vont s'installer dans la maison du fond.》
Et c'est là qu'il m'avait expliqué l'histoire des divorcés et des parents de Matthias.
《 Pourquoi le chat des soeurs Montorfano ,il est couché dans le caniveau sur la place de l'église ?
--Parce qu'il est mort.
--Et pourquoi il gonfle?
--Pour pouvoir s'envoler vers le paradis des chats.》
Et effectivement, deux jours plus tard,il avait disparu.Et ne le voyant plus au bord du trottoir,j'avais levé les yeux par réflexe. Et j'avais pu en tirer deux conclusions: le paradis des chats était vraiment très loin, puisque je n'arrivais plus à voir le chat;le clocher des églises était pointu dans le seul but de montrer à tous les félins la direction de leur terre promise.Et j'avais continué mes interrogations d'enfant:
《Pourquoi tes parents te laissent faire tout ce que tu veux?
--Parce que c'est moi le chef.Ils ne sont là que pour me servir.》
--Pourquoi les soeurs Montorfano veulent toujours jouer avec nous?
《 Parce qu'elles s'ennuient.Tu imagines ,toi,passer tout ton temps entre filles?》
《 Pourquoi le château, il est abandonné ?
--Parce que la princesse qui y vivait s'est noyée et que son père ne supportait plus d'y habiter après l'accident. 》
《 Pourquoi Jacqueline elle a deux doigts en moins?》
Je le vois encore se figer au milieu de la cour de l'école.
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nelly76nelly76   06 mai 2017
Rien ne nous grisait autant que de courir dans les maïs. Les grands fouets des feuilles, l'avancée à l'aveugle, les mille pièges du terrain, les risques de rencontres, et tout autour de nous, les claquements
des fusils, tout ça nous rendait fous.De peur , mais de bonheur aussi.
Tristan était toujours le premier.D'abord parce qu'il était le plus âgé, le plus grand, le plus ardent; mais aussi parce que c'était lui qui donnait le départ.
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FleitourFleitour   03 avril 2018
Je me retourne,
scrute toute la place, à la recherche d'un mouvement,
d'un bruit qui pourrait me signaler où se trouvent mes enfants,
vers où on les emporte.
Mais la nuit ne me renvoie que le silence.
p 15
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nelly76nelly76   29 mai 2017
En plus,même si mon compte est correctement approvisionné, il va finir par s'epuiser--Céline n'aura sûrement pas le goût de partager ses honoraires avec une associée qui s'est si subitement volatilisée. Et de toute façon, les revenus du cabinet vont partir en chute libre,si je m'acharne à faire la morte.
Mmh !ça aurait sûrement été plus facile si je l'avais vraiment été. Il aurait suffit qu'il tape un tout petit peu plus fort,ou un peu plus longtemps ou que je tombe sur un angle de table bien aigu.Comme ça plus de problème. Pour moi ,au moins. Et lui ,il aurait fini en taule.Enfin......peut-être. Alors que là, il doit tranquillement aller au bureau tous les matins,prendre juste un air un peu gêné si on lui parle de moi.....mais bon,pas de quoi fouetter un chat!
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nelly76nelly76   31 mai 2017
Avant de lui répondre --Et parce que je connais ma réponse --,je me tourne à moitié vers la banquette arrière et je glisse le bras droit derrière son siège. Je passe tendrement mon regard sur Abi, qui babille paisiblement,et je l'arrête sur le visage d'Enzo
Je pose ma main sur son genou.Il me regarde aussi ,hésite......puis il recouvre mes doigts de ses petites phalanges maigrelettes. Il les referme sur ma main et la tire vers lui.Il la pose sur sa joue,la presse contre sa peau ferme les yeux comme pour mieux profiter de la chaleur que nous échangeons. Il n'a pas encore retrouvé ses mots,mais il me donne enfin une expression de vie.
Je reporte mon regard vers Céline et peux enfin lui annoncer:《 Non.C'est tout ce que je veux.Vraiment tout.》
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Video de Sébastien Fritsch (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sébastien Fritsch
Lecture à deux voix d?un extrait du « Best-seller de la rentrée littéraire » d?Olivier Larizza (Andersen éditions), par l?auteur et le comédien Dominique Grylla. Enregistré au Centre culturel alsacien de Strasbourg le 18 octobre 2014. Réalisation de Bertrand Fritsch.
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