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EAN : 9782918619345
175 pages
Éditeur : La Dernière Goutte (19/01/2017)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Après des années d'amour, puis de conflits, Luigi et Francesca se retrouvent dans le site somptueux des Dolomites pour une ascension qui est aussi un voyage dans le temps et une marche vers l'apaisement. Ce n'est pas le hasard qui a mené les anciens amants dans cet univers majestueux qui les libère enfin de l'agitation futile de Milan et de l'habitude de faire semblant d'être heureux : ils sont portés par un devoir impérieux, poussés par une voix qui refuse de n'êtr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  18 avril 2019
Qu'est-ce qui peut pousser Luigi et Francesca, qui se sont aimés, mariés puis désaimés puis séparés, à se retrouver pour partir dans une expédition en montagne? Forcément il ne peut s'agir que d'une raison primordiale, existentielle même et non un simple treck dans un paysage sublime des Dolomites.
Matteo Righetto opte avec Ouvre les yeux pour une narration originale et non linéaire. En effet, de nombreuses analepses viennent éclairer la situation présente. Présent qu'il écrit au futur, parlant à Luigi à la seconde personne du singulier qui devient pourtant fréquemment nous pour recréer le temps de cette ascension cathartique non pas le couple mais un tandem.
Court mais vibrant d'émotions contenues, ce roman se lit gorge serrée. L'auteur recourt à la simplicité pour ancrer son histoire et la vie de ses deux personnages dans nos esprits. C'est beau, fort, âpre et parfois douloureux, à l'image de cette haute montagne qu'ils gravissent comme on part en pèlerinage.
Je ne peux que remercier vivement mon libraire qui a placé hier ce petit ouvrage dans mes mains en me disant juste que c'était beau, avec ce ton de voix qu'il a quand il a été touché par un récit. Après lecture, je comprends et partage son ressenti.
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Baldrico
  18 juin 2020
Les Italiens doivent avoir un talent particulier pour parler de la montagne et de ce que ressentent les humains qui s'y confrontent.
Je pense à Paolo Cognetti, Erri de Luca, et même à Silvia Avallone. Matteo Righetto construit un court roman, prenant et délicat.
Luigi et Francesca ont été mariés, ont eu un fils et se sont séparés. Ils ont formé deux autres couples.
La vie ne les a pas épargnés, ils ne se sont pas épargnés. Mais ils n'ont pas été au bout de ce qu'ils avaient à vivre. Alors ils décident de partir pour une randonnée en montagne, au sommet du Monte Latemar dans les Dolomites, jusqu'à la croix du Schenon.
Enfin, décident-ils vraiment? le récit est au futur et à la deuxième personne du pluriel, comme s'ils étaient guidés par le destin: vous ferez ceci, cela.
Ces deux-là ne parleront pas beaucoup. Quelques questions essentielles. Pour le reste, ils laisseront la montagne les révéler à eux-mêmes.
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motspourmots
  26 octobre 2017
Il y a des livres qui semblent touchés par la grâce. Des phrases d'une simplicité percutante, des mots d'une sobriété désarmante, des pages d'une beauté si évidente que les émotions vous parcourent le corps jusqu'au coeur. C'est à la fois doux et fort, cruel et beau, passionné et calme. Une histoire simple. Un homme, une femme, la vie. Et la montagne.
A Milan, Luigi et Francesca se sont aimés passionnément, puis moins, puis plus du tout. Ils se sont séparés, comme tant d'autres couples, une Anna vit désormais avec Luigi tandis qu'un Franco a pris place auprès de Francesca. Pourtant, un beau jour, un voyage s'organise. Luigi et Francesca, poussés par une force qui les dépasse entreprennent une escapade dans les Dolomites, l'ascension d'un sommet, le mont Latemar, dans un site somptueux. L'amour de la montagne est un des éléments qui les a rapprochés naguère. Que viennent-ils chercher dans ce qui ressemble à un pèlerinage ?
Avec lenteur, douceur et précision, Matteo Righetto esquisse les contours des trois êtres qui gravissent les chemins dans un décor somptueux : Luigi, Francesca et le couple qu'ils furent. L'immensité du site saisit le lecteur qui devine qu'un tel espace, brut, entier, d'une vérité nue ne peut que servir de révélateur. "Tu penseras que tout a changé dans ta vie pendant ces longues années mais que cette montagne est restée la même. Parce que les montagnes ne changent pas. Les montagnes ne trahissent pas".
Le cheminement de Francesca et de Luigi est autant extérieur qu'intérieur, d'une impérieuse nécessité pour faire face, accepter, se retrouver, se pardonner (on comprend peu à peu le drame encore récent qui a fracassé leur vie) et la montagne agit comme une catharsis, douloureuse et apaisante. Avec des mots simples, avec pudeur, l'auteur dit la vie, ses petits moments si importants, ses drames cruels et la force des éléments qui rassemblent, soignent et parfois guérissent.
"Tu rajouteras du bois, petit à petit, parce que le feu a besoin d'amour constant : sans heurts, sans accros, sans déséquilibres, sans excès et sans faiblesses, sinon il s'éteint".
Et toi, lecteur, au fil des pages, tu es gagné par l'émotion, là dans ton ventre, et puis ta gorge se noue, mais tu respires à pleins poumons et puis ton regard s'emplit de la beauté et de la force du décor. Et tes larmes sont les bienvenues pour saluer ce texte sublime.
Ouvre les yeux est une petite pépite. Tout simplement.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Commenter  J’apprécie          171
fuji
  13 août 2019
Ce livre laissera en moi une empreinte indélébile.
L'auteur à l'art d'écrire les silences, de faire ressentir au plus profond de nous les émotions.
Dès les premières lignes, tous nos sens sont en éveil, le sang dans nos veines coule différemment, notre respiration est palpable , les battements de notre coeur sonnent à nos oreilles, notre gorge se serre, nos yeux s'humidifient…
« – Si dans une histoire, il y a un moment où l'on tombe amoureux, il doit bien y en avoir un où l'on cesse d'aimer, non ? »
En effet, Luigi et Francesca se sont aimés, mariés et fondé une famille.
Vingt ans après, c'est la séparation. Ils ont chacun refait leur vie.
Les premières années ont vu leur couple s'épanouir, leur carrière s'installer, ils savaient goûter l'existence, en voyageant mais surtout en partageant cette passion de la montagne qui consolidait leurs liens. La nature et eux ne faisaient qu'un.
Ils ont appris à leur fils Guilio à s'émerveiller de cette richesse, à la savourer.
« Nous étions bien ensemble, nous étions sereins et nous vivions au quotidien dans cette atmosphère tranquille. Dès que nous le pouvions, nous voyagions. »
Sept ans plus tard, en ce mois de juin, chacun s'apprête à quitter son nouveau conjoint pour se rejoindre, ils doivent accomplir ensemble l'ascension du mont Latemar.
« …tu verras le Latemar. Il sera immense, impérieux, irrésistible. Toujours fascinant. »
Ils sont là côte à côte, mais sont-ils ensemble ?
« – Peut-être que je ne me rends pas bien compte de l'importance de ce que nous sommes en train de faire…Et tu le diras tout doucement, d'une voix faible, partagé entre le souhait qu'elle t'entende et l'incapacité de dissimuler ce que ton émotion contiendra de fragile.
Elle fera alors un geste, un seul. Si petit, mais tellement précieux. Sa main gauche se posera délicatement sur ta main droite appuyée sur le levier de vitesses. Et elle la retirera immédiatement. »
Lors de cette excursion le temps sera de la couleur de leurs âmes, gris et tumultueux.
Le lecteur vivra cette ascension et verra ces magnifiques paysages…
Les mots de l'auteur sont comme des notes de musique qui sonnent juste, qui se glissent dans les interstices du silence, qui font ressortir les non-dits, les manques de l'existence et surtout sa cruauté.
En 140 pages tout est dit, magistralement transmis au point que le lecteur en ressort éprouvé mais aussi régénéré.
J'avoue que si je rencontrais l'auteur je lui offrirai des roses blanches, pour lui dire que ce livre est parfait.
©Chantal Lafon-Litteratum Amor 13 août 2019.
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mireille.lefustec
  28 octobre 2017
Publié en 2015, traduit deux ans plus tard.
Francesca et Luigi sont partis un après-midi de juin; ils ont laissé la ville. Milan, en direction des Dolomites pour répondre à ce qui les tourmente.
Ils ont été mariés, ont eu un fils, ont refait leur vie.
La montagne pourra répondre à leur douloureux questionnement.
Ce sera une excursion dramatique et très belle, des souvenirs qui feront surface. Une excursion nécessaire pour retrouver l'apaisement.
"La montagne devient un miroir du coeur des protagonistes." (Carlo Faricciotti )
Tout est très grave et pourtant le récit ne manque pas de légèreté. Ce qui n'atténue pas la douleur.
Je n'ajoute rien sur le pourquoi, le comment.
C'est " un livre délicat et profond".
L'auteur connaît la montagne, il la pratique . J'ai vécu l'ascension, la fatigue, l'émerveillement de l'arrivée.
Et découvert Matteo Righetto.
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critiques presse (1)
Actualitte   20 juillet 2017
Pour écrire la nature, il faut d’abord savoir la lire, la comprendre. Il en va de même pour les histoires d’amour. Celle de Luigi et Francesca est à la fois unique et ordinaire, lointaine et éternelle, rythmée d’instants fondateurs et futiles.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
manU17manU17   22 mars 2017
Notre existence changea, mais ce ne fut ni en mieux ni en moins bien. Elle changea, un point c’est tout. Comme le ciel dès l’aurore ni ou après le coucher du soleil, comme le cerisier après la floraison ou bin sous la neige.
Et depuis ce jour-là, notre conception et notre perception changèrent aussi. Doucement, sans pouvoir nous en rendre compte, le rythme de notre vie commença à s’accélérer.
Le temps, les choses de tous les jours… Le temps. Les choses.
Et nous avons commencé à nous dire, en plaisantant, que c’était bien que les mois passent sans que l’on s’en rende compte. C’était bien vrai, au fond, que la vie elle-même nous échappait, avec le risque d’affadir petit à petit l’intimité et la beauté de notre relation de couple.
Giulio grandissait, il faisait ses premiers pas, il disait ses premiers mots, et dès que c’était possible il respirait l’air des montagnes.
Il grandissait. Il découvrait en même temps que notre amour les premières émotions importantes de la vie.
+ Lire la suite
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manU17manU17   20 mars 2017
Tu auras l'impression de reconnaitre la vieille odeur de cet appartement où tu as passé une partie de ta vie : l'odeur des murs, celle de la cuisine, celle du salon ; mélangées à son odeur à lui, parce qu'un homme laisse toujours sa marque là où il habite. Comme un animal.
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manU17manU17   16 mars 2017
Les années quatre-vingt nous promettaient un avenir sans surprise : aisance matérielle, vide facile.
De nombreux indices nous laissaient imaginer qu’un futur sans problème, riche de succès, nous attendait. Question de perceptions, de signes, d’illusions aussi évanescentes que des bulles de savon.
Commenter  J’apprécie          90
BaldricoBaldrico   18 juin 2020
Il se penche enfin sur lui, et tout doucement lui dit:
- Tu es prêt Giulio? Un... Deux... Trois... Maintenant, ouvre les yeux.
Mais Giulio ne bouge pas.
Et Luigi pleure en silence, comme un père doit pleurer.
Commenter  J’apprécie          80
mireille.lefustecmireille.lefustec   28 octobre 2017
Vous vous sentirez plongés dans un dialogue, profond et intime, avec l'isolement total . Cela avait toujours été votre façon de vivre la montagne lorsque vous étiez un couple heureux : un lieu où grimper mais surtout pour descendre en soi-même pour mieux se connaître.
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Video de Matteo Righetto (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Matteo Righetto
Cercle polar : Histoires de familles ."La découronnée" de Claude Amoz (Rivages) "La fille de la peur" d'Alex Berg (Jacqueline Chambon) "Savana Padana" de Matteo Righetto (Le dernière goutte) Claude Amoz a le goût des archéologies familiales et des enfances meurtries. Sa nouvelle valse des fantômes, lente et entêtante, est une réussite. L'Allemande Alex Berg orchestre sur le même registre, mais avec un tempo beaucoup plus rapide, la course éperdue de familles brisées par la guerre et l'exil. Quant à l'Italien Matteo Righetto, ce sont les familles mafieuses qui l'inspirent et dont il joue savoureusement, façon Donald Westlake ou Dino Risi. La famille sur tous les tons au menu de ce Cercle polar.
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