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EAN : 9781095086094
Inculte éditions (06/01/2016)
4/5   15 notes
Résumé :
"Rien de ce que j’avais imaginé n’est vrai. Sans la parole pourtant fragile, le lieu ne m’aurait rien dit de ce qui s’y est passé."
Ancienne forteresse militaire devenue antichambre d’Auschwitz pendant la seconde guerre mondiale, faux « ghetto modèle » immortalisé dans un film de propagande nazie, Terezín est aujourd’hui un lieu de mémoire paradoxal, une ville dont chaque logement a été une prison.
En évoquant les destins de ceux qui y ont été enfermés... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Quel drôle de livre, un livre d'histoire, un guide, un récit de voyage, de sensations. Elle retrace son parcours de petite fille de déporté, elle visite ces sinistres lieux où tant de gens sont morts. La mort, mais pas seulement elle interroge les vivants, ceux qui vivent là, ceux qui ont survécu aussi. Beaucoup de détails, de sentiments. Un livre avec beaucoup de références artistiques, un livre qui nous fait chercher en plus, des noms, des endroits. Un livre original, important au devoir de mémoire, moderne et délicat.
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Dans Une Île, Une Forteresse, Hélène Gaudy nous emmène non loin de Prague, en République tchèque, en nous faisant pénétrer dans l'ancienne forteresse militaire de Terezin. Les Nazis en avaient fait un lieu factice, c'est-à-dire une petite ville où les Juifs y étaient soi-disant bien traités et y vivaient normalement, dans un but évident de propagande. Mais en réalité, c'était une prison dont ceux qui en sortaient partaient pour Auschwitz.
L'autrice, dont le grand-père a été déporté, cherche quelque chose, des réponses à des questions sûrement, parle à des gens qui ne savent plus précisément aujourd'hui voire ne se souviennent plus du tout.
On le sait, les survivants des camps ont eu beaucoup de mal à parler de leur traversée de l'enfer, à leurs familles surtout, espérant peut-être ainsi les protéger. Mais comme le dit la femme De Robert, déporté, « la déportation d'un seul détruisait toute une famille ».Donc la parole ne se libère que difficilement et cela se sent tout au long du livre, ce qui amène le lecteur à errer lui aussi dans l'enceinte de cette ville labyrinthe et donne le sentiment de quelque chose de tout à fait insaisissable.
Le dernier chapitre est celui qui m'a le plus touchée : Hélène Gaudy y fait une synthèse de ce que son enquête lui aura apporté. J'ai moins eu le sentiment d'être égarée, j'ai même entrevu un espoir possible.
J'ai mis du temps à lire cette quête, qui n'est pas un roman, parce que le sujet est sombre certes, mais aussi, je crois, parce que la période où je l'ai lue ne s'y prêtait pas : Covid, confinement, guerre en Ukraine, dérèglement climatique… Trop de souffrances, trop d'incertitudes, trop d'incompréhension.
Mais cela ne disqualifie pas le livre pour autant ; il faut juste savoir, avant de l'ouvrir, que la lecture n'en sera pas aisée, même si on peut s'y attendre vu le sujet.
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Questionner les trous, le mensonge et l'aveuglement dans la géographie et l'histoire de Terezín.

«De haut, c'est une étoile. On a peine à compter ses branches, mangées dans les angles par des plantes voraces. On zoome et sa structure se dessine, en son noyau une place centrale, rectangle où l'on devine la forme d'une fontaine.»

Là où Hélène Gaudy imaginait une ville américaine fictive dans «Plein hiver», elle sonde ici les lieux et l'histoire de Terezín, une ville bien réelle mais insaisissable, du fait des juxtapositions de son histoire. Ville fortifiée édifiée en 1780 par l'empereur d'Autriche Joseph II, Terezín n'a jamais subi d'assaut militaire. Ses murailles et ses fortifications ont servi, deux siècles après sa construction, à emmurer plutôt qu'à défendre, pour l'horreur de l'entreprise génocidaire des nazis, et de sa propagande.

Prison, ville-ghetto, camp-vitrine, antichambre de la déportation vers les camps d'extermination, et lieu d'une mystification pour faire croire à l'existence d'un «ghetto modèle», comment décrire ce qu'a été Terezín ?

La suite sur mon blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2016/02/18/note-de-lecture-une-ile-une-forteresse-helene-gaudy/
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Ce livre est une déambulation extrêmement bien documentée, qui pose de nombreuses questions passionnantes sur l'histoire et le présent, sur le devoir de mémoire et le poids de cette mémoire, mais aussi sur la bonne façon de traiter de ces sujets.

Critique complète à lire sur le webzine.
Lien : http://www.undernierlivre.ne..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Quand vous vous baladez le long du canal de l'Ourcq, m'a-t-il expliqué, il y a de grands peupliers. En allemand, vous écrivez le vent d'abord et en français, d'abord les feuilles. Il m'est arrivé d'écrire deux descriptions du canal de l'Ourcq. Et sans que je m'en rende compte, en français, ça commence par le bruissement des feuilles et en allemand, c'est le vent qui arrive. C'est le mouvement, c'est plus sensoriel. Le vent, vous le sentez. Les feuilles, vous les entendez.
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Au milieu d'une rue si droite que tout s'y engouffre, une brise tiède traverse la cité comme une gifle.
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Videos de Hélène Gaudy (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hélène Gaudy
En partenariat avec le festival Paris en toutes lettres, la BnF accueille chaque année deux écrivains en résidence littéraire. Cette année, Emmanuelle Bayamack-Tam et Arno Bertina proposent une restitution publique de leurs travaux respectifs.
Née en 1966, Emmanuelle Bayamack-Tam a publié aux éditions P.O.L. une douzaine de romans, ainsi qu'une pièce de théâtre, Mon père m'a donné un mari (2013). Elle a reçu le prix Alexandre-Vialatte 2013 pour Si tout n'a pas péri avec mon innocence et le prix du Livre Inter 2019 pour Arcadie (2018), une fable politique et écologique. Sous le pseudonyme de Rebecca Lighieri, elle écrit également des romans plus « noirs », tels Les Garçons de l'été (2017) et Il est des hommes qui se perdront toujours (2020). En 2019, elle publie éden, son premier roman pour la jeunesse.
Pour Emmanuelle Bayamack-Tam, la fonction de la littérature est de déstabiliser. Sa langue volontairement violente et organique aborde des sujets souvent provocants. « J'écris pour déranger. À commencer par moi-même. […] La littérature qui m'intéresse est celle qui fait bouger les lignes, qui déstabilise. Je n'attends pas qu'un livre me conforte dans mes idées reçues, ni qu'il me procure une sérénité factice. Quand j'écris, dès que je sens que le lecteur s'est tranquillement installé dans l'histoire, je le malmène. Je débusque toute position confortable, et je la détruis. », déclarait-elle en 2018.
Né en 1975, Arno Bertina a publié des romans et récits très variés, mais qui ont en commun la forme de l'enquête sur sa propre « identité mobile ». Je suis une aventure (2012) est une sorte de roman picaresque dont un des protagonistes est le tennisman « Rodgeur Fédérère ». Des Châteaux qui brûlent (2017) met en scène un huis clos d'une semaine entre des salariés d'un abattoir breton en grève et le ministre de l'Industrie qu'ils séquestrent. En mars 2020, L'Âge de la première passe, récit documentaire, relate le travail mené durant trois ans auprès de prostituées congolaises mineures.
Arno Bertina se dit également « passionné par les aventures collectives » depuis son année de résidence à la Villa Médicis en 2004-2005, durant laquelle il a coécrit la « farce archéologique » Anastylose (2006). Il a ainsi participé à toutes les aventures de la constellation d'écrivains à géométrie variable (Bruce Bégout, Mathias Énard, Claro, Maylis de Kerangal, Hélène Gaudy, Oliver Rohe…) qui s'est constituée en 2004 autour de la revue et des éditions Inculte.
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