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EAN : 9791021018228
368 pages
Éditeur : Tallandier (08/03/2018)
3.84/5   19 notes
Résumé :
Fille de montreur d'ours de l'hippodrome de Constantinople, prostituée ambitieuse et énergique, séductrice à la fois belle et intelligente : il n'est pas possible de trouver, dans toute l'Antiquité, destin de femme aussi prodigieux que celui de Théodora.

L'époque de Théodora, le VI e siècle, était celle de la splendeur de l'Empire byzantin, qui avait repris le flambeau de la civilisation romaine dans l'ensemble du monde méditerranéen. Théodora commenç... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
kine29
  20 mars 2018
Cette lecture m'a donné une approche très instructive sur L Histoire : j'ai appris à avoir un regard critique sur les traces du passé ; il ne faut pas prendre pour vérité tout ce qui remonte à notre époque ; il faut savoir prendre du recul et s'atteler à recouper les différents éléments afin d'établir une hypothétique vérité.
Avec Théodora, Virginie GIROD relate l'histoire de l'impératrice en s'appuyant sur notamment "l'histoire secrète" de Procope, secrétaire particulier d'un proche du pouvoir : cet érudit, qui haïssait Théodora, la décrit comme une femme immorale, de basse extraction, dépravée, cruelle et tend à la discréditer pour L Histoire. Théodora n'est pas arrivée au sommet et ne s'y est pas maintenue en étant que belle et passible, elle a dû se montrer ferme et intransigeante, et forcément, elle ne s'est pas faite que des amis. A la décharge de Procope, sans son écrit, quelque peu scandaleux, Théodora serait tombée dans l'oubli.
Théodora, prostituée et impératrice de Byzance est une mine d'informations sur l'impératrice, mais aussi sur ses contemporains, les rituels de la cour, l'importance grandissante de la nouvelle religion monothéiste, le christianisme, qui codifie la société et le pouvoir.
Il en ressort que j'ai découvert une femme au destin incroyable qui a su saisir les opportunités que lui offraient la vie pour s'immiscer aux plus hautes marches du pouvoir et qui a su s'imposer.
Virginie GIROD nous plonge dans l'histoire de Théodora sans descriptions superflus, mais avec une foule d'explications et de références historiques.
C'est une lecture très enrichissante, lu avec beaucoup de plaisir.
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Allily
  14 décembre 2020
Des destins semblent, parfois, aussi irréels que des contes de fées. Des histoires trop improbables comme celle de Théodora, prostituée puis impératrice de Byzance.
Son histoire commence dans la lie de la société byzantine, fille probable d'une ancienne actrice et d'un dresseur d'ours.
Reprenant à son compte l'ancien métier de sa mère, Théodora monta sur les planches et devint également courtisane.
Grâce à son intelligence et sa beauté, elle réussit à s'attirer les faveurs d'hommes puissants dont un certain Justinien, futur empereur qui n'hésita pas à épouser cette femme à l'honneur souillé, selon les standards de l'époque.
Retracer plus avant son histoire relève d'une gageure car les sources sont très rares et en totale contradiction.
Elle fut une sainte pour certains et pour d'autres une femme démoniaque et vénale.
Entre ces deux eaux, Virginie Girod, dénoue les fils, examine les probabilités, rejette les invraisemblances pour redonner vie et corps à une femme toute en ambivalence.
L'impératrice apparaît comme une femme déterminée, forte et intransigeante mais néanmoins toujours limitée, même dans les plus hautes sphères de l'empire, par sa condition de femme.
L'historienne réussit le délicat exercice consistant à se limiter aux faits reconnus, à recouper les sources pour arriver au plus près de la réalité, à ne pas se laisser déborder par le récit que l'on aimerait pourtant tisser pour combler les vides.
Dans un style clair et précis, sans jamais être obscur pour le profane, Virginie Girod donne une image condensée mais très précise de ce qu'à pu être la vie de l'impératrice et de ses contemporains.
L'historienne m'a emmené à sa suite dans cette Byzance et j'ai hâte de découvrir d'autres de ses écrits.
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JaneEyre
  24 mars 2018
On sent le réel intérêt de Virginie Girod, qui réussi assez rapidement à nous intéresser à ce destin hors du commun ! L'entrée en matière a été difficile pour moi, qui suis relativement inculte sur tout ce qui concerne l'empire Byzantin. J'ai eu du mal à débuter ma lecture, mais en m'accrochant un peu j'ai pu me laisser prendre dans cette description très vivante de cette époque !
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Squirelito
  11 août 2018
La fille de l'hippodrome de Constantinople, la fille du dresseur d'ours, humble parmi les humbles ne pouvait imaginer qu'un jour elle épouserait Justinien et, deux ans plus tard, en 527, deviendrait impératrice de Byzance.
Véritable mythe, elle n'a cessé de susciter admiration et haine. Admiration parce qu'elle fut une femme exceptionnelle, féministe avant l'heure ; haine parce que jalousée pour sa beauté et rejetée pour son passé, celui de danseuse et courtisane. Son plus fervent détracteur a été Procope de Césarée et la plupart des sources écrites viennent de lui. D'où la délicate tâche de mener une biographie de Théodora.
Virginie Girod, spécialiste de l'histoire des femmes et de la sexualité dans l'Antiquité, s'est lancée dans cette gageure en prenant soin d'extraire tout ce qui semblait absurde et dénué d'authenticité en essayant de recouper les faits avec d'autres sources.
Cette biographie est non seulement un portrait stupéfiant de Theodora mais aussi une plongée dans ce monde antique où s'élève une nouvelle civilisation après la chute de l'empire romain. Instructif, d'ailleurs, de voir que les opprimés d'hier sont souvent les bourreaux du lendemain, ce que les chrétiens avaient subi sous Rome, les païens eurent ensuite les mêmes traitements… Captivant, également, cette étrange modernité de Byzance, certaines idéologies des siècles suivants se sont sûrement inspirées de ces préceptes du monde ancien…
Quant à Theodora, son parcours est à couper le souffle. Issue de milieux populaires, danseuse et, logiquement, prostituée, il lui a fallu une force, un courage, une détermination, pour arriver à franchir tous les carcans de la haute société, pour passer des lambeaux à des vêtements de pourpre. D'une grande beauté, elle a su jouer de ses charmes mais est devenue la plus fidèle des épouses en se mariant avec Justinien. Ensemble, ils ont mené une politique commune, une avancée en symbiose et quelques mesures humaines en faveur notamment des prostituées. En toute logique, Theodora n'allait guère dans les sentiments, pour pouvoir résister et assurer sa position, elle se montrait impitoyable voire cruelle. Elle n'en reste pas moins fascinante et peut être classée parmi les premières féministes de l'Histoire par son énergie à vouloir être libre et insoumise.
Formidable revanche sur le destin pour cette ancienne courtisane, qui à l'instar des acteurs, mimes, danseurs étaient frappés d'infamie et n'avaient droit à aucune dignité. Elle est devenue un mythe et est encore célébrée parmi les Chrétiens d'Orient.

Lien : http://squirelito.blogspot.c..
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Audrey56
  16 avril 2018
« Théodora n'eut aucune des vertus d'une sainte, elle eut plusieurs de celles d'une souveraine », écrivit Henry Houssaye. Connaissez-vous Théodora ? Impératrice byzantine, femme de Justinien, prostituée pour les uns, sainte pour les autres, déterminée assurément.
Virginie Girod, docteur en histoire, spécialisée dans l'histoire des femmes et de la sexualité dans l'Antiquité, nous offre un portrait (publié chez Tallandier) qui, à défaut d'être complètement fidèle – le peu de sources disponibles ne le permet pas – nous donne une idée du destin hors norme de ce « modèle de femme libre et insoumise » qui prouve, s'il en était encore besoin, « qu'on peut naître fille de rien et finir impératrice. »

« Aujourd'hui le nom de Théodora serait assurément tombé dans l'oubli si elle n'avait pas été une femme d'exception. » Voici à peu près la seule chose dont nous sommes absolument certains, car les sources historiques sont bien pauvres. Elles émanent principalement de Procope, historien byzantin, contemporain du règne de Justinien et Théodora. Il nous a laissé quelques écrits dont Les Édifices, livre de propagande validé par le couple impérial et Histoire secrète, certainement publié à titre posthume et qui conspue ceux qui avaient été encensés précédemment. Il faut cependant « accepter d'utiliser Procope en fil rouge et de recouper chacun de ses dires avec d'autres sources, parfois plus tardives et ayant toujours un parti pris marqué en faveur ou contre » Théodora.
La suite sur : www.actualitte.com
Lien : https://www.actualitte.com/a..
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critiques presse (2)
Liberation   29 juin 2018
Virginie Girod ne prétend pas écrire la biographie de l’impératrice de Byzance mais décrypte les mécanismes qui ont conduit au trône cette femme considérée à l’époque sans honneur.
Lire la critique sur le site : Liberation
Actualitte   17 avril 2018
« Théodora n’eut aucune des vertus d’une sainte, elle eut plusieurs de celles d’une souveraine », écrivit Henry Houssaye. Connaissez-vous Théodora ? Impératrice byzantine, femme de Justinien, prostituée pour les uns, sainte pour les autres, déterminée assurément.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AllilyAllily   14 décembre 2020
Dans l'Antiquité, les prostituées étaient perçues comme des marginales porteuses d'une souillure infamante. Pour les chrétiens, elles étaient salies par un péché véniel. Procope raconte comment les gens évitaient de frôler Théodora lorsqu'elle marchait dans la rue : "Quant à ceux parmi les gens respectables qui la rencontraient sur l'agora, ils se détournaient et s'éloignaient en hâte, de crainte qu'en touchant les vêtements de cette femme, ils ne semblent participer à sa souillure." Encore une fois, il exagère, mais il est vrai que si les prostituées étaient admises par la société dans des lieux de spectacles, dans les maisons closes ou dans le cadre de soirées privées, les personnes qui se voulaient respectables, et plus encore les femmes que les hommes, évitaient le contact des prostituées notoires dans la rue. Théodora, comme toutes les femmes de sa condition, était méprisable.
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Anne578869Anne578869   26 juillet 2018
Cependant jouer les suppliantes un jour de courses avec sa mère et ses sœurs était un événement particulier. La génitrice entraina ses filles dans la mise en scène de leur pauvreté, de leur dépendance sociale et de la vulnérabilité féminine. Elle leur montrait qu’il fallait inspirer la pitié et savoir se soumettre pour trouver une protection. Paradoxalement, en se soumettant aux puissants des factions, en mettant en scène sa faiblesse de femme, elle instrumentalisait consciemment sa condition pour obtenir ce qu’elle voulait. Théodora apprit une leçon ce jour-là : l’art de la manipulation était plus subtil que celui de la guerre, et de grands et beaux yeux humides de larmes et un beau visage couronné de modestes fleurs pouvaient être des armes de négociations redoutables lorsqu’ils étaient utilisés au moment opportun. Théodora n’était-elle pas en train d’apprendre l’art de triompher de l’autorité en jouant la pantomime de l’infériorité assumée et même revendiquée ? Mais on ne joue jamais les mendiants le cœur léger. Elle apprenait aussi à abandonner son honneur pour assouvir de plus grands desseins. Mais on ne courbe jamais l’échine sans sentir un goût amer sur ses lèvres. La scène des suppliantes devait osciller dans l’esprit de la fillette entre l’humiliation de l’avilissement et le soulagement d’obtenir gain de cause.

p. 75
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DreamyWonderFlavorDreamyWonderFlavor   12 mars 2021
(...) on attendait d'une femme qu'elle ne fit pas la démonstration de ses désirs sexuels et encore moins dans ce monde christianisé où le sexe hors mariage sans volonté de procréation était un péché.
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DreamyWonderFlavorDreamyWonderFlavor   12 mars 2021
Pour celles qui ont choisi la voie de la liberté, Théodora est une sœur, un modèle. Ces dernières savent bien que la liberté a un prix: la solitude et le jugement perpétuel des autres.
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   07 juillet 2018
Si la condition d'épouse était à l'époque relativement précaire à cause des risques de divorce ou de répudiation, celle de concubine l'était bien davantage.
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