AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2369352213
Éditeur : Le Passager Clandestin (24/09/2019)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
"Et la planète mise au féminin reverdirait pour tous!"
Écrivaine libertaire et prolifique, militante chevronnée, pionnière du mouvement féministe et de la décroissance, Françoise d'Eaubonne (1920-2005) est à l'origine du concept d'écoféminisme. L'oppression patriarcale des femmes et l'exploitation capitaliste de la planète découleraient des mêmes mécanismes de domination et doivent donc être combattues ensemble.
Incompris voire tourné en dérision en Fr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
LeCombatOculaire
  16 octobre 2019
Caroline Goldblum revient sur la vie, le parcours et les oeuvres de Françoise d'Eaubonne, en commençant par une biographie en dates clés et en expliquant son implication dans le féminisme, l'écologie, et "l'écoféminisme", un mot inventé par celle-ci dans les années 70 pour définir le mouvement dans lequel elle s'inscrit. « L'écoféminisme, mouvement atypique au sein de l'écologie politique, peut être défini comme une exhortation des femmes à prendre en main la gestion politique du monde – dirigé par le patriarcat – afin de sauver une humanité condamnée à brève échéance. » Militante, essayiste, romancière, Françoise d'Eaubonne est remise au goût du jour, presque 50 ans après ses années les plus fastes.
Féministe, elle revendique le droit des femmes à disposer de leurs corps librement, et donc notamment à pouvoir avoir accès à la contraception et à pouvoir choisir l'avortement, mais elle défend aussi celles qui refusent le mariage, celles qui ne veulent pas avoir d'enfants, ainsi qu'elle milite pour les droits des homosexuel•les. Pour elle, il est nécessaire d'abolir le patriarcat, non seulement pour libérer les femmes, mais aussi pour s'inscrire dans un courant écologique, faisant le parallèle entre la façon dont est traitée la planète et la façon dont sont traitées les femmes. Ce parallèle, elle le met en lumière dans son livre le féminisme ou la mort, paru en 1974, et dans l'Appel des Femmes à la grève de la procréation.
Mais, plus en avant encore, Françoise d'Eaubonne est farouchement anti-capitaliste, et prône la décroissance, la diminution du temps de travail, l'égalité des salaires PUIS l'abolition du salariat. C'était aussi une activiste antinucléaire. Selon elle, le retrait du nucléaire mais aussi la réduction de fabrication de plastique et la réduction et suppression de publicité excessive permettrait de se recentrer sur les énergies plus naturelles et durables, sur l'amélioration des sols et le reboisement. La croissance qu'elle prône, qui va de pair avec la décroissance, n'est donc pas économique mais écologique.
Deux combats qui continuent toujours aussi fort aujourd'hui, d'où la nécessité de retourner aux sources des mouvements, de connaître les grandes figures de ce militantisme et d'y piocher des arguments, de voir les avancées (ou piétinements, ou grands bonds en arrière). Je ne connaissais pas Françoise d'Eaubonne, donc ça a été une découverte pour moi, et je remercie les éditions du passager clandestin, que je recommande par ailleurs chaudement, à la fois pour ses essais engagés et éclairés et sur sa collection de livres de science-fiction qui s'inscrivent toujours dans des luttes sociales, économiques, technologiques ou écologiques.
Lien : https://lecombatoculaire.blo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
mandarineS
  30 janvier 2020
Voici un livre qui dresse un portrait très complet de la militante écoféministe Françoise d'Eaubonne. Après une première partie biographique, des extraits de différentes de ses oeuvres sont mis en avant qui montrent non seulement son engagement inlassable à défendre la cause féministe et l'écologie mais aussi à quel point ses propos sont toujours d'une brûlante actualité. Pour Françoise d'Eaubonne, le sauvetage de la planète passe par la libération des femmes. Dans ses ouvrages et ses combats, les deux sont intimement liés sans qu'aucun ne surpasse jamais l'autre.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LeCombatOculaireLeCombatOculaire   16 octobre 2019
« La seule solution à l’inflation démographique, c’est la libération totale des femmes, et partout à la fois, et non pas la manipulation antinataliste de celles qui appartiennent au camp défavorisé, et y sont défavorisées entre toutes. Non seulement la scolarité réclamée par Ali Eraj, mais le droit de disposer de son propre destin : physiquement, par sa liberté sexuelle, économiquement, par son entrée dans le marché du travail, et à tous les niveaux. Et que cette dernière proposition ne doive jamais faire perdre de vue que le but final est la réduction maximale du temps de travail, de même que l’égalité entre les salaires ne doive jamais faire perdre de vue que le but final est l’abolition du salariat, voilà l’apparent paradoxe que nous devrons expliciter en cours de route. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
LeCombatOculaireLeCombatOculaire   16 octobre 2019
Ce projet de «société écoféministe» transparaît également dans l’œuvre science-fictionnelle de l’autrice. En 1975, elle publie Le satellite de l’amande puis deux ans plus tard (en même temps qu’Écologie et féminisme) Les bergères de l’apocalypse, les deux premiers volets d’un cycle romanesque resté inachevé. Le recours à la science-fiction, outre l’exercice de style qu’il représente, lui permet de véhiculer ses idées et d’explorer les futurs possibles ouverts par l’écoféminisme : « L’utilisation d’un récit apocalyptique, en combinaison avec la projection utopique, permet de tester certaines de ces options à l’intérieur de constructions sociales imaginaires, en évoquant les étapes du développement qui mène à la constitution d’une société matriarcale ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LeCombatOculaireLeCombatOculaire   16 octobre 2019
Les luttes écoféministes ont connu un essoufflement à la fin des années 1990 (phénomène qui coïncide avec la fin de la guerre froide et la transformation du risque nucléaire), mais suscitent un regain d’intérêt relativement récent. Si l’écoféminisme n’existe pas en tant qu’organisation structurée, son héritage transparaît dans les dernières mobilisations en faveur du climat, et notamment dans les modes d’action adoptés qui mêlent revendications écologistes et féministes, et action directe. En France, au printemps 2019, sur des pancartes brandies par des jeunes femmes fleurissent des slogans («Pubis et forêts, arrêtons de tout raser », « Ma planète, ma chatte, sauvons les zones humides», pour n’en citer que quelques-uns).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LeCombatOculaireLeCombatOculaire   16 octobre 2019
Le concept de décroissance est relativement récent. Volontiers provocateur, il est avant tout un slogan politique dont la finalité est de nous faire retrouver le sens des limites. Il s'agit de mettre l'accent sur l'urgence d'un constant : une croissance infinie de la production et de la consommation matérielles ne saurait être tenable dans un monde fini. Mais derrière cette idée de décroissance, il y a plus qu'une provocation. Une réflexion et une pensée sont en effet en cours d'élaboration. Dans un travail de recherche collectif, portant tout autant sur l'économie que sur la philosophie, l'histoire ou la sociologie, des intellectuel•les et des universitaires un peu partout dans le monde entreprennent de mettre au jour les principes et les contours de la société d'abondance frugale qu'ils et elles appellent de leurs vœux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LeCombatOculaireLeCombatOculaire   16 octobre 2019
De manière générale, en France, le rapprochement entre écologie et féminisme est sujet à controverses. Comme aux États-Unis, les féministes matérialistes françaises s’opposent avec virulence à l’essentialisme: pour nombre d’entre elles, évoquer la nature ou encore la «féminitude» est risqué. L’héritage de Simone de Beauvoir (la nature en tant que principe doit être dépassée et transcendée) est encore très présent. Bien que Françoise d’Eaubonne ne se soit jamais réclamée des théories différentialistes, l’essentialisme supposé de ses travaux a sans doute participé de leur invisibilisation, sinon de leur tenace mésinterprétation.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : féminismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
888 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre