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André Cabaret (Traducteur)
ISBN : 2842421264
Éditeur : Éd. Circé (28/08/2001)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 11 notes)
Résumé :


Vif et bref, le premier roman connu d'Ivan Gontcharov (1812-1891), l'auteur d'Oblomov, a pour héroïne une jeune femme désemparée depuis qu'elle a perdu quelque chose qui lui tenait à cœur. Quoi ?

Elle le dit à l'officier de police qui finit par la recevoir : Mon mari. Et quand on retrouve celui-ci, c'est en mauvais état, tout à fait mort, le visage écrabouillé mais toujours l'alliance au doigt.

Cela ne fait pas l'affai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Nastasia-B
  10 février 2015
C'est une théorie dont j'ai l'intuition depuis longtemps et Ivan Gontcharov m'en donne encore une preuve avec Nymphodora Ivanovna. L'idée en est que, si l'on compare une littérature de type XIXème siècle avec des productions contemporaines de type polar, il existe une différence de nature alors même que les sujets traités sont rigoureusement identiques.
Je m'explique. Cette nouvelle de Gontcharov aurait tout, à l'heure actuelle, pour être traitée, pour être mise en forme, pour être exécutée sous forme d'un bon petit polar psychologique. On roulerait le lecteur dans la farine du doute et de l'angoisse créés par les situations d'incertitude, on s'amuserait avec lui comme le chat avec la souris, on l'amènerait à croire A pour mieux ensuite lui laisser entrevoir B et quand enfin il se persuaderait de C, on lui dévoilerait le fin mot de l'histoire D, comme dans CQFD, avec un petit coup de coude dans les côtes au passage du genre : " T'as vu, Bonhomme, je t'ai eu, t'avais rien senti v'nir ! "
Bref, ça devient une sorte de jeu. le livre perçu comme un jeu et dont le but aussi bien que la fonction est le divertissement. Au XIXème siècle, la philosophie de l'écrivain est tout autre. Au XIXème siècle, on ne se soucie pas des détails pratiques de l'intrigue. On ne travaille pas le jeu de pistes, les culs-de sac et les chausses-trappes. Au XIXème, on se soucie d'Art. On veut du beau, du bien écrit et le scénario n'est qu'un prétexte à raconter une belle histoire, ou, plus exactement, à raconter joliment, artistement une histoire pas forcément belle.
Et Ivan Gontcharov nous le dit, nous le stipule, nous le scande. Il interpelle fréquemment le lecteur un peu à la façon de Diderot dans Jacques le Fataliste, mais en plus marrant, en mieux senti, comme pour nous prouver que ce que nous lisons n'est bel et bien qu'une création d'artiste, elle n'a nulle exigence de véracité ou de divertissement. Son but est l'art et sa fonction est d'émouvoir.
Pour moi, voici la différence essentielle entre le polar actuel, dédié au divertissement et le roman du XIXème qui est orienté vers l'art et le type d'émotions qu'une oeuvre d'art suscite.
Je conseille donc tout particulièrement aux amateurs de polars cette nouvelle artistique pour en mieux sentir le contraste. Leur oeil expert percevra tout de suite la manoeuvre du scénario et il se diront : " Là, Coco, je te vois venir. " et à peine une demi-page plus loin, Gontcharov leur fera un clin d'oeil pour leur murmurer : " J'aurais pu te rouler, comme je voulais, où je voulais, mais ce n'était pas mon but. Écoute, ressens, laisse palpiter tes émotions d'être doué de sensibilité et oublie, pour une fois, le scénario, goûte juste les sensations, l'humain contenu là-dedans, c'est ça qui est bon. "
Tenez-vous à tout prix à ce que je vous parle du scénario ? Il le faut bien, c'est réglementaire… tant pis pour vous… ce n'est vraiment pas là l'essentiel. Alors vous allez rencontrer Nymphodora, une jeune femme de dix-huit ans, née dans un milieu modeste mais non pauvre, bien élevée, dans les principes et dans la morale. Un jeune homme d'allure brave l'a remarquée, a pris le temps nécessaire pour l'approcher dans les règles, l'a demandée en mariage comme il le fallait et les deux se sont mariés en bonne et due forme.
Nymphodora l'a aimé sans arrière pensée, lui a donné un joli petit garçon. Ils formaient un brave joli petit couple sans histoire. Cela faisait deux ans que ça durait, mais voilà qu'un jour, son mari a disparu. Trois jours plus tard, la démarche d'aller déclarer la disparition à la police met Nymphodora au supplice, mais il le faut. Elle décrit son homme, comment il était vêtu, où il se rendait…
Quelques jours encore se passent et l'agent convoque Nymphodora dans les bureaux de la police. On lui demande d'identifier un macchabée déjà bien faisandé. Les vêtements, le porte-feuille, l'alliance, tout concorde mais le visage est sauvagement mutilé, les mains méconnaissables. Cette image de son mari traumatise la jeune femme. Les malfaiteurs avaient sûrement leurs raisons…
La brave petite Nymphodora a du mal à encaisser le choc du veuvage. Elle est si jeune, elle l'aimait si fort, et de voir son bébé qui se trémousse dans son berceau, non, vraiment, c'est un crève-coeur et la vie est bien cruelle parfois. Elle est alors sujette de temps à autres aux hallucinations, la brave petite Nymphodora. Un jour même, il lui semble voir son mari dans un carrosse, revenu du royaume des morts, croirait-on… Que lui réserve encore le destin ?
Écriture, rythme, format, tout va bien, tout sonne clair dans cette nouvelle oubliée pendant un siècle et redécouverte assez récemment. Vous auriez tort de vous en priver mais ce n'est que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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JimmyCz
  26 février 2017
Un récit vraiment marquant. L'histoire d'une jeune femme russe perdant son mari fraîchement épousé.. Il y a beaucoup d'émotion dans cette histoire ce qui est assez déroutant car elle est directe, pure et étrangement simple, accessible. Gontcharov nous aide à la ressentir car il s'adresse directement à nous, joue le médiateur en tant que narrateur pour que nous puissions comprendre ce qui a priori nous est étranger.. Il nous explique la psychologie de l'héroïne et lui donne une véracité, une réalité en se jugeant lui, narrateur et auteur incapable de contrôler ni d'anticiper les actions de son personnage. Mélange des genres, drame réaliste, intrigue policière, le récit est accompagné d'un style précis, efficace, et percutant. Un style presque journalistique mais d'une époque où la presse savait écrire.
Je ressors ravi de cette lecture marquante.
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ileana
  13 avril 2018
Une peinture de moeurs réussie. L'humour, les apartés et les digressions sont des moyens pour nous rappeler quasi à chaque page qu'il s'agit d'une fiction. Cela donne une étonnante touche de modernité et même une distanciation à cette oeuvre de jeunesse. Réjouissant !
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nrisovics
  24 janvier 2017
Bon, riche, assez intense, transgenre étonnant et très bien écrit. de l'humour de la dérision et une forme de sentiment du choc psychologique.
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ismailll
  13 novembre 2013
Joli petite nouvelle du maitre d oblomov.......avez vous lu oblomov??..lisez le,mangez le,buvez le ....quelle delice.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   15 février 2015
Si vous aviez observé ce visage de près, vous auriez été saisi de frayeur tant son immobilité exprimait de souffrance ; vous auriez dit que se trouvait couché là, devant vous, le cadavre d'un homme ayant rendu son dernier souffle dans les plus cruels tourments physiques et moraux.
Or le jeune homme était en vie ; il était plus vivant que vous et moi, car les souffrances qu'il endurait lui rappelaient sans répit qu'il était vivant.
Nous pouvons tous nous dire vivants tant que le sang circule dans nos veines et que bat notre cœur. Mais qu'est-ce que cette vie, tranquille, paisible, sans passion, scandée par la montre de gousset, assoupie dans un fauteuil moelleux ou rampante au long des pages d'un roman nouveau mais ennuyeux à l'ancienne ? Ce n'est pas une vie — c'est un engourdissement. Pour vivre au sens plein du terme, vivre d'une vie humaine, il faut mettre ses sentiments à l'épreuve ; non pas les solliciter mollement, non ! il faut les bouleverser jusqu'aux tréfonds les plus secrets, en tirer des sons amples, — que ce soient des sons de plaisirs ou de douleur, peu importe ! — pourvu qu'ils soient forts, des sons tels que vous ne pourrez plus vous oublier ni oublier que vous êtes en vie.
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Nastasia-BNastasia-B   12 février 2015
Votre époux est, sans conteste, très bien de sa personne, il est aimable, il est gentil, il est très bon. Il constitue toutes vos joies, il se promène avec vous sur la Perspective Nevski, il vous accompagne au Magasin Anglais et à la boutique de madame Sichler, il paie dans les deux, il reste sagement assis dans votre loge, au bal il ne se mêle pas de ce qui ne le regarde pas, il ne discute jamais avec vous, ne vous contredit parfois que pour plaisanter, suivant en cela la despotique habitude de certains époux qui aiment à se gausser de leurs mignonnes épouses ; bref, il est à vos pieds, il vous est soumis, il est votre esclave — et vous l'aimez ! Ce sentiment vous fait " affreusement " honte, mais vous l'aimez, parce que, parole d'honneur, on ne peut pas ne pas aimer un homme si aimable. Imaginez-vous… Seigneur, pour rien au monde je ne souhaiterais quelque chose de méchant ! Mais imaginez (c'est indispensable pour mon récit) que votre aimable époux, ce doux tendre époux, qui restait sagement assis dans votre loge et qui payait dans les magasins, ait disparu soudain, fourré on ne sait où… qu'il se soit perdu, foudroyé, écroulé quelque part… Mon Dieu !
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Nastasia-BNastasia-B   14 février 2015
Il était une fois le roi d'Espagne Philippe III. Et ce roi travaillait un jour dans son cabinet. Le temps était froid. Afin de réchauffer le corps du roi, on déposa près de lui un brasero. Au bout d'un moment, les braises avaient tellement échauffé le visage royal que la sueur se mit à dégouliner, mais le bon et timide Philippe ne s'en plaignit point. Un des courtisans, le marquis de Pobar, remarqua la délicate situation du souverain, mais il n'osa pas reculer le brasero parce que cela sortait des limites de sa fonction et que cela eût nui à la sévère étiquette espagnole. Il se rua à la recherche du duc d'Albe. Celui-ci déclara qu'il n'avait pas le droit d'entrer dans le cabinet du roi, mais qu'il allait en référer au duc d'Uceda. Ce dernier, par malchance, était justement à son pavillon de chasse. On se mit à débattre et à discuter. Entre-temps le roi cuisait doucement ; lorsqu'on fit enfin quérir Uceda, qui accourut chez le roi, le pauvre Philippe, plongé dans ses réflexions et ses occupations, était complètement cuit, au point que cela lui provoqua une inflammation, laquelle causa sa mort.
Cette histoire vous paraîtra peut-être farfelue, mais je la tiens d'un document écrit, et il faut se fier à l'écrit. J'espère en tout cas qu'un tel " incident " ne vous arrivera pas à la lecture de cette anecdote et de mes autres ouvrages…
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Nastasia-BNastasia-B   11 février 2015
Les auteurs de romans et de récits désireux d'exprimer le bouleversement provoqué chez une personne par quelque chose d'inattendu avaient jusqu'à présent recours à l'éclair, au tonnerre, aux décharges électriques, aux coups de canon. Je vous laisse libres de choisir n'importe lequel de ces procédés parce que je n'ai nulle envie d'en inventer un nouveau pour décrire l'état de Nymphodora. Je dirai seulement, en préservant la sacro-sainte vérité, que sa vue se brouilla, que la tête lui tourna, qu'elle eut l'impression de voir la rue, les gens et toutes les maisons tournoyer autour d'elle comme autour d'un pivot. Elle ne pouvait poser son regard sur rien, tout s'embrouillait sous ses yeux. Enfin, quand elle eut repris ses esprits, elle se hâta de braquer sa vue sur la fatale voiture, mais celle-ci avait disparu.
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Nastasia-BNastasia-B   15 février 2015
De la rue et de la cour provenaient des cris perçants. Des serpents de feu rampaient le long des poutres et se glissaient dans toutes les fentes du vieil édifice ; la chambre de Nymphodora s'emplissait d'une fumée étouffante ; le plafond commençait à craquer… Nymphodora était toujours debout, immobile, se contentant de murmurer : " Sauvez-nous… "
Soudain, dans la porte, par où des flammèches sautaient comme issues de l'enfer, une silhouette d'apparence humaine se profila. " Au secours ! Sauvez-nous ! " — s'égosilla Nymphodora, en rassemblant ce qui lui restait de force. Deux coulées d'eau passèrent par la porte ; de la vapeur s'éleva en chuintant et en sifflant des solives noircies ; quelque chose d'énorme pénétra dans la pièce, quelque chose d'humide tomba sur Nymphodora, elle poussa un cri, et, quelques secondes plus tard, elle était emportée sans connaissance hors du brasier par un jeune homme, son voisin, qui depuis longtemps déjà contemplait la jolie frimousse de la jeune veuve et maintenant se présentait fort à propos pour la sauver — un chevalier sans peur et sans reproche !
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Videos de Ivan Gontcharov (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ivan Gontcharov
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard, Rosa Tandjaoui et Lydie Zannini pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 06 septembre 2019 :
Orléans: roman de Yann Moix aux éditions Grasset https://www.lagriffenoire.com/1012078-romans--orleans---roman.html
Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon de Jean-paul Dubois aux éditions de l?Olivier https://www.lagriffenoire.com/1010673-divers-litterature-tous-les-hommes-n-habitent-pas-le-monde-de-la-memefacon.html
On ne meurt pas d'amour de Géraldine Dalban-Moreynas aux éditions Plon https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1014259&id_rubrique=1
Les guerres intérieures de Tong Cuong aux éditions J-C Lattès https://www.lagriffenoire.com/1011746-romans--les-guerres-interieures.html
Le plus fou des deux de Sophie Bassignac aux éditions J-C Lattès 9782709665230
Rien n'est noir de Claire Berest aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/1011542-romans--rien-n-est-noir.html
Les petits de Décembre de Kaouther Adimi aux éditions Seuil https://www.lagriffenoire.com/1010618-divers-litterature-les-petits-de-decembre.html
La Grande escapade (Littérature française) de Jean-Philippe Blondel aux éditions Buchet-Chastel https://www.lagriffenoire.com/1010927-romans--la-grande-escapade.html
Juke-Box de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket (PAS DE COUVERTURE) https://www.lagriffenoire.com/21556-poche-juke-box.html
Passage du gué de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket 978-2266172707
Le Baby-sitter de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/96993-article_recherche-le-baby-sitter.html
Mariages de saison de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/65467-divers-litterature-mariages-de-saison.html
06h41 de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/21687-divers-litterature-06-h-41.html
Le grand Elysium Hôtel de Timothy Findley aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/?fond=recherche
La vie en chantier de Pete Fromm et Juliane Nivelt aux éditions Gallmeister 9782351781968
Mon année de rep
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