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EAN : 9782070663477
576 pages
Éditeur : Gallimard Jeunesse (18/08/2016)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 382 notes)
Résumé :
Londres, Avril 1812....
Lady Helen Wrexhall s’apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l'espoir de faire un beau mariage. Mais une bonne de la maison disparait, des meurtres sanglants sont commis, la plongeant soudain dans les ombres de la Régence. Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (148) Voir plus Ajouter une critique
iris29
  18 février 2017
Une perfection ...
- Si vous ne vous remettez pas du peu d'oeuvres qu'a laissées Jane Austen parce que vous l'adorez ,
- si vous êtes adolescente ou aimez les lectures pour ados,
- si vous avez aimé la série " Sans âme", de Gaël Carriger , ou " The Agency", de Ying S.Lee ; alors lisez: Lady Helen !
On est à Londres , Avril 1812 , la régence est commencée depuis un an et Lady Helen va faire son entrée dans le monde .( Cela signifiait , pour une toute jeune fille de parcourir les bals et les sorties, dans le but de faire un beau mariage , ce qui, à l'époque était le maximum de ce qu'une femme pouvait espérer de mieux ...) .
Et pour Lady Helen , il y a le feu , parce qu'elle souffre de la très mauvaise réputation de sa mère, laquelle était "folle" . Tout n'est pas désespéré pour elle puisqu'elle aura une dot de 40 000 livres , mais quand même , elle ne part pas dans le monde avec de bonnes cartes . Orpheline de père et mère, elle a grandi chez son oncle et sa tante et ce dernier brûle de se débarrasser d'elle .
C'est à ce moment crucial de sa vie, que Lady Helen fera la connaissance de Lord Carlston, qui souffre lui aussi d'une très mauvaise réputation (on le soupçonne d'avoir tué son épouse) ... il lui révélera qu'elle dispose des mêmes dons que lui et qu'elle doit intégrer le Club Des Mauvais jours , chargé de se débarrasser des Abuseurs ...
Outre ce très joli nom pour un club, Alison Goodman nous fait rentrer dans un monde très poétique ou Helen voit des halos plus ou moins bleus , au-dessus des créatures maléfiques , où le fantastique côtoie un monde corseté par des règles de bienséance très strictes.
Et cette trilogie prometteuse doit beaucoup au sérieux de documentation de l'auteur, elle a accompli un travail considérable pour être crédible qu'elle nous invite à découvrir à la fin du roman . Danses, vêtements, boissons etc.. elle a tout testé !
Je dois d'ailleurs dire que ce livre est pour moi le plus bel hommage à ce jour d'un écrivain envers l'oeuvre de Jane Austen . Vraiment !
Si ce n'était les références fantastiques, cela aurait pu être écrit par Jane en personne ...
Voilà ! Je suis totalement admirative devant son travail, j'ai hâte de lire la suite . Il y a du mystère , du romantisme, une grande recherche de vocabulaire d'époque ;tout concorde afin que cette trilogie écrite par une Australienne (!) devienne un immense succès et soit adapté au cinéma .
Lisez-le !
562( petites) pages de pur ravissement dans un sublime écrin doré et bleuté ...
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florencem
  26 août 2016
Pour une fois, je suis totalement d'accord avec la baseline choisit par Gallimard à savoir : « Entre romance à la Jane Austen et fantasy noire ». Ceci plus une très jolie couverture et j'étais déjà conquise. Si bien qu'à peine sorti, j'étais déjà chez mon libraire.
Point très positif, l'histoire rentre dans le vif du sujet très rapidement. Avec un pavé de presque six cents pages, j'avais un peu peur des longueurs. Alison Goodman nous présente l'univers de son héroïne, Helen, une jeune aristocrate londonienne, orpheline et qui va faire ses débuts dans la haute société. L'univers de Jane Austen est déjà là. Nous retrouvons donc les codes propres à cette époque, la bienséance, le misogynisme qui fait grincer des dents, les cancans, ce côté lisse de façade qui fait sourire… Les choses se compliquent un peu avec l'arrivée de cette touche de fantastique assez sombre. On a du mal à imaginer notre héroïne pouvoir entrer dans ce tout nouveau monde. Elle reste une femme et à l'époque le « soit belle et tais toi » était malheureusement le crédo pour la gente féminine. Mais l'auteur parvient à passer outre et à partir de ce moment-là, impossible de décrocher.
Piquant, aventureux, parfois drôle, on retrouve ce style « so british » que j'adore, et Alison Goodman arrive sans peine à nous introduire dans ce fameux club des mauvais jours. Un titre intriguant, un peu cocasse aussi. Pourtant, rien de très drôle quand on apprend ce qu'il se passe dans l'ombre de Londres. Pas quoi nous terrifier non plus, mais on est happé par ce monde occulte dont on veut tout savoir. Par le biais d'Helen et des intrigues qui se succèdent, les secrets se dévoilent, le suspens monte petit à petit, et nous allons de découvertes en découvertes. Un premier tome qui ne laisse pas du tout sur sa faim et qui parvient à planter le décor tout en nous plongeant dans le vif du sujet. Tout ce que j'aime.
Helen est un peu comme les héroïnes de Jane Austen. Une femme qui vit avec les barrières que lui impose la société mais qui en même temps est une femme moderne. Intelligente, dégourdie, franche, ironique, elle a tout pour plaire. A de nombreuses reprises, on ne lui souhaite d'ailleurs que de pouvoir s'émanciper. En face, Carlton, un comte mystérieux à la réputation plutôt sombre. Un monsieur Darcy en quelque sorte. Il est piquant, vif, pas toujours très sympathique. Mais on finit par apprendre à le connaître, et il fait chavirer notre petit coeur. Il est aussi pour moi, l'un des rares personnages masculins que j'ai apprécié. Son serviteur est trop peu exploité pour avoir une idée, mais les autres sont soit misogyne, brutaux, effacés, transit d'amour… Carlton a en plus ce côté moderne qui fait qu'il apprécie les traits de caractère d'Helen, même ceux qui ne sont pas très raccord avec son époque. Un très gros plus.
Côté personnages féminins, un peu la même remarque. Darby, la femme de chambre d'Helen, est adorable et très sympathique. Millicent, l'une des meilleures amies d'Helen, a ce côté gai et frais qui est très mignon, mais le personnage n'apparaît pas beaucoup et de toute façon n'appartient pas au côté fantastique du récit. Les autres m'ont laissé de marbre. Ce n'est pas forcément un point négatif, entendons nous bien, car les personnages principaux sont très bien traités et cela me suffit amplement. de plus, j'espère que par la suite, d'autres pourront émerger. Ce premier tome a un pied entre deux mondes et c'est aussi un tome d'introduction. J'attends donc de voir la suite, en ce qui concerne les personnages secondaires.
Un petit point négatif concernant l'édition en elle-même. Certains mots sont en français dans la version originale et je suppose pour nous donner un effet plus immersif, ces mots ou expressions nous sont notifiés. Pas de soucis. Une petite astérisque nous informe. Mais là où j'ai trouvé cela gênant c'est qu'en plus d'une typographie en italique (qui était parfaite) on nous rajoute cette astérisque à chaque fois… J'aurais à la rigueur préféré qu'on nous explique certains termes plutôt que d'ajouter un élément qui renvoie dans la bonne pratique à une explication justement…
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basileusa
  01 janvier 2020
Eh bien ce sera quasiment un coup de coeur pour commencer l'année !
En 1812, la jeune Helen , élevée par son oncle et sa tante, s'apprête à entrer dans le monde et va être présentée à la reine. Elle ne s'attend pas du tout à rencontre le mystérieux Lord Carlson qui va lui présenter un tout autre monde, secret et dangereux ! Car elle est destinée à devenir autre chose qu'une épouse …
Le mélange fantastique et univers à la Jane Austen marche parfaitement pour moi ! On est complétement happé par l'intrigue, en prenant connaissance en même qu'Helen de cet autre face de son univers. Les protocoles et la place de la femme sont tout autant fascinants, on sent que l'auteure s'est bien renseignée sur l'époque de la régence anglaise. Et puis ce Lord Carlson, il faut dire que je suis fan de ce personnage assez mystérieux, dont la femme a peut être été tué . On sent que avec Lady Helen le rapprochement se fera mais on est à l'abri de rien étant donné le danger de leur mission et tout les non-dits. Je vais lire la suite tout de suite d'ailleurs ;)
Challenge Mauvais genres 2020
Challenge séries 2020
Challenge auteurs SFFF
Challenge pavés 2020
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Lunartic
  13 juillet 2019
Pour commencer, on ne change pas les bonnes habitudes : je tiens à remercier les éditions Gallimard Jeunesse de m'accorder à nouveau leur confiance avec ce service de presse de qualité. Je me répète, mais c'est toujours un grand honneur pour moi que de pouvoir recevoir et chroniquer les livres de cette maison d'édition que je chéris depuis que ma passion pour la lecture est née. Et je leur suis tout particulièrement reconnaissante cette fois car je crois bien que je n'ai jamais vu un objet-livre aussi beau. A le tenir en mains, j'en avais des frissons. Une pure merveille qu'on m'avait donné l'immense chance de lire. Il me tardait donc de découvrir si le contenu était en adéquation avec l'esthétique de l'ouvrage, et j'ai ainsi dévorer littéralement mon livre en une journée. Vous avez bien lu. Cela ne m'était pas arrivé depuis... trois ans maintenant, et j'avoue que cette passion dévorante au sens littéral m'avait manqué.
Attention, je ne dis pas qu'être passionné (e) de lecture, cela signifie s'engloutir un livre par jour sans discontinuer. C'est juste que c'était une pulsion qui me prenait de temps à autre et qui me rassurait, car je n'avais pour ainsi dire jamais de "panne livresque". Je ne supporte pas ça, ça me déprime et ça m'hérisse le poil. Mais bref, passons. Vous l'aurez compris, si je me suis délectée de ce livre avec autant d'ardeur jusqu'au point final, ce n'est pas pour des prunes. Ce livre valait véritablement le coup et mon envie qui s'accroissait au fil des mois (il est sorti à l'été 2016) de le lire a été repu de la meilleure des façons. Je pense que vous allez en avoir marre à force que toutes mes lectures me fassent un effet si positif, mais moi, je ne m'en lasse franchement pas, c'est un régal de tous les instants.
Tout dans ce livre m'a conquise, à part un petit point noir (mais ce n'est qu'à titre personnel, bien sûr) et qui encore, n'entachera en rien l'effet électrisant que ce roman a eu sur moi. J'ai été tout d'abord impressionnée par l'univers reconstitué par l'écrivain, qui a fait un vrai travail d'orfèvres. Elle nous explique à la fin tout son labeur, ses recherches minutieuses sur l'époque de la Régence anglaise, qui a pris fin peu de temps après l'année durant laquelle se déroule l'intrigue (soit 1812), le respect qu'elle tenait à avoir face à la réalité historique tout en prenant des libertés afin de servir au mieux son histoire, que ce soit au niveau des lieux ou des événements stratégiques. Et je peux vous dire que j'ai été sidérée, car cela éclaire tout le contenu de ce premier tome et l'univers dans lequel il se situe. J'avais la sensation de déambuler dans les rues du Londres du dix-neuvième siècle, de vivre dans la maison de Half Moon Street, de me rendre aux réceptions dans les splendides jardins de Vauxhall, au palais royal lors de la présentation officielle d'Helen ou encore de m'aventurer dans les quartiers malfamés de Londres. Tout prenait vie sous mes yeux sidérés et ce fut un phénomène absolument merveilleux, divin.
Je dois vous le dire, j'avais été attiré par cet ouvrage de par sa couverture avec la silhouette de Helen dans sa robe jaune somme toutes assez simple, qui me rappelait une certaine Elizabeth Bennet ou une autre héroïne de Lady Jane. Et paf ! Dans la quatrième de couverture, on nous décrit la nouvelle saga littéraire d'Alison Goodman comme un subtil mélange entre de la fantasy noire et l'écriture de Lady Jane. Etant Janéite (fan des oeuvres de Jane Austen), j'avais très envie de me plonger entre les pages de ce tome liminaire. Je sais, je vous ai dis auparavant que je ne supportais pas quand on présentait une oeuvre comme l'héritière spirituelle d'une autre oeuvre internationalement connue, comme si cette dernière pouvait être remplacée tout bonnement par un soi-disant nouveau phénomène littéraire. Or, ici, je ne l'ai pas ressenti ainsi. Je le voyais plutôt comme un hommage à la voix féminine de Jane Austen, qui décrivait avec fougue et mordant de la société de son temps, une influence bienvenue. Et durant tout le roman qui, on le sent, a été écrit par une main moderne, différente, Jane Austen plane au-dessus de chaque page, et cela m'a fait franchement plaisir. le respect que porte Alison Goodman à cette auteure, même si elle ne revendique pas s'être inspirée de Lady Jane, à sa pensée et à son époque est vraiment honorable.
Je vous disais que la silhouette de l'héroïne, Lady Helen, sur la couverture, me faisait penser à Lizzie Bennet, figure féminine phare de mon bien-aimé Orgueil et préjugés (paru en 1813 en plus, notez la proximité !) . Eh bien bingo, je ne m'y suis pas trompée ! Lady Helen Wrexhall a tout d'une héroïne de Lady Jane, en particulier celle mentionnée ci-dessus. Les deux se démarquent en effet de par la brillance et la beauté de leur âme de femmes, qui sont contraintes par cette société clairement patriarcale à devoir faire un bon mariage, être jolie et au mieux accomplie (savoir jouer du piano, danser convenablement aux bals, se nourrir de bonnes lectures) afin de faire honneur à la famille et se taire dans la joie et la bonne humeur. Or, Helen, tout comme Lizzie, ne se laisse pas faire, a une flamme intérieure en elle qui brûle, et, même si au fond, elle doit se mouler à la bienséance et aux "bonnes moeurs" de cette hiérarchie qui l'étouffe, elle n'en a pas moins la langue dans sa poche. J'ai adoré ses phrases teintées d'ironie, telle une résistance silencieuse, comme pour dire « Vous ne m'enlèverez jamais ma personnalité, ni ma liberté de penser, j'en ai décidé ainsi ! ». Elle a la tête haute, de l'astuce et du panache, tout en étant une jeune fille de dix-huit ans orpheline qui a sa fragilité, et je l'ai de suite adorée et comprise.
Malgré le fait que la société anglaise oppresse Helen à cause de sa frivolité, de ses cancans, de son mépris, de son ridicule et de ses faux semblants, celle-ci ne peut s'empêcher de la trouver rassurante. Surtout après qu'elle ait découvert les êtres démoniaques qui la menacent. J'ai trouvé que l'élément fantastique, qui constitue l'enjeu clé de l'histoire, s'imbrique vraiment bien à l'époque de l'histoire. Cela se fond naturellement dans cet environnement, cela nous paraît crédible et le défi ardu de faire fusionner le dix-neuvième siècle et du surnaturel aussi sombre est relevé pour moi. J'avais une petite appréhension que cela fasse trop grotesque, mais en réalité, ce ne fut pas du tout le cas. J'ai eu l'agréable surprise de ressentir les émotions auxquelles on peut s'attendre avec ce type d'histoire : du suspens, de la tension, de la peur, voir un intense effroi, le tout accompagné de sueurs froides, de mes yeux exorbités, de mon coeur qui s'est arrêté de battre et de mon souffle qui s'est coupé à diverses reprises. Rien que ça, oui. Je crois bien que je suis passée par toutes les couleurs avec les péripéties de notre incroyable héroïne, toute une palette d'émotions m'a traversée. Je ne suis pas prête de l'oublier.
Helen va en effet découvrir qu'elle n'est pas comme les autres : elle est une Vigilante. Derrière cette désignation se cache une personne extrêmement rare (il n'y en a que deux centaines dans le monde, 8 en Angleterre et, of course, Helen est la seule femme du lot) dotée d'une extrême agilité et dextérité, qui est une capacité de réflexe décuplée et qui est capable de voir l'aura des personnes qui l'entourent. Les Vigilants font parti d'un groupe organisé appelé le club des mauvais jours (et voilà à quoi il sert le titreeee ! *humour*) et ont pour mission d'éradiquer les qui ne respecte pas l'accord instauré entre les deux communautés. J'ai trouvé qu'Alison Goodman avait très bien explicité son concept, de sorte qu'on l'assimile très vite, qu'on a pas la sensation d'être perdu(e), sans pour autant avoir toutes les clés, ce qui fait qu'on meurt d'impatience de lire le second tome afin de s'immerger totalement et de se sentir appartenir à ce très sélect (pas par choix, mais bon...) et particulier Club des mauvais jours. Helen a toute une formation à suivre qu'on pourra découvrir dans le second tome, et j'ai particulièrement hâte, j'en trépigne comme une puce. Comme si c'était moi.
Globalement, j'ai adoré tous les autres personnages de l'histoire en dehors d'Helen. Notamment Lord Carlston, le paria du gratin de la société après un drame qui a noirci son personnage. Hors, mon cher William (on est intimes, lui et moi) ne se laisse pas enterrer par toutes les rumeurs colportées sur lui et y répond avec indifférence et aplomb, tout en gardant une certaine influence grâce à la personne estimée de MR BRUMMELL. Qui a réellement existé d'ailleurs, le mélange fiction/réel est total grâce entre autres à cette présence ou mention de personnes qui ont vécu en chair et en os à l'époque, même au sein des démons, et cela rend le récit d'autant plus consistant et authentique. Bref, je ferme ma parenthèse. Sa Seigneurie (Helen le nomme par le titre dû à son rang tout au long du roman) m'a charmée de par son air de défi, sa manière brute de dire les choses, sa force et la conviction qu'il a dans sa noble mission : sauver le monde des ténèbres. Il a réussi à me faire adhérer à sa cause, et j'ai été ébahie du fait qu'il soit prêt à absorber la noirceur afin de sauver le plus grand nombre, quitte à se sacrifier lui-même. C'est un homme d'honneur, qui ne manque pas de moquerie dans sa voix et d'un certain culot, mais c'est cet ensemble qui me plaît chez lui, et on ajoute à cela sa part de mystère et de son passé douloureux, dont je veux tout savoir dans le tome deux, je vous préviens. J'ai aussi adoré la complicité qui se tisse entre Helen et lui, une véritable confiance se fonde au fur et à mesure que Carlston entraîne Helen au sein de ce monde dangereux qui cohabite avec le sien et lui laisse la liberté difficile de choisir entre les deux.
Choisir entre un monde de combat permanent, hostile et où la mort la plus atroce nous frôle à chaque instant, ou un monde certes étriqué mais qui assure une vie paisible et sans soucis. Ce dilemme tiraille notre amie durant la quasi intégralité du roman et j'ai pu parfaitement la comprendre. Choisir d'embrasser sa mission de Vigilante, c'est tout d'abord laisser sa famille et ses proches derrière elle, afin de ne pas les impliquer et donc les mettre en danger. L'oncle d'Helen, Lord Pennworth, ne me manquera à coup sûr pas. C'est le seul personnage (ah non, pardon, il y en a deux, mais l'autre, je ne vais pas en parler car vous aurez le bonheur de découvrir par vous même à quel point c'est un Affreux. Je ne plaisante pas, il est reconnaissable entre mille.) pour lequel j'ai ressenti de l'antipathie. Il est l'incarnation vivante de cette société où le mâle est dominant, où le père ou le tuteur, puis le mari s'occupe de la fille puis de la femme. Ses idées arriérées et sa fermeture d'esprit m'ont fait grincé des dents, c'est le genre de pauvre petit bonhomme qui ne supporte pas que son autorité soit remise en cause, et j'ai triomphé lorsque Helen a décidé que sa patience avait des limites et qu'elle monte à son oncle qu'il ne fait pas le poids face à elle. C'était une vraie victoire.
Les membres de la famille d'Helen qui me manqueront, en espérant qu'on les reverra un tant soit peu quand même, sont son frère Andrew et sa tante Leonore. Andrew est un grand frère aimant, qui s'inquiète énormément pour sa soeur et l'image d'elle même qu'elle peut renvoyer. Il sait au fond de lui ce que sa soeur vaut, qu'elle est en avance sur son temps, qu'elle a du tempérament qui peut être mal vu et qu'il est fier d'elle pour cela. Cependant, il ne veut pas que les actions parfois imprudentes de sa soeur la salissent aux yeux de cette société qui ne la mérite pas, et, tout comme la tante Leonore, il fait preuve d'une résistance interne, qu'ils arrivent à contenir mais qui est bien ancrée dans leur esprit. Ils sont faits du même tissu. La tante Leonore, sous ses apparences strictes et de haute-dame de la société qui est parfaitement intégrée, à la page, et qui fait preuve d'un grand respect pour son époux, est sous la surface une tante qui a perçu toute la valeur de sa nièce, et qui lui apporte son amour de manière silencieuse, pas besoin aux deux femmes de l'exprimer ouvertement, elles sont connectées. Leur relation m'a beaucoup touchée, ainsi que celle fraternelle entre Drew et Helen, ils sont tous les trois intimement liés au niveau familial, mais aussi de leurs idéaux. Et ça, c'est puissant.
Je me dois de consacrer un énième paragraphe au personnage du Duc de Selburn, le meilleur ami d'Andrew et le prétendant d'Helen. J'avais peur de retrouver le schéma du triangle amoureux classique et extrêmement niais, inutile et insupportable, mais Alison Goodman m'a épatée. le Duc de Selburn correspondrait à la base au prétendant très gentil, limite trop, qui ne représente aucun danger pour le coeur et les sentiments de l'héroïne et qui lui assure la sécurité. Dans le cas présent, le Duc de Selburn remplit l'intégral de ces critères, mais je ne choisirais pas le gars plus "bad boy", ténébreux et qui emmène l'héroïne sur des terrains plus abruptes et pentus. Ne vous détrompez pas, j'adore mon Lord Carlston chéri, je ne retire pas ce que j'ai dis, simplement, je trouve que le Duc de Selburn aurait été le bon pour Helen, qui éprouve une grande admiration et un amour sincère pour lui. Il la chérit, et se battrait pour elle, son estime et son amour au risque de se dénigrer aux yeux de la bonne société, et je n'ai ressenti aucune méfiance à son égard (j'espère ne pas me tromper !), juste un immense respect, mêlé d'affection. On sent cependant que notre jeune Lady va se détourner de lui, schéma trop habituel qui m'agace de plus en plus, le voilà mon fameux point noir. Or, Alison Goodman justifie cela pour l'intérêt de son intrigue et avec un raisonnement logique et sensé de la part d'Helen, qui veut à tout prix préserver son Duc du moindre mal, ce qui m'a fait avaler la pilule enrobée de miel.
Ce qui m'a épatée dans tout ça, c'est que nos deux amoureux, rivaux depuis belle lurette, aiment profondément Helen pour les mêmes raisons : parce-qu'elle a une vivacité d'esprit, parce-que la lumière de l'intelligence brille en elle, qu'elle ose être elle-même dans un monde qui nous juge bien trop facilement, parce-qu'elle n'est pas une simple potiche mais un petit bout de femme absolument surprenant et éclatant et qui mérite tout leur amour et leur attention. Ils voient en elle cette même flamme, cette même lumière qui les éblouit et qu'ils ont tous les deux envie d'aviver par leur amour, qu'il soit exprimé à haute voix ou par leur attitude. Avouez que face à cette détermination, les bras ne peuvent que vous en rester ballants et que votre coeur ne peut que balancer entre les deux. Je veux dire par là que chacun mérite l'amour d'Helen et qu'il y a de quoi se torturer l'esprit. Bien joué Alison Goodman, vous m'avez eue en beauté.
Il serait temps de conclure, vous ne croyez pas ? J'aurais tant de choses à vous dire sur cette saga, qui s'annonce plus que prometteuse. Pour ma part, je suis conquise des pieds à la tête. L'attente pour le second tome sera dur, j'ai hâte de retrouver Helen, Carlston ; les amis de celui-ci, le frère et la soeur John et Margaret, qui forment un duo indispensable à cette histoire ; les Terrènes Darby et Quinn, fidèles compagnons de nos deux héros qui sont intrinsèquement liés à leur maître par une relation très puissante, bouleversante même, et qui ont eux aussi leur rôle à jouer. J'espère voir le trio d'amies Helen/Delia/Millicent enfin réuni dans le prochain tome pour des retrouvailles emplies de tendresse et d'émotions fortes.
Je ne connaissais pas Alison Goodman ; enfin, je connaissais Eon et Eona que de nom seulement et je les lirai assurément, après avoir découvert cette écriture fine, précise, piquante, chargée de défi et de virulence. C'est une écriture qui en impose et dont je me suis délectée.
Je finirai en disant qu'on peut tout à fait mettre en parallèle ce monde terrifiant et surnaturel de démons en parallèle avec le nôtre, en plus de celui du dix-neuvième siècle, car au fond les moeurs n'ont pas changées : on se doit de plier sous le diktat de la société, sous ses normes mises en place qui nous brisent et nous font mourir à petit feu, à l'instar des démons qui se mêlent ignoblement à la société sans passer aperçus.
L'écrivain évoque en plus des images chocs, qui ne laissent pas de place à l'imagination malgré les sous-entendus, et qui nous marquent tel un fer rouge. Une atrocité perverse qui correspond malheureusement que trop bien au monde qui nous entoure, et c'était important qu'Alison Goodman nous le rappelle, même de la manière dure.
Ce que je retiens de ce premier tome en quelques mots : ne jamais abandonner notre personnalité, notre dignité, ce qui fait de nous un être singulier et qui produit sa propre lumière au profit de la "sécurité" de faire plaisir aux autres au risque que cela nous éteigne et nous fasse disparaître définitivement. Je remercie Alison Goodman pour la force de son récit, qui frappe comme un coup de poing et qui nous fascine jusqu'au bout. COUP DE FOUDRE ϟ
Lien : https://lunartic.skyrock.com..
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missmolko1
  19 juillet 2016
Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Gallimard jeunesse - on lit plus fort pour l'envoi de ce roman à paraître le 18 août.
Les apparences sont trompeuses et il ne faut pas si fier ! A la lecture du résumé, j'ai pris peur, n'étant franchement pas fan de lectures fantastiques. J'ai donc repoussé ma lecture et puis ce week-end, je me suis finalement lancée. Et je dois dire que c'est une belle surprise, car ce roman est un vrai coup de coeur !
J'ai adoré suivre Helen, une jeune fille qui fait son entrée dans la monde. Nous sommes en 1812, en Angleterre, et après une présentation à la Reine, il est maintenant temps de courir les bals et de trouver le meilleur parti pour elle. Nous sommes plongées dans pendant une bonne centaine de pages dans les réceptions, les bals, les jolies robes, bref tout pour me plaire. Puis survient, le coté fantastique qui au départ m'a un peu freiné mais qui finalement ne prend pas trop de place.
J'ai adoré les personnages : je crois qu'on peut toute s'identifier facilement au personnage d'Helen. Sa femme de chambre est un amour et puis le même si je suis déçue pour le duc qui semblait attaché à Helen, Carlston à un coté mystérieux qui fait tout son charme.
Le tome s'arrête et nous laisse sur notre faim, il me tarde donc de vite découvrir la suite qui n'est pas prévu avant 2017 malheureusement.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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critiques presse (2)
Elbakin.net   31 janvier 2017
Si certains passages font hausser un sourcil quant à la classification en young adult, de nombreux éléments renvoient régulièrement le lecteur aux codes du genre.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Ricochet   31 octobre 2016
Il faut admettre le mélange des genres (historique et fantastique) pour apprécier ce début de série, mais si tel est le cas, le lecteur sera forcément ravi.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   15 juillet 2016
En 1810, le roi d'Angleterre Georges III sombra dans une folie mélancolique dont il ne se remit jamais.
En 1811, son fils, le prince de Galles, un gros homme frivole de quarante-neuf ans, fut proclamé régent et chargé de gouverner un pays en guerre et en proie à une grave récession. Le nouveau prince régent, qu'on appelait généralement "Prinny", donna aussitôt une fête somptueuse pour plus de deux mille membres de la haute société, annonçant ainsi ce que serait sa régence : neuf années de dépenses vertigineuses et de scandales incessants sous la menace permanente des émeutes et de la révolution.
En 1812, cela faisait un an que Prinny était régent. L'Angleterre voyait se profiler une guerre avec les États-Unis alors qu'elle entrait dans sa dixième année de lutte presque ininterrompue avec la France et son empereur, Napoléon Bonaparte. Cependant, on ignorait dans tous ces pays qu'une autre guerre était en cours : un combat secret qui avait commencé voilà plusieurs siècles contre une horde de créatures démoniaques sévissant au grand jour à l'insu de tous dans les villes et les villages du monde entier. Seul un petit groupe d'initiés s'opposait a ces adversaires innombrables et aux ravages insidieux qu'ils faisaient chez les êtres humains.
Londres, aux derniers jours d'avril 1812. L'agitation sociale était à son comble, on se battait avec férocité sur le continent et la toute jeune nation américaine semblait prête a passer à l'attaque. Ce fut également ce mois d'avril que la reine Charlotte choisit, après deux ans d'interruption, pour reprendre les cérémonies de présentation à la cour des jeunes filles de l'aristocratie. Encore un champ de bataille, mais d'un autre genre.
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Emma622612Emma622612   12 janvier 2018
Elle éprouvait une envie presque irrésistible de le frapper du poing en plein visage. Dans son effort pour se retenir, elle poussa un gémissement. Elle avait l'impression qu'une sauvagerie déchaînée en elle était en train de prendre le dessus.
Carlston se releva.
- Quinn, faites sortir tout le monde. Tout de suite !
Le colosse entreprit aussitôt d'entraîner Darby. Lady Margaret et Mr Hammond se figèrent, perplexes, leur verre encore à la main. Quinn les conduisit vers la porte.
- Que se passe-t-il ? lança-t-elle en haletant.
Des vagues d'énergie incontrôlables déferlaient en agitant tout son corps.
- Je ne peux pas laisser ainsi ma maîtresse, cria Darby.
Puis elle se retrouva sur le palier avec les autres. Quinn ferma la porte sur eux et se retourna d'un bond en regardant fixement Helen.
- Qu'est-ce ce qui ne va pas, milord ?
- Sa force arrive.
- Mais elle est censée venir lentement, au cours de sa formation.
- Je sais.
Sa Seigneurie tendit en hâte le plateau au colosse.
- Apparemment elle va l'acquérir d'un seul coup. Enlevez-moi cette carafe et ces verres, et tout ce qui pourrait servir d'arme.
Observant rapidement la pièce à l'ameublement rudimentaire, il pointa le doigt vers deux lourds chandeliers sur la cheminée.
- Prenez ces chandeliers. Et cette cruche. Ensuite, sortez !
Quinn empila sur le plateau les verres et les chandeliers, saisit par son anse la cruche aux couleurs criardes.
- Permettez-moi de rester, milord.
- Vous savez que vous ne pourrez pas lui tenir tête. Vous serez blessé, c'est tout. Quoi que vous entendiez, ne laissez entrer personne.
- Oui, milord, dit Quinn en ouvrant la porte.
Il franchit le seuil avec le plateau et referma en hâte la porte.
Helen agrippa les accotoirs de son fauteuil, comme s'ils pouvaient l'ancrer dans le monde de la raison.
- Suis-je en train de devenir folle ?
Dans sa terreur, elle se mit à hurler.
- Suis-je en train de devenir folle ?!
Elle ferma les yeux, en respirant avec peine.
- Regardez-moi.
Elle ouvrit les yeux, hors d'haleine. Carlston se pencha sur elle en empoignant les deux accotoirs.
- Regardez mon visage. Vous n'êtes pas en train de devenir folle. C'est votre force de Vigilante qui arrive. Il faut lui laisser la voie libre.
Elle ne voulait pas s'enfoncer dans les profondeurs vertigineuses de la violence, où l'obscurité l'attendait comme la gueule d'un monstre gigantesque.
- Je ne peux pas ! Je ne peux pas !
- La force va venir, il vous est impossible de l'arrêter. Je ne vous laisserai pas perdre la raison.
Il saisit ses deux avant-bras, comme si sa promesse devenait une réalité physique. Elle se débattit par réflexe, les dents serrées, en sentant le sang marteler ses tempes dans son effort. Non c'était plus qu'un effort. Son sang lançait un cri de guerre qui retentissait à travers ses veines, ses muscles, ses tendons, en une brusque explosion d'énergie. L'espace d'un instant, elle résista, puis la vague l'emporta en entraînant avec elle toute pensée cohérente.
Elle n'était plus que l'instinct de combattre. Une puissance sauvage qu'un ennemi essayait de contenir.

Ouh, ouh ! Suspense !
Surtout n'achetez pas ce livre si vous ne voulez pas finir ensorcelé ! 😉
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nightsreadingsnightsreadings   11 septembre 2016
« Helen ploya son genou gauche et fit sa révérence, la tête baissée. Ses gestes étaient aisés, sans rien de vacillant. Elle respira – tante Leonore serait contente. Sous ses yeux, la main gantée de la souveraine était crispée sur l’accoudoir sculpté. Dans un bruissement de soie bleue, elle vit s’approcher le corsage cousu d’étoiles d’or et parsemé de diamants de Sa Majesté qui se penchait pour lui donner le baiser royal. Helen leva son visage vers un suave parfum de girofle et l’éclat de diamants brillant sur une peau tachée par la vieillesse. Puis elle sentit des lèvres desséchées se poser doucement sur son front.


- Vous êtes la fille de la comtesse de Hayden ? demanda Sa Majesté d’une voix si basse que Helen ne sentit guère qu’une haleine tiède sur sa peau.


Elle avait donc posé la question fatale. Helen sentit sa gorge se serrer et n’eut que la force de hocher la tête.


- Mon enfant, ne croyez pas tout ce qu’on dit de votre mère »
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MikasabouquineMikasabouquine   30 septembre 2016
- Vous ne vous êtes pas défendu, chuchota-t-elle.
Elle vit qu'il partageait son trouble. Il inclina la tête vers sa bouche, et elle sentit sur sa joue son souffle tiède quand il répondit :
- Non, je ne me suis pas défendu.
Elle leva la tête. Sa bouche était maintenant si proche qu 'elle eut l'impression, en sentant le souffle du comte s'accélérer, que c'était son propre souffle.
- Pourquoi, Demanda-t-elle. J'aurais pu vous tuer.
Il se pencha encore et elle ne vit plus que son visage – la fossette de son menton, la courbe de sa lèvre inférieur, une tache de sang.
En vacillant en avant, elle sentirait sa bouche sur la sienne.
- Non, dit-il. C'est moi qui aurait pu vous tuer.
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iris29iris29   17 février 2017
- Promets-moi de ne pas faire de plaisanteries aussi déplorables à Almack, poursuivit sa tante .
- Promis, assura docilement Helen.
Toutefois, elle ne put s'empêcher d'ajouter:
- Peut-être devrais-je cesser de parler jusqu'à mon mariage .
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Vidéo de Alison Goodman
Lors de sa venue à Paris en juin 2019, Alison Goodman, l?auteure de la fascinante trilogie "Lady Helen", a accepté de se prêter à un petit jeu de questions/réponses.
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Thème : Lady Helen, tome 1 : Le Club des Mauvais Jours de Alison GoodmanCréer un quiz sur ce livre

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