AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782843448997
300 pages
Éditeur : Le Bélial' (27/02/2020)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Harrison a un problème avec l’océan. Qui a sans doute à voir avec le fait que lorsqu’il était tout gamin, « quelque chose s’y est passé »… Un quelque chose proprement horrible dont il n’a aucun souvenir conscient, mais qui a coûté la vie à son père, lui vaut une prothèse carbonée en guise de jambe droite, et des douleurs fantômes pour occuper ses nuits. Or, la thalassophobie, quand votre mère est océanographe, c’est assez compliqué. Surtout quand cette dernière se p... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
boudicca
  25 mars 2020
Daryl Grégory est un auteur américain dont les ouvrages traduits en France depuis 2014 ont rencontré un certain succès. Il faut dire que l'auteur ne fait pas dans le conventionnel et que ses histoires ont de quoi interpeller, qu'il mette en scène un zombie pas comme les autres (« L'éducation de Stony Mayhall ») ou des individus transformés par leur rencontre avec une créature surnaturelle et participant à une thérapie de groupe (« Nous allons tous très bien merci »). « Harrison Harrison » s'inscrit dans la même lignée puisqu'il met en scène un personnage du roman précédemment mentionné dont l'auteur entreprend de nous raconter l'origine du traumatisme. Harrison est un adolescent à priori ordinaire, si on excepte l'absence de l'une de ses jambes, perdue après un terrible accident en mer qui causa la mort de son père alors qu'il n'avait que trois ans. Un événement dont le jeune homme ne se souvient que par bribes, qui ne correspondent d'ailleurs pas vraiment à la version officielle de l'accident dans laquelle aucune mention n'est faite à une quelconque créature marine gigantesque. Or c'est bien ce dont notre héros se souvient... Des années après les faits, Harrison accepte de suivre sa mère pour quelques mois dans une petite bourgade côtière éloignée de tout afin qu'elle puisse procéder à des relevés océanographiques. La ville de Dunnsmouth va toutefois leur réserver bien des surprises. Il y a d'abord ce collège où les enseignants sont au moins aussi flippants que les élèves et qui semblent tous appartenir à une même secte dont Harrison ne comprend ni la langue ni les codes. Et puis il y a ces signes inquiétants qui indiquent que les nouveaux arrivants ne sont visiblement pas les bienvenus. Il y a, enfin, la disparition de la mère de l'adolescent dont le bateau aurait disparu en mer. Seulement cette fois, Harrison n'y croit pas. L'adolescent va alors se lancer à la recherche de sa mère, et, s'il va bénéficier du soutien d'alliés improbables, son enquête va aussi réveiller de vieux souvenirs que certains habitants de Dunnsmouth ne sont manifestement pas désireux de voir ressurgir.
Tour à tour drôle, surprenant, voire carrément captivant, le roman de Daryl Grégory est une vraie bouffée d'air frais. L'auteur parvient à créer un climat de tension et à entretenir le suspens pendant la quasi totalité de l'histoire que l'on se prend à dévorer à vitesse grand V. Impossible de ne pas être intrigué par cette flippante petite bourgade, de même que par ses habitants tous plus glauques les uns que les autres. le malaise qui saisit le héros à son arrivée est donc extrêmement communicatif et, que se soit à cause de leur physique ou de leurs réactions totalement inappropriées, notre instinct nous hurle que ces gens trament quelque chose de vraiment louche à Dunnsmouth, sans qu'on puisse pour autant mettre le doigt sur ce qui cloche. Alors certes, l'arrivée d'un étranger dans une école mystérieuse et dont il ne connaît pas les codes n'est pas un thème nouveau en fantasy (on pense bien sûr à « Harry Potter », mais aussi plus récemment à l'excellent « Vita nostra » de Marina et Sergeï Diatchenko), il n'en reste pas moins que l'auteur s'y prend efficacement et que le procédé fonctionne à merveille. L'influence du maître du fantastique, H. P. Lovecraft, et de ses grands anciens saute aux yeux puisqu'on retrouve la même mention oppressante à des créatures trop anciennes, trop immenses et surtout trop terribles pour être appréhendées. La suggestion suffit toutefois amplement pour entretenir un climat angoissant, d'autant plus que les « intermédiaires » mis en scène sont suffisamment impressionnants comme cela, qu'il s'agisse du terrible scrimshander ou de la gigantesque mère-crapaud. L'influence de Lovecraft se fait également sentir à travers les illustrations qui parsèment le roman et qui sont signées Nicolas Fructus, un artiste qui n'en est pas à sa première incursion dans l'univers du maître du fantastique puisqu'il a également travaillé sur l'ouvrage « Kadath – le guide de la cité inconnue », ou encore plus récemment sur « La quête onirique de Velitt Boe » de Kij Johnson (une réinterprétation féministe d'un célèbre texte de Lovecraft).
Le principal atout du roman reste cela dit ses personnages, et notamment le protagoniste. le jeune Harrison est en effet un héros très attachant qui, en dépit de son jeune âge, a visiblement la tête sur les épaules et est surtout doté d'un sacré sens de l'autodérision. Son sens de la répartie contribue d'ailleurs à instaurer une ambiance chaleureuse qui vient quelque peu contrebalancer l'aspect horrifique du texte. Car en dépit du caractère dramatique des événements, une certaine bonne humeur se dégage du roman qui multiplie les dialogues assez savoureux. de même, si le jeune âge du personnage ne sert absolument pas de prétexte à l'auteur pour édulcorer son récit, il lui est en revanche utile pour distiller des références populaires aux mangas, aux comics, aux super-héros, ce qui permet d'entretenir une connivence entre le lecteur et les personnages. L‘empathie que l'on éprouve pour Harrison vient aussi de sa vulnérabilité car, si le jeune homme donne l'apparence d'être solide et désinvolte, on se rend rapidement compte que gérer ses émotions, et notamment sa colère, lui demande des efforts colossaux. Des efforts qu'il s'emploie néanmoins à fournir, ce qui le rend d'autant plus sympathique. Les personnages qui l'entourent sont tous très étranges, mais en dépit (ou peut être à cause) de leur étrangeté, on ne tarde pas non plus à s'y attacher. C'est le cas de Lub, créature marine dotée d'un irrésistible sens de l'humour, mais aussi de Lydia, une étrange jeune fille du collège de Dunnsmouth, ou encore de la tante de l'adolescent dont l'apparente désinvolture et l'ironie mordante cachent une personnalité beaucoup moins superficielle que ce que son apparence laisse penser. le roman est également peuplé de personnages effrayants ou bizarres dont les traits prennent vie sous le superbe coup de crayon de Nicolas Fructus.
Original, drôle et palpitant : voilà ce qui vient à l'esprit pour qualifier le roman de Daryl Grégory une fois la lecture terminée. « Harrison Harrison » est ainsi un bel hommage à Lovecraft, doublé d'une enquête bien construite qui enchaîne les rebondissements tout en mettant en scène un héros drôle et attachant. Un roman rafraîchissant, qui vous poussera sans doute à réfléchir à deux fois avant de vous aventurer sur la mer. Qui sait ce qui se cache sous l'eau ?
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
Lenocherdeslivres
  06 mars 2020
Qui est le Harrison de Nous allons tous très bien, merci (roman paru en France au Bélial' en 2015) ? D'où vient-il ? Harrison square (titre original de Harrison Harrison) nous le dévoile. Nous sommes donc en présence d'un roman d'initiation où le jeune Harrison, qui a perdu son père dans des circonstances un peu floues (accident ou attaque d'un poulpe géant ?), retourne avec sa mère, scientifique émérite et au caractère bien trempé sur les lieux de l'accident (où le jeune homme a perdu une jambe). Comme leur séjour doit durer un certain temps, il s'inscrit au lycée du secteur. Et rapidement, il s'aperçoit que quelque chose ne tourne pas rond ici.
Pour les amoureux de Cthulhu et des tentacules, Harrison Harrison fera tilt tout de suite. Les références à l'univers de Lovecraft se multiplient pour notre plus grand bonheur. On se croirait dans un roman du maitre ou dans une partie d'un de jeu de rôle dédié à son univers. Les personnages sont lugubres à souhait. L'atmosphère est humide, moite, gluante. Les étrangers y sont regardés de travers. Et la violence rode partout.
Ce roman, destiné aussi bien aux adultes qu'à un public un peu plus jeune, est un vrai moment de plaisir. Suivre les aventures d'Harrison, c'est la certitude de frissons de peur ou de dégoût, de moments de tension et de joie, d'amusement ou de surprise. Bref, une très bonne lecture qui m'a immergé dans un monde aqueux et où les tentacules sont rois.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
SChaptal
  06 avril 2020
Un livre jeunesse chez le Bélial' ? Et oui, c'est possible ! La preuve avec Harrison Harrison de Daryl Gregory. Ce roman revisitant, une fois de plus, les mythes lovecraftiens, met en scène le fameux Harrison Harrison ou H2. Ce lycéen suit sa mère scientifique à Dunnsmouth, petite ville de la côte de la Nouvelle-Angleterre où le temps semble s'être arrêté. Essayant de s'adapter dans un nouveau lycée et de survivre avec son aquaphobie dans un environnement tout entier tourné vers la mer, H2 va bientôt être confronté à une autre catastrophe. Sa mère disparaît et les habitants de Dunnsmouth ne sont pas si humains que ça…
Le moins que l'on puisse dire est que Daryl Gregory connaît bien le mythe autour des Grands Anciens de H.P. Lovecraft, qu'il ait été décliné en livres ou en BD ou bien en films. Et l'illustrateur choisi pour l'édition française, Nicolas Fructus également. Même si son infirmière évoque plus Resident Evil que Re-animator. Si le lecteur dispose des mêmes références, les clins d'oeil plus ou moins appuyés aux différents aspects du mythe seront savoureux. Et sinon ? Sinon il reste un roman solide à destination des plus jeunes. Mélangeant humour, enquête et horreur, Harrison Harrison est accrocheur. J'ai personnellement eu du mal avec les tout premiers chapitres, le temps que tous les personnages prennent place et qu'on nous présente le lycée et la ville. J'ai été réellement emportée par l'histoire avec l'enlèvement de la mère et surtout l'apparition de la tante de H2, personnalité fantasque et attachante s'il en est. La rencontre avec Lub vaut également le détour. En revanche, mais le reproche est également valable pour les oeuvres de Lovecraft, les motivations des antagonistes sont peu claires. Et la plupart d'entre eux n'ont pas de réelles profondeurs. Seul le Scrimshander avec sa façon si particulière de disposer de ses victimes sort du lot.
Au final, Harrison Harrison ne correspond pas tout à fait à ce que j'en attendais, mais j'ai apprécié cette lecture, nettement plus légère que celles auxquelles m'avait habituée cette maison d'éditions. Et j'ai des envies de homards… Comme en a le héros de l'histoire.
Lien : https://www.outrelivres.fr/h..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
lehibook
  27 mars 2020
Harrison Harrison est un ado qu'un accident en mer resté brumeux dans sa mémoire,a amputé d'une jambe et de son père . Il revient sur les lieux en compagnie de sa mère qui disparaît à son tour.Il faut dire que la petite ville Dunnsmouth ( Dunwich + Innsmouth) ! C'est-à-dire label SUPER GLAUQUE dans le guide du routard lovecraftien . Un collège dirigé par une secte qui sent le sushi, des hommes-poissons, des monstres de plus en plus gros (l'as Cthulu mon ptit' loup?) et de plus en plus tentaculaires …et une bande de copains. Tous les ingrédients d'un roman ado pour prendre pied gentiment dans le monde horrifique du maître de Providence :ça ne casse pas trois tentacules à un Kraken mais c'est sympa.
Commenter  J’apprécie          40
DarknessObscura
  06 avril 2020
Harrison Harrison est un roman qui met en scène un personnage narrateur atypique au sein d'une ville qui l'est tout autant.
Daryl Grégory prend le parti de faire référence à l'univers de H. P. Lovecraft, auquel il adresse de nombreux clins d'oeil, à travers la ville de Dunnsmouth, et les créatures et divinités qu'elle abrite. Cependant, l'auteur établit une distance entre son récit et le Maître du Providence en retournant certaines de ses figures horrifiques, à l'image des Profonds, avec le personnage de Lub, qui devient un allié et ami du personnage d'Harrison, par exemple.
Le roman de Daryl Gregory prend des distances avec Lovecraft pour traiter des thèmes tels que la famille ou le développement individuel, tout en montrant des sectes occultes et des créatures grotesques !
Je vous recommande la lecture de Harrison Harrison, et je risque fort de poursuivre ma lecture de cet auteur !
Chronique complète et détaillée sur le blog.
Lien : https://leschroniquesduchron..
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
lehibooklehibook   27 mars 2020
Je levai la main pour les saluer.Ils me scrutèrent .Il portaient du noir et du gris.Sans constituer un uniforme , il s'agissait bien d'un look spécifique.Tous se fournissaient chez fringuesdedépressifs.com .Mon T-shirt bariolé -teinture maison- devait faire le même effet qu'un éclat de rire lors d'un enterrement.
Commenter  J’apprécie          10
LenocherdeslivresLenocherdeslivres   29 février 2020
Le Scrimshander inclina la tête. Je ne voyais rien de son visage, hormis un menton étroit et des lèvres fines. Puis il sourit. Ses dents étaient aussi blanches que pointues. (p.144)
Commenter  J’apprécie          50
LenocherdeslivresLenocherdeslivres   29 février 2020
Je sais que les monstres n'existent pas. (p.18)
Commenter  J’apprécie          20
Video de Daryl Gregory (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Daryl Gregory
Interview de Daryl Gregory par Actusf aux Utopiales 2015.
autres livres classés : romanVoir plus
Notre sélection Imaginaire Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
3017 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre