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Loïc Canavaggia (Illustrateur)
ISBN : 2375681053
Éditeur : Editions du chat noir (01/04/2019)

Note moyenne : 4.77/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Octobre 1345, Comté de Bourgogne.
Fuyant la colère du baron, Aymeric Jodelet, peintre et coureur de jupons, doit s'exiler de son village. L'artiste trouve refuge dans la forêt voisine, au mépris des superstitions. Selon les paysans, un monstre y rôderait : la Vouivre, dont les griffes déchireraient les intrus.
Une fable, rien de plus ?
À l'automne, les sentiers sylvestres mènent n'importe où.
Parfois jusqu'à l'inconnu.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Aelinel
  23 juillet 2019
Ayant déjà eu quelques coups de coeur parmi les publications du Chat noir, il n'a pas été difficile de me convaincre de contribuer au financement participatif de ce roman graphique : Noces d'écailles d'Anthelme Hauchecorne pour les textes et Loïc Canavaggia aux illustrations. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que si le visuel était déjà à la hauteur de mes espérances quand j'ai feuilleté l'opus, mais je me suis également beaucoup régalée avec les textes pendant ma lecture!
Au XIVème siècle, en Bourgogne, Aymeric Jodelet est un peintre déchu pour avoir percé à jour le secret du Baron de Beaumont. Privée de sa clientèle, il noie son désespoir et son ennui dans l'alcool, à l'auberge de son village. Mais un jour, bien éméché, il a failli éventer le secret et a été sauvé de justesse par son ami l'aubergiste. Cet incident ne tarde pas à arriver aux oreilles du Baron qui le condamne à la pendaison pour éviter tout nouveau risque de divulgation. Aymeric doit alors trouver refuge au coeur de la forêt interdite, dans les ruines du château de Ronsard. C'est là qu'il rencontre une mystérieuse jeune fille, sale et simple d'esprit, prénommée Gwybère…
Le récit principal prend la forme d'un journal biographique écrit par le peintre Aymeric et à destination de sa fille naturelle Constance qu'il a abandonnée des années plus tôt. Il est également entrecoupé d'archives de la Bibliothèque du Baron de Beaumont provenant d'une seule et même source : le Drachendämmerung. Cet ouvrage fictif met en scène les membres d'une guilde d'alchimistes qui auraient étudier les dragons pour parfaire leurs connaissances mais également la lutte de chasseurs spécialisés dans l'extermination de ces créatures. Quasiment chaque page est illustrée et chaque dessin est en rapport direct avec le texte que ce soit pour le conte principal (illustrations de la faune de la forêt, d'un bestiaire fantastique et des personnages principaux comme Gwybère, Aymeric, le Baron etc…) ou pour les archives (avec un rendu sous forme de parchemin et un bestiaire de dragons). Les dessins peuvent être soit de couleur, soit au crayonné sur un fond sépia qui laisse à penser à un cahier de croquis. le tout donne un rendu très immersif dans l'univers imaginé par Anthelme Hauchecorne et Loïc Canavaggia.
Quant au texte, il possède plusieurs sources d'inspiration comme la Vouivre qui est une créature fantastique très présente dans l'imaginaire médiévale : il s'agissait d'un dragon ou d'un serpent ailé qui vivait près d'un cours d'eau et qui pouvait prendre l'apparence d'une jeune femme séduisante. Elle possédait également un bijou, l'escarboucle qui lui assurait l'immortalité. La Vouivre n'est pas sans rappeler l'Odyssée avec les Sirènes à tête de femme et à corps d'oiseau qui par leur chant attiraient les marins imprudents dans les récifs. Un autre épisode concernant le secret du baron m'a également fait penser au Roi Midas atteint d'une difformité qu'il essayait de cacher aux yeux de ses sujets ; un thème repris par la suite dans le cycle arthurien avec le roi Marc, l'époux légitime d'Yseult.
Pour finir, j'ai beaucoup aimé suivre l'intrigue de Noces d'écailles. Il possède quelques rebondissements et certains secrets sont révélés au fur et à mesure de la lecture. Quant à l'univers, il est fouillé et ne manque pas de profondeur. Les personnages sont également très bien esquissés et ne présentent aucun manichéisme. Malgré leurs défauts, le lecteur s'attache à eux.
En conclusion, Noces d'écailles est un roman graphique au visuel impeccable qui aide le lecteur à s'immerger dans un univers développé. Les dessins sont de toute beauté et en rapport avec le texte. Quant à ce dernier, s'il trouve ses inspirations dans la mythologie grecque et médiévale, l'intrigue n'en reste pas moins intéressante et les personnages bien écrits et agréables à suivre. Bref, un nouveau petit coup de coeur pour le Chat Noir!
Lien : https://labibliothequedaelin..
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UnKaPart
  21 avril 2019
Or donc, tels Merlin et Élias de Kelliwic'h, ils sont deux aux manettes de l'ouvrage.
Loïc Canavaggia, illustrateur de talent, grand vainqueur de la palette de Winchester, concepteur de la potion de guérison des pinceaux incarnés, auteur du parchemin le dessin expliqué aux personnes âgées.
Anthelme Hauchecorne, grand écrivain du Nord, meneur des loups de Lorraine, pourfendeur des âmes de verre, concepteur de la plume de toute-puissance.

De quoi parle Noces d'écailles ? de vouivre.
Qu'est-ce qu'une vouivre ? Un mot parti du latin vipera et passé par 250000 orthographes différentes depuis le fin fond des tréfonds du Moyen Âge. Vu l'étymologie, tu auras compris qu'il s'agit d'un machin à base de serpent. J'emploie “machin” à dessein, parce que la créature varie d'une région l'autre et revêt autant de formes que le terme a de graphies. Grosso modo, on parle d'un maousse serpent volant. Qui crache le feu. Et garde un trésor.
Je ne comprends pas pourquoi à l'époque les dragons n'ont pas déposé plainte pour plagiat. Enfin, maintenant, il y a prescription, tant pis pour eux.
Certaines légendes à base de vouivres l'associent à une figure féminine. C'est le cas aussi du roman de Marcel Aymé, au titre d'une inventivité redoutable : La Vouivre. Des tas de gens très sérieux ont écrit des tas de choses très doctes sur le sujet. Il est question de symbolique biblique (Ève et le serpent qui parle) ou païenne (Terre-Mère représentée par un serpent), et d'énergie sexuelle liée à la démarche ondulatoire du serpent, si tant est qu'on puisse parler de démarche pour un animal rampant. Je ne peux pas dire que ce fatras mystico-universitaire m'ait convaincu.
J'ai mené mes propres recherches pour en arriver à une conclusion beaucoup plus sérieuse que des histoires de serpent qui roulent du cul alors qu'ils sont dépourvus de jambes.
En se basant sur la statuaire antique (Vénus de Milo, Victoire de Samothrace), le point commun entre la femme et le serpent, c'est l'absence de bras.
Eh ouais, ça en bouche un coin, dixit Howard le canard.

Noces d'écailles s'inspire d'un peu tout ça (sauf le canard, les femmes sans bras et les biographies à la Kaamelott) et surtout d'un conte jurassien mettant en scène une vouivre et un valet de ferme qui lui chourave son escarboucle. Ah ça, ma bonne dame, on ne peut pas faire confiance au petit personnel…
Le récit se présente comme le journal d'Aymeric Jodelet, écrit à partir de l'automne 1345. Aymeric est un peintre alcoolique en indélicatesse auprès du seigneur local. Lâche, volage, irresponsable, monsieur a tout pour plaire. du début à la fin du bouquin, j'ai prié pour qu'il meure, si possible de façon lente et douloureuse.
Après la gaffe de trop, Aymeric doit mettre les bouts et s'enfuit dans la forêt, où il rencontre Gwybère. Je ne pense pas remporter la médaille du spoiler de l'année en t'annonçant que la vouivre, c'est elle, surtout avec un nom pareil, entre guivre, vipère et wyverne.
S'ensuivent des trucs et des machins qui sont racontés dans le bouquin et que je ne vais pas répéter ici, sinon là, pour le coup, ça reviendrait à spoiler dans les grandes largeurs.

C'est de la belle ouvrage, y a pas à dire mais je le dis quand même.
À défaut de m'identifier et de m'attacher à Aymeric – personnage qui incarne à peu près tout ce que je déteste – je me suis rabattu sur Gwybère. de toute façon, je me range toujours du côté du monstre. C'est un principe. D'autant que les personnages humains de l'histoire ont tous quelque chose de pourri en eux. Pas de manichéisme, tout le monde est gris (gris foncé même). On retrouve là un thème courant chez Hauchecorne, à savoir que le “monstre” n'est pas forcément la créature désignée comme telle (cf. Âmes de verre, son titre le plus parlant à ce sujet).

Le récit a beau être court – une petite centaine de pages dont la moitié d'illustrations –, le texte et le sous-texte condensent une multitude d'inspirations, de légendes et l'essentiel des mythes draconiques. Une somme. Avec en prime un traitement qui sort du lot. Pour une fois, pas question d'aller titiller du dragon pendant qu'il ronque sur son magot. Merci de nous épargner une pauvre resucée de Bilbo le Hobbit comme il s'en édite une par semaine. À la place, une vouivre, des références à d'autres créatures issues du folklore (adanc, amphiptère, cocatrice – qui n'est pas chauve, n'en déplaise à Ionesco), des extraits d'un manuel de chasse intitulé Drachendämmerung, des superstitions médiévales (les pierres de fertilité, les représentations mentales de la forêt).
L'ambiance est gothique au sens XIXe siècle, avec son château de Ronsard en ruine, son artiste maudit, ses amours impossibles, donc proche de l'atmosphère d'un Dracula ou d'un Frankenstein. Ton sur ton pour une histoire située au XIVe siècle, en plein style gothique, cette fois au sens architectural. Les racines plongent jusque dans les mythes grecs, riches en créatures ophidiennes (Échidna, hydre de Lerne, dragon de Colchide, Méduse, Python…) et en unions pas piquées des hannetons (entre Pasiphaé qui se tape un taureau, Oedipe qui se marie avec sa mère Jocaste et Zeus qui engrosse ses propres filles, c'est le festival du X hardcore). Là-dessus, tu ajoutes un petit parfum de Lovecraft, grand obsédé de la flotte et des hybrides d'humains et d'amphibiens. le fief du seigneur de Beaumont prend à l'occasion des airs d'Innsmouth et certains de ses habitants seraient embauchés direct pour un casting de Profonds.
Tout ça pour dire que Noces d'écailles, ce n'est pas juste “je prends un conte, je sors mon dico des synonymes, pif paf pouf, reformulation, paraphrase, et hop, ça donne une oeuvre”. Non. le récit est une réinterprétation, une réécriture complète, avec tout ce que cela implique comme travail d'auteur pour ne pas se contenter de jouer les copistes.

Les illustrations sont aussi nombreuses que magnifiques. Je ferai plus court sur ce versant, je ne suis pas équipé pour la critique d'art. Les illustrations de Loïc Canavaggia m'avaient marqué sur des titres comme Punk not dead et le carnaval aux corbeaux. Ici, que dire si ce n'est que “ça tue sa mère”, pour citer Oreste. Les dessins collent au texte comme les bonbons au papier. Plus que de simples images pour faire joli, ils mettent en scène le récit. On se situe pour ainsi dire dans un roman graphique, moins les phylactères.
J'ai pris un plaisir fou à mater les illustrations. Je sais d'ores et déjà que je remettrai le nez dedans à l'avenir, juste pour m'en coller plein les mirettes, comme je le fais avec mes bouquins de jeu de rôle.
Quant à la présentation d'ensemble, un sans-faute, elle pète le feu. le choix d'un fond parcheminé colle à l'époque tout en restant lisible. Idem les polices de caractère plus exotiques que des bêtes Times New Roman ou Calibri, sans trop en faire non plus dans le chargé, genre gothique classieux mais maldetêtogène. Niveau coquilles, y a pas de lézard, rien à signaler, ce qui ne gâche rien.

Dans le corpus de la littérature draconique, foisonnant et, disons-le, blindé de titres inutiles et compilations faciles, Noces d'écailles arrive avec du lourd dans la musette : un contenu copieux sur la vouivre, parente pauvre du genre, et une identité aussi bien dans le graphisme que dans le propos du texte. de quoi être à la noce.
Lien : https://unkapart.fr/noces-d-..
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FungiLumini
  25 avril 2019
J'avais participé à la campagne Ulule pour soutenir ce projet, trio gagnant d'un auteur que j'adore, d'un illustrateur talentueux et d'une maison d'édition dont j'apprécie énormément toutes les sorties. J'ai reçu ma contrepartie ce weekend, et, profitant d'une semaine de vacances, je me suis lancée directement dans sa lecture (et oui, vu le très grand format de l'ouvrage, il vaut mieux le lire chez soi, il n'est pas facile à emporter dans les transports en commun ou à glisser dans un sac :p). Il ne m'aura fallu qu'un jour pour le dévorer, totalement happée à la fois par le récit conté par Anthelme et par la beauté des illustrations de Loïc.
L'objet-livre en lui-même est magnifique. Sa couverture cartonnée, en peau de dragon et avec vernis sélectif, offre une vue sur l'ambiance générale du livre, entre sombres forêts et eaux troubles, et rappelle la légende abordée, celle de la vouivre. le format est beaucoup plus grand que les artbooks habituels des éditions du Chat Noir, ce qui fait la part belle aux dessins. Ces illustrations sont un des points forts de l'ouvrage : déjà, il y en a énormément (une à deux par double page !). Ensuite, elles sont réalisées avec beaucoup de talent, que ce soit dans les tracés fins et précis ou dans les détails des paysages et des créatures. Dernier point et non des moindres, une bonne partie de ces dessins ont été colorisés, ce qui augmente encore le plaisir des yeux du lecteur !
J'ai beaucoup aimé le fait qu'on ne soit pas sur un fond blanc, mais plutôt sur une imitation parchemin. La typographie choisie est aussi inhabituelle et plutôt manuscrite, tout en restant aisément lisible. L'histoire débute en 1345. et j'ai trouvé ces détails de mise en page cohérents et sympas par rapport au contexte historique ! Bon, et si on passait un peu à l'histoire ?
Les « héros » d'Anthelme en sont rarement. Dans ce roman, le protagoniste Aymeric est artiste peintre talentueux, malgré sa main difforme. Il gâche cependant ce talent avec l'alcool, les femmes et surtout sa curiosité qui le pousse à regarder sous le masque du baron et à ensuite subir son courroux. On le suit au travers de son journal, dans lequel il raconte ses mésaventures. Il doit fuir dans la Sylve serpentine, dans laquelle il a installé un atelier. Un jour, il croise le chemin de Gwybère, une jeune femme simple d'esprit qui va l'emmener vivre avec elle dans les ruines du palais de Ronsard. Une vie paisible se profile, jusqu'au jour où l'aubergiste tente de ramener Aymeric au village…
Si la forêt, endroit de mille rumeurs et légendes, ne parait au départ pas dangereuse, nous allons y plonger de plus en plus profondément et découvrir les multiples créatures qui l'habitent. Aymeric est loin d'être courageux, son âme/physique de peintre le pousse à plutôt observer et reproduire sur papier les étrangetés auxquelles il assiste plutôt que de se battre pour partir. D'abord fasciné, il finira par craindre la faune et la flore qui l'entourent. Alors, véritable danger ou simple vision d'un esprit dérangé?
J'adore toujours autant le style d'écriture d'Anthelme. Il mêle sombre poésie, jeux langagiers et fluidité des actions avec brio. En quelques phrases, il nous plonge au coeur d'un lieu, d'une époque, d'une vie. Il a aussi toujours le mot de la fin de chapitre qui mêle suspense et mystère, et on ne souhaite alors qu'une chose : connaitre la suite des événements ! J'ai aussi aimé le fait qu'il présente différents types de contenus : la trame principale, mais aussi des extraits de chroniques, lettres, etc. qui ajoutent une dimension supplémentaire à l'histoire.
Si le récit semble au premier plan narrer les malheurs d'Aymeric, une grande part y est consacrée à la réinterprétation de la légende de la vouivre. J'ai trouvé fascinant de (re)découvrir cet créature de légende au travers de la très belle plume d'Anthelme, qui marie subtilement les éléments du récit populaire à sa propre vision. A la fin de l'ouvrage, on retrouve d'ailleurs le conte originel « La vouivre et le valet », provenant du Jura, et qui a inspiré ce récit, ainsi qu'un très beau carnet de croquis de cette créature fantastique.
Un artbook de très grand format qui fait la part belle à ses magnifiques illustrations. le texte et les dessins se partagent équitablement l'espace, les détails de la mise en page sont très soignés, un vrai plaisir à parcourir ! le récit, réinterprétation personnelle très réussie de la légende de la vouivre, nous emmène au coeur d'une sombre fable, entre mystères et malédiction. Un projet atypique comme on aimerait en voir plus souvent !
Lien : https://livraisonslitteraire..
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Dup
  18 juin 2019
Voilà un projet de crowfunding que je suis bien contente d'avoir soutenu à fond tant le résultat est à la hauteur de mes espérances. Un superbe artbook grand format, quasiment de la taille d'une BD, un chouïa plus large. de quoi permettre une mise en page somptueuse, aussi bien du texte de l'auteur que des dessins de l'illustrateur.
Je connaissais déjà les talents de Loïc Canavaggia qui accompagne très souvent les écrits d'Anthelme, comme dans le superbe Punk's not dead. Voir ses illustrations en grand format, magnifiées par un papier glacé, c'est un réel ravissement. Des portraits, des crayonnés, des dessins colorisés, on en prend plein les yeux. C'est beau, parfois glaçant, parfois horrifique, bref parfaitement adapté à la plume d'Anthelme Hauchecorne.
Or donc, notre Anthelme s'attaque à la légende de la Vouivre, un vieux conte jurassien qui remonte à la nuit des temps. Cela ne pouvait donc que me parler, vivant moi même au milieu des forêts du Haut-Jura. Si vous voulez faire des recherche sur l'étymologie de ce nom, allez donc faire un tour chez Un K à part qui l'a fait pour vous, avec beaucoup de précisions... et d'humour !
Nous sommes en 1345 lorsque l'on fait la connaissance de Aymeric Jodelet, le "héros" de cette histoire, un Aymeric qui se raconte en écrivant à sa femme. Vous allez très vite comprendre le pourquoi des guillemets ! Ce Aymeric est un peintre talentueux, soit, mais alcoolique et volage. Rejetté par sa femme et sa fille, disgracié par le seigneur de Beaumont pour sa conduite irrévérencieuse. Alors que, encore une fois plein comme une barrique, il persiste et signe sa diffamation, il adopte la solution de la fuite pour éviter d'être pendu haut et court. Alcoolique, volage, lâche, un beau héros que voilà non ? Un héros à la Hauchecorne en fait !!! Aymeric fuit, direction la Sylve Serpentine où il s'est créé un petit atelier de peintre isolé.
Alors qu'il se sent épié, qu'il entrevoit un énorme serpent qui s'envole, il décide de traquer ce voyeur singulier. En chemin, près d'une rivière, il rencontre une superbe femme nommée Gwybère. Si le texte ne le dit pas clairement, les dessins de Loïc Canavaggia ne laisse aucun doute quant au fait qu'il s'agit de la Vouivre. Et je ne vous en dit pas plus car il FAUT que vous découvriez cette histoire réinventée, remodelée avec talent par Anthelme Hauchecorne. C'est juste captivant, une fois démarré, vous n'avez d'autre choix que de le finir. Et vous allez en prendre plein le coeur et plein les mirettes.
Le papier choisi imite le vieux parchemin, les lettres d'Aymeric sont entrecoupées d'extraits d'un manuel de chasse draconique issu d'un ordre de chasseur-alchimiste de l'Empire Germanique. Ce artbook est une splendeur et je suis ravie de posséder cette oeuvre que j'ai parcouru plus d'une fois pour le plaisir des yeux, relu pour le plaisir procuré par cette plume ciselée et unique. Pour me replonger dans cet univers mythique et inspirant. Un artbook avec un texte qui se lit comme un roman, ce n'est pas si courant, et franchement on en a pour son argent. Je ne peux que vous conseiller de vous le procurer.
Lien : https://bookenstock.blogspot..
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LesFantasydAmanda
  18 juin 2019
Pour découvrir un aperçu de ce qui se cache entre les pages de Noces d'écailles, rendez-vous sur mon blog !
--- Vous ne connaissiez pas ma passion pour les dragons ? ---
Elle me vient de la saga L'héritage de Christopher Paolini. Ici cependant, on est bien loin des grands récits épiques. D'ailleurs, ce roman ne parle pas tout à fait de dragon, mais de vouivre, une nuance qu'il est important de souligner.
Quoi qu'il en soit, j'ai retrouvé l'imaginaire un brin déluré d'Anthelme Hauchecorne avec grand plaisir, cette fois dans un style plus médiéval. Sous sa plume empreinte de magie, l'histoire d'Aymeric Jodelet a pris une dimension ésotérique qui m'a beaucoup plu !
--- Un récit qui se joue de nous ---
Tout comme dans Journal d'un marchand de rêves et le Carnaval aux Corbeaux, l'auteur n'a pas conçu son intrigue de manière linéaire. Il avance, recule, repart en sens inverse afin de perdre son lecteur et le surprendre ! Alors, oui, c'est sûr, il faut être un minimum concentré pour suivre les péripéties des protagonistes. Toutefois, c'est sa façon de renverser l'histoire au moment où on s'y attend le moins.
Malgré un roman relativement court, il est parvenu à créer du suspense, à trouver un équilibre entre description et action et même à susciter des émotions. J'avoue avoir ressenti quelques longueurs au début, notamment lorsque le personnage principal se perd dans ses écrits, mais les nombreux rebondissements m'ont permis d'oublier ce détail.
--- Lâcheté et égoïsme ne font pas bon ménage, et pourtant… ---
Aymeric Jodelet est l'exemple parfait de l'anti-héros. Il a préféré tout abandonner, femme et enfant, honneur et courage, pour fuir ses erreurs passées. Comme à son habitude néanmoins, Anthelme Hauchecorne transcende son personnage au-delà de ce qu'il se croit capable. Si on lui avait annoncé ce qui l'attend dans la forêt, peut-être aurait-il renoncé. Mais sa rencontre avec Gwybère, une jeune femme étrange, et des sentiments ambivalents à son égard révéleront le pire et, surtout, le meilleur de lui-même…
Lien : https://lesfantasydamanda.wo..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
FungiLuminiFungiLumini   25 avril 2019
Seule ombre au tableau : j’avais trop tôt épuisé mes réserves d’alcool. Je fus bientôt en proie au manque. Cloué au lit, marinant dans ma sueur, je souffris de visions.
Au plus fort de mon delirium, je crus discerner un serpent m’épiant depuis une fenêtre. Le reptile perçut aussitôt que je l’avais repéré. Il découvrit ses crochets, déploya ses ailes et s’envola. Avais-je rêvé? Venais-je d’entrevoir un amphiptère, tout droit jailli des vieilles légendes?
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SharooSharoo   09 juin 2019
Elle avait le doux visage d'une déesse et les mains calleuses d'une paysanne. Elle avait la tête vide d'une fillette et les fesses pleines d'une femme.

La nature s'était jouée d'elle d'un bout à l'autre, et pourtant, elle ne lui en gardait nulle rancune.
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UnKaPartUnKaPart   21 avril 2019
Une vérité essentielle m'apparut : beauté et laideur étaient des mensonges. Ces concepts n'appartenaient pas à l'ordre naturel, les bêtes n'en avaient cure. Ces fadaises n'intéressaient que l'Homme.
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Videos de Anthelme Hauchecorne (6) Voir plusAjouter une vidéo
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Payot - Marque Page - Anthelme Hauchecorne - Moitiés d'âme
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