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EAN : 9782330129903
240 pages
Éditeur : Actes Sud (08/01/2020)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 135 notes)
Résumé :
Machara Akio est un homme ordinaire qui mène une existence ordinaire d'employé de bureau. Il vit avec sa femme, son fils et sa mère vieillissante. Un jour, il reçoit un appel de son épouse au travail. La chose est inhabituelle. La demande qu'elle lui fait l'est encore davantage : revenir immédiatement à la maison. Elle refuse de lui en dire plus mais la panique qu'elle entend dans sa voix le convainc de partir aussitôt. A son arrivée, sa femme lui apprend que leur f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  08 mars 2018

Pas toujours facile d'élever des adolescents de nos jours ...
Sans vouloir généraliser, il faut souvent négocier leurs crises de rébellion, alors même que l'autorité parentale devient obsolète.
Ils savent tout mieux que vous, et en cas de désaccord votre expérience ne fait plus de vous qu'un vieux con à leurs yeux.
Ils peuvent être insolents, ils ne décollent plus le nez des réseaux sociaux, constamment absorbés par leur ordinateur ou leur smartphone.
Les résultats scolaires passent au second plan, seules les fêtes où circulent alcool et substances illicites trouvent désormais grâce à leurs yeux.
Ils attendent que vous soyez toujours disponible pour eux, et il leur semble en contrepartie tout aussi naturel de ne jamais l'être pour vous.
S'ils ont plus ou moins conscience de vos sacrifices financiers ou du temps que vous passez pour eux, ils estiment que c'est tout naturel.
Ils n'ont finalement plus besoin de vous que pour manger ou laver leur linge ( et vite de préférence ! ) : Pour le reste ils sont en revanche assez émancipés pour gérer leur vie telle qu'ils l'entendent.
Eh bien vous ne le saviez peut-être pas, mais finalement vous avez de la chance.
Celle de ne pas avoir un adolescent comme Naomi à gérer.
Ce n'est pas du linge sale que Maehara Naomi, quatorze ans, laisse à ses parents ce soir-là. C'est le cadavre de la petite Yuna, une fillette de sept ans. Il l'a étranglée, mais bon ... il a juste serré un peu trop fort. Ca n'était pas prémédité.
A cause de l'odeur d'urine, il a quand même déplacé le corps dans le jardin, après quoi il est retourné dans sa chambre jouer à la console. Il n'a perdu ni l'appétit, ni le sommeil.
Pour le reste, que sa mère et son père se débrouillent ! Ils sont là pour ça, non ? Pour réparer ses petites bêtises ?
Quand Yaeko, la maman, découvrira ce que son fils colérique a fait, elle appellera son conjoint encore au bureau afin qu'il rapplique en vitesse.
Et c'est ainsi qu'Akio, le mari, se retrouve face à un problème inattendu qu'il doit gérer au mieux et au plus vite. Il essaie d'interroger son fils pour savoir ce qui s'est passé, comment c'est arrivé et en gros, les seules réponses qu'il parviendra à arracher à son meurtrier de fils seront "J'ai pas fait exprès" ou "Tu m'embêtes, j'en sais rien, moi."
Leur adolescent solitaire, qui de toute évidence est très attiré par les trop jeunes filles, se lave totalement les mains de son crime odieux.
Akio doit-il appeler la police et le dénoncer ? C'est son premier réflexe mais sa femme n'est pas du tout d'accord : Cela priverait Naomi de tout avenir et jetterait l'opprobre sur l'honneur de leur famille. Sans oublier qu'ils seraient considérés comme responsables des actes de leur enfant mineur.
"Sa vie sera finie si on sait qu'il a tué une petite fille !"
"Tu crois vraiment que les gens seront prêts à l'accepter quand même ? Comment ferais-tu, toi ? Tu traiterais une personne qui a commis un tel crime comme tout le monde ? "
Mais quelle alternative ont-ils ?
Le couple affolé, totalement dépassé par les évènements, réfléchit alors à la meilleure solution possible, s'improvisant hors-la-loi pour protéger Naomi et commettant au passage quelques erreurs de débutants.
Une partie d'échec s'engagera ensuite entre la famille Maehara et les policiers, représentés ici par deux cousins qui enquêtent ensemble sur le meurtre de la petite Yuna : Matsumiya et Kaga.
"Au point où nous en sommes, nous devons prévoir le prochain coup."
Toute cette partie du roman en fait un petit bijou d'humour noir.
Les doigts rouges est considéré par l'éditeur comme l'une des oeuvres les plus sombres de Keigo Higashino, et elle l'est d'ailleurs à bien d'autres égards, mais je n'ai pu m'empêcher de sourire en découvrant cet improbable point de départ et la folle spirale qui s'ensuit.
Entre ce gosse infect qui refuse d'assumer ses actes, ces parents qui sont désemparés et tentent tant bien que mal de trouver une solution pour que soit épargné Naomi et l'étau qui se resserre progressivement autour de leur famille au fur et à mesure que progresse l'enquête, j'ai pris un malin plaisir à m'immiscer dans cette famille dysfonctionnelle en guettant les réactions de chacun, en observant leurs idées folles pour échapper à la justice.
Rien de bien imprévisible dans le déroulement des évènements, qu'on anticipe la majorité du temps, mais ça n'est en rien gênant puisque le livre joue davantage sur l'ambiance et la psychologie des personnages. Et réserve de toute façon de belles surprises dans son final.
Au-delà du roman policier et de l'alternance entre les conclusions des enquêteurs et les improvisations maladroites de la famille Maehara, Les doigts rouges évoque principalement le phénomène du vieillissement de la population au Japon sous un angle tant social que culturel. Et plus largement, les liens entre les membres d'une même famille, notamment entre les enfants et leurs parents. Au Japon, il est tout à fait normal de voir réunis sous le même toit trois générations puisque la tradition veut que les familles accueillent leurs parents lorsque ceux-ci ne peuvent plus être indépendants.
"Mais de toute façon, il est dans l'ordre des choses que les enfants s'occupent de leurs parents, non ?"
Cela, Keigo Higashino va l'illustrer au travers des deux familles qui s'affrontent ici : les Maheara et les deux cousins policiers.
Le père de Kaga est hospitalisé et ses jours sont comptés. Pourtant, son fils refuse de le revoir. Très proche de son oncle, Matsumiya ne comprend pas l'attitude de son cousin. Quel terrible secret a pu provoquer une telle discorde entre les deux ? Très proche du malade qui est aussi son père de substitution, Matsumiya va tout faire pour rapprocher Takamasa de son fils avant qu'il ne soit trop tard.
"Il a mené une vie solitaire, et il peut aussi mourir seul."
Quant aux Maehara, ils ne se sont pas mariés par amour et Akio a du faire de nombreux compromis pour son épouse, en particulier après la naissance de leur enfant. Yaeko a accepté de vivre avec sa belle-mère Masae à condition de ne pas avoir à s'en occuper, et le couple a déménagé dans sa maison peu après le décès du père d'Akio qui, victime d'Alzheimer, était retombé en enfance avant de s'éteindre définitivement.
"Il s'est servi de mes produits de beauté et il s'est enduit les doigts de mon rouge à lèvres. Il se conduit comme un petit enfant."
D'abord valide et indépendante, Masae a peu à peu sombré à son tour dans la folie, ne reconnaissant plus son propre fils.
"Elle avait oublié qui elle était."
"Il n'avait jamais pensé qu'après son père, sa mère puisse souffrir de démence sénile."
Rejetée par sa belle-fille, seule Harumi - sa fille - s'occupe d'elle.
Le roman pose donc les questions de la place grandissante des personnes âgées dans la société japonaise d'aujourd'hui ( "Je me sens mal rien qu'à l'idée de devoir prendre soin d'un vieillard atteint d'Alzheimer" ), du poids des traditions, du devoir des enfants envers leurs parents malades, séniles ou grabataires.
Et à l'inverse, celle du devoir des parents envers leur adolescent aux actes aussi irresponsables que monstrueux.
"Les familles paraissent normales de l'extérieur, mais elles ont toutes leur situation propre."
Traduit aujourd'hui mais écrit en 2009, il s'agissait là de ma troisième incursion au pays du soleil levant en compagnie de Keigo Higashino après ses romans La fleur de l'illusion et La maison où je suis mort autrefois.
Et incontestablement, c'est celui que j'ai préféré.
Déjà parce que je me suis habitué très facilement aux patronymes orientaux des personnages, retenant très vite qui était qui sans les confondre, ce qui a facilité mon incursion dans cette culture si riche et si différente.
Parce que malgré la gravité des sujets je me suis malgré tout amusé à voir cette famille si banale en apparence se débattre et nager en eaux troubles pour sauver tant les apparences que leur tête-à-claques de fils psychopathe.
Parce que je me suis totalement laissé surprendre par le final.
Egalement grâce à l'écriture, toujours aussi bien servie par la traduction de Sophie Refle, qui est impeccable, toute en simplicité et néanmoins efficace.
Et parce que le roman est beaucoup plus profond qu'il n'y paraît au premier abord. Pas seulement pour ses réflexions sur l'unité de la famille nippone mais aussi pour l'empathie que vous vous surprendrez à ressentir pour certains personnages, parfois de façon inattendue.
Et puis bien sûr, pour son effet thérapeutique : la prochaine fois que votre ado vous parlera mal ou se mettra en colère pour des broutilles, vous serez finalement ravi(e) et rassuré(e) d'avoir un jeune adulte aussi semblable à ceux de sa génération !
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diablotin0
  25 septembre 2020
Avec " Les doigts rouges", je renoue avec Keigo Higashino que j'avais un peu délaissé après avoir été déçue par "la prophétie de l'abeille" et "l'équation de plein été".
Je retrouve ici, ce que j'avais aimé dans "le dévouement du suspect X" ou encore "un café maison". Dans "les doigts rouges", nous faisons connaissance avec la famille Maehara et je dois dire que je suis bien contente de ne laconnaître qu'à travers ce roman. Yaeko, la mère de famille est diabolique et tout à fait détestable, c'est le portrait, pour moi, d'une tête à claques. Si je peux comprendre, qu'en tant que mère, on soit prêt à beaucoup, pour sauver son fils, je n'ai absolument pas supporté, son attitude bornée. le fils, Naomi, ne vaut pas mieux, même tête à claques ! . Akio, le père quant à lui, a reçu mes faveurs, il m'a fait de la peine et j'ai ressenti de la compassion pour lui.
Ce roman tourne autour d'une enquête, menée par le duo de cousins Kaga et Matsumiya, après la découverte d'un meurtre, que l'on sait dès le début commis pas Naomi.
Parallèlement à cette enquête, on suit également en filigrane l'histoire de ces cousins à travers le père de Kaga.
La psychologie des personnages est finement décrite avec beaucoup de subtilité. J'ai beaucoup aimé la fin pour ne pas dire les deux fins. Je suis contente de retrouver le Keigo Higashino que j'aime. Avec cet auteur, on découvre toujours avec subtilité, une facette du Japon.
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LePamplemousse
  27 mars 2018
Aimer son enfant et vouloir le protéger justifie t'il de cacher quelque chose d'aussi abominable que le meurtre d'une petite fille ?
Le personnage principal de ce roman policier japonais a la désagréable surprise de découvrir le corps sans vie d'une enfant de 7 ans dans son jardin, un soir, en rentrant du travail.
C'est son fils de 14 ans qui l'a étranglé et qui depuis, est retourné tranquillement jouer au jeu vidéo dans sa chambre en laissant le soin à ses parents de se débrouiller pour « arranger » les choses.
Avec un début pareil, on se doute que le roman va être noir et c'est le cas.
Car en plus de l'enquête policière classique sur la mort de la petite fille, nous découvrons comment les japonais d'aujourd'hui s'occupent des personnes âgées et dépendantes, la vieillesse et la sénilité étant un des thèmes abordés dans ce roman.
Avec une écriture pleine de délicatesse, Keigo Higashino nous fait pénétrer au coeur de la société japonaise, il nous montre ce que « perdre la face » signifie pour les japonais, qui sont alors prêts à tout pour éviter d'avoir honte et préserver leur réputation.
Un roman policier d'une grande finesse psychologique et abordant avec intelligence des thèmes forts.
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kuroineko
  08 février 2020
Amateurs/trices de suspense insoutenable, d'actions au détour de chaque page, mieux vaut sans doute passer votre chemin. Les doigts rouges de Higashino Keigo est plutôt une étude sociétale et familiale sous couvert d'une enquête policière. Une petite fille est retrouvée morte dans les toilettes d'un petit parc publique, dans un quartier résidentiel calme. D'emblée, l'auteur nous révèle qui a tué et dans quelles circonstances. Au temps pour le suspense et le sens de l'intrigue, pourrait-on penser. Pourtant, l'observation scrupuleuse des rapports entre les membres d'une famille vaut largement le détour et le temps consacré à la lecture de ce roman somme toute peu épais.
L'auteur scrute et présente avec le ton neutre qui est sa marque les relations entre mari et épouse, entre les différentes générations, les frères et soeurs, ... Les crises conflictuelles de l'adolescence sont mises en avant et le jeune en question mériterait à plus d'un titre une sévère remontée de bretelles. La vieillesse et la dépendance voire la sénilité des parents sont également détaillées. Les doigts rouges, de ce point de vue, est une véritable présentation romanesque de ce que les essais de sociologie démontrent pour le Japon depuis déjà un bout de temps.
La cellule familiale telle qu'elle est montrée ici met très mal à l'aise, de différentes façons. On passe par diverses émotions avec le récit de Higashino sans jamais tomber dans un manichéisme simpliste ou une détestation viscérale.
L'étude de cette famille se double des relations de cousinage des deux policiers principaux. Leurs propres démêlés familiaux s'esquissent au fil des chapitres, avec de surprenantes révélations.
Au final, Les doigts rouges est un roman qui se lit avec grand intérêt et qui, au delà des frontières et des différences civilisationnelles, nous renvoie à nos propres rapports entre membres d'une famille. le livre présente des sentiments ambigus et complexes, révélateurs d'un certain délitement de la sphère familiale et d'une faille intergénérationnelle croissante au Japon.
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sandrine57
  11 février 2020
Avec une femme autoritaire, un fils accro aux jeux vidéo et une mère atteinte de démence sénile, le foyer d'Akio Maehara n'est pas exactement le havre de paix que tout salaryman est en droit d'espérer en quittant son travail. Aussi l'homme a tendance à s'attarder au bureau et à terminer sa journée dans un bar avant d'affronter le pénible retour à la maison. Pourtant, quand un soir, son épouse l'appelle presqu'en larmes pour lui demander de rentrer le plus vite possible, Akio s'exécute, inquiet de cette attitude inhabituelle. Chez lui, il découvre, horrifié, le cadavre d'une petite fille dans son jardin. Alors qu'il veut appeler la police, sa femme l'en empêche, prête à tout pour protéger le meurtrier qui n'est autre que leur fils. Convaincu par ses arguments, il se débarrasse du corps et élabore un plan pour tromper la police. Mais l'inspecteur Kyôchirô Kaga n'est pas homme à s'en laisser conter. Doté d'un flair infaillible et d'un sens inné de l'observation, il focalise son enquête sur la famille Maehara, sous l'oeil admiratif de son cousin, nouvelle recrue de la police métropolitaine de Tokyo. Les deux hommes ne sont pas proches et si Matsumiya reconnaît les qualités de policier de son cousin, il ne peut s'empêcher de lui en vouloir de ne pas rendre visite à son père qui se meurt seul dans un hôpital.
Plutôt habitué aux pavés, Keigo Higashino est ici plus concentré. Plus concentré sur le sujet central de son polar : la famille japonaise et sa déliquescence.
L'enfant-roi n'a aucun sens des responsabilités et se décharge entièrement sur ses parents qui doivent gérer ses erreurs. Lui, passe son temps devant un écran et ne communique que pour réclamer à manger. Habitué à recevoir sans jamais donner, à voir ses moindres désirs comblés, il se met en rage à la moindre contrariété et ne connaît ni la gratitude ni le respect. La mère ne vit que pour son enfant, le couve, le protège, devance ses désirs, excuse ses faux pas. le père est tout juste bon à faire bouillir la marmite. Il ne prend aucune décision, s'efface derrière le caractère affirmé de sa femme. Quant à sa propre mère, elle n'est qu'un fardeau. le modèle qui voulait que les enfants s'occupent de leurs parents avec déférence est piétiné par l'envie d'être libre, de vivre sa vie sans s'encombrer d'un parent vieillissant et source potentielle de conflits dans le couple. On frémit d'horreur en côtoyant cette famille qui perd tout sens des valeurs, confrontés à un fils qu'ils aiment mais qu'ils ont fini par craindre. Leur plan pour le sauver est mis à mal par un policier suffisamment expérimenté et observateur pour voir derrière les apparences, débusquer les petits secrets et décortiquer la psychologie de ses suspects.
S'il n'y aucun suspense, aucune effusion de sang ou course poursuite haletante, la tension est bel et bien palpable tout au long de ce roman qui comme tous les précédents est complexe, passionnant et donne à réfléchir. Chez Hishigano, rien n'est jamais tout noir ou tout blanc. Et c'est le cas ici aussi. Car même si les Maehara semblent odieux de prime abord, ils n'en sont pas moins humains, partagés entre dégoût et amour, et on s'attriste de les voir se débattre dans leurs mensonges, leurs vaines tentatives pour sauver les apparences, leur désir viscéral de protéger leur fils et son avenir. Alors odieux oui, mais jusqu'où est-on prêt à aller pour sauver la chair de sa chair ? A méditer.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   04 mars 2018
Son portable se mit à sonner. L'appel venait de son domicile. Un mauvais pressentiment l'envahit. Comment se faisait-il que sa femme l'appelle à cette heure-ci ?
- Allô?
- Akio? Allô.
- Que se passe-t-il?
- Euh... C'est un peu compliqué mais je voudrais que tu rentre tôt.
La voix de Yaeko était tendue. Elle parlait vite comme toujours quand elle était troublée. L'idée que son pressentiment était correct l'emplit d’appréhension.
- Ça ne sera pas facile. Je ne peux pas partir tout de suite.
- Tu es sûr? C'est pourtant grave.
- Grave? Comment ça ?
- Je ne peux rien dire au téléphone. D'ailleurs, je ne sais pas comment en parler. S'il te plaît, rentre tout de suite.
Elle haletait comme si elle était bouleversée.
- Mais de quoi s'agit-il enfin? Tu peux au moins me dire ça!
- Euh... Et bien... Il s'est passé quelque chose de terrible.
- Comment veux-tu que je comprenne? Soit plus claire !
Elle garda le silence et cela l'irrita. Il allait lui faire un reproche lorsqu'il entendit qu'elle pleurait. Il sentit son sang battre dans ses tempes.
- D'accord, je pars tout de suite.
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MimekoMimeko   11 février 2020
- Tu vas bientôt comprendre. Laisse-moi juste te dire une chose. Un enquêteur ne peut pas se contenter de trouver la vérité. Le moment auquel il le fait, et la manière sont aussi importants.
Matsumya fronça les sourcils. Il ne voyait pas ce que cela signifiait. Kaga ajouta, sans le quitter des yeux :
- Il y a dans cette maison une vérité cachée. Elle ne se dévoilera pas au cours d'un interrogatoire. Ce sont les habitants de la maison qui vont nous la révéler, ici.
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SachkaSachka   25 janvier 2020
- Je pense qu'il voulait faire boire cette petite pour abuser d'elle, lui avait dit sa femme.
Akio avait ri en disant qu'elle se faisait des idées. Il voulait croire qu'elle plaisantait. Mais un regard sur le visage inquiet de sa femme l'avait convaincu de son erreur.
- Je crains qu'il n'aime les petites filles, avait-elle ajouté. Tu sais, chaque fois qu'il en voit dans la rue devant la maison, il les observe avec passion. Tu ne te souviens pas de la manière dont il s'intéressait à la petite Erika à l'enterrement l'autre jour ? Elle vient d'entrer à l'école élémentaire. Ça ne te paraît pas bizarre ?
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SachkaSachka   25 janvier 2020
Il baissa la tête, ouvrit la porte-fenêtre et alluma la lampe. La lumière lui permit de comprendre que le sac plastique noir recouvrait quelque chose. Il se pencha pour voir ce que c'était.
Il aperçut un petit pied qui portait une chaussette blanche. L'autre était chaussé de tennis.
Pendant quelques secondes, ou peut-être moins longtemps, son cerveau cessa de fonctionner. Il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il voyait. Il savait que c'étaient deux pieds, mais il était incapable de penser que ces pieds appartenaient à une personne.
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rkhettaouirkhettaoui   16 avril 2018
Lorsque quelqu’un mourait à l’hôpital, il y avait si peu de différences entre son état avant et après la mort qu’il était difficile de déterminer d’un coup d’œil s’il était ou non vivant. Mais le cadavre qui se trouvait ici était d’une autre nature. Une petite fille en pleine forme avait soudain été assassinée. Elle avait été étranglée. Akio ne savait pas à quoi s’attendre.
Sa terreur avait une autre raison.
Elle aurait probablement été moindre s’il avait appelé la police. Il croyait aussi qu’il aurait eu moins de réticence à placer le corps dans le carton s’il avait eu une raison valable de le faire.
Il se rendit compte que sa panique était causée par l’extrême amoralité de ce qu’il était sur le point de faire. Regarder le cadavre revenait à affronter cela.
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