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Danièle Bondil (Traducteur)Pierre Bondil (Traducteur)
EAN : 9782869303959
269 pages
Payot et Rivages (01/09/1990)
3.97/5   142 notes
Résumé :
Les porteurs-de-peau sont les sorciers, les loups navajo qui décident d'apporter le mal à leurs congénères. Ils rôdent dans les ténèbres de la grande réserve, parfois couverts d'une fourrure d'animal, et possèdent des pouvoirs surnaturels. Trois meurtres sont commis, peut-être quatre. Une nuit, Jim Chee, le policier navajo traditionaliste, est tiré de son sommeil et plongé dans l'angoisse. Alors commence une enquête qui lui fera côtoyer le lieutenant Joe Leaphorn et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Ouah... une plongée directe dans l'univers des Navajos, mais surtout, dans les paysages somptueux du Nouveau-Mexique !!! Les grands espaces, la chaleur, l'air pur, le ciel bleu... Un voyage que j'ai adoré. C'est le premier Hillerman que je lis, et j'ai vraiment adhéré à sa plume, à ses personnages, à son histoire. Ici, trois meurtres sont commis sur une réserve. Joe Leaphorne sera mandaté pour en connaître le pourquoi du comment. La quête aux indices commence, et le lieutenant refuse de croire que les meurtres ont un lien avec la sorcellerie. Mais cette magie cachera un mal encore pire qu'il ne l'imagine. Un univers fascinant. Une très bonne lecture.
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Jim Chee, policier Navajo, doit la vie à une chatte abandonnée…

Il ne l'a pas vraiment recueillie, puisque pour lui, un animal doit savoir se suffire à lui-même et ne pas compter sur les humains car un chat domestique n'a aucune chance de survie dans ce monde sauvage.

Mais c'est tout de même grâce à la chatière installée qu'il a échappé au tireur.

Trois meurtres ont eu lieu sur la réserve, plus une tentative en ce qui concerne Jim Chee et la police tribale Navajo est au point mort.

On a bien arrêté un homme qui a tiré sur une des victimes, mais le problème est que cette victime a été tuée à coups de couteau…

Ce roman est le premier qui rassemble le policier Jim Chee et l'enquêter Joe Leaphorn. Puisque j'avais commencé à l'envers, je me devais de revenir aux sources et ce par quoi tout a commencé.

Tony Hillerman nous immerge dans la société Navajo, dans leurs rites, leurs croyances, leur mode de vie, de pensées. Utilisant des mots de leur langue (glossaire en fin de volume), il rend ce récit encore plus réaliste.

Ne vous attendez pas à de grandes démonstrations, le Navajo se doit d'être modéré en tout chose et il ne courra pas en hurlant « YOUPIE », lui. Nos deux enquêteurs policiers sont aux antipodes l'un de l'autre. Chee est mince, Leaphorn est plus épais, Chee croit aux fantômes, Leaphorn non. Ils n'étaient pas faits pour se rencontrer, et pourtant.

On ne se plonge pas dans un Hillerman comme dans un autre roman policier. Ici, pas de page-turner, de suspense à couper au couteau. L'auteur prend son temps, développant ses personnages, leur environnement, leur mode de vie.

Pour l'auteur, ce sont les personnages qui sont les plus importants, l'enquête passe au second plan, elle est juste le moyen de nous faire découvrir une autre civilisation qui est toujours attachée à ses rites, à certaines croyances et qui vit en marge du reste du monde.

Lire les enquêtes de Jim Chee et Joe Leaphorn est quelque chose que l'on doit savourer, un bonbon qui fondra lentement sur la langue, un bonbon qu'on ne sait pas croquer pour faire fondre plus vite. Alors, il faut lui accorder le temps qu'il mérite et ne pas vouloir aller plus vite que le temps.

Observez bien, ne ratez aucun indice car ils seront peu nombreux. L'enquête sera ardue et les mobiles pas aussi clair que Joe Leaphorn le voudrait, lui qui ne croit pas aux porteurs-de-peau

Et n'oubliez pas, comme les Navajos, restez modéré en toute chose et n'abandonnez pas vos animaux à la campagne car ils ne sont pas adaptés à la vie sauvage.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Jim Chee adopte un chat, ou presque. Depuis quelque temps, une chatte domestique erre près de la caravane de Jim et tend à retourner à la vie sauvage. Elle a maigri, elle a des balafres, bien qu'elle chasse assez régulièrement. Jim Chee, traditionaliste, veut rendre cet animal domestique à la vie sauvage. Dans un tout autre roman, nous aurions une fin différente, que je vous laisse imaginer, selon que l'auteur ait voulu tendre vers le conte ou la fable moralisatrice. Ici, nous avons un récit réaliste, logique : Jim Chee renonce, parce qu'à long terme, un animal domestique n'a aucune chance dans le monde sauvage. A méditer par tout ceux qui abandonnent leur chat en se disant qu'il se débrouillera très bien.
Oui, je me recentre sur Jim Chee : tout a très mal commencé pour lui puisqu'on lui a tiré dessus alors qu'il aurait dû dormir dans sa caravane. « Aurait dû » parce que le chat l'avait réveillé et que, du coup, il n'était pas dans le lit de sa caravane standard. Qui peut lui en vouloir ? Certains ont leur petite idée, qui est simple, pour ne pas dire simpliste : un policier sait forcément qui lui a tiré dessus, il lui suffit d'examiner sa conscience. Et bien non, Jim Chee n'a pas commis de bavure. Quelqu'un (ou plutôt quelqu'une) lui a bien dit sa façon de penser récemment, mais cette personne a été assassinée. Elle aussi. Parce que deux autres meurtres ont été commis. Sont-ils liés entre eux ? Oui? Non ? Pas facile. Joe Leaphorn, le légendaire enquêteur est sur le coup.
Sa vie personnelle n'est pas sereine, puisque sa femme Emma, que je ne crains pas de qualifier d'amour de sa vie, présente les premiers signes de la maladie d'Ahlzeimer. Il mènera son enquête consciencieusement – on peut enquêter et souffrir en même temps, sans que jamais l'oeuvre ne sombre dans le pathos. Il n'apprécie pas vraiment Jim Chee parce qu'il n'apprécie pas la sorcellerie et que Jim est un apprenti chaman. Travailler avec lui ? Oui, mais parce qu'il n'a pas le choix. Il reconnaît cependant les qualités du jeune homme, notamment son sens de l'observation. Combien d'indices sont laissés de côté par ceux qui ne savent pas voir ? D'un autre côté, être observateur peut aussi vous causer des ennuis. Oui, je finis mon avis quasiment à la normande.
J'ai beaucoup aimé ce livre, j'aime beaucoup l'oeuvre de Tony Hillerman. Si vous ne connaissez pas cet auteur, n'hésitez pas à vous laissez tenter.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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Je ne critiquerai pas ici un livre d'Hillerman en particulier. Ils sont tous des chefs d'oeuvre de littérature policière. Une recommandation, les prendre dans l'ordre d'écriture. En effet, les héros Joe Leaphorn et Jim Chee ont une histoire, évoluent au fil des enquêtes. Ainsi entre les "la voie de l'ennemi" où le lieutenant Leaphorn trouve le coupable grâce à une cérémonie de purification et "le chagrin entre les fils" où le retraité Lepahorn entreprend de résoudre un mystère rencontrée dans sa jeunesse avec l'aide de celui qu'il a formé, le "presque" chamane Jim Chee, toute une carrière s'est déroulée. Avec en toile de fond les Four Corners, la plus grande réserve indienne des Etats Unis et surtout la culture et les coutumes Navajos. Une oeuvre attachante par la qualité de l'écriture, l'épaisseur des personnages, la subtilité des intrigues et l'ouverture qu'elle nous offre sur une culture pour qui richesse rime avec tristesse.
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Si vous n'êtes pas familiers de l'oeuvre de Tony Hillerman, laissez-moi vous donner quelques éléments ! Dans la lignée de l'auteur australien Arthur Upfield, il est une plume majeure du polar ethnologique. Entre 1970 et 2006, il donne vie aux personnages de Joe Leaphorn et de Jim Chee, deux policiers navajo, en leur consacrant à chacun une trilogie avant de les rassembler pour une série de douze enquêtes qu'inaugure "Porteurs de peau".

Dans cet ouvrage, nos deux héros font connaissance dans d'étranges circonstances puisque Jim Chee se fait tirer dessus alors qu'il est chez lui, une affaire supplémentaire à traiter pour Joe Leaphorn, déjà préoccupé par trois meurtres commis sur la réserve. Les meurtres – une femme par balles, un homme à coups de couteau de boucher, et un autre homme d'un coup de pelle à l'arrière du crâne – sont étonnants sur la réserve où la police doit surtout régler des problèmes liés à l'alcool et à la violence domestique.

Si l'intrigue policière est au coeur du récit, tout le talent de l'écrivain tient à la façon dont il y mêle des éléments propres à la culture navajo, que ce soit dans les mentions de la sorcellerie ou les exemples d'humour autochtone réputé incompréhensible aux non-initiés, demandez à N. Scott Momaday ("Voix Ancestrale – Conversations avec N. Scott Momaday", Editions du Rocher). Ainsi, Joe Leaphorn et Jim Chee vont chercher à repérer tous les éléments qui ne correspondent pas à la politesse et à l'éthique navajo qui invite les individus à "marcher dans la beauté".
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
La journée du lendemain allait être désagréable. Kennedy lui avait dit qu'il serait là à huit heures du matin et l'agent du FBI n'était jamais en retard. Puis viendrait le long trajet à travers les Lukachukais pour trouver l'homme qui s'appelait Roosevelt Bistie et lui demander pourquoi il avait tué un vieil homme appelé Dugai Endocheney avec un couteau de boucher. Depuis sept ans maintenant (tout de suite après l'obtention de son diplôme de l'Université du Nouveau-Mexique), Chee faisait partie de la Police Tribale Navajo et il savait qu'il n'aimerait jamais cette partie de son travail qui consistait à s'occuper d'esprits malades d'une manière qui ne les ramènerait jamais dans l'harmonie. La manière fédérale pour guérir Bistie consisterait à le traîner devant un magistrat fédéral, à l'accuser d'homicide volontaire sur le territoire d'une réserve fédérale et à le mettre derrière les barreaux. (p. 17-18)
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Il avait donc fini son café et, dans l’aube, il s’était rendu à pied au bâtiment de la police tribale, laissant derrière lui sa vaine inquiétude pour sa femme pour se tourner vers un problème qu’il pensait pouvoir résoudre. Il allait avoir un moment de tranquillité avant que le téléphone ne commence à sonner, et déterminer, une bonne fois pour toutes, s’il avait affaire à une coïncidence de plusieurs meurtres. Il y en avait trois. Apparemment il n’y avait aucun rapport entre eux si ce n’était le taux de frustration subtil qu’ils imposaient à Joe Leaphorn. Tout dans son sang de navajo, dans ses os, dans son esprit et dans son conditionnement lui enseignait à se montrer sceptique à l’égard des coïncidences. Et pourtant, cela faisait des jours entiers qu’il n’arrivait pas à se débarrasser de celle-là ; un problème si insoluble et déroutant qu’en s’y plongeant il parvenait à échapper à ses pensées concernant Emma. Ce matin il avait l’intention de franchir une première étape vers la solution de ce puzzle. Il allait laisser le téléphone décroché, scruter la série d’épingles disposées sur sa carte de la Grande Réserve et contraindre ses pensées à s’organiser suivant une séquence raisonnée. Avec de la tranquillité et un peu de temps, le cerveau de Leaphorn était très, très fort pour ce genre d’exercice qui consistait à découvrir des causes logiques derrière des effets apparemment illogiques.
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Le message "policier touché" provoque une réaction particulière qui affecte chacune des forces de police. A la sous-agence de Shiprock de la police Tribale Navajo, sous les ordres du capitaine A.D.Largo, elle produisit un coup de téléphone immédiat à Largo lui-même qui était chez lui où il regardait la télévision, et des appels radio presque simultanés à toutes les unités de la Police Navajo en mission dans la région, à la Police de l'Etat du Nouveau Mexique et au bureau du Shérif du Comté de San Juan. Ensuite, puisque les monts Chuska couvrent la frontière du Nouveau Mexique pour aller jusqu'en Arizona, et puisque Sanostree ne se trouve qu'à une vingtaine de kilomètres de la limite de l'Etat et que ni le responsable des transmissions de Shiprock ni personne d'autre n'était très sûr de l'Etat dans lequel tout cela se passait, l'appel fut également lancé à la Police des Routes d'Arizona et, plus ou moins par courtoisie, au Bureau du Shérif du Comté Apache qui pouvait légalement avoir le pouvoir d'agir même s'il se trouvait à St John, à cent cinquante kilomètres au sud.
L'antenne de Farmington du FBI qui avait pouvoir suprême quand un crime des première importance tel que celui-là était commis sur une réserve indienne, apprit la nouvelle un peu plus tard par l'intermédiaire du téléphone.
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Des yeux, Chee fit le tour de la pièce. Bien trop noir pour savoir où la chatte était allée. Il repoussa le drap, posa les pieds sur le sol. Par la fenêtre protégée par un grillage, à côté de son lit, il remarqua que la lune était basse dans le ciel. À part au loin, vers le nord-ouest, où demeuraient les restes d’un orage, des étoiles étincelaient. Il bâilla, s’étira, alla jusqu’à l’évier et but dans sa main un peu d’eau chaude du robinet. L’air sentait la poussière, comme c’était le cas depuis des semaines. L’orage s’était levé au-dessus des Chuskas vers la fin de l’après-midi mais il avait dérivé vers le nord, avait franchi la frontière de l’Utah puis pénétré dans le Colorado et rien dans la région de Shiprock n’avait reçu l’aide la plus infime. Chee fit couler encore un peu d’eau, s’en aspergea le visage. La chatte, se dit-il, devait se tenir derrière la boîte à ordures, juste à côté de ses pieds. Il bâilla à nouveau. Qu’est-ce qui l’avait poussée à entrer ? Plusieurs jours auparavant, il avait vu les traces du coyote le long de la rivière mais il faudrait qu’il ait terriblement faim pour chasser aussi près de la maison mobile. Pas de chiens cette nuit, en tout cas il n’en avait pas entendu. Et les chiens, contrairement aux coyotes, étaient assez faciles à entendre. Mais probablement s’agissait-il des chiens, ou du coyote. Probablement d’un coyote. Qu’est-ce que ça pouvait être d’autre ?
Debout à côté de l’évier contre lequel il s’appuyait, il bâilla encore. Allez, au lit. La journée du lendemain allait être désagréable. Kennedy lui avait dit qu’il serait là à huit heures du matin et l’agent du FBI n’était jamais en retard. Puis viendrait le long trajet à travers les Lukachukais pour trouver l’homme qui s’appelait Roosevelt Bistie et lui demander pourquoi il avait tué un vieil homme appelé Dugai Endocheeney avec un couteau de boucher. Depuis sept ans maintenant (tout de suite après l’obtention de son diplôme de l’Université du Nouveau Mexique), Chee faisait partie de la Police Tribale Navajo et il savait qu’il n’aimerait jamais cette partie de son travail qui consistait à s’occuper d’esprits malades d’une manière qui ne les ramènerait jamais dans l’harmonie. La manière fédérale pour guérir Bistie consisterait à le traîner devant un magistrat fédéral, à l’accuser d’homicide volontaire sur le territoire d’une réserve fédérale et à le mettre derrière les barreaux.
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...ces foutus Navajos voleraient les les vitres des fenêtres s'ils en avaient besoin.
...Mais seulement s'ils en avaient besoin. Les Blancs, eux, ils volent juste pour le plaisir. J'en ai connu qui volaient quelque chose et qui le jetaient tout de suite après. Vous , les Navajos, c'est pas pareil, si vous volez un de mes sacs de farine, je sais que quelqu'un a faim.Un tournevis qui disparaît, je sais que quelqu'un a perdu le sien et qu'il a une vis qu'a besoin d'être revissée...Je crois que c'est votre grand père qu'a été le premier à m'expliquer ça, quand j'étais nouveau ici.
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