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Jane Fillion (Traducteur)
EAN : 9782070406524
288 pages
Gallimard (30/11/-1)
3.91/5   202 notes
Résumé :
Qu'est-ce donc qui avait fait mourir, au cours des années, tous ces Indiens Navajo, jadis miraculeusement épargnés lors de l'explosion d'un puits de pétrole ? Un sorcier, sans nul doute. Mais un Blanc ou un Peau-Rouge ? Et par quel sortilège ? Par quelle maladie ? Et pour effacer les traces de quel crime astucieux et profitable ? Telles étaient les questions que se posait Chee, le policier de la Réserve indienne, sans se douter d'abord que son enquête le mettait en ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Les coutumes mortuaires des blancs semblaient étranges, à Chee le policier de la réserve indienne.
"On ne prononce pas le nom des morts, et on ne le grave pas sur une pierre tombale."


Les Navajos n'ont pas le culte des morts. Pour eux, la mort prive le corps de toute valeur...


Une explosion de puits de pétrole, les survivants meurent les uns après les autres. Chee ne veut pas pas s'impliquer dans le vol d'un coffret de souvenirs de B.J Vines.


Et Rosemary Vines ne veut pas que le shérif blanc, Gordo Sena, intervienne, (alors que son frère est mort lors de l'explosion du puits de pétrole.) Qu'y avait-il dans les profondeurs de ce puits maudit?


-Vous vous y connaissez en sorcellerie, ces histoires au sujet des fantômes, des Loups navajos? Fait Rosemary.


Chee ne sait rien au sujet de cette affaire, de l'explosion, ni pourquoi un "loup solitaire", un tueur professionnel va le pister!


C'est lui, l'indien ! Et pourtant, c'est lui et Mary Landon, une jolie enseignante, que Colton Wolf va pourchasser, à travers un paysage désertique !
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TOUT CE QUE VOUS AVEZ JAMAIS VOULU SAVOIR SUR LES NAVAJOS.

S'il fallait résumer en une phrase ce que l'on ressent à la lecture de ce roman : un Polar plein de défauts et pourtant bigrement fascinant ! Voila ce qu'on écrirait.

Lorsqu'on découvre que ce n'est que le second roman de Tony Hillerman au beau milieu de la réserve indienne du peuple Navajo (rien que ce terme de "réserve" me donne l'envie profonde de vomir, pas vous ?), écrit et publié vers le début des années 80, on lui trouve, sans trop de peine, des tas d'excuses. Et on fait bien, parce que c'est ainsi remercier cet auteur - confirmé depuis - dans sa connaissance et sa reconnaissance de ce clan précis, les Navajos, sur lesquels on découvre sans même s'en apercevoir bien des savoirs, "coutumes", habitudes.

On éprouve par ailleurs, dans la compagnie du personnage emblématique de cet écrivain, le flic de la police indienne Chee (dont le destin aurait tout aussi bien pu faire un "yataali" (terme intraduisible qui correspond plus ou moins à "chaman" mais dont le sens immédiat est "chanteur"), une immense empathie pour ce peuple fier, complexe et survivant alors qu'il fut, lui comme tant d'autres, consciencieusement détruit par les colons américains ainsi que plusieurs siècles de politique étasunienne.

Sur fond d'enquête de type "cold case" qu'un présent haletant rattrape, Chee va croiser pléthore de personnages hauts en couleur - amérindiens comme blancs -, manipulateurs, menteurs, assassins, sorciers, etc. Il va rencontrer une femme blanche qui ne le laisse pas indifférent, sans qu'on sache bien si c'est réciproque. Il va dénouer une affaire vieille d'une trentaine d'années, et qui semblait pourtant bel et bien enterrée. Une sordide histoire liée à l'exploitation et l'extorsion sans aucun état d'âme du sous-sol de la terre indienne par un cynique affairiste blanc.

Ainsi résumé, ce roman qui fit les beaux jours des CDI et autres bibliothèques des années 80 (il nous en souvient encore), semble cousu de fil blanc. C'est pourtant loin d'être le cas et, surtout, c'est un hymne magnifique à cette culture méconnue, à commencer par ceux qui se sont imposés, d'abord par le nombre, parfois par la force, souvent par un semblant de légalité (un océan d'incompréhension entre colons et les peuples des Vrais-Hommes) à cette terre immémoriale. Sauvage, dure et magnifique.

Bien que modérément amateur de "polars", votre insigne chroniqueur ne peut que conseiller les puissants textes de Tony Hillerman. Ils sont imparfait dans leur genre littéraire mais ils sont justes, ils sont beaux et profondément attachés à faire entendre la voix de ces éternels oubliés (souvent méprisés) de l'Amérique d'hier et d'aujourd'hui.

Salutaire.
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Si vous aimez les romans policiers, les Amérindiens et la nature, ce livre est fait pour vous.
J'ai découvert cet auteur, il y a peu avec « l'homme squelette » depuis dès que je déniche une de ses oeuvres, je l'achète.
À force de lire, je me découvre une nouvelle passion pour la littérature dite « western » et « vieux polars ».
J'ai donc passé un agréable moment, jusqu'au bout, je me suis laissé emporté par ses intrigues.
Et Jim Chee est un policier de la réserve hors pair. Je crois que je suis amoureuse…

Bonne lecture !
Lien : https://angelscath.blogspot...
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L a taupe, le fétiche du peuple de l'ombre...la subtilisation d'un coffret .
La ténacité de Chee, représentant de la police tribale des Navajos devra défier la cupidité d'un riche industriel pour élucider les morts successives, anciennes et contemporaines, d'Indiens de la Réserve.
Dans un cadre rude et magnifique, autour du Mont Taylor,dit "la Turquoise", au Nouveau Mexique, Hillerman nous entraîne dans les rites et croyances des Navajos et leur pratique du peyotl.
Quel sera l'avenir de Chee? devenir un homme "yataali" (un shaman), ou un agent du FBI?
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Le peuple de l'ombre est classé comme un policier “ethnographique” et se passe dans les terres des indiens Navajos aux Etats-Unis. le héros appartient à la police des affaires indiennes et est lui-même Navajo. de ce fait, il a d'ailleurs du mal à comprendre les comportements des “Blancs”, en particulier leur rapport à leurs morts et leurs motivations. Il est pourtant à un croisement des routes dans sa vie où il doit décider s'il intègre définitivement la communauté navajo en devenant “chaman” ou s' il choisit la communauté “blanche” en intégrant le F.B.I.

La partie “ethnographique” est assez légère : on apprend quelques légendes navajos et quelques spécificités de leur mode de vie dans la réserve et sur les difficultés de séparation de juridictions entre les shérifs et le bureau des affaires indiennes. Mais je suis quand même restée sur ma faim. Par rapport aux romans d'Arthur Upfield (qui sont quand même ma référence pour les polars ethnographiques) où Bony est vraiment à mi-chemin des deux cultures et maîtrise les deux parfaitement, ce qui lui permet de résoudre ses enquêtes haut-la-main, ce roman policier est plus orienté sur des course-poursuite et des intuitions du héros - Jimmy Chee.

J'avais compris dès le début une partie des tenants et aboutissants de l'enquête et n'ai pas été surprise de la résolution (voire un peu déçue par la simplicité de l'enquête). L'intérêt du livre repose plus dans l'antagonisme entre le héros et les autres protagonistes et sur la façon dont il résout les différentes parties de l'intrigue. On découvre aussi la violence inhérente à la société américaine, en particulier dans ces grands espaces où on trouve des puits de pétrole et des mines.

Le héros est quand même assez naïf, la relation qu'il construit avec Mary Landon semble superficielle et malgré ce qu'elle dit, Mary Landon fait vraiment office de faire-valoir. Dans l'ensemble, une lecture pas déplaisante, avec une intrigue assez simple et l'intérêt réside dans les quelques pans de vie des navajos qui sont dévoilés.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Sauf à l'est, les nuages s'étaient dissipés et dans le cielnocturne, dans l'air très pur, les étoiles brillaient de tout leur éclat. Chee s'attarda un moment à les contempler.Il chercha du regard les constellations d'automne, celles qui s'élèvent du sud à mesure que la Terre, à la fin de l'été, entre dans la Saison où le Tonnerre Dort. Chee ne connaissait pas les noms que donnent aux étoiles les Grecs et les Romains, mais ceux que lui avait enseignés son grand-père. Il identifia la Femme Araignée (l'Aquarius des Romains) encore base à l'horizon; et les Malicieux Garçons qui lancent le Silex bleu (Les Pléiades des Grecs qui brillaient juste au dessus du ciel encore noir d'orage. Au dessus de sa tête, il distingua Celui Qui Est Né de l'Eau, le plus sage des Héros jumeaux. Sur sa droite, entouré d'étoiles de moindre importance, étincelait le Héron bleu. Chee sentit le froid s'introduire sous son col et le long de son pantalon, et il se hâta de gagner le bâtiment bien chauffé
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Juste au pied de ce muret, sur un banc de gazon qui n'avait guère plus de cinq mètre de long, deux petites dalles de marbre noir attirèrent son attention. Des pierres tombales sans aucun doute. Il se pencha sur le muret. A sa droite, le nom gravé dans le marbre était celui de Dillon Charley. Et au-dessous on pouvait lire :

Il ne se souvenait pas du jour de sa naissance
Il est mort le 11 décembre 1935
C'était un bon indien

Chee ricana. L'ironie du double sens était-elle voulue ? Vines, ou quiconque avait ordonné que fussent gravés ces mots, se souvenait-il de l'adage du général Sheridan que seul un indien mort est un bon indien ?
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- C'est ainsi que nous jouons le jeu. Si je vous présentais à des Navajos je ne dirais pas : " C'est Mary Landon qui enseigne à Crownpoint, etc."
Je dirais cette femme est un membre de... je citerais le clan de la famille de votre mère et de la famille de votre père... puis je parlerais de vos oncles et de vos tantes afin qu'on sache exactement où vous situer parmi les gens qui vous entourent.
- Cette femme ? répéta Mary Landon. Vous ne diriez pas mon nom ?
- Non, ce serait considéré comme impoli. Maintenant, de plus en plus des nôtres portent des noms anglais, mais parmi les Navajos traditionalistes il est grossier de dire le nom d'une personne en sa présence. Les noms servent simplement à désigner quelqu'un quand ce quelqu'un n'est pas là.
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Ces réponses, il les connaissait déjà. La première, c'est que personne ne prêterait attention à un Navajo qui réclamait des comptes. La seconde, c'est qu'on s'en tiendrait à l'explication fantaisiste qu'un sorcier s'était envolé avec le cadavre. Chee n'en éprouva pas moins de la colère devant cette façon désinvolte de traiter les gens de son Peuple.
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- Il existe chez nous une très vieille légende qui raconte comment le Premier Homme se transforma en sorcier, dit-il pour distraire Mary. Etant le premier homme, il n'avait pas de parents à tuer. Alors il fit appel à la magie pour détruire le plus fort des tabous. Il se détruisit lui-même, puis renaquit, et c'est ainsi qu'il obtint un pouvoir maléfique.
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